Devenir Freelance en Informatique : Avantages, Inconvénients et Choix Fiscaux (BIC/BNC)
Le statut de freelance séduit de plus en plus de Français. En effet, au moins six salariés sur dix envisagent un jour de quitter le salariat pour devenir indépendant. Si ce statut connaît un essor remarquable ces dernières années, il reste encore entouré d’idées reçues. Cet article a pour ambition de vous éclairer sur tous les aspects du travail en freelance.
Comment Devenir Freelance Data (Étape par Étape)
Qu'est-ce qu'un Freelance ?
Un freelance est un professionnel qui exerce son activité de manière indépendante, sans être rattaché à un employeur par un lien de subordination. Autrement dit, il gère son travail en toute autonomie, en assumant lui-même la responsabilité de la gestion de ses missions, de ses clients, et de son organisation.
Les statuts juridiques pour devenir freelance.
Si le terme « freelance » est souvent employé dans le langage commun pour désigner une personne exerçant une activité professionnelle de manière indépendante, il est important de préciser qu’il ne s’agit pas d’un statut juridique. Toute personne motivée et déterminée peut devenir freelance. Ce statut repose avant tout sur une décision personnelle.
Les Étapes Clés pour Devenir Freelance
Cependant, réussir en tant que freelance nécessite une préparation rigoureuse et une évaluation sincère de vos compétences et de votre potentiel. Avant de vous lancer, vous devez effectuer un bilan de compétences afin de vous assurer que vous êtes prêt à répondre aux attentes de vos futurs clients et à vous démarquer dans votre domaine.
Lire aussi: Opportunités Freelance Informatique
Pour cela, il faut :
- Posséder des connaissances solides dans votre domaine.
- Faire le point sur vos connaissances et compétences.
- Analyser le marché et les besoins des clients.
Les Études et Compétences pour un Freelance Informatique
Il est possible de devenir freelance dans l’informatique sans diplôme particulier. Cependant, le freelance se forme généralement à l'université ou via une école d’ingénieurs. Voici quelques voies :
- Passer un diplôme d’ingénieur ou d'informatique ;
- Licence mention informatique ou MIASHS ;
- BTS systèmes numériques option informatique et réseaux ou Bachelor universitaire de technologie ;
- L’école 42 (diplôme non reconnu) ou l’école supérieure d’informatique (IMIE).
Le freelance informatique (consultant, formateur, développeur web en freelance, etc.) doit également maîtriser certaines compétences :
- Comprendre et parler l’anglais ;
- Maîtriser un à plusieurs langages informatiques (Python, C, SQL, Java, etc.) ;
- Avoir une vision holistique des métiers du numérique, comme : l’UX, le webdesign, la gestion de projet informatique, la cybersécurité, etc.
Il est possible de devenir freelance informatique en reconversion, en passant du salariat au statut d’indépendant. Mais aussi, de se reconvertir dans l’informatique en partant de zéro. Pour cela :
- Effectuez une validation des acquis de l'expérience (VAE) ;
- Formez-vous à l’informatique via votre CPF, France Travail ou tout autre organisme sérieux ;
- Prospectez des clients pour effectuer vos premières prestations de services.
De nombreux informaticiens se forment en entreprise (SSI devenue ESN) avant de se lancer en freelance informatique ou choisissent le portage salarial.
Lire aussi: Freelance informatique : comment s'y prendre ?
Valider son Projet Avant de se Lancer
Définir votre marché cible est la première étape pour lancer son activité freelance en informatique. Cela consiste à identifier les clients qui ont le plus besoin de vos services et qui sont les plus susceptibles de vous les acheter.
En reprenant les principes d'une étude de marché, commencez par identifier vos concurrents :
- Qui sont-ils ?
- Quelles sont leurs compétences ?
- Quels services proposent-ils ?
- À qui s'adressent-ils ?
Intéressez-vous ensuite à vos clients :
- Qui sont les clients du freelance informatique ?
- Quelles sont les attentes/besoins en IT ?
- Pour quel budget ?
- Travaillent-ils avec des freelances, des agences, des ESN ?
N'oubliez pas d'analyser les tendances du secteur informatique :
- Quelles sont les technologies les plus demandées ?
- Quels sont les défis auxquels les entreprises sont confrontées ?
Il peut être judicieux de vous concentrer sur un segment de marché spécifique, en particulier si vous débutez.
Lire aussi: Freelance Informatique : Contrat
Fixer les Prix de ses Prestations
Une fois que vous avez identifié votre marché cible, vous pouvez définir votre offre de service. Cela implique de déterminer quels services précis vous allez proposer, à quel prix.
