La Finance Publique à Lille : Définition et Enjeux
La gestion des finances publiques est un enjeu crucial pour le bon fonctionnement des collectivités territoriales, et la ville de Lille ne fait pas exception. Cet article propose une exploration de la finance publique à Lille, en abordant le Compte Administratif, les dispositifs de soutien aux entreprises en difficulté, et le cadre juridique qui régit ces opérations.
Le Compte Administratif (CA) : Un Outil de Transparence Budgétaire
Le Compte Administratif (CA) est un document essentiel qui retrace l’exécution du budget de l’année. Il compare les prévisions de crédits aux réalisations en dépenses et en recettes, déterminant ainsi les résultats de l’exécution comptable et constatant les restes à réaliser.
Ainsi, l’ordonnateur rend compte annuellement des opérations budgétaires exécutées, non seulement pour le budget principal, mais aussi pour les différents budgets annexes. Le Conseil Municipal arrête définitivement le CA par un vote avant le 30 juin de l’année suivant la clôture de l’exercice. Par exemple, le CA 2024 a été voté lors de la séance du 20 juin 2025.
Le Compte Administratif (CA) présente l’exécution réelle du budget de l’année précédente.
Au sortir d’une période de forte inflation, l’année 2024 a été celle d’une maîtrise de la hausse des dépenses de fonctionnement (+2,7%).
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Grâce à une gestion prudente et une capacité de résilience face à l'instabilité du monde qui nous entoure depuis le début du mandat, la Ville de Lille a pu poursuivre la mise en œuvre concrète des engagements pris auprès des Lillois, Lommois et Hellemmois.
Les recettes de fonctionnement progressent de 0,3%, l’évolution de nos ressources propres compensant la part non-récurrente de la dynamique de 2023.
En conséquence, l’épargne brute se contracte à nouveau, tout en restant à un niveau satisfaisant de 57,2 M€ qui permet de dégager, après remboursement du capital de la dette, une épargne nette de 28,0 M€.
Elle participe au financement d’une accélération des dépenses d’investissement qui atteignent 102,3 M€ (+11,8%), principalement tournées vers la transition écologique et l'amélioration du cadre de vie.
Des recettes directes (subventions et fonds de compensation de la TVA) en nette augmentation (+22,0%) et un ré-endettement modéré (+15,0 M€) complètent ce financement.
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L’encours de la dette atteint 362,0 M€ au 31 décembre 2024.
Ce compte administratif témoigne ainsi d’une situation financière de la Ville de Lille qui reste saine, comme l’a souligné le récent rapport de la Chambre Régionale des Comptes.
Le projet de loi de finances : comment ça marche ?
Soutien aux Entreprises en Difficulté
Dans le cadre du soutien apporté aux entreprises en difficultés, les services de la Direction générale des Finances publiques (DGFiP) interviennent au sein des Commissions des chefs de services financiers (CCSF), des Comités départementaux d’examen des problèmes de financement des entreprises (CODEFI) et du Comité interministériel de restructuration industrielle (CIRI).
Interlocuteur de proximité
Dans chaque département, un conseiller départemental aux entreprises en difficulté de la direction des finances publiques accueille et oriente les entreprises en situation de fragilité financière. Cet interlocuteur de confiance respecte un strict cadre de confidentialité, notamment vis-à-vis du secret des affaires et du secret fiscal.
Il propose une solution adaptée et opérationnelle à chaque entreprise, en fonction de sa situation en s'appuyant, le cas échéant, sur les services de la médiation du crédit de la Banque de France, de la médiation des entreprises ou orienter les chefs d’entreprises vers le bon acteur.
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Commission départementale des Chefs des Services Financiers (CCSF)
En cas de difficultés à régler une échéance fiscale ou sociale, la CCSF, dont le secrétariat permanent est assuré par la direction départementale des Finances publiques (DDFiP), peut être saisie. Les entreprises peuvent bénéficier de ce dispositif sous réserve d'être à jour de leurs obligations déclaratives et de paiement de la part salariale des cotisations sociales.
Un dossier exposant la situation financière de l’entreprise doit être déposé auprès du secrétariat de la CCSF dans le ressort de laquelle se situe son siège social, ou son principal établissement. Le dossier est composé, entre autres, d’une attestation justifiant de l’état de ses difficultés financières, d'une attestation sur l’honneur justifiant le paiement des parts salariales des cotisations de sécurité sociale, des états prévisionnels de chiffre d’affaires et de trésorerie pour les prochains mois, des trois derniers bilans et de la situation actuelle de la trésorerie. Un dossier simplifié est prévu pour les très petites entreprises.
