Ressources et soutien pour les femmes entrepreneures au Québec

Existe-t-il une façon particulière de se lancer en affaires pour une femme? Des accompagnements spécifiques sont disponibles pour les entrepreneures. Cet article explore les ressources et le soutien offerts aux femmes entrepreneures au Québec, en mettant en lumière les défis uniques qu'elles peuvent rencontrer et les opportunités qui s'offrent à elles.

Femme entrepreneure

L'entrepreneuriat au féminin : une perspective historique

Mais bien avant que l’on en arrive à ces définitions théoriques de ce qu’est un entrepreneur, des hommes et des femmes, au fil des siècles, ont géré un commerce, fabriqué des objets qu’ils ont mis en vente, offert des services à une clientèle ; des artisans et des gens de métier ou de profession ont vécu de leur savoir-faire. La petite histoire de ces gens est intéressante à retracer, car on y trouve des modèles tirés de la vraie vie, qui aident à mieux comprendre la situation actuelle. Cela est vrai pour les hommes, mais particulièrement pour les femmes, dont l’expérience en entrepreneuriat est tributaire de la place et du rôle que l’histoire, la société, la religion et les législateurs leur ont permis d’occuper.

Les Québécoises qui ont reçu, au cours de leur formation scolaire, quelques cours d’histoire, ont entendu parler des vertueuses Madeleine de Verchères et Marguerite Bourgeoys, des filles du Roy anonymes, venues en Nouvelle-France pour prendre mari et peupler des espaces sauvages. Mais très peu ont entendu parler des commerçantes et des aubergistes qui leur étaient contemporaines. Leurs noms ne sont pas mentionnés dans les livres d’histoire, et s’ils le sont, cette mention ne rend pas compte du rôle réel qu’elles ont joué.

Cependant, le travail des historiennes, et plus particulièrement des historiennes féministes, a contribué à redonner leur place à ces entrepreneures avant la lettre. C’est pourquoi il faut lire ou relire certains de leurs ouvrages, dont L’histoire des femmes au Québec depuis quatre siècles que l’on doit au collectif Clio (1982) que formaient Micheline Dumont, Michèle Jean, Marie Lavigne et Jennifer Stoddart, dans le but avoué de faire découvrir celles qui ont été les ancêtres des entrepreneures d’aujourd’hui.

Les femmes en Nouvelle-France : pionnières de l'entrepreneuriat

Dès le début du XVIIe siècle, des femmes participaient à la vie économique et commerciale en Nouvelle-France. Déjà, Marie Rollet, arrivée dans la colonie en 1617, était la « femme collaboratrice », pour utiliser un néologisme, de son époux, Louis Hébert, apothicaire de profession. Marie Rollet tenait les livres pour son mari et gérait l’officine en l’absence de ce dernier. Devenue veuve, elle a maintenu cette activité professionnelle et développé son expertise en intégrant à sa pratique des remèdes utilisés par les Amérindiens.

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La Nouvelle-France ayant longtemps été dépourvue des outils qui auraient permis de produire les vêtements et le linge de maison, les femmes sont devenues commerçantes, comme leur mari. Elles importaient de France et revendaient les outils nécessaires au défrichement, à la culture et aux récoltes : les pioches et les vêtements, des marmites et des couvertures, de même que l’indispensable eau-de-vie ! Pendant que les hommes se livraient à la chasse, à la pêche et à la traite des fourrures, les femmes administraient ces commerces familiaux qui sont, très certainement, les ancêtres des magasins généraux et peut-être bien des dépanneurs d’aujourd’hui.

L’histoire officielle des grands hommes n’a que peu souligné les réalisations des femmes. L’étude des procès civils atteste une participation des femmes à presque toutes les occupations sociales. Par ailleurs, celle des procès criminels nous présente toute une galerie de femmes déterminées, fortes en gueule, habiles à inventer des injures, promptes à se défendre et à manier le tisonnier en cas de disputes et enclines à voler et à blesser si la nécessité l’exige.