Pour bien vous lancer comme freelance informatique, vous devez trouver le bon tarif. Voici comment faire :
- Calculez votre chiffre d’affaires net annuel (CA - charges fixes et variables) ;
- Les taxes du freelance informatique (environ 30 %) ;
- Estimez le nombre de jours passés sur un projet, multiplié par votre TJM ;
- Prenez en compte le TJM moyen de votre spécialisation.
En France, le TJM moyen pour un freelance en informatique se situe entre 350 € et 650 € HT.
Gardez en tête que le TJM évolue avec l’expérience. Vous pouvez l’augmenter après chaque mission ou après la validation d’une compétence.
Quel Budget pour se Lancer ?
L’investissement nécessaire pour devenir freelance informatique tourne entre 2 000 € et 5 000 €. Il dépend du matériel de base et de la forme juridique du freelance.
Le budget couvre notamment :
- L’achat d’un ordinateur professionnel ;
- Les licences de logiciels ;
- Les démarches de création du statut juridique (créer une société est plus coûteux qu’une EI : de quelques centaines à plusieurs milliers d’euros avec un avocat spécialisé) ;
- La formation en informatique ;
- La prospection des premiers clients.
Choisir son Statut Juridique
Pour vous lancer en freelance, vous devez choisir parmi plusieurs formes juridiques. Devenir freelance dans l’informatique nécessite de créer un statut juridique pour facturer. Voici les principaux statuts :
L'Entreprise Individuelle (EI)
L’entreprise individuelle est un statut juridique à part entière. En effet, l’entrepreneur individuel exerce en son nom propre. Sa personne ne se distingue pas de l’entreprise. En matière fiscale, les bénéfices sont par défaut imposés au régime de l’impôt sur le revenu (IR). Il est possible d’opter pour l’impôt sur les sociétés dans un délai de 5 ans sous un régime assimilé EURL. S’agissant du régime social, le travailleur est affilié au régime social des travailleurs non-salariés (TNS).
La Micro-Entreprise (Auto-Entreprise)
La création d’une micro-entreprise signifie également qu’aucune société (personne morale) ne sera créée. En effet, le micro entrepreneur travaille en nom propre sous la forme de l’entreprise individuelle. Il s’agit d’un entrepreneur individuel bénéficiant d’un régime simplifié. En effet, la création et la gestion de l’entreprise ne requièrent pas la réalisation de formalités importantes. Par exemple, il n’est pas nécessaire de rédiger des statuts.
En outre, le micro entrepreneur bénéficie du régime micro-social combiné au régime micro fiscal. En matière fiscal, l’entrepreneur a le choix entre le régime micro fiscal classique ou l’option pour le versement libératoire de l’impôt. Dans le cadre du régime micro-social, les cotisations sociales sont déterminées en fonction du chiffre d’affaires mensuel ou trimestriel avec l’application d’un taux forfaitaire qui dépend de la nature de l’activité.
La Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle (SASU)
Le travailleur en freelance peut opter pour la Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle. La SASU est l’équivalent de la SAS mais avec la particularité de n’avoir qu’un actionnaire. Les bénéfices sont soumis à l’impôt sur les sociétés (IS) par défaut mais le travailleur indépendant peut opter temporairement (durée maximale de 5 exercices) pour une imposition directe à son nom sous certaines conditions. Par ailleurs, il est possible de faire des apports en numéraire, en nature et en industrie.
L’Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée (EURL)
L’EURL est une Société à Responsabilité Limitée (SARL) constituée d’un seul associé. Pour créer ce type de société, il est nécessaire de rédiger des statuts. Les démarches de création d’une EURL peuvent s’avérer complexes et nécessiter un certain coût. Dès la création de l’EURL, le travailleur indépendant est assujetti au régime social des travailleurs non salariés (TNS). Par défaut, les bénéfices sont imposés à l’impôt sur le revenu. Toutefois, le travailleur peut opter pour l’imposition sur les sociétés.
| Caractéristique | EURL | SASU |
|---|---|---|
| Montant minimum de capital | 1€ | 1€ |
| Gestion | Dirigée par un gérant relevant du régime social des travailleurs non-salariés (TNS). | Dirigée par un président relevant du régime général de la sécurité sociale. Il bénéficie donc de prestations sociales plus complètes et plus élevées. |
| Imposition des bénéfices | Par défaut, imposée à l'impôt sur le revenu (IR). Possibilité d’opter pour l'impôt sur les sociétés (IS). | Par défaut, imposée à l'impôt sur les sociétés (IS). Possibilité, sous certaines conditions, d’opter pour l'impôt sur le revenu (IR) de manière temporaire. |
Le Portage Salarial
Le portage salarial est un statut hybride à mi-chemin entre le salariat et l’indépendance, il permet à un travailleur indépendant de bénéficier des avantages du salariat tout en conservant son indépendance. Il fonctionne sur une relation tripartite entre un salarié porté, une entreprise de portage salarial et une entreprise cliente. Le freelance signe un contrat de travail avec une société de portage salarial. Ainsi, il devient salarié porté et bénéficie des avantages du salariat classique. Même s’il est salarié de l’entreprise de portage, il n’en demeure pas moins un indépendant.
