Comment établir une grille tarifaire freelance : Exemples et conseils
Lorsque tu deviens graphiste freelance, comme pour tout entrepreneur, parmi les questions que tu te poses, il y a certainement : vais-je pouvoir vivre de mon métier ? Et pour y parvenir, combien dois-je facturer mes services ? Qu’on se le dise, établir ses tarifs est une étape à laquelle tu ne peux échapper. Tu ne peux entamer ton activité sans savoir quels prix proposer à tes clients.
L'enjeu du tarif pratiqué par le Freelance pour ses missions est crucial. Le tarif pratiqué varie selon divers paramètres, il n’existe pas de réponses toutes faites à cette question, mais voici quelques précisions qui vous permettront d’évaluer objectivement vos tarifs de ventes et ainsi être crédible auprès de vos clients tout en percevant un revenu convenable.
1. Mettre en place une grille tarifaire avec des prix fixes
Tu pourrais te dire que le plus simple est de mettre en place une grille tarifaire avec des prix fixes, que tu pourras présenter à tes clients. Pour mettre en place ce genre de grille, tu peux prendre en compte la difficulté inhérente à la prestation, ou encore le temps que celle-ci requiert, etc. Dans le fond, cette façon de procéder offre l’avantage de la clarté. Et soyons honnête, pour le client au plus c’est clair, au plus c’est intéressant.
La grille tarifaire est une liste de produits et/ou services qui présente clairement les prix ainsi que les conditions d’application. Cela permet à une entreprise d’avoir une idée claire des prix pratiqués et donc de la rentabilité future de votre entreprise.
Avant même de créer une grille de tarifs, vous devrez définir vos produits et services ainsi que leur coût de production. Quels sont les produits à vendre ? Comment les présenter ? En quoi consistent-ils exactement ? Est-ce que je propose des services additionnels ? Quel est mon niveau d’expertise dans ce domaine ? Quelle est la notoriété de mon entreprise (recommandations clients) ?
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Même si tu n'as derrière toi que quelques mois d’activité, une e-reputation développée va te propulser dans la cour des grands et tu pourras appliquer des tarifs bien plus élevés en te « reposant » sur celle-ci.
MON CONSEIL : mettre en place des tarifs fixes (pour un logo, une identité visuelle…), mais également des devis pour les demandes spécifiques tels que (un dépliant, un flyer…).
Cependant, tu te rendras vite compte que chaque demande est différente. Tu passeras parfois 3h sur une conception graphique et d’autres fois le double. Le temps adonné à chaque mission n’est pas figé, il n’y a pas de copié-collé.
2. Le tarif horaire : une autre approche
Le tarif horaire consiste à définir quelle rémunération tu souhaites percevoir à l’heure.
EXEMPLE : tu décides que ton taux horaire est de 50 €/h. Un prospect te demande ton tarif pour un flyer. En considérant ses besoins, tu penses que cette mission représentera 6 h de travail. En plus de cela, tu veux prendre en compte, par avance, les divers échanges avec le client que tu estimes à 1 h de temps.
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Sache toutefois que ton chiffre d’affaires n’est pas le reflet de ton bénéfice. En effet, si tu as le statut de microentreprise par exemple, tu es imposé à hauteur de 22 % sur ton chiffre.
EXEMPLE : un logo sur lequel tu passes 6 h, que tu factures au client 350 € te rapporte en réalité, environ 200 €, soit 33 € de l’heure.
3. Définir sa cible marketing et son positionnement
Que tu sois graphiste, webdesigner, rédacteur, la question du positionnement reste la même. En tant qu’entrepreneur, tu dois définir ta cible marketing. De cette décision découle ta stratégie marketing et donc bien évidemment, tes prix. Quel que soit ton profil client, tu dois veiller à pouvoir vivre de ton activité. Même si tu aimes ton métier, même si tu es passionné, cela ne doit pas faire de toi un bénévole.
Lorsque tu es contacté, n’hésite pas à mener ton enquête afin de savoir s’il est intéressant ou non pour toi d’accepter une éventuelle collaboration.
➡️ Cas particulier : tu peux être sollicité par un prospect qui ne fait pas partie de ta cible. Dès lors, tu peux revoir tes prix à la hausse (si le profil client s’y prête) ou à la baisse (pas trop tout de même ?).
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ATTENTION : il existe une notion en marketing qui s’appelle le prix psychologique. C’est un montant en dessous duquel, ton client potentiel ne te fera pas confiance, et estimera ton offre comme médiocre ou indigne de confiance.
4. L'évolution des tarifs avec l'expérience
Il va s’en dire qu’au fil du temps, tes tarifs vont évoluer. Un graphiste débutant et un graphiste qui a déjà plusieurs années d’expérience derrière lui ne pratiquent vraisemblablement pas les mêmes prix. Et cela s’applique à tous les corps de métier (même ceux de la fonction publique, donc c’est peu dire).
