Les Finances Publiques des Communes : Définition et Enjeux

La Direction GĂ©nĂ©rale des Finances Publiques (DGFiP) est une direction au cƓur de la vie financiĂšre publique. Pour financer l’action publique locale et Ă©quilibrer leurs budgets, les collectivitĂ©s locales ont recours Ă  quatre grandes catĂ©gories de recette. Par ordre d’importance, il s’agit des impĂŽts locaux, des dotations et subventions, de l’emprunt et, enfin, des revenus issus du domaine et des services de la collectivitĂ©.

Ces diffĂ©rentes recettes ont une importance trĂšs variable d’une collectivitĂ© locale Ă  une autre, toutefois, en moyenne, on obtient une rĂ©partition qui fait de la fiscalitĂ© locale, la premiĂšre source de revenu. AprĂšs les budgets de relance post-covid et de lutte contre l’inflation, le projet de loi de finances 2024 a voulu favoriser l’accompagnement des collectivitĂ©s locales dans leurs efforts de transition. Les collectivitĂ©s locales subissent effectivement une double transition.

La premiĂšre concerne, au premier chef, les finances locales avec notamment de profonds changements dans la fiscalitĂ© locale (suppression de la taxe d’habitation, neutralisation de la cotisation sur la valeur ajoutĂ©e des entreprises 
). La seconde a trait Ă  la transition Ă©cologique avec des crĂ©dits en hausse notamment dans le cadre du fonds vert mis Ă  la disposition des collectivitĂ©s locales.

Les FINANCES PUBLIQUES LOCALES en 1 map !

Les Recettes des Collectivités Locales

Pour comprendre comment les collectivités locales financent leurs actions, il est essentiel de connaßtre les différentes sources de revenus à leur disposition :

  • Les recettes fiscales
  • Les dotations et subventions
  • Les emprunts
  • Les recettes des services et du domaine
  • Les recettes d’investissement
Répartition des recettes des collectivités locales

1. Les Recettes Fiscales

La fiscalitĂ© locale procure des recettes trĂšs importantes aux collectivitĂ©s locales. Ce constat a d’ailleurs Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© par le pouvoir constituant lui-mĂȘme, lequel, dans l’article 72-2 de la constitution du 4 octobre 1958, a Ă©crit que : « Les recettes fiscales et les autres ressources propres des collectivitĂ©s territoriales reprĂ©sentent, pour chaque catĂ©gorie de collectivitĂ©s, une part dĂ©terminante de l'ensemble de leurs ressources. »

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La constitution de la 5Ăšme RĂ©publique prĂ©cise, ensuite, au mĂȘme article 72-2, qu’« Elles (les collectivitĂ©s locales) peuvent recevoir tout ou partie du produit des impositions de toutes natures. La loi peut les autoriser Ă  en fixer l'assiette et le taux dans les limites qu'elle dĂ©termine ». Enfin, dans un ultime alinĂ©a, figure le principe selon lequel « Tout transfert de compĂ©tences entre l'Etat et les collectivitĂ©s territoriales s'accompagne de l'attribution de ressources Ă©quivalentes Ă  celles qui Ă©taient consacrĂ©es Ă  leur exercice.

Toute crĂ©ation ou extension de compĂ©tences ayant pour consĂ©quence d'augmenter les dĂ©penses des collectivitĂ©s territoriales est accompagnĂ©e de ressources dĂ©terminĂ©es par la loi. La loi prĂ©voit des dispositifs de pĂ©rĂ©quation destinĂ©s Ă  favoriser l'Ă©galitĂ© entre les collectivitĂ©s territoriales. » Au-delĂ  de ces principes constitutionnels, la fiscalitĂ© locale s’organise autour deux acteurs principaux que sont l’Etat et ses services financiers (et notamment la Direction gĂ©nĂ©rale des Finances Publiques), et les collectivitĂ©s locales Ă  travers notamment leur assemblĂ©e dĂ©libĂ©rante.

Ainsi, l’Etat, assure l’établissement des rĂŽles des impĂŽts locaux, assure le recouvrement de ces mĂȘmes impĂŽts locaux, prend Ă  sa charge les dĂ©grĂšvements en allouant aux collectivitĂ©s concernĂ©es des compensations, et enfin, assure une pĂ©rĂ©quation financiĂšre afin de corriger les inĂ©galitĂ©s de revenus entre collectivitĂ©s. Pour leur part, les collectivitĂ©s territoriales et leurs groupements (EPCI Ă  fiscalitĂ© propre) votent les taux d’imposition, dĂ©cident des abattements et exonĂ©rations dont peuvent bĂ©nĂ©ficier les contribuables (dans la limite du cadre lĂ©gislatif) et, enfin, participent Ă  l’élaboration de la ïŹscalitĂ© locale par le biais des commissions communales et intercommunales des impĂŽts directs.