Freelance : Avantages et Inconvénients
Travailler en freelance comporte de nombreux avantages et inconvénients qu’il est important de connaître avant de se lancer dans cette carrière.
Avantages du Freelance
- L’indépendance : Travailler en freelance permet de définir son propre emploi du temps, ses horaires et même son lieu de travail. Cette liberté permet de mieux gérer l’équilibre entre vie professionnelle et personnelle.
- Possibilité de gagner plus : Les freelances peuvent ajuster leurs tarifs en fonction de leur expertise et de la demande. Ainsi, ils peuvent bénéficier de revenus bien plus élevés que celui d’un emploi salarié classique. En effet, ils ne sont pas limités par un salaire fixe et peuvent augmenter leur revenu selon leur activité.
- Diversité des projets : Les freelances ont l’opportunité de travailler sur une variété de projets avec des clients différents. Cette diversité rend le travail plus stimulant.
- Une plus grande satisfaction personnelle : Les freelances sont plus épanouis au travail que les salariés traditionnels. En effet, selon un rapport de Malt et BGC : 84 % des freelances sont épanouis dans leurs activités, contre 69 % pour les salariés.
Inconvénients du Freelance
- Instabilité financière : L’un des principaux inconvénients du freelance est la variabilité des revenus. L’absence de salaire fixe chaque mois crée une incertitude financière qui peut être difficile à gérer, notamment en période de baisse d’activité.
- Protection sociale limitée : Contrairement aux salariés, les freelances doivent gérer leur propre couverture sociale. Cela peut rendre leur protection moins avantageuse et demander un investissement de temps et d’efforts supplémentaires pour s’assurer une couverture adéquate.
- Isolement professionnel : Travailler en freelance peut entraîner un sentiment de solitude, surtout si l’on manque d’interactions sociales régulières.
Aides Financières pour les Freelances
En tant que freelance, vous avez le droit à de nombreuses aides pour lancer votre activité :
- L’Aide à la Création ou à la Reprise d’Entreprise (ACRE) : offre une réduction partielle des charges sociales pendant la première année d’activité. Cette aide est accessible en faisant une demande lors de l’enregistrement de votre activité auprès du guichet unique.
- L’Aide à la Reprise ou à la Création d’Entreprise (ARCE) : consiste en un versement forfaitaire de 60 % du solde restant de vos droits à l’ARE (Aide au Retour à l’Emploi). Ce paiement se fait en deux fois : un premier versement lors du démarrage de l’entreprise, puis un second six mois plus tard.
- NACRE : apportent un accompagnement spécifique aux porteurs de projets dans certaines régions pour les aider à se lancer et à structurer leur activité.
- Le Contrat d’Appui au Projet d’Entreprise (CAPE) : permet de tester une activité entrepreneuriale tout en recevant un accompagnement personnalisé, y compris une analyse de faisabilité et un soutien dans le développement de l’entreprise.
- Le prêt d’honneur solidaire : le prêt d’honneur solidaire est un financement sans intérêt ni garantie, destiné aux créateurs d’entreprise en lancement ou développement.
Freelance : Vos Droits et Obligations
En tant que freelance, vous jouissez de certains droits tout en étant soumis à des obligations précises. En effet, vous avez le droit de bénéficier de :
- La liberté de négocier les termes de vos contrats avec vos clients.
- Le droit de recevoir la rémunération convenue pour les missions réalisées.
- La possibilité de collaborer avec plusieurs clients simultanément, sauf si une clause de non-concurrence est stipulée dans le contrat.
Cependant, exercer en tant que freelance implique aussi des responsabilités. Lors de la création d’une entreprise, tout entrepreneur est appelé à envisager la forme de déclaration fiscale sur laquelle l’entreprise fonctionnera. Plusieurs régimes d’imposition existent selon la catégorie dans laquelle l’activité principale de l’entreprise se situe. Le choix du régime fiscal peut avoir des conséquences selon le statut juridique de l’entreprise. Pour cela, il est recommandé de faire recours à un expert-comptable afin d’avoir des conseils avisés.
