FFT cotisation et abonnement CFE : fonctionnement et obligations pour les clubs et professionnels
La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE) est un impôt local dû par les entreprises et travailleurs indépendants exerçant une activité professionnelle non salariée au 1er janvier de l'année d'imposition. Instaurée pour remplacer la taxe professionnelle, la CFE fait partie de la Contribution Économique Territoriale (CET) et concerne la quasi-totalité des entreprises, des auto-entrepreneurs aux sociétés (SAS, SARL, SCI).
Qui est redevable de la CFE ?
La CFE s’applique à toute personne, physique ou morale, exerçant une activité non salariée de manière régulière. Cela inclut les sociétés mais aussi les auto-entrepreneurs. Même si vous travaillez sans locaux spécifiques, comme depuis votre domicile ou chez vos clients, vous restez soumis à la CFE. La CFE concerne uniquement les personnes qui exercent une activité professionnelle non salariée, qu’elles soient propriétaires ou locataires des locaux utilisés.
Cas général d’assujettissement
- L'activité est exercée en France ;
- L'activité présente un caractère habituel (répétée) ;
- L'activité est exercée à titre professionnel (exclut la gestion de patrimoine privé) ;
- L'activité est non salariée.
Cas particuliers - location et sous-location
La CFE est due pour la location ou sous-location d'immeubles nus lorsque le chiffre d'affaires hors taxes atteint au moins 100 000 €. Pour la location meublée, la CFE est due lorsque le chiffre d'affaires dépasse 5 000 €, sauf si la location porte sur la résidence principale du propriétaire.
Montant et base de calcul de la CFE
Le montant de la CFE dépend principalement de deux critères : la valeur locative des locaux utilisés pour l’activité (fixée par l’administration fiscale) et le taux d'imposition voté chaque année par la commune où se situe le principal établissement. Si l'entreprise n'a pas de local professionnel dédié, une base d'imposition minimum s'applique selon le chiffre d'affaires et la commune.
La CFE est calculée sur la valeur locative des biens immobiliers passibles de la taxe foncière utilisés par l'entreprise pour les besoins de son activité au cours de la période de référence (année N‑2 ou dernier exercice de 12 mois clos au cours de cette même année). Sont donc retenus les biens appartenant à l’entreprise, ceux pris en location, en crédit-bail, ou utilisés à titre gratuit.
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Exemple : pour la cotisation due au titre d'une année donnée, on prendra en compte les biens utilisés en N‑2.
Base d’imposition minimale et réductions possibles
- La base réelle ne doit pas être inférieure à une base minimum fixée par la commune ;
- Des réductions de base d’imposition existent dans certaines situations : réduction de moitié la 2e année pour les nouveaux entrepreneurs ; réductions pour artisans employant jusqu'à 3 salariés (75 %, 50 % ou 25 % selon le nombre de salariés) ; réduction de 25 % en Corse ; corrections pour activités saisonnières.
Exonérations : qui en bénéficie et comment ?
Les exonérations peuvent être de plein droit (automatiques) ou facultatives (sur demande). Elles peuvent être permanentes ou temporaires.
Exonérations de plein droit - en raison de la nature de l’activité
Les activités artisanales et assimilées bénéficient d’une exonération lorsque sont réunies quatre conditions (travail manuel prépondérant, pas d'installations imposantes, pas de spéculation sur la matière première, travail seul ou aide ponctuelle de proches/apprentis). D'autres professions bénéficient également d'exonérations de plein droit : professeurs exerçant à domicile, artistes vendant uniquement leur production, photographes d'art pour la réalisation de prises de vues et la cession de leurs œuvres, artistes lyriques et dramatiques, auteurs (sous conditions), sages-femmes, garde-malades, sportifs, jeunes avocats, chauffeurs de taxi ou d'ambulance sous conditions, éditeurs de publications périodiques, vendeurs à domicile indépendants sous seuil de rémunération, exploitants agricoles, sociétés coopératives d'artisans, collectivités territoriales, établissements publics, certaines activités industrielles et commerciales, etc.
Exonérations de plein droit - en raison de l’emplacement
- Activités créées dans un bassin urbain à dynamiser (BUD) entre le 1er janvier 2018 et le 31 décembre 2026, exonérées d'IR ou d'IS ;
- Activités implantées en zone de développement prioritaire (ZDP) entre le 1er janvier 2019 et le 31 décembre 2026, exonérées d'IR ou d'IS.
Exonération liée au chiffre d’affaires
Les entreprises réalisant au plus 5 000 € de chiffre d'affaires par an sont exonérées de la cotisation minimum de CFE et des taxes additionnelles destinées aux chambres consulaires.
Exonérations facultatives et temporaires
Les collectivités peuvent décider d’accorder des exonérations facultatives (par délibération) : exonération de 3 ans en cas de création ou d’extension d’établissement, exonérations pour entreprises implantées dans des zones d’aide (ZAFR, ZAIPME, ZFRR, QPV, BER, ZFA en outre‑mer…), exonérations pour certaines professions s’installant en zones peu dotées en offre médicale, etc. Ces mesures nécessitent souvent le dépôt d’une demande via le formulaire adéquat auprès du Service des Impôts des Entreprises (SIE).
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Déclarations et formalités
La déclaration initiale de CFE doit être réalisée avant le 31 décembre de l'année de création ou de reprise de l'établissement, en remplissant le formulaire n°1447-C-SD. Il n’est pas nécessaire de renouveler cette déclaration chaque année, sauf changement notable (déménagement, modification de la superficie des locaux, extension d’établissement, etc.). Dans ces cas, il faut déposer la déclaration modificative n°1447-M-SD.