Les femmes, cabaretières et aubergistes, font preuve d’immoralité, selon le clergé, en enivrant les Amérindiens, les soldats et les domestiques. Le pire, c’est qu’elles ouvrent leur établissement pendant la messe dominicale ! Un exemple de concurrence abusive. Avec l’aide de ses propres domestiques et de fermiers du voisinage, la veuve Crevier avait établi un véritable réseau de distribution de l’eau-de-vie et faisait en même temps la traite des fourrures. Comme plusieurs de ses consœurs, Jeanne Énard était ratoureuse, dominatrice et « habile à déjouer les mesures administratives pour faire prospérer [ses] négoces ».

Comme c’est le cas encore souvent aujourd’hui, le travail des femmes représentait un revenu d’appoint de première nécessité pour la famille. Ce sont des veuves qui tiennent le plus souvent auberges et cabarets. Elles travaillent avec leurs filles et leurs domestiques. Elles transforment à l’occasion le cabaret en maison de jeu, et offrent des services sexuels, bien entendu.

En dehors de ces anecdotes, le rôle des « femmes en affaires » ou des « entrepreneures », tout au long du XVIIe et du XVIIIe siècle, demeure sérieux et des plus honorables. Les femmes sont au courant de la situation financière de leur mari. Elles ont droit de parole et participent aux décisions dans les affaires de famille. Elles accompagnent leur mari chez le notaire lorsqu’il s’agit d’aliéner un immeuble, de signer un bail ou de placer un de leurs fils en apprentissage. Elles agissent à titre de fondées de pouvoir quand leur mari est en dehors de la maison, à la chasse, à la pêche ou traitant avec les Amérindiens. Elles le représentent lors de démêlés judiciaires avec compétence et sagacité.

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Qu’elles soient venues en terre d’Amérique pour prendre mari et fonder une famille, un couvent, une école ou un hôpital, plusieurs de ces femmes étaient exceptionnellement compétentes et autonomes, pour leur époque et dans leur milieu. Marie Guyart, veuve de Claude Martin, fondatrice du couvent des ursulines sous le nom de Marie de l’Incarnation, avait été, pendant 10 ans, gérante d’une entreprise de transport appartenant à son frère, au pays de Loire, avant de venir en Nouvelle-France. C’est elle-même qui régularisait les contrats et les ententes financières avec sa bailleuse de fonds, Marie-Thérèse de Chauvigny (Madame de La Peltrie). Elle a dirigé la construction du monastère de sa communauté. Pour le chauffer, elle faisait couper 175 cordes de bois par année.

Jeanne Mance, quant à elle, fondatrice du premier hôpital de Montréal, n’était pas qu’une infirmière qui soignait les colons scalpés par les Iroquois : elle administrait la Société Notre-Dame de Montréal, l’entreprise privée à l’origine de Ville-Marie. Ayant développé un réseau solide parmi ses relations mondaines, elle réussissait très bien quand venait le moment de chercher du financement : elle sollicitait des femmes riches qui, comme elle, étaient sensibles à la misère de la colonie et aux conséquences des guerres. Grâce à son influence, 8 des 37 membres de cette société étaient des femmes, un résultat que les programmes d’égalité et d’équité dans les organisations d’aujourd’hui n’ont pas encore atteint. Jeanne Mance était reconnue pour ses talents de diplomate et de négociatrice et elle n’hésitera pas à s’allier aux sulpiciens contre les jésuites pour que son hôpital et sa communauté de Ville-Marie demeurent des organisations autonomes. Elle faisait donc preuve d’habileté politique et n’avait pas froid aux yeux.

