Financement des Entreprises par le Marché Financier : Fonctionnement et Enjeux
Marchés financiers : de quoi parle-t-on ?
Des règles de fonctionnement semblables à celles d’un marché traditionnel
Le rôle des marchés financiers est simple : permettre aux entreprises et aux États de se financer. Comme tout autre marché, les marchés financiers favorisent la rencontre de l’offre (représentée par les investisseurs) et de la demande (les emprunteurs).
En pratique, les agents économiques en quête de moyens financiers peuvent y lever des capitaux auprès d’une multitude d’investisseurs potentiels. Pour lever des capitaux, ces agents émettent des instruments financiers qu’ils proposent ensuite sur les marchés :
- actions,
- crédits à court terme,
- obligations,
- devises,
- etc...
Comme sur tous les marchés, l’évolution de leur valeur dépend de l’intensité de la demande par rapport à l’offre et inversement. Le prix d’un instrument financier dépend ainsi de la confiance que les acteurs du marché lui accordent à un instant T. Elle n’est pas nécessairement le reflet de sa valeur intrinsèque.
Un rouage essentiel de l’économie
Les marchés financiers participent au financement de l’économie en permettant aux agents économiques de bénéficier des capitaux nécessaires : le programme d’investissement d’une entreprise ou les dépenses d’un État par exemple.
Les marchés financiers ont ainsi pour mission de fluidifier la circulation de l’argent. Pour cette raison, ils sont indispensables à l’économie réelle. Beaucoup d’entreprises par exemple ne pourraient pas investir et se développer si elles ne pouvaient pas accéder aux capitaux extérieurs.
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Des marchés très encadrés par la loi
Chaque instrument financier émis par un agent économique est échangé sur un marché spécifique : le marché des actions, le marché des obligations, etc. C’est pour cela que l’on parle de marchés financiers et non de marché financier. Le pluriel est de rigueur ! Les OPC proposés par LCL vous permettent notamment d’accéder à ces marchés, en toute simplicité.
Ce qu’il est important de retenir, c’est que le fonctionnement de chacun d’eux est encadré par une réglementation spécifique très stricte. Chaque émetteur doit par exemple fournir un niveau d’information minimum aux investisseurs potentiels. C’est ce qu’on appelle la transparence financière. Elle est indispensable pour permettre aux investisseurs de prendre leurs décisions en toute connaissance de cause.
A noter ! L’activité des marchés financiers est encadrée en France par l’Autorité des Marchés Financiers (AMF). Cette autorité indépendante a pour mission de veiller :
- à l’information des investisseurs, en vue de protéger leur épargne,
- au bon fonctionnement des marchés d’instruments financiers.
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Les différents types de marchés financiers
Il existe plusieurs types de marchés financiers, chacun ayant des caractéristiques spécifiques. On peut classer ces marchés selon différents critères :
Classification économique
Dans cette catégorie, les marchés se distinguent selon les titres financiers qui y sont échangés :
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- le marché des actions pour le financement en capital des entreprises (y compris bancaires),
- le marché des obligations (marché obligataire) pour le financement des entreprises (y compris bancaires), Etats et collectivités par l'endettement à long terme,
- le marché monétaire pour le financement des banques, entreprises et collectivités par l'endettement à court terme (moins d'un an),
- le marché des dérivés pour les couvertures de risque,
- le marché des devises (le Forex),
- le marché des matières premières et quotas de CO2.
Classification organisationnelle
Dans cette catégorie, on distingue les marchés qui sont organisés et les marchés de gré à gré.
| Marché organisé | Marché de gré à gré (« over the counter », OTC) | |
|---|---|---|
| Définition | Un marché organisé est un lieu de négociation sur lequel le processus de formation des prix et le mécanisme de diffusion et de confrontation des ordres d'achat et de vente obéissent à des règles approuvées par le régulateur de marché. Lorsque le marché est géré par un opérateur français, l’AMF en est le régulateur. | Dans un marché de gré à gré, les intermédiaires financiers sont en relation directe : ils négocient et traitent eux-mêmes les termes de la transaction. Généralement, la transaction de gré à gré n'est pas prise en charge par une chambre de compensation qui garantirait la bonne fin de l’opération. |
| Fonctionnement | Une fois la transaction effectuée, une chambre de compensation garantit la bonne fin de l'opération en veillant au respect des engagements de l’acheteur et du vendeur. | Exception : pour certains dérivés OTC, le règlement European Market Infrastructure (EMIR) oblige, depuis juillet 2012, à recourir aux services d'une chambre de compensation. |
| Exemple | Euronext Paris | |
| Avantages |
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| Inconvénients | Produits standardisés (pas de "sur-mesure"). |
|
Classification par nature d'engagement
Enfin, on peut distinguer les marchés financiers par la nature de l'engagement pris par les parties prenantes.
- Sur le marché au comptant : l'acheteur paye le montant convenu et le vendeur livre le titre financier sous un délai qui est généralement de deux jours après la négociation.
- Sur les marchés à terme : l'acheteur et le vendeur s'engagent pour une transaction à une date future sur un produit, une quantité et un prix convenu.