L’expérience est une valeur ajoutée. Elle est souvent synonyme d’expertise, de connaissance, et tout cela peut être impacté sur le coût de tes prestations. Tu as déjà dû entendre parler d’e-reputation. C’est tout simplement ta réputation virtuelle, ta place dans la grande roue des réseaux sociaux et du web de manière générale.
Tu peux choisir de t’aligner sur tes concurrents en pratiquant les mêmes tarifs qu’eux. Attention à ne pas te tromper dans tes recherches. Tous les graphistes ne sont pas tes concurrents. Si tu souhaites définir ta stratégie de prix par ce moyen, veille à reconnaître ceux qui s’adressent à la même cible que toi. Sans quoi, tu risques de proposer des prix qui n’intéressent pas ta clientèle cible.
➡️ Se sentir légitime. C’est peut-être la clé dans tout cela. Que tu choisisses de facturer 50 € de l’heure ou bien plus, la première chose à faire est de te sentir en droit d’appliquer un tel tarif. Car oui, ton travail en est un à part entière. Que cela se fasse de chez toi, ou depuis un bureau, en 1 h ou en 10 h, cela ne te rend pas moins compétent.
Comment fixer ses tarifs ? Différents cas de figures pour fixer son TJM
Fixer ses tarifs, et plus précisément son TJM, n’est pas une mince affaire. Nous avons retenu 3 paramètres qui vous aideront surement à y voir plus clair.
1# Le prix de marché
Toute prestation de service a une contrepartie financière. Cette contrepartie est chiffrée selon différents critères : expérience du consultant, localisation géographique de la mission, secteur d’activité, confidentialité du projet, budget alloué au projet ou encore le contexte économique de l’entreprise. Dans le secteur IT par exemple ou encore dans les métiers du web, il est très courant que les recruteurs détiennent des barèmes imposés aux freelances, sans contestation possible.
Il faut cela dit savoir qu’une négociation reste souvent possible, alors n’hésitez pas à évaluer à la hausse votre TJM, à sa juste valeur. Certains entreprises affichent régulièrement des baromètres dédiés à ces tarifs (places de marchés, sociétés de conseil, blogs spécialisés, etc.).
2# Le prix du client
Dans certains contextes, le client peut imposer son prix. Il peut également arriver que le client passe par un intermédiaire et dans ce cas, la marge perçue par l’intermédiaire pénalisera la négociation entre vous et le client. Dans ce cas de figure, vous n’aurez pas d’autre choix que d’accepter ou décliner la proposition de mission, si les honoraires proposés ne vous conviennent pas.
3# Le salaire net visé
C’est généralement la méthode employée par les indépendants issus du monde du salariat : ces derniers se réfèrent généralement à leur dernier bulletin de salaire, ou encore à un salaire visé (parfois un idéal) en net mensuel, afin de définir un taux journalier moyen.
Il faut cela dit savoir que le client tiendra compte de différents paramètres avant de vous valider un contrat commercial avec un TJM qui vous convient. Notons enfin que les consultants très expérimentés (les Experts) peuvent afficher des prix de journée supérieurs à 1000 €. Ces tarifs sont tout à fait justifiables dans la mesure où ces derniers interviennent sur des domaines d’expertise très pointus, à caractère confidentiel, avec des enjeux financiers, économiques et financiers importants. Généralement, plus de 20 années d’expertise sont nécessaires avant d’arriver à ce TOP niveau de facturation.
Comment FIXER ses TARIFS en FREELANCE
Les tarifs journaliers moyens (TJM) pratiqués par les indépendants
Pour vous donner un ordre d’idée, voici quelques exemples de tarifs pratiqués par des freelances (prix indiqué en H.T.). Lorsque vous négociez une mission avec l’entreprise cliente, il faut prétendre un montant deux fois supérieur au salaire net que vous escomptez. En général, les honoraires moyens d’un Freelance sont compris entre 300 et 1 500 € HT.
| Type de Freelance | Tarif Journalier Moyen (HT) |
|---|---|
| Débutant | 250 € |
| Senior | 600 € |
| Moyenne | 350 € |
Ces tarifs varient donc du simple au triple selon l’expertise du freelance disposant de compétences rares et la problématique du client, des types de mission, mais également du lieu de la mission (Paris, province ou étranger..).
Comment calculer le prix de sa prestation one shot sur les réseaux sociaux grâce au TJM ?
Pour calculer le prix de ta prestation en social media, tu dois évaluer le nombre de jours nécessaires pour réaliser la mission et le multiplier par le taux journalier. Par exemple, une stratégie réseaux sociaux pourrait te prendre 3 jours et un planning édito 1 jour. Tu peux calculer un forfait à partir de cela. Ne sous-estime ni ton TJM ni le temps que va te prendre une mission pour ne pas être perdant !