Agathe de Saint-Père Le Gardeur de Repentigny (1657-1748) ouvrira la première manufacture d’étoffes au Canada. Son entreprise sera située rue Saint-Joseph, à Montréal. C’est à la suite du naufrage du bateau qui devait ravitailler la colonie pour toute l’année qu’Agathe de Saint-Père n’hésitera pas à adopter un mode original de recrutement du personnel : elle entreprend des pourparlers avec les Agniers et leur rachète des tisserands anglais qu’ils avaient capturés ; elle trouve des métiers à tisser et prépare la relève de son entreprise en demandant à ces tisserands de former des apprentis. Elle-même participe à la recherche et au développement de son entreprise en utilisant des colorants naturels indigènes et en testant la fixation de la coloration. Agathe de Saint-Père Le Gardeur de Repentigny poursuivra ses activités manufacturières bien après le rachat des captifs par les Bostonnais, en 1707. Elle ne prendra sa retraite qu’en 1713. En plus de ses activités dans le « secteur de la guenille » en Nouvelle-France, elle avait inventé et commercialisé le sucre d’érable en France. En guise de reconnaissance pour ses loyaux services, le roi de France lui accorda une gratification annuelle de 200 livres.

Une fois la Nouvelle-France conquise par l’Angleterre, les femmes comme les hommes seront soumis à de nouvelles lois. Le XVIIIe siècle se termine sur une bonne note pour les droits des femmes, car, le 26 décembre 1791, l’Acte constitutionnel accorde le droit de vote à tous les propriétaires, sans distinction de sexe. Grâce à un tel droit, on acquiert en quelque sorte le statut de « personne » dans une société, et les femmes propriétaires vont l’exercer avec plaisir. Le XIXe siècle, par contre, ne jouera pas en leur faveur, même si déjà, en 1825, le recensement de la ville de Montréal révèle que 27 % des femmes exercent une activité rémunérée en dehors de la maison. La moitié de ces femmes sont domestiques, plus du quart sont journalières ; 40 % des enseignants sont des femmes.

Cependant, en 1849, alors qu’il est à la tête du gouvernement du Bas-Canada, Louis-Joseph Papineau retire à sa femme, Julie Bruneau, ainsi qu’à toutes ses concitoyennes, le droit de vote que l’Acte constitutionnel de 1791 leur avait accordé. Bien plus, en 1866, le nouveau Code civil du Bas-Canada consacre la déchéance légale des femmes. Désormais, elles ne sont plus des personnes devant la loi, mais sont considérées au même titre que les enfants mineurs ou les personnes interdites. Elles doivent obéissance à leur mari, le seul à décider du lieu de la résidence familiale, ne peuvent être tutrices de leurs enfants, ne peuvent même plus décider des soins à leur prodiguer en l’absence de leur mari.

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Profils d'entrepreneures québécoises : motivations, défis et ressources

En premier lieu, situons les femmes et leur entreprise de façon sommaire, en fonction de certaines caractéristiques que l’on retrouve souvent dans les écrits sur les entrepreneures. Elles sont d’âges variés, la plus jeune est au début de la trentaine et la plus âgée est fière de ses 70 ans. La très grande majorité (8 sur 10) a fondé son entreprise. Une femme a pris la relève de l’entreprise familiale et une autre a acquis une entreprise existante. Toutes peuvent être qualifiées d’entrepreneures dans le sens de Lavoie (1988) puisqu’elles ont fondé, acquis ou hérité d’une entreprise, qu’elles en assument les risques et s’occupent au quotidien de sa gestion.

Une seule a démarré l’entreprise en copropriété avec son frère. Quatre détiennent 100 % des titres de propriété, les autres ont des partenaires. Trois sont propriétaires majoritaires et une est propriétaire à égalité avec ses deux frères (chacun a 33 % des parts). Huit d’entre elles sont présidentes ou présidentes-directrices générales. Nathalie Roy (Exulon) est vice-présidente et Francine Poulin, chef du design.

La moyenne d’âge des huit entreprises fondées par les entrepreneures est de 16 ans, la plus jeune entreprise n’existant que depuis 4 ans et la plus âgée, 29 ans. On peut donc affirmer que les entrepreneures sont bien en selle, la très grande majorité ayant franchi le cap des 5 ans, considéré comme une période déterminante pour la survie à long terme d’une entreprise. Finalement, comme on pouvait s’y attendre, ces femmes œuvrent en grande partie dans le secteur des services (cinq sur dix), deux sont dans la distribution (commerce de détail) et trois dans le secteur manufacturier.

