Financement Participatif en France : Guide Complet
Vous êtes à la recherche de financements alternatifs aux banques pour votre projet ? Grâce à Internet, il est désormais possible de solliciter des fonds auprès d'un large public via des plateformes de crowdfunding. Le crowdfunding, ou financement participatif, est une solution de financement pour vos projets de création, de reprise et de développement d'activité. Il est généralement utilisé en complément d'autres outils de financement comme les prêts d'honneur, les emprunts bancaires, les micro-crédits, etc.
Le financement participatif (ou "crowdfunding", financement par la foule) est un mode de financement digital, rapide et simple, ouvert au grand public comme aux professionnels de l’investissement. Les investisseurs apportent des fonds via une plateforme en ligne pour contribuer au financement d'un projet.
Il existe aujourd'hui une multitude de plateformes pouvant vous aider à financer votre projet entrepreneurial. Certaines sont généralistes et s'intéressent à toutes sortes de projets. D'autres sont dédiées à certains types de projets : culturels, sociaux, environnementaux, innovants, numériques, etc.
Pour faciliter vos recherches, nous vous proposons une sélection de sites et plateformes de crowdfunding.
Les Différentes Formes de Crowdfunding
Il faut distinguer 3 formes de financement participatif :
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- Dons avec ou sans contrepartie
- Prêts avec ou sans intérêt (« crowdlending »)
- Souscription de titres financiers non cotés (« crowdequity »)
Comment réussir sa campagne de crowdfunding étape par étape
1. Le Reward Crowdfunding : Crowdfunding sous Forme de Don
Le reward crowdfunding : crowdfunding sous forme de don. Il peut s'agir de :
- dons sans contrepartie (récompense) : donations "coup de cœur" ;
- dons avec une contrepartie symbolique : une carte postale, un t-shirt à l'effigie de l'entreprise, etc. ;
- préventes / pré-commandes du produit ou service pour lequel la campagne de financement a été lancée.
Cette forme est idéale pour tester votre marché et l'accueil réservé par le public à votre produit ou service et ainsi, crédibiliser votre démarche. Les dons perçus vont conforter vos fonds propres et permettre de créer un effet de levier sur d'autres financements : prêts d'honneur, prêts bancaires, subventions, etc.
Le don moyen observé en 2023 est d'environ :
- 40 euros pour les dons sans contrepartie (pour un montant moyen collecté de 752 euros)
- 68 euros pour les dons avec contrepartie (pour un montant moyen collecté de 1 802 euros)
2. Le Crowdlending : Crowdfunding sous Forme de Prêt
Le crowdlending : crowdfunding sous forme de prêt. Il peut s'agir de :
- prêts sans intérêts ;
- prêts avec intérêts, sans caution ni garantie de votre part, d’une durée maximale de 7 ans.
Ce type de crowdfunding permet, en général, de financer des dépenses non prises en compte par les banques, comme le besoin de liquidités ou des projets d'investissements immatériels.
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Le prêt qui vous sera consenti peut être rémunéré ou non. Lorsqu'il l'est, le taux moyen observé est de l'ordre de 7 % environ. Son montant est plafonné à 2 000 euros par prêteur et par projet s'il est rémunéré, ou à 5 000 euros par prêteur et par projet s'il ne l'est pas.
3. Le Crowdequity : Crowdfunding sous Forme d'Investissement
Dans le cadre du crowdfunding equity, l'intervention prend la forme d'une prise de participation au capital de votre société.
Dans le cadre du crowdequity, un investisseur apporte une somme d'argent à la société du porteur de projet et reçoit en contrepartie des titres de société (actions) émis par cette dernière.
Au cours de cette augmentation de capital, l'investisseur devient actionnaire de la société porteuse du projet. Il bénéficie d'un droit d'information envers l'entreprise et participe aux assemblées générales. Il perçoit des dividendes et éventuellement une plus-value lors de la cession future des titres.
Les Avantages du Crowdfunding
Pour un porteur de projet, le crowdfunding et la finance participative apportent de nombreux bénéfices :
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- L’élargissement de ses sources de financement
- La possibilité de tester son projet auprès d’une cible
- Communiquer sur son projet
- Se démarquer grâce des financements alternatifs originaux
- Lever des fonds voir aboutir son projet
Financement Participatif Immobilier
Si le principe du crowdfunding et du financement participatif en France existe maintenant depuis des années pour financer des œuvres culturelles (films, musique), le paysage du financement participatif s’est élargi au fil du temps à de nombreux secteurs, tels que l’immobilier.
Les Rendements du Financement Participatif Immobilier
En investissant via le crowdfunding immobilier, il est possible d’obtenir un retour sur investissement dont la rentabilité peut dans certains cas atteindre 8 à 10 %*, c’est-à-dire un rendement similaire à celui des marchés de capitaux. Ce niveau de rendement s’explique en partie par la notoriété grandissante du financement participatif immobilier et du niveau d’exigence des investisseurs.