Les créateurs ou repreneurs d'établissements doivent au plus tard le 31 décembre de l'année de la création ou de la reprise remplir la déclaration initiale. En cas de modification (augmentation ou diminution de la surface, changement d’adresse, dépassement de seuils), la déclaration modificative doit être adressée au SIE avant le 2e jour ouvré suivant le 1er mai (délais variables selon année fiscale).
Paiement et échéances
La CFE est payable chaque année au plus tard le 15 décembre. Un acompte éventuel, versé le 15 juin, égal à 50 % du montant de la cotisation payée l'année précédente, peut s’appliquer si la CFE de l’année précédente est égale ou supérieure à 3 000 €. Cet acompte doit être payé spontanément par l'entreprise, aucun avis d'imposition ne lui est envoyé. Les redevables sont informés du montant de l'acompte à acquitter via leur espace « Professionnel » sur impots.gouv.fr.
Toutes les entreprises doivent s'acquitter de la CFE de façon dématérialisée (paiement en ligne, prélèvement à l'échéance ou prélèvement mensuel). L’entreprise peut opter pour un paiement mensuel via un contrat de prélèvements mensuels souscrit en ligne via l'espace « Professionnel » ou auprès des centres de contact ou des SIE. L'échéancier étale les prélèvements sur 10 mois, de janvier à octobre.
Bonne nouvelle : l’année de création (période entre la date de création et le 31 décembre) est exonérée de CFE ; la CFE devient exigible à partir de la deuxième année d’activité.
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Retards et recours
En cas de retard de paiement, une majoration automatique de 10 % du montant de la CFE due est appliquée. Le non-paiement prolongé peut entraîner des mesures de recouvrement (saisie, relances, pénalités). En cas de difficulté, il est possible de demander un délai ou une remise gracieuse auprès du SIE. Si le montant de la CFE vous semble incorrect, vous pouvez déposer une réclamation via la messagerie de votre espace Impôts en choisissant « Réclamation sur la CFE ».
Spécificités pour les clubs sportifs, enseignants et structures FFT
Pour les structures liées à la Fédération Française de Tennis (FFT) et aux clubs affiliés, il est essentiel de bien distinguer les statuts des intervenants : les deux en même temps (salariés et travailleurs indépendants) dans les locaux du même club doivent être clairement séparés. Il est impératif de rédiger deux contrats distincts (un contrat de travail et une convention de coopération libérale) lorsque les activités coexistent dans le même club. Le Club fédéral des enseignants de tennis a pour objectif de rapprocher la DTN des enseignants exerçant dans les clubs affiliés ; cette relation impose des règles contractuelles claires qui ont aussi des conséquences fiscales et sociales.
Pour les dispositifs de formation et d'entraînement (ex. CFE - Centre de Formation d'Élite intégré au Plan de Performance Fédéral), les structures doivent anticiper la participation financière des familles et la qualification des encadrants : le CFE est une structure intégrée au PPF avec un fonctionnement sur 10 mois, encadrement par entraîneur de Ligue, et volumes d'entraînement obligatoires. Ces éléments conditionnent la nature de l’activité et donc, parfois, l'éligibilité à certaines exonérations selon la nature et le lieu d'exercice.
Comment procéder en pratique ?
- Créer un espace professionnel sur impots.gouv.fr pour gérer vos déclarations et paiements ;
- Remplir la déclaration initiale n°1447-C-SD avant le 31 décembre de l’année de création ;
- Vérifier votre assujettissement et les exonérations applicables (nature de l’activité, localisation, chiffre d’affaires) ;
- Si nécessaire, déposer la déclaration modificative n°1447-M-SD pour demander une exonération facultative ou signaler une modification ;
- Anticiper l'acompte du 15 juin si votre CFE de l'année précédente est ≥ 3 000 € ;
- Payer en ligne avant le 15 décembre ou mettre en place un prélèvement mensuel pour lisser la charge.
Où se renseigner ?
- Service des Impôts des Entreprises (SIE) dont dépend votre établissement ;
- Site impots.gouv.fr : création d’un espace professionnel, consultation des avis, paiement et réclamations ;
- Centres de contact des impôts et services d'accompagnement locaux (CCI, experts-comptables) pour des permanences dédiées aux créateurs.
La CFE : 5 min pour tout comprendre à la Cotisation Foncière des Entreprises
Tableau récapitulatif (extraits)
| Élément | Règle principale |
|---|---|
| Quand due | Au 1er janvier de l'année d'imposition (exigible à partir de la 2e année pour les créateurs) |
| Base | Valeur locative des locaux en N‑2 ou base minimum selon la commune |
| Taux | Voté par chaque commune (variable selon localisation) |
| Paiement | Avant le 15 décembre (acompte 15 juin si CFE précédente ≥ 3 000 €) |
| Exonération 1re année | Automatique pour toutes les entreprises (jusqu'au 31 décembre de l'année de création) |
La CFE reste un impôt local qui peut sembler complexe, notamment pour les clubs sportifs et les enseignants intervenant sous différents statuts. Anticipez les formalités (déclarations, demandes d'exonération, distinction des contrats) et utilisez les ressources en ligne et les services locaux pour optimiser la gestion fiscale de votre structure.
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