Devenir Freelance en Angleterre : Guide Complet
Des institutions de renommée internationale aux universités prestigieuses, en passant par des équipes de football mondialement suivies, l’Angleterre et le Royaume-Uni ont beaucoup à offrir ! De nombreux professionnels ont été accompagnés dans leur installation au Royaume-Uni, les aidant à gérer leur activité de freelance en toute conformité avec les réglementations locales et fiscales, tout en facturant leurs clients britanniques et internationaux.
Après des années passées en tant que salarié au Royaume-Uni, se lancer en freelance peut sembler un grand saut. Pourtant, devenir freelance en Angleterre (ou dans le reste du Royaume-Uni) n’est pas très compliqué. Les démarches administratives sont simples et réalisables en ligne.
Ce guide détaille les étapes nécessaires, les points importants, et les différentes options pour travailler légalement en tant que freelance au Royaume-Uni.
La situation des nomades numériques au Royaume-Uni
L'absence de visa spécifique pour le travail nomade
Le Royaume-Uni ne propose pas actuellement de visas pour les digital nomads, ce qui force ces derniers à jongler entre différents statuts temporaires. Les personnes pratiquant le travail à distance souhaitant s'installer au Royaume-Uni doivent effectuer une demande de visa alternative comme le visa touristique Standard Visitor (6 mois maximum), le Youth Mobility Scheme (pour les 18-30 ans) ou le High Potential Individual Visa. Un freelance français ne peut légalement exercer son activité que 6 mois maximum sur le territoire britannique, avec l'obligation de conserver son centre d'activité principal hors du pays. Les documents requis et les critères d'éligibilité varient selon le type de visa individuel choisi.
Lire aussi: Freelance en Angleterre : Le Guide
Les restrictions s'avèrent particulièrement contraignantes pour les entrepreneurs du numérique. Un travailleur indépendant doit maintenir des revenus réguliers provenant de clients non-britanniques et disposer d'une assurance santé internationale au Royaume-Uni.
La situation pousse de nombreux professionnels à opter pour des destinations plus accueillantes comme le Portugal ou la Croatie, qui proposent des visas spéciaux avec des durées de séjour allant jusqu'à 12 mois.
Les restrictions post-Brexit pour les Européens
La fin de la libre circulation bouleverse les règles pour les ressortissants européens. Leur séjour se limite désormais à 90 jours maximum sur une période de 180 jours sans visa spécial. Au-delà, un permis de travail devient obligatoire.
Les démarches administratives se complexifient avec l'exigence d'un passeport valide et la vérification systématique du casier judiciaire. Les freelances doivent aussi prouver un revenu mensuel minimum de 2 500 livres sterling pour obtenir une autorisation de séjour.
Le système à points britannique impose des critères stricts : maîtrise de la langue anglaise niveau B1, couverture santé privée et justification de ressources financières suffisantes. Les travailleurs indépendants font face à des procédures plus longues, avec des délais moyens de traitement de 8 semaines.
Lire aussi: Freelance : conseils pour bien démarrer
L'impact de l'ETA obligatoire
À partir d'avril 2025, une nouvelle autorisation de voyage électronique (ETA) sera obligatoire pour tous les ressortissants de l'Union européenne et autres visiteurs étrangers, ajoutant une formalité supplémentaire pour les nomades numériques.
La mise en place de l'Electronic Travel Authorization apporte son lot de changements pratiques. Les demandes pourront être soumises dès le 5 mars 2025 via l'application UK ETA ou sur le site officiel du gouvernement britannique. Le coût fixé à 10 livres sterling rend cette formalité relativement accessible.
Le délai de traitement moyen s'établit entre 48 et 72 heures. Une fois obtenue, l'autorisation reste valable pour plusieurs entrées sur le territoire pendant deux ans. Les nomades numériques devront anticiper leurs déplacements en considérant ce nouveau paramètre administratif.
Les professionnels du numérique bénéficient d'une certaine flexibilité puisque l'ETA permet des séjours multiples sans nouvelle demande, à condition de respecter la limite des six mois par visite.
Les alternatives légales pour s'installer au Royaume-Uni
Puisqu'il n'existe pas de visa spécifique pour les nomades digitaux, plusieurs options permettent de séjourner et de travailler légalement au Royaume-Uni :
Lire aussi: Devenir DBA Freelance
Le visa Standard Visitor et ses limitations
Le visa Standard Visitor s'adresse aux professionnels indépendants souhaitant découvrir le marché britannique. Son obtention requiert la présentation d'un compte bancaire affichant au moins 3 000 livres sterling et une lettre d'invitation d'une entreprise locale.