Selon le récent baromètre du crowdfunding immobilier réalisé par HelloCrowdfunding, le rendement de ce type d’investissement tend à grimper au fil des dernières années :
- Les années 2021 et 2022 auraient atteint un rendement moyen de plus de 9 %* pour les investisseurs
- L'année 2023 et début 2024 auraient atteint un rendement moyen de plus de 10%* pour les investisseurs
Les Risques du Financement Participatif Immobilier
Ces chiffres mirobolants ne doivent toutefois par faire oublier le caractère imprévisible du marché immobilier et ses potentielles défaillances. De hauts rendements sont en effet rarement envisageables sans accepter une part de risque.
Le principe du crowdfunding immobilier est facilement compréhensible. Les promoteurs immobiliers ont besoin de fonds pour financer de nouveaux projets qu’ils concernent de la construction immobilière ou de l'achat de foncier. Les banques exigent en général un apport personnel à hauteur de 20 % du montant d'un projet. Vu les sommes engagées, cela peut représenter des millions. Or un promoteur a besoin de maintenir une trésorerie importante. Grâce aux fonds récoltés via la plateforme de crowdfunding, il peut trouver un peu d’oxygène et gagner la confiance des banques pour réussir à boucler son opération.
Comment Choisir sa Plateforme de Crowdfunding ?
Plusieurs critères comptent pour choisir votre plateforme de crowdfunding : votre objectif de financement, le profil des internautes que vous souhaitez cibler ou encore le fonctionnement de la plateforme.
Pour lancer sa campagne de crowdfunding, le porteur de projet a le choix entre 2 types de plateformes :
- Les plateformes généralistes permettent de financer tout type de projet en attirant un large public (ex : Ulule, KissKissBankBank, Kickstarter, Indiegogo)
- Les plateformes spécialisées permettent de cibler un public plus spécifique et qualifié, avec une meilleure connaissance du secteur d'activité (ex : Fundimmo, Homunity ou Wiseed pour les projets immobiliers, Miimosa ou Blue Bees pour les projets agricoles ou alimentaires, Tudigo ou Sowefund en matière d'investissement, Lendopolis et Enerfip pour les projets liés à la transition énergétique).
Chaque plateforme dispose de son propre mode de fonctionnement : commission prélevée sur le montant des sommes récoltées (0 à 12 %), obligation ou non d'atteindre l'objectif financier pour accéder aux sommes récoltées, accompagnement du porteur de projet dans la mise en œuvre de sa campagne (interlocuteurs, experts, coachs...), ergonomie et fluidité du parcours utilisateur sur le site...
Si la plateforme propose des services de prêt avec intérêts (crowdlending) ou de souscription de titres (crowdequity), celle-ci doit disposer du nouveau statut européen de prestataire de service de financement participatif (PSFP). Le registre est géré par l'ESMA et peut être consulté en ligne.
Préparer sa Campagne de Crowdfunding
Au cours d'une campagne de financement participatif, le porteur du projet doit avant tout définir le projet en apportant, de manière claire et précise, les informations suivantes :
- Identité du porteur de projet
- Nature et objectif du projet
- Utilisation des fonds collectés
Lorsqu'il s'agit d'un projet d'investissement (ex : projet immobilier), le porteur de projet doit indiquer les risques associés à l'investissement, les modalités de remboursement et les éventuelles garanties offertes aux investisseurs.
Le porteur de projet s'engage à utiliser les fonds collectés dans le seul but de mettre en œuvre le projet tel que défini pendant la campagne. Il doit également verser une commission à la plateforme de crowdfunding (0 à 12 % des fonds collectés).
Vous devrez également vous interroger sur certains points cruciaux pour la réussite de votre projet :
- quel est votre besoin de financement ?
- avez-vous un produit, un prototype à montrer ? Une infographie ou vidéo à présenter ?
- avez-vous une histoire à raconter qui donne envie, pour capter l'attention des internautes ?
- quelles contreparties pouvez-vous proposer et quel est leur coût ?
Pendant la Campagne
Il est important de bien prendre connaissance des règles de fonctionnement de la plateforme de crowdfunding que vous choisirez, puis de définir précisément vos cibles.
Pour amorcer l'opération, vous commencerez par solliciter vos proches en leur demandant de partager l'information de leur participation à votre campagne sur leurs réseaux sociaux.
Viendra ensuite la mise en œuvre opérationnelle de votre plan de communication : publication d'informations, d'actualités, mobilisation de personnes influentes pour faire du buzz, etc.
Attention, le web ne fait pas tout, rien ne remplace le contact physique, qui peut prendre forme autour d'événements et de démarchages.
La réussite d'une campagne de crowdfunding repose essentiellement sur vos capacités de communication.