Ainsi donc, les recettes fiscales reprĂ©sentent de loin la premiĂšre source de produits (en montant) pour les collectivitĂ©s locales. Il existe, encore aujourd’hui et jusqu’à la disparition prochaine de la taxe d’habitation, quatre principaux impĂŽts locaux. Il s’agit dans l’ordre d’importance de leur volume financier de :

  • la taxe fonciĂšre sur le bĂąti (TFB) ;
  • la contribution Ă©conomique territoriale (CET) qui se dĂ©compose en cotisation fonciĂšre des entreprises (CFE) et en cotisation sur la valeur ajoutĂ©e des entreprises (CVAE) ;
  • la taxe d’habitation (TH) dont une rĂ©forme majeure est en cours ;
  • la taxe fonciĂšre sur le non bĂąti (TFNB).

La TH, le TFB et la TFNB sont des impĂŽts perçus sur les individus (on parle d’impĂŽts sur les mĂ©nages) qui, soit occupent un logement (en tant que locataire ou propriĂ©taire) pour la TH, soit sont propriĂ©taires de leur logement pour la TFB, soit encore sont propriĂ©taires de terres agricoles ou forestiĂšres pour la TFNB. La CET est, pour sa part, uniquement collectĂ©e auprĂšs des entreprises qui rĂ©sident sur le territoire de la collectivitĂ© concernĂ©e.

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L’effort contributif demandĂ© aux entreprises dans le titre de cet impĂŽt dĂ©pend notamment de la crĂ©ation richesse engendrĂ©e par leurs propres activitĂ©s (pour la CVAE) ou de la valeur locative des biens immobiliers qu’elles occupent dans le cadre de ces mĂȘmes activitĂ©s (pour la CFE). Depuis 2023, plus aucun foyer français ne paie la taxe d’habitation sur sa rĂ©sidence principale.

Cet impĂŽt local a Ă©tĂ© supprimĂ© car il constituait un impĂŽt inĂ©galitaire en raison du dĂ©faut d’actualisation des valeurs locales cadastrales des locaux d’habitation depuis 1970. S’agissant de la perte de cette recette fiscale, celle-ci a Ă©tĂ© compensĂ©e, dĂšs 2021, Ă  l’euro prĂšs pour les communes par le transfert de la taxe fonciĂšre sur les propriĂ©tĂ©s bĂąties des dĂ©partements.

Les communes conservent donc un pouvoir de taux et d’assiette sur un montant de recettes fiscales identique Ă  celui d’avant la rĂ©forme entraĂźnant la suppression de la taxe d’habitation. Pour les dĂ©partements, cette ressource a Ă©tĂ© Ă©galement compensĂ©e Ă  l’euro prĂšs mais cette fois-ci par une fraction de la taxe sur la valeur ajoutĂ©e (TVA) en provenance de l’Etat. En 2023, ces quatre impĂŽts locaux ont reprĂ©sentĂ© plus de 90 milliards d’euros pour l’ensemble des collectivitĂ©s françaises, soit un peu plus de 61 % des recettes fiscales locales.

Ces 4 impĂŽts sont calculĂ©s Ă  partir d’un Ă©lĂ©ment principal : la base imposable. La base imposable est dĂ©finie par la loi et repose notamment sur la notion de valeur locative (VL). La VL est Ă©gale au loyer annuel thĂ©orique d’un immeuble louĂ© aux conditions normales du marchĂ©.

La VL du bien est Ă©videmment pondĂ©rĂ©e en fonction de la superficie habitable, de l’état d’entretien du bien, de sa situation gĂ©nĂ©rale et particuliĂšre et des Ă©lĂ©ments de confort dont il dispose Ă©ventuellement. Ensuite, tous les ans, chaque collectivitĂ© va voter le taux de ses 4 impĂŽts locaux (sauf pour la CVAE). Lors de ce vote, des taux plafonds fixĂ©s par le lĂ©gislateur ne pourront toutefois pas ĂȘtre dĂ©passĂ©s par l’assemblĂ©e dĂ©libĂ©rante de la collectivitĂ©. Enfin, les Ă©lus disposent jusqu’au 15 avril de l’annĂ©e budgĂ©taire concernĂ©e pour adopter ces mĂȘmes taux.