La réglementation autorise uniquement les réunions d'affaires, la participation à des séminaires et la recherche de partenaires commerciaux. Les nomades numériques peuvent poursuivre leurs activités avec leurs clients étrangers depuis le territoire britannique.
Un atout majeur : la possibilité de renouveler ce permis de séjour après une absence minimale de 30 jours du territoire. La demande s'effectue en ligne sur le portail gov.uk, avec un délai d'instruction de 15 jours ouvrables.
Le Youth Mobility Scheme pour les 18-30 ans
Ce programme représente une excellente opportunité pour les jeunes désireux d'acquérir une expérience professionnelle au Royaume-Uni. Les candidats retenus bénéficient d'une liberté totale dans le choix de leur emploi pendant deux ans.
La demande nécessite un montant minimum de 2 530 livres sterling sur son compte bancaire. Un atout notable : aucune offre d'emploi préalable n'est requise avant le départ.
Les participants peuvent exercer leur activité sous différentes formes : salariat classique, freelance ou même création d'entreprise. Par exemple, un développeur web français de 25 ans peut alterner entre missions freelance pour ses clients internationaux et contrats locaux avec des startups londoniennes.
Le quota limité de places varie selon les nationalités. L'ouverture des candidatures s'effectue généralement en début d'année, avec une forte demande pour certains pays comme la France.
Le High Potential Individual Visa
Le High Potential Individual Visa s'adresse aux diplômés des meilleures universités mondiales. Cette voie permet aux talents internationaux de s'installer au Royaume-Uni pendant 2 ans, ou 3 ans pour les titulaires d'un doctorat, sans nécessiter de parrainage professionnel.
La sélection repose sur un classement strict des établissements, actualisé chaque année par le Home Office britannique. Un jeune ingénieur diplômé de l'École Polytechnique peut, par exemple, lancer sa startup à Londres tout en développant son réseau professionnel.
Ce visa se démarque par sa flexibilité professionnelle unique : les bénéficiaires peuvent alterner entre entreprenariat, salariat ou freelance selon leurs projets. Le dépôt des candidatures s'effectue exclusivement en ligne, avec un délai de traitement standard de 3 semaines.
Conditions et prérequis pour chaque type de visa
Critères de revenus et ressources financières
Les exigences financières varient considérablement selon le parcours choisi. Un compte bancaire actif depuis au moins 3 mois s'avère indispensable pour toute demande. Les relevés doivent démontrer une stabilité des revenus sur cette période.
La capacité à subvenir à ses besoins pendant le séjour constitue un point central. Une réserve minimale de 1 334 £ par mois pour Londres, ou 1 023 £ pour les autres régions britanniques, garantit la viabilité du projet. Le travail à distance nécessite une assurance professionnelle spécifique, couvrant les activités exercées depuis le territoire britannique.
Les freelances peuvent présenter leurs contrats clients comme justificatifs de revenus réguliers. Le montant des honoraires doit refléter une activité professionnelle substantielle, compatible avec le coût de la vie local.
LES 10 METIERS QUI RECRUTENT EN ANGLETERRE /ROYAUME-UNI. 🏴
Durées de séjour autorisées
L'Electronic Travel Authorization permet des séjours touristiques jusqu'à 6 mois par visite sur une période de validité de 2 ans. Cette nouvelle règlementation s'applique aux ressortissants de l'Union européenne à partir du 2 avril 2025.
Le Standard Visitor autorise des passages répétés sur le territoire britannique. Une pause de 30 jours reste obligatoire entre chaque séjour de 6 mois maximum. Les nomades numériques peuvent ainsi alterner leurs périodes de présence au Royaume-Uni.
Le Youth Mobility Scheme ouvre droit à une résidence continue de 24 mois. Les détenteurs du High Potential Individual Visa bénéficient d'une période de 2 ans, extensible à 3 ans pour les titulaires d'un doctorat. Cette durée permet d'établir une présence professionnelle significative à Londres ou dans d'autres villes britanniques.
Documents justificatifs nécessaires
La constitution du dossier administratif exige une préparation minutieuse. Pour l'ETA, munissez-vous d'un passeport valide, d'un justificatif de domicile récent et d'une attestation bancaire des trois derniers mois.
Les freelances doivent fournir leurs contrats en cours, factures clients et déclarations fiscales traduites en anglais par un traducteur assermenté. Un business plan détaillé renforce considérablement le dossier.