Motivations

Les motivations de ces femmes à l’entrepreneuriat sont variées. Toutes les femmes ont invoqué au moins un facteur pull, que ce soit le désir d’autonomie, le rêve de l’entrepreneuriat, l’occasion à saisir ou la passion pour le produit/service qu’elles offrent. Plusieurs ont par ailleurs mentionné des facteurs de type push, comme la déception des limites de l’emploi exercé (deux), la faillite de leur employeur et donc la perte de leur emploi (deux) et l’obligation légale de créer une entreprise (une). Parmi tous ces facteurs, le plus marquant et le plus souvent mentionné, est la passion, que ce soit pour le domaine, le produit ou la région. Plusieurs ont aussi souligné avoir l’entrepreneuriat dans le « sang ». Dans l’ensemble, il ne fait aucun doute que les facteurs pull sont dominants dans ce groupe.

Modèles

Les recherches ont montré que la présence de modèles est un facteur important de stimulation à l’entrepreneuriat. Plus particulièrement, le fait que les parents soient eux-mêmes entrepreneurs aurait une influence majeure. Dans leur étude réalisée au Québec, Borges, Simard et Filion (2006) ont trouvé que 68 % des femmes interrogées avaient un membre de la famille ou de l’entourage immédiat qui avait démarré une entreprise. L’étude des cas présentés ici permet de confirmer cette tendance : cinq des femmes avaient un père entrepreneur alors qu’une autre avait une mère travailleuse autonome. Elles ont aussi souligné la présence d’autres modèles dans leur vie : un grand-père commerçant, des employeurs eux-mêmes habités par l’entrepreneuriat, des professeurs, un père vendeur. Plusieurs mentionnent un milieu familial stimulant, ouvert, inspirant et égalitaire.

Les cas font ressortir l’importance des valeurs transmises par les parents et grands-parents dans le déclenchement et la réussite du projet entrepreneurial. L’identification et l’intégration de ces habiletés transférables dans le cheminement professionnel de ces femmes devenues entrepreneures ont été, peut-être pas décisives dans la décision d’entreprendre, mais certainement inspirantes. Si l’on tient compte de l’historique de l’entrepreneuriat féminin au Québec, ce facteur demeure positif. Le modèle entrepreneurial maternel des femmes québécoises est présent et riche.

Ressources au démarrage

Au-delà des modèles, avec quelles ressources ont-elles démarré leur entreprise ? La formation constitue un point fort de leur profil, plus fort peut-être que ce que l’on trouve dans la littérature sur les entrepreneures. Elles possèdent toutes des diplômes postsecondaires, quatre détiennent un baccalauréat, une en possède deux et trois ont terminé des études de maîtrise. Trois d’entre elles ont poursuivi des études en gestion. Les formations sont reliées au domaine d’expertise de l’entreprise dans la majorité des cas.

Sur le plan de l’expérience antérieure, toutes, sauf deux, avaient exercé un emploi. Pour six d’entre elles, cet emploi était relié au domaine dans lequel elles allaient démarrer leur entreprise. Trois avaient travaillé à leur compte avant de se lancer en affaires, mais pour une seule, ce travail était en lien avec le champ d’activité de l’entreprise. Trois femmes avaient été initiées très jeunes à l’entreprise familiale. Une seule, Céline Pilote (Copilote Objets promotionnels), avait une expérience directe en entrepreneuriat. Elle en est actuellement à sa troisième entreprise.

Lorsqu’on dessine des profils de préparation à l’entrepreneuriat, on s’aperçoit que 50 % des femmes ont à la fois une préparation scolaire et une expérience du marché du travail liées au secteur d’activité. Pour celles qui n’en ont pas bénéficié, l’initiation dès le jeune âge à l’entreprise familiale a certainement joué ce rôle de préparation, au moins pour l’une d’entre elles.