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a - Les rĂšgles de vote des taux :

AïŹn, d’une part, d’équilibrer la pression ïŹscale exercĂ©e sur les diïŹ€Ă©rentes catĂ©gories de contribuables que sont les mĂ©nages et les entreprises et d’autre part, de limiter les disparitĂ©s entre les collectivitĂ©s au niveau national, des rĂšgles de lien et de taux plafonds encadrent la ïŹxation des taux votĂ©s par les collectivitĂ©s locales.

b - Les abattements et exonérations

La taxe d’habitation et les taxes fonciĂšres sont calculĂ©es d'aprĂšs la valeur locative du bien au 1er janvier de l’annĂ©e N. Cette base de calcul peut Ă©voluer selon les travaux ou changements affectant le bien mais aussi en fonction des abattements et exonĂ©rations instituĂ©s de droit ou de maniĂšre facultative Ă  la discrĂ©tion de l’assemblĂ©e dĂ©libĂ©rante de la collectivitĂ© concernĂ©e.

Les abattements viennent donc entraĂźner une diminution de la valeur locative du bien. Par exemple pour la TFB et la TFNB, la valeur locative est diminuĂ©e d’un abattement (de 50 % pour la TFPB et de 20 % pour la TFNB) de façon Ă  compenser forfaitairement les frais et charges auxquels le propriĂ©taire se trouve exposĂ© du fait de son bien (assurance, amortissement, rĂ©parations
) En matiĂšre de taxe d’habitation (TH), il existe Ă©galement un abattement obligatoire et trois abattements facultatifs dont les taux sont fixĂ©s Ă  l’initiative des collectivitĂ©s locales :

  • l’abattement obligatoire pour charges de famille s’applique de plein droit dĂšs lors que le redevable partage son logement avec des personnes Ă  charge. La collectivitĂ© bĂ©nĂ©ficiaire de la TH ne peut pas supprimer cet abattement ;
  • les abattements facultatifs sont instituĂ©s Ă  l'initiative des communes et des EPCI Ă  fiscalitĂ© propre. Les abattements facultatifs peuvent se cumuler entre eux et se cumulent avec l’abattement obligatoire. On trouvera ainsi, par exemple, l’abattement spĂ©cial en faveur des personnes de condition modeste (selon le revenu fiscal de rĂ©fĂ©rence de l’intĂ©ressĂ© dans le cadre d’une limite fixĂ©e par le code gĂ©nĂ©ral des impĂŽts) ou encore l'abattement spĂ©cial en faveur de certaines personnes en situation de handicap ou d’invaliditĂ©.

A cĂŽtĂ© des abattements, on trouvera des exonĂ©rations. Seront ainsi, par exemple, exonĂ©rĂ©s de maniĂšre permanente et de plein droit de la TFB, les propriĂ©tĂ©s bĂąties appartenant Ă  l’État, aux collectivitĂ©s territoriales, aux EPCI et aux Ă©tablissements publics scientifiques, d’enseignement, au centre national de la fonction publique territoriale et Ă  ses centres de gestion, Ă  condition toutefois d’ĂȘtre affectĂ©es Ă  un service public et d’ĂȘtre non productives de revenus.

De mĂȘme, il existe des exonĂ©rations temporaires de TFB qui concernent pendant les deux annĂ©es qui suivent celle de leur rĂ©alisation dĂ©finitive, certaines opĂ©rations comme les constructions nouvelles ou reconstructions ; les additions de construction, certains changements d’affectation limitativement Ă©numĂ©rĂ©s par la loi, tels que la conversion d'un bĂątiment rural en habitation (lorsque cette conversion s'accompagne de travaux importants de transformation) ou encore l’affectation d’un terrain Ă  un usage commercial ou industriel.

c - La participation des collectivitĂ©s locale Ă  l’élaboration de la stratĂ©gie fiscale locale

Les collectivitĂ©s locales vont Ă©galement pouvoir apporter leur contribution Ă  l’élaboration de la stratĂ©gie fiscale locale en participant Ă  la commission communale (ou intercommunale) des droits directs (CCDI). En effet, la CCDI rend des avis sur la dĂ©limitation des secteurs d'Ă©valuation, les tarifs mais aussi le classement des propriĂ©tĂ©s dans les sous-groupes ou catĂ©gories prĂ©vus par la loi.