Les documents complémentaires varient selon votre profil :
- Diplômés : relevés de notes et attestations universitaires
- Entrepreneurs : bilans comptables et prévisions financières
- Salariés à distance : convention de télétravail et bulletins de paie
Une assurance voyage couvrant la totalité du séjour complète obligatoirement votre dossier.
Travailler légalement depuis le Royaume-Uni
Statut d'auto-entrepreneur britannique
Le statut de "self-employed" représente une option privilégiée pour les travailleurs numériques au Royaume-Uni. L'enregistrement s'effectue auprès du HMRC (Her Majesty's Revenue and Customs) qui délivre un numéro UTR (Unique Taxpayer Reference) sous 10 jours ouvrables.
La gestion administrative se révèle particulièrement souple comparée à d'autres pays européens. Un simple registre des recettes suffit pour les revenus inférieurs à 85 000 livres sterling par an, seuil au-delà duquel l'immatriculation à la TVA britannique devient obligatoire.
Les nomades numériques apprécient la flexibilité du système fiscal britannique qui permet de déduire de nombreuses charges professionnelles. Une comptabilité simplifiée autorise par exemple la déduction des frais de transport, d'hébergement et d'équipement numérique nécessaires à l'activité.
Comment s'enregistrer auprès du HMRC ?
Le HMRC (Her Majesty’s Revenue and Customs), est l’organisme responsable de la collecte des taxes au Royaume-Uni. C’est la première étape, à effectuer dès que vous avez décidé de vous lancer à votre compte : vous devez vous inscrire sur leur site internet, et vous enregistrer pour déclarer votre self-employement (en tant que freelance, ou Sole Trader au Royaume-Uni) à cette adresse.
Effectuez cette inscription dès que vous aurez trouvé votre premier client (avant même la première facture, si vous le souhaitez) : l’important est que vous soyez déclaré pour pouvoir payer vos impôts vous-même le moment venu cette année là, et que l’on vous donne votre sésame, que certains clients pourraient vous demander : votre Unique Taxpayer Reference (UTR) number.
Lors de votre inscription sur le site du HMRC, vous aurez besoin des informations suivantes : votre nom et prénom, date de naissance, adresse, numéro de téléphone, National Insurance number, date de début de votre activité de freelance, l’industrie dans laquelle vous travaillez et si vous travaillez seul (sole trader) ou avec un partenaire.
Qu'est-ce que le Unique Taxpayer Reference (UTR) number ?
C’est un numéro unique qui vous sera envoyé dès que vous vous serez enregistré sur le site du HMRC. Il certifie que vous êtes bien enregistré comme freelance, et est très important, alors notez le bien quelque part !
Qui peut s’enregistrer comme freelance ?
Toute personne qui gagne plus de 1000£ par an en vendant ses services, sans être employé par une entreprise, doit s’enregistrer dès le début de son activité professionnelle (recommandé par le HMRC).
Il est important de régulariser votre situation le plus tôt possible, et de payer vos impôts au Royaume-Uni. Cela vous permettra, au fil des ans, de remplir et de payer vos “tax returns” (déclaration d’impôts), qui seront indispensables pour louer un appartement, prendre un crédit ou acheter une maison (ce sont, en fait, vos preuves de revenus, qui prouvent que vous êtes solvable !).
La déclaration d'impôts (Tax Return)
L’année fiscale au Royaume-Uni commence le 5 avril, et se termine le 6 avril de l’année suivante. La déclaration d’impôt s’effectue une fois par an, entre le 7 avril et le 31 janvier de l’année suivante (vous avez donc 9 mois pour payer vos impôts). Si vous dépassez cette date, vous devrez payer une amende.
Votre tax return s’effectue en ligne, sur le site du HMRC, à cette adresse. C’est l’un des (petits) désavantages du statut de freelance au Royaume-Uni : vous devez vous occuper vous-même de payer vos impôts, contrairement aux salariés, pour qui ils sont prélevés à la source.
Pour vous aider, il existe de nombreux tutoriels en ligne qui vous expliquent comment payer vos taxes (vidéos Youtube, articles, site du HMRC…). Tapez simplement dans Google : “How to pay my self assessment tax online”.
Pour éviter les mauvaises surprises, essayez d’anticiper combien vous aurez à payer d’impôts. Le site du HMRC possède un simulateur en ligne qui prédit ce que vous devrez à l’état, ici.
Que devez-vous payer ?
Vous devrez payer deux choses (en un seul et même paiement) : votre impôt sur le revenu, et votre “National Insurance” (comprenez votre accès à la NHS, le service de santé public britannique). Comme en France, le montant est proportionnel à vos revenus.
balises: #Freelance