Méthode pour fixer le prix d’une mission one shot sur les réseaux sociaux
Les missions one shot ne sont pas les plus intéressantes financièrement pour un indépendant. On préfère les contrats qui durent dans le temps pour ne pas avoir besoin de chercher de nouveaux clients régulièrement. Il peut cependant arriver qu’un prospect te demande ce type de mission. Mais alors, comment facturer ?
Les missions one shot se facturent plus cher que celles récurrentes étant donné que ce ne sont pas celles que l’on veut privilégier. Dans ce cas, tu calculeras tes prix grâce au TJM (taux journalier moyen). Tu pourras alors faire un devis pour ton prospect en lui proposant le forfait adapté.
Comment calculer son TJM ?
Calculer son taux journalier n’est pas bien compliqué ! Je vais te proposer une méthode simple en seulement deux étapes.
Étape 1 : fixe le salaire net que tu veux gagner.
On va imaginer pour l’exemple que tu cibles un revenu de 40 000 € net annuel si tu débutes. Pour simplifier le calcul, on va considérer qu’il y a 220 jours travaillés dans l’année et que la part des charges sociales représente 45 % du salaire net.
Étape 2 : calcule ton taux journalier.
- Revenu net cible : 40 000 euros.
- Charges sociales : 18 000 euros (45 % du salaire net).
- Objectif de chiffre d’affaires annuel : 58 000 euros (revenu net + charges sociales).
- Montant frais annexes (internet, abonnements, matériel informatique, formation…) : 8700 euros (15 % du chiffre d’affaires).
- Nombre de jours de mission : 132 jours (60 % de jours facturés sur la base de de 220 jours travaillés dans l’année).
- Tarif à la journée = (Total charges salaries - Frais annexe) / jours de mission
- Tarif à la journée : 373 euros = (58 000 - 8700) / 132)
Eh oui, si on prend tout en compte, il te faut gagner 373€ la journée pour générer un chiffre d’affaires de 58 000 euros et atteindre ton objectif de revenu annuel net de 40 000 € ! Pour avoir une idée de ton revenu mensuel net, c’est simple, il suffit de diviser ce montant par 12 : environ 3 300 € net par mois.
Je te recommande cette méthode de calcul de tes honoraires si tu es freelance dans le domaine du marketing et de la communication digitale, quel que soit ton statut, même si tu es auto-entrepreneur !
Comment éviter les missions qui ne sont pas rémunératrices en CM ?
J’aimerais que tu changes ton mindset :
- Arrête de communiquer ton taux journalier (ou pire ton taux horaire) à tes clients pour justifier tes honoraires.
- Cesse également de proposer des packs d’offres à des prix différents. Propose une seule offre à ton prospect, celle qui va apporter le plus de valeur.
- Arrête de calculer tes tarifs en fonction du nombre de publications que tu vas créer.
Eh oui, je sais, c’est probablement ce que tu pensais être le mieux à faire. Tu es créateur de contenu, après tout… Mais si tu as déjà essayé ces méthodes, tu t’es probablement rendu compte que ça ne fonctionnait pas avec tes prospects. Ils ne comprennent pas tes prix et cherchent à les baisser. Pire, quand tu acceptes de vendre tes prestations au rabais, tu te retrouves à faire un travail peu qualitatif et tu rentres dans un cercle vicieux.
Quelle est la meilleure manière de fixer un prix pour une mission régulière ?
Voyons maintenant comment fixer ses tarifs pour une offre régulière. Au lieu de t’embêter à créer des packs, tu vas réfléchir à LA meilleure offre pour ton client. Regarde tout ce que tu dois faire pour que l’entreprise avec laquelle tu collabores puisse avoir des résultats et atteindre ses objectifs. Liste toutes ces tâches.
Voici quelques exemples :
- mise en place d’une stratégie ;
- analyse de la concurrence ;
- création des visuels ;
- rédaction de publications ;
- gestion du compte ;
- choix des hashtags ;
- shooting photo ;
- contact avec des influenceurs ;
- routine d’engagement ;
- stories pour engager sa communauté ;
- reels ;
- prospection en DM ;
- veille et analyse des résultats ;
- etc.
Cette liste est évidemment non exhaustive, mais elle te permet de te rendre compte de l’absurdité de ne faire payer à ses clients qu’un nombre de publications, et pas une offre globale.
Une fois que tu as mis à plat tout ce que tu dois faire pour ton prospect, regarde le travail à effectuer et demande-toi honnêtement en dessous de quel prix tu ne peux pas descendre pour cette mission : c’est ton prix planché. Ensuite, demande-toi quel serait le prix idéal que tu aimerais facturer. Il ne doit pas y avoir une différence de plus de 15 % entre ces deux prix.
Tu pourras donc faire ton devis en proposant ton prix idéal à ton client tout en ayant une marge de négociation claire en tête. Tu sais jusqu’à quel prix plancher tu ne descendras pas si tu veux vraiment travailler avec un client mais qu’il te demande de faire un effort.
Et voilà : tu sais maintenant comment fixer ton tarif en community management freelance !
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