Focus sur quelques marchés spécifiques
Le marché monétaire
Le marché monétaire est un marché de capitaux à court terme. Il permet aux institutions financières d’y gérer leurs liquidités :
- trésors nationaux,
- banques centrales,
- banques commerciales,
- gestionnaires de fonds,
- assureurs,
- grandes entreprises.
LCL vous permet d’accéder à ce marché en vous proposant des OPC monétaires. Ces institutions y placent leurs avoirs à court terme ou se procurent des financements courts, de 1 jour à 2 ans. Les établissements en surplus de liquidité prêtent à ceux qui sont en déficit. L’équilibre entre les 2 est assuré par les banques centrales.
Exemple: EDF facture le courant électrique une fois par trimestre à ses clients individuels. L’entreprise enregistre donc tous les 3 mois des rentrées massives d’argent qu’elle place à court terme. En revanche, ses charges sont plus étalées dans le temps. Elle peut donc avoir besoin d’emprunter les 15 derniers jours pour « faire la soudure ».
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Quel niveau de risque ?
Les instruments du marché monétaire (bons du Trésor, billets de trésorerie, certificats de dépôts, etc.) sont caractérisés par un faible risque de crédit et une forte liquidité. Ils se trouvent tout en bas de l'échelle « rendement/risque ».
Les principaux indices du marché monétaire international
- €STER: taux de référence quotidien des dépôts interbancaires effectués au jour-le-jour dans la zone euro
- FED FUNDS: taux d’intérêt directeur fixé toutes les 6 semaines par la Réserve Fédérale (FED) pour le marché américain
- EURIBOR: taux moyen auquel un échantillon de 57 grandes banques établies en Europe prêtent à d’autres grandes banques. Il est déterminé par la Banque Centrale Européenne
Le marché des obligations
C’est un marché sur lequel les États, les organismes publics et les entreprises privées se financent. Pour cela, ils émettent des obligations.
Rappelons ce qu’est une obligation : un titre de créance émis par une entreprise ou un État. Acheter une obligation d’une valeur de 100 €, émise par une société, revient à lui prêter 100 €. Les obligations sont rémunérées par un taux d’intérêt et sont remboursables au terme prévu. Elles sont généralement émises sur des échéances longues. Il en existe plusieurs types dont :
- les obligations à taux fixe,
- les obligations à taux variable,
- les Obligations Assimilables du Trésor (OAT) émises par l’État,
- les obligations convertibles, qui offrent la possibilité d’échanger le titre contre une action de l’entreprise émettrice.
On distingue les marchés obligataires :
- primaire, qui recouvre les nouvelles obligations émises,
- secondaire, qui comprend les obligations déjà en circulation.
Comment évolue le prix d'une obligation ?
Les cours des obligations évoluent à l'inverse des taux d'intérêt.
Prenons un exemple : une obligation a été acquise sur le marché primaire alors que les taux obligataires à 10 ans étaient de 6 %. Si quelque temps plus tard, les taux sur 10 ans atteignent 8 %, le prix de revente de cette obligation baissera. En effet, les investisseurs refuseront une rémunération de 6 % quand les rendements offerts sur le marché sont de 8 %.
Quel niveau de risque ?
Les obligations peuvent offrir des rendements supérieurs aux placements monétaires. Toutefois, elles supportent un risque de taux d'intérêt influant sur leur prix de revente.
Quelle notation ?
Des agences de notation comme Moody's, Standard & Poor’s, ou Fitch Ratings, attribuent des notes aux entreprises et entités qui interviennent sur le marché obligataire, en fonction de leur solvabilité :
Echelle de notation de Standard & Poor’s pour les obligations à long terme :
- Haute qualité : de AAA à AA-
- Qualité moyenne : de A+ à BBB-
- Spéculatif : de BB+ à B-
- Risque élevé : de CCC+ à C
- Défaut : D
Exemple : une entreprise notée CCC émettra des obligations à un taux plus élevé qu’une entreprise notée AAA. Mais cette rémunération est la contrepartie d’un risque plus élevé !
Le marché des actions
C’est le marché financier le plus connu et le plus accessible aux particuliers. On distingue les marchés des actions :
- primaire, sur lequel les entreprises qui veulent lever des fonds, peuvent émettre des actions vendues à des investisseurs,
- secondaire, sur lequel les actions, une fois émises, sont échangées entre les investisseurs.
Qu’est-ce qu’une action ?
C’est le titre de propriété d’une part d’une société qui donne le droit de percevoir une part de ses bénéfices : le dividende. Le dividende est versé une fois par an si les résultats de l’entreprise ont été positifs et que ses dirigeants ont choisi de verser une partie des bénéfices à leurs actionnaires.
Détenir une action permet ainsi d’espérer :
- percevoir des revenus (si l’entreprise verse des dividendes),
- réaliser une plus-value (si l’action est revendue et que son cours a augmenté depuis son acquisition).
Comment évolue le prix d’une action ?
Le cours de l’action évolue en fonction :
- des performances financières de l’entreprise,
- du climat économique et financier,
- de la confiance des investisseurs dans le potentiel de croissance de l’entreprise.
Lorsque la conjonction de tous ces facteurs est favorable, les investisseurs sont plus nombreux à souhaiter acheter des actions : leur valeur monte.
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