Enfin, pour conclure, on rappellera qu’à cĂŽtĂ© de ces quatre impĂŽts locaux que sont la TH, la TFB, la TFNB et la CET, il existe des dizaines d’autres taxes dont les plus connues sont la taxe d’enlĂšvement des ordures mĂ©nagĂšres (TEOM), la taxe de sĂ©jour ou encore les droits de mutation Ă  titre onĂ©reux (DMTO) frappant les ventes immobiliĂšres.

Toutefois, ces impĂŽts n’ont qu’un rendement fiscal assez faible en comparaison avec les produits engendrĂ©s par les quatre impĂŽts locaux (TH, TFB, TFNB et CET). ConcrĂštement ces recettes fiscales permettront surtout de financer des dĂ©penses de fonctionnement, tandis que les dĂ©penses d’investissement seront plus souvent financĂ©es par l’autofinancement de la collectivitĂ©, par des subventions d’équipement ou encore par le recours Ă  l’emprunt.

Pour conclure, on constatera que mĂȘme si depuis plusieurs annĂ©es, l’autonomie fiscale des collectivitĂ©s a tendance Ă  diminuer sous l’effet de la suppression de certains impĂŽts et taxes locales au profit de dotations compensatoires versĂ©es par l’Etat (dotations sur lesquelles les collectivitĂ©s n’ont ni pouvoir de taux ni pouvoir de base), la fiscalitĂ© locale demeure nĂ©anmoins une ressource indispensable Ă  l’équilibre des budgets locaux.

Ainsi, en 2023, les recettes totales issues des impÎts et taxes locales auront permis de couvrir plus de la moitié des dépenses des collectivités locales.

2. Les dotations et subventions

Contrairement aux recettes fiscales, les ressources que les collectivitĂ©s vont tirer des dotations et subventions sont dites contraintes. En effet, ces recettes ne peuvent pas Ă©voluer selon la volontĂ© des Ă©lus locaux puisqu’ils ne disposent pas de la possibilitĂ© d’en faire varier le montant comme c’est le cas avec les 4 impĂŽts locaux pour lesquels les taux peuvent ĂȘtre ajuster par un simple vote (pouvoir de taux) en fonction des besoins de financement de la collectivitĂ©.

La principale dotation que perçoivent annuellement les collectivitĂ©s locales s’appelle la dotation globale de fonctionnement (DGF). En 2024, son montant, en lĂ©gĂšre hausse, atteindra 27,1 milliards d’euros rĂ©partis entre les communes, les EPCI et les dĂ©partements Le montant de la DGF n’est pas affectĂ© Ă  des dĂ©penses particuliĂšres et peut ainsi venir prendre en charge n’importe quelle dĂ©pense de la section de fonctionnement.

a- La dotation globale de fonctionnement des communes

La dotation globale de fonctionnement (DGF) des communes constitue un premier sous-ensemble de la DGF totale. Elle se décline en deux parts : une fraction forfaitaire et une fraction dite de péréquation comprenant la dotation de solidarité urbaine (DSU), la dotation de solidarité rurale (DSR) et la dotation nationale de péréquation (DNP). La premiÚre représente à elle seule 80 % du montant totale de la DGF, tandis que la fraction péréquation se limite donc à 20 %.

La fraction forfaitaire ou dotation forfaitaire

Le niveau de DGF auquel peut prĂ©tendre une collectivitĂ© dĂ©pend de nombreux facteurs complexes Ă  apprĂ©hender. On trouve tout d’abord la part forfaitaire qui constitue le socle de la DGF. Cette part joue le rĂŽle de garantie de ressources avec l’objectif de donner aux communes les moyens d’assurer leur fonctionnement. Elle comprend cinq parts :

  • une dotation de base calculĂ©e sur la population. La population DGF intĂšgre les habitants rĂ©guliers de la collectivitĂ© mais aussi, par exemple, le nombre de places de caravanes des gens du voyage ou encore le nombre de rĂ©sidences secondaires. Elle est donc plus Ă©levĂ©e que la population calculĂ©e par l’INSEE lors des recensements ;
  • une part proportionnelle Ă  la superïŹcie de la collectivitĂ© exprimĂ©e en Km2 ;
  • une part correspondant Ă  l’ancienne compensation « part salaires » de la taxe professionnelle ainsi qu’à la compensation des baisses de DCTP, intĂ©grĂ©es depuis 2004 dans la dotation forfaitaire ;
  • un complĂ©ment de garantie calculĂ© de maniĂšre Ă  garantir que chaque commune retrouve sa dotation de base et sa part «superïŹcie», c’est Ă  dire le montant de sa dotation forfaitaire 2004 indexĂ©e ;
  • une part spĂ©ciïŹque pour les collectivitĂ©s concernĂ©es par les parcs naturels.
La fraction de péréquation

Contrairement à la dotation forfaitaire, cette fraction dite de péréquation vise à corriger ou atténuer les inégalités entre les communes. Cette fraction est, en fait, constituée de trois dotations, soit la dotation de solidarité urbaine (DSU), la dotation de solidarité rurale (DSR) et la dotation nation...