Réglementation du Financement Participatif
La finance participative est, en raison de son activité, soumise à la réglementation bancaire et financière. Les plateformes de dons sont soumises, depuis le 1er mars 2017, à l’obligation d’immatriculation au registre unique des intermédiaires en assurance, banque et finance géré par l’Orias en tant qu’intermédiaire en financement participatif (IFP), statut créé par l’ordonnance du 30 mai 2014. En tant qu’IFP, les plateformes de dons doivent souscrire une assurance de responsabilité civile professionnelle. Mais le statut d’IFP n’autorise pas la plateforme à recevoir des fonds. Si la plateforme fournit elle-même ces services de paiement, elle doit être agréée en tant qu’établissement de paiement. Cet agrément est délivré par l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), autorité administrative indépendante adossée à la Banque de France, chargée de l’agrément et de la surveillance des établissements bancaires et d’assurance. Si la plateforme confie l’encaissement des fonds à un prestataire de services de paiement agréé, dans le cadre d’un partenariat, elle doit être agréée en qualité d’agent de services de paiement. Les plateformes de dons bénéficient d’un assouplissement de la réglementation applicable aux établissements de paiement. En revanche, si la plateforme ne gère pas l’encaissement des fonds, en proposant uniquement un service de mise en relation des personnes qui versent un financement avec celles qui apportent un projet, elle n’est pas soumise à la réglementation d’intermédiaire financier. Lorsque son activité correspond à la fourniture d’un espace d’hébergement, celle-ci peut éventuellement relever du régime de la responsabilité des hébergeurs (article 6. I.
Les plateformes de prêt, avec ou sans intérêts, sont soumises à l’obligation d’être immatriculées au registre unique des intermédiaires en assurance, banque et finance géré par l’Orias en tant qu’intermédiaire en financement participatif (IFP), statut créé par l’ordonnance du 30 mai 2014. En tant qu’IFP, les plateformes de prêts doivent souscrire une assurance de responsabilité civile professionnelle. Mais le statut d’IFP n’autorise pas la plateforme à recevoir des fonds.
Les plateformes de financement participatif sous forme de souscription de titres financiers, doivent être immatriculées au registre unique des intermédiaires en assurance, banque et finance géré par l’Orias en tant que conseiller en investissements participatifs (CIP), statut créé par l’ordonnance du 30 mai 2014. La plateforme de crowdfunding ayant le statut de CIP peut proposer, dans la limite de 8 millions d’euros, certains titres financiers, sans prospectus visé par l’AMF.
Le règlement européen (UE 2020/1503) du 7 octobre 2020, complété par la directive européenne (UE 2020/1504), crée un statut unique européen de prestataire de services de financement participatif. Le règlement européen relatif aux prestataires de services de financement participatif est entré en vigueur le 10 novembre 2020, pour une mise en application le 10 novembre 2021. Le prestataire de services de financement participatif remplacera les statuts actuels de conseiller en investissement participatif (CIP) et d’intermédiaire en financement participatif (IFP).
Le régime du financement participatif (crowdfunding) a évolué pour prendre en compte de nouvelles règles européennes. Un nouveau statut a été créé, celui de prestataire de services de financement participatif (PSFP) et un régime transitoire a été mis en place pendant deux ans pour permettre aux différents acteurs de se conformer aux nouvelles règles. Cependant, ce nouveau statut de PSFP ne couvre pas toutes les activités de financement participatif qui existent en France.
Les Risques et Précautions à Prendre
Avant d’investir, de prêter ou de donner, assurez-vous que la plateforme de financement participatif par laquelle vous envisagez de passer est autorisée à exercer cette activité. Vérifiez aussi qu’il ne s’agit pas d’une escroquerie, avec ou sans usurpation de l’identité d’un professionnel.
Selon certains critères de revenus et d’expérience en matière de placements financiers, vous pouvez être considéré comme un investisseur non averti. Dans ce cas, la plateforme doit vérifier le caractère approprié du placement par un test de connaissances et une simulation de votre capacité à supporter des pertes financières.
Il existe un risque de perte totale ou partielle du capital investi ou des fonds prêtés, notamment en cas de difficulté du porteur de projet. Par ailleurs, lorsque vous investissez sur une plateforme de financement participatif, vous n’avez aucune garantie quant à l’affectation des fonds collectés au projet présenté.
Attention, des escrocs tentent de se faire passer pour des plateformes autorisées. Pour vous mettre en confiance, l’escroc peut vous adresser une plaquette commerciale d’une fausse plateforme ou usurpant l’identité d’une véritable plateforme. Il arrive également que les escrocs en appellent à votre générosité pour vous soutirer de l’argent sous forme de dons pour un projet fictif. Dans ce cas, non seulement vous n’aurez pas de contrepartie financière mais aucun projet réel ne sera financé ; l’escroc gardera l’ensemble des fonds collectés.
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