La commission examine, en lien avec chaque comptable ou organisme chargé du recouvrement des créances publiques, l'établissement d'un plan de règlement échelonné des dettes fiscales et sociales (part patronale) du débiteur. Puis elle en arrête les conditions. À l'issue du plan, les créanciers publics pourront éventuellement accorder une remise des majorations et des pénalités de retard.
Dans le cadre d'une procédure de conciliation, de sauvegarde ou de redressement judiciaire, une demande de remise de dettes peut être formulée auprès de la CCSF dans le cadre de l'article L. 626-6 du code de commerce. Les remises, dont les conditions sont précisées aux articles D. 626-9 et suivants du même code, ont pour objet de faciliter la restructuration financière de l'entreprise en difficulté, la poursuite de son activité économique et le maintien de l'emploi. Elles ne peuvent, en aucun cas, concerner la TVA et les droits d’enregistrement.
Le Comité départemental d’examen des problèmes de financement des entreprises (CODEFI) et le Comité interministériel de restructuration industrielle (CIRI)
Le CODEFI a vocation à accueillir et à orienter les entreprises de moins de 400 salariés qui rencontrent des problèmes de financement. Cette structure locale, présidée par le Préfet, assiste les entreprises dans l'élaboration et la mise en œuvre de solutions de redressement pérennes.
L’entreprise doit saisir le CODEFI dans le ressort duquel se situe son siège social. Pour cela, elle doit s'adresser, soit au secrétaire permanent du CODEFI à la Direction départementale des finances publiques, soit au Commissaire aux Restructurations et Prévention des difficultés des entreprises (CRP) de sa région.
Ce comité peut, sous certaines conditions :
- commander des audits en accord avec l'entreprise, afin d'établir un diagnostic de sa situation, valider des hypothèses de redressement économique et financier
- accorder des prêts du fonds de développement économique et social (FDES) dans le cadre d'un plan de restructuration et lorsque les perspectives de redressement sont réelles. Pour être éligible à cette procédure, l'entreprise doit être en situation régulière par rapport à ses obligations fiscales et sociales.
- accorder, en lien avec le comité interministériel à la restructuration industrielle (CIRI) et la Direction générale des Entreprises (DGE), des prêts directs de l'Etat (avances remboursables, prêts à taux bonifié, prêts exceptionnels petites entreprises).
Les entreprises de plus de 400 salariés relèvent de la compétence du CIRI, dont le secrétariat général est assuré par la Direction générale du Trésor.
Le Droit des Finances Publiques : Un Cadre Réglementaire Essentiel
Vous vous demandez comment l’État se finance ? Pour fonctionner, il a besoin d’un budget conséquent. Son financement est principalement constitué des recettes fiscales. En effet, plus de 90 % du budget de l’État est obtenu par les impôts et les taxes qui peuvent être prélevés directement ou indirectement.
La gestion de ces ressources financières est règlementée par le droit des finances publiques. L’avocat en droit des finances publiques a pour principale mission de conseiller et d’informer les personnes publiques sur les spécificités de ce domaine juridique.
Les Champs d’Action du Droit des Finances Publiques
Les finances publiques englobent les domaines d’étude des opérations relatives au budget de l’État, des établissements et des organismes publics ainsi que des collectivités territoriales. Elles encadrent les ressources, les procédures budgétaires et comptables, la politique budgétaire et tous les secteurs qui y sont liés.
Par définition, le droit budgétaire rassemble les règles juridiques relatives à l’élaboration, à l’exécution et au contrôle des budgets de l’État, des collectivités locales, des établissements publics et des organismes de sécurité sociale.
Le budget de l’État est l’acte précisant et autorisant les dépenses ainsi que les recettes de l’État au cours de l’année civile à venir. Chaque année, le gouvernement propose un projet de loi de finances qui est ensuite soumis au vote du parlement. L’Assemblée nationale et le Sénat peuvent proposer des modifications avant l’adoption de la loi de finances initiale (LFI). Une fois adoptée, cette dernière est publiée dans le journal officiel.
Les dispositions de la LFI peuvent faire l’objet d’une modification en cours d’année par le biais de la loi de finances rectificative (LFR) aussi dénommée « collectif budgétaire ».
Par définition, la sécurité sociale est l’ensemble des institutions protégeant les individus des conséquences des risques sociaux (maladie, vieillesse, maternité, invalidité…). Son budget est présenté dans la loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS).
La comptabilité publique désigne les techniques comptables utilisées par les administrations publiques (État, collectivités territoriales et organismes de sécurité sociale) pour enregistrer leurs opérations financières.
Le droit fiscal regroupe les règles juridiques relatives aux impôts.
Pour conclure, le droit des finances publiques encadre tous les domaines liés aux finances de l’État, des organismes et des personnes publics.
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