3. Les Emprunts

Dans certaines limites, les collectivitĂ©s peuvent Ă©galement se financer grĂące Ă  l’emprunt, uniquement pour la section d’investissement de leur budget : c’est la “rĂšgle d’or”.

4. Les Recettes des Services et du Domaine

Les collectivitĂ©s territoriales, on entend les communes, les EPCI (Établissements Publics de CoopĂ©ration Intercommunale), les dĂ©partements et les rĂ©gions.

Fonctionnement Budgétaire des Collectivités

D’un point de vue budgĂ©taire et comptable, un budget se prĂ©sente en deux parties :

  • une section de fonctionnement,
  • une section d’investissement.

Chacune de ces sections doit ĂȘtre prĂ©sentĂ©e en Ă©quilibre, les recettes devant Ă©quilibrer les dĂ©penses. L’équilibre de la section de fonctionnement doit se traduire Ă©galement par un excĂ©dent des recettes par rapport aux dĂ©penses, afin que ce surplus, ainsi dĂ©gagĂ©, et qui constitue l’autofinancement (ou Ă©pargne brute), abonde le financement des investissements prĂ©vus par la collectivitĂ© et le remboursement du capital empruntĂ©.

On distingue deux catégories de dépense :

  • les dĂ©penses de fonctionnement : il s’agit principalement de postes de dĂ©penses nĂ©cessaires Ă  la gestion courante des services et de l’activitĂ© de la collectivitĂ© : charges de personnel et de gestion courante, achat de fournitures, prestations de services, indemnitĂ©s des Ă©lus, participation aux charges d’organismes extĂ©rieurs (aide sociale, syndicats intercommunaux
), subventions aux organismes publics et privĂ©s (associations etc...) mais aussi certaines dĂ©penses exceptionnelles comme les intĂ©rĂȘts moratoires, les amendes fiscales etc. ;
  • les dĂ©penses d’investissement : il s’agit principalement de l’achat de biens et de matĂ©riels durables, de la construction ou l’amĂ©nagement de bĂątiments, de travaux d’infrastructure, d’acquisition de titres de participation ou d’autres titres immobilisĂ©s, du remboursement en capital des emprunts, etc.

Les recettes des collectivités, quant à elles, proviennent notamment :

  • des impĂŽts locaux : directs (taxe d’habitation, taxes fonciĂšres) ou indirects (droits de mutation DMTO, taxe d’enlĂšvement des ordures mĂ©nagĂšres, etc.) et fiscalitĂ© Ă©conomique (contribution Ă©conomique territoriale, etc,),
  • des dotations de l’État ainsi que des subventions de l’État et d’autres organismes publics ;
  • des produits des services et du domaine des collectivitĂ©s ;
  • des produits des emprunts.

Les Dotations de l'État

En moyenne, les dotations de l’État et de l’ensemble des organismes publics reprĂ©sentent environ 30 % des ressources globales d’une collectivitĂ©. Chaque annĂ©e, l’État attribue des dotations aux communes, aux Ă©tablissements de coopĂ©ration intercommunale (EPCI) aux dĂ©partements et aux rĂ©gions. L’ensemble de ces aides financiĂšres appartiennent au pĂ©rimĂštre des concours financiers de l’État. En 2019, cette enveloppe reprĂ©sente 48,6 milliards d’euros. Les dotations rĂ©pondent Ă  trois finalitĂ©s : compensation, pĂ©rĂ©quation et investissement.