Les femmes sont aussi nombreuses à témoigner de l’aide reçue. La plupart ont fait appel à de l’aide spécialisée : comptable, avocat, spécialiste en marketing, fournisseur, institution financière, ministère, CLD. Malgré toute cette aide spécialisée, il n’en reste pas moins que, pour les femmes, c’est peut-être l’aide de la famille qui est la plus précieuse. Plusieurs ont parlé de façon éloquente non seulement de leur conjoint et du support reçu de ce dernier, mais aussi des parents, des enfants et même d’une ex-belle-mère !

Les recherches sur les entrepreneures nous apprennent que ces dernières démarrent leur entreprise à l’aide de sources de financement personnelles plutôt que de recourir aux institutions financières. Si on exclut les cas de transfert familial et d’acquisition d’une entreprise existante, on constate, qu’en accord avec les écrits sur les entrepreneures, une seule des huit femmes ayant fondé son entreprise a fait appel à une institution financière pour le démarrage et, encore, son frère s’est porté garant pour elle, car « dans ce temps-là, nous, les femmes, on ne signait pas ». Le financement est plutôt venu principalement de leurs économies personnelles, aussi de la vente de biens ou d’une première entreprise. Certaines évoquent le bénévolat de l’entourage, des prêts, souvent sans intérêt, de la famille ou d’amis ou le montant d’une bourse. Deux mentionnent avoir obtenu des subventions gouvernementales.

Une mise en garde s’impose : les économies personnelles ne sont pas nécessairement modestes. Mais, pour la plupart des femmes, il s’agissait de petits montants. Ce qui ne les empêche pas de se retrouver après plusieurs années à la tête d’une entreprise de taille intéressante.

Défis

Quels sont les défis auxquels les femmes ont dû faire face au cours de leur aventure entrepreneuriale ? Les femmes ont mentionné principalement des défis reliés au marché, ce qui rejoint la littérature sur les entrepreneurs en général. Ne dit-on pas que les défis reliés à la vente sont parmi les plus importants dans le processus de création d’une entreprise ? La moitié des femmes ont mentionné qu’aux débuts de l’entreprise, les défis majeurs qu’elles devaient relever étaient de convaincre, de gagner la confiance des clients, de bâtir leur réputation, de créer un besoin pour un produit encore inexistant et même, pour l’une d’entre elles, de percer le marché étranger dès le départ puisque le marché québécois était déjà saturé. Puis, sur le plan de la croissance et du développement de l’entreprise, la majorité a souligné les enjeux suivants : s’adapter au marché qui évolue très vite, suivre les nouvelles tendances, croître, mais elles ajoutent aussi souvent la nécessité de réaliser ces objectifs tout en conservant leur image, leur réputation, sans faire de compromis, que ce soit sur le plan de la qualité ou des valeurs.

Si les femmes ont parlé beaucoup de développement de marché, cela ne signifie pas qu’elles n’ont pas invoqué le financement et ses défis. Sur cet aspect, si on exclut Mélanie Kau, qui a hérité d’une partie de l’entreprise familiale, elles sont quatre (parmi neuf) à avoir invoqué des difficultés liées au financement. En définitive, il est difficile d’affirmer que les témoignages appuient sans l’ombre d’un doute la thèse selon laquelle les entrepreneures connaissent de plus grandes difficultés de financement. Malgré tout, on ne peut conclure le contraire puisque le tiers des femmes disent avoir éprouvé des difficultés du fait qu’elles sont des femmes.

Du côté des défis liés non pas à l’entreprise, mais plutôt à la vie personnelle, mentionnons en premier lieu la conciliation travail-famille. Cette dernière est un enjeu de taille pour celles qui ont des enfants à charge, soit six femmes sur dix. Quatre d’entre elles ont beaucoup insisté sur cet aspect de leur vie. Elles ont dû déployer bien de l’imagination et de l’énergie pour jouer sur les deux tableaux, heureusement souvent avec l’aide du conjoint et du père, une collaboration étroite dont elles témoignent spontanément.

