Comment créer son entreprise de restauration hôtelière : aide et accompagnement par la CCI
Créer une entreprise de restauration hôtelière demande une préparation rigoureuse, des choix stratégiques et le recours à des dispositifs d'accompagnement. Avant de vous lancer, vérifiez que vous avez le droit de devenir commerçant : vous devez être majeur et ne pas avoir été condamné en justice pour certains délits. La CCI (Chambre de Commerce et d'Industrie) de votre région est un interlocuteur clé pour vous aider à chaque étape du projet.
Se préparer au métier et anticiper les difficultés
Préparez-vous à votre futur métier : en effectuant un stage d'immersion dans le secteur de la restauration, en suivant une formation pour connaître l'entrepreneuriat, initiez-vous à la gestion et à la comptabilité. Ces formations sont facultatives mais fortement recommandées. Prévoyez les difficultés : faites une réserve financière pour faire face aux imprévus. Préparez-vous au