Les Dotations de Compensation

La plupart des dotations versĂ©es par l’État s’inscrivent dans une logique de compensation. Le plus souvent, elles ont Ă©tĂ© créées en contrepartie d’une mesure nouvelle (par exemple : suppression d’un impĂŽt local ou transfert de compĂ©tence). Il peut s’agir de :

  • contribuer Ă  la compensation des charges gĂ©nĂ©rales des collectivitĂ©s. C’est notamment l’objet des parts forfaitaires de la DGF ;
  • compenser le coĂ»t des transferts de compĂ©tences. C’est le cas de la dotation gĂ©nĂ©rale de dĂ©centralisation (DGD), de la dotation rĂ©gionale d’équipement scolaire (DRES) et de la dotation dĂ©partementale d’équipement des collĂšges (DDEC), créées Ă  l’occasion des Actes I et II de la dĂ©centralisation ;
  • compenser les allĂšgements d’impĂŽts locaux et les pertes dues Ă  la suppression de la taxe professionnelle (DCRTP) ;
  • compenser la charge de TVA que les collectivitĂ©s et leurs groupements supportent sur leurs dĂ©penses d’investissement et sur certaines dĂ©penses de fonctionnement, notamment en matiĂšre d’entretien des bĂątiments publics et de la voirie. Ce fonds de compensation pour la TVA (FCTVA), prĂ©levĂ© sur les recettes de l’État, est forfaitaire , il constitue la principale aide de l’État aux collectivitĂ©s locales en matiĂšre d’investissement (5,5 Mds € en 2018).

Les Dotations de Péréquation

Les dotations de péréquation sont versées aux collectivités les plus défavorisées ; elles ont pour but de réduire les inégalités de ressources des collectivités par rapport à leurs charges. La plupart sont intégrées dans la dotation générale de fonctionnement (DGF) :

  • Pour les communes, il s’agit de la dotation de solidaritĂ© urbaine et de cohĂ©sion sociale (DSU), de la dotation de solidaritĂ© rurale (DSR) et de la dotation nationale de pĂ©rĂ©quation (DNP) ;
  • Pour les groupements de communes, il s’agit de la dotation d’intercommunalitĂ© ;
  • Les dĂ©partements bĂ©nĂ©ficient de deux dotations : l’une Ă  vocation urbaine - la dotation de pĂ©rĂ©quation urbaine (DPU), et l’autre Ă  vocation plutĂŽt rurale - la dotation de fonctionnement minimale (DFM) ;
  • Les rĂ©gions bĂ©nĂ©ficient depuis 2018 d’une fraction de la TVA.

Les Dotations et Subventions d’Investissement

L’État attribue des subventions aux collectivitĂ©s qui portent des projets d’investissement. C’est notamment l’objet de la dotation d’équipement des territoires ruraux (DETR), de la dotation de soutien Ă  l’investissement local (DSIL), de la dotation de soutien Ă  l’investissement des dĂ©partements (DSID) ou encore de la dotation « politique de la ville » (DPV).

Calcul et Répartition des Dotations

Le montant de la dotation globale de fonctionnement (DGF), la principale des dotations, est fixé chaque année par la loi de finances.

La rĂ©partition des dotations aux collectivitĂ©s dĂ©pend de nombreux critĂšres dont le nombre d’habitants de la collectivitĂ©, sa situation gĂ©ographique, sa superficie, le revenu de ses habitants, sa richesse fiscale, sa longueur de voirie, etc.

Les dotations peuvent varier à la hausse ou à la baisse en cas de variation démographique importante ou lorsque deux collectivités fusionnent par exemple.

Les Services de Gestion Comptable (SGC)

Succédant aux trésoreries, les services de gestion comptable (SGC) sont des structures des Finances publiques chargées de la gestion comptable des collectivités territoriales, des établissements publics locaux et de certains organismes publics.

Les SGC sont organisĂ©s au niveau dĂ©partemental ou interdĂ©partemental. Ces services assurent la mission de publicitĂ© fonciĂšre en tenant Ă  jour le fichier immobilier, qui recense les Ă©lĂ©ments juridiques relatifs Ă  l’ensemble des propriĂ©tĂ©s bĂąties et non bĂąties.

Outils et Gestion de la Fiscalité Locale

De nombreux outils existent pour faciliter la gestion de la fiscalité locale.

ContrÎle des Finances des Collectivités Locales

Les finances des collectivités locales sont soumises à différents contrÎles : contrÎle budgétaire, contrÎle juridictionnel et contrÎle de gestion.

En conclusion, les finances des collectivitĂ©s locales rĂ©pondent donc Ă  un besoin d’équilibre entre les recettes et les dĂ©penses.

Type de Recette Description
Recettes Fiscales ImpÎts locaux tels que la taxe fonciÚre, la contribution économique territoriale, etc.
Dotations et Subventions Dotation globale de fonctionnement (DGF) et autres subventions de l'État.
Emprunts Financement par emprunt pour la section d'investissement du budget.
Recettes des Services et du Domaine Revenus générés par les services et le domaine de la collectivité.

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