Les deux femmes qui sont en affaires avec un ou des membres de leur famille ont aussi souligné les enjeux relatifs à l’équité et au maintien de l’harmonie familiale. Enfin, plusieurs femmes ont évoqué la confiance en soi. Certaines ont dit avoir eu à déployer des efforts pour la développer.

Au sujet des stratégies mises en place, les femmes ont beaucoup insisté dans un premier temps sur les activités liées au développement des affaires. Beaucoup d’attention est portée au développement de nouveaux produits et à l’innovation. Les femmes ont cherché à se distinguer, à cibler des créneaux particuliers.

PME
Répartition des PME selon le sexe de propriété, Québec, 2019

Ressources et services d'accompagnement

  • Ministère de l’Économie, de la Science et de l’Innovation
  • Ressources Entreprises
  • Entreprises Québec
  • Info entrepreneurs
  • Investissement Québec
  • Jentreprends.ca
  • Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI)
  • Réseau entreprises Canada
  • Les chambres de commerce (Il existe plus de 150 chambres de commerce et entreprises du Québec)
  • PME MTL
  • SAJE, accompagnateur d’entrepreneurs (Montréal)
  • Futurpreneur Canada
  • Société d’aide au développement des collectivités (SADC) et Centre d’aide aux entreprises (CAE)
  • Lancement d’une entreprise
  • YES Montreal (Youth Employment Services)
  • Centre d’entrepreneuriat en économie sociale du Québec
  • Réseau pour la coopération du travail du Québec

Mentorat

  • Réseau M (Anciennement Fondation de l’entrepreneurship)

Réseaux d’entrepreneurs immigrants

  • CERF (Cercle des entrepreneurs et réseauteurs français)
  • Chantier d’Afrique du Canada (CHAFRIC) (Montréal)
  • Réseau des entrepreneurs et professionnels africains (REPAF)

L’entrepreneuriat au féminin

  • Compagnie-F (Montréal)
  • Coopérative entreprise partagée (CEP)
  • Espace femmes arabes du Québec (EFAQ)
  • Evol - Financer le changement (Anciennement FEMMESSOR)

Comment trouver du financement pour mon entreprise au Québec ?

Jessica Harnois a partagé sa vision que l‘entrepreneur, féminin comme masculin, était avant tout un «humain» avec sa vision, ses opportunités et ses défis. «Un entrepreneur doit apprendre à bien gérer sa vie, par essais et erreurs, comme pour conduire. Le ‘spark’ pour démarrer, c’est l’idée : la passion, la cause. Le ‘gaz’ c’est l’argent, un outil indispensable pour rouler.

Isabelle Leblond, de son côté, trouve que connaître les aspects financiers de l’entrepreneuriat lui auraient été utiles en début de carrière. Elle est devenue entrepreneure pour suivre sa passion, mais avec une bonne connaissance économique en appui, une entreprise a plus de chance d’être pérenne. Le MT Lab s’engage pour voir ces chiffres augmenter et les femmes prendre une place toujours plus importante dans l’écosystème du tourisme et de l’innovation.

Encourageons les femmes à entreprendre ! D'après l’Indice entrepreneurial québécois 2024, la proportion de femmes souhaitant créer leur propre entreprise a diminué, passant de 17 % en 2018 à seulement 13 % cette année. Nous sommes une entreprise composée à 100 % de femmes, nous sommes fières de notre parcours et de notre engagement envers l'entrepreneuriat féminin. Chaque fondatrice ici incarne la passion et la détermination nécessaires pour transformer ses idées en réalité. Nous voulons célébrer et encourager toutes les femmes qui envisagent de se lancer en affaires. Sachez que vous n'êtes pas seules dans cette démarche. À toutes celles qui rêvent de se lancer : votre moment est venu ! Partagez vos ambitions et n'hésitez pas à vous entourer de personnes qui croient en vous.

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