BIC vs BNC : Quel Régime Choisir ?
Lors de la création d’une entreprise, tout entrepreneur est appelé à envisager la forme de déclaration fiscale sur laquelle l’entreprise fonctionnera. Plusieurs régimes d’imposition existent selon la catégorie dans laquelle l’activité principale de l’entreprise se situe. Le choix du régime fiscal peut avoir des conséquences selon le statut juridique de l’entreprise. Pour cela, il est recommandé de faire recours à un expert-comptable afin d’avoir des conseils avisés.
Définition des BIC et BNC
Les BIC, bénéfices industriels commerciaux, prennent en compte les bénéfices réalisés par des personnes physiques qui exercent une profession artisanale, commerciale ou industrielle. La catégorie des prestations de services commerciales et artisanales : on retrouve dans cette catégorie les plombiers, les électriciens, les agents immobiliers, etc.
Les BNC, bénéfices non commerciaux, impliquent tous les professionnels indépendants exerçant une activité non commerciale pouvant être considérée comme un travail plus intellectuel. Ils concernent plus précisément les entrepreneurs exerçant un métier libéral ou réglementé.
Différences Clés entre BIC et BNC
Les différences entre les BIC et les BNC se situent à plusieurs niveaux. En matière de régime d’imposition, les BIC et les BNC fonctionnent différemment. Les entrepreneurs de cette catégorie ont la possibilité de profiter du régime micro-entreprise, tout en restant dans la limite du chiffre d’affaires prévu par la loi.
Concernant les bénéfices, l’impôt sur le revenu peut changer en fonction du mode de calcul des bénéfices imposables. Le calcul du bénéfice des BIC se fait en fonction des dates de livraison des biens ou services achetés ou vendus. On parle dans ce cas de la comptabilité d’engagement.
Dans le cas du bénéfice imposable des BNC, le calcul se fait en fonction du crédit payé par les clients et des dépenses réalisées pour le compte des fournisseurs. Ainsi, l’on comptabilise uniquement ce qui a été payé, c’est ce qu’on appelle la comptabilité de trésorerie. Donc lors du calcul du bénéfice, les impayés ne sont pas pris en compte.
Déclarations Fiscales
Lors de la clôture de l’exercice comptable, les bénéfices doivent être déclarés à l’administration fiscale. Selon chaque régime, l’administration fiscale impose le revenu net qui équivaut aux revenus déduits des charges de l’entreprise. Le régime fiscal micro-bic est un régime simplifié qui correspond aux auto-entrepreneurs commerçants ou artisans. Pour les bénéfices industriels commerciaux (BIC) dont les activités sont liées à la vente de marchandises, le chiffre d’affaires HT ne doit pas excéder 188 700 euros.
Par ailleurs, les déclarations de revenus sont différentes pour les deux catégories. Les revenus imposés issus des bénéfices non commerciaux sont à déposer sur la déclaration n°2035 et ses annexes n°2035-A à 2035-G.
Comptabilité : Engagement vs Trésorerie
Sur le plan comptable, l’entrepreneur BIC soumis au régime réel d’imposition doit tenir une comptabilité d’engagement qui prend en compte les créances et les dettes. Quant à l’entrepreneur BNC soumis au régime de la déclaration contrôlée, il est appelé à tenir une comptabilité de trésorerie tout en s’occupant de la gestion d’un livre-journal et d’un registre des immobilisations.
Clôture de l'Exercice Comptable
Les dates de clôture de l’exercice comptable constituent une différence notable entre les BIC et les BNC. Les BNC sont dans l’obligation de clôturer leur exercice comptable le 31 décembre de chaque année, sans possibilité de report ni de choix d’autre date. Les BIC, par contre, ont la liberté de choisir la date de clôture de leur exercice comptable à n’importe quel moment de l’année.
Choisir le Régime le Plus Avantageux
À partir de ces principales différences, pour ce qui est de choisir le régime le plus avantageux, tout est toujours une question de préférence et de projet. Vous pourrez parfois lire que le régime fiscal des bénéfices non commerciaux s’avère plus avantageux que le régime BIC. Le régime BNC permet d’opter pour une comptabilité d’engagement. Il est possible de passer du régime BNC au régime BIC.
Par contre, pour une entreprise dépendante des bénéfices industriels commerciaux, l’option d’un changement de régime vers les BNC ou une comptabilité de trésorerie est impossible. Vous vous interrogez ? Vous avez du mal à trancher le pour et le contre ? A noter, il est possible de calculer les cotisations en BIC ou en BNC grâce aux simplifications du régime auto-entrepreneur.
balises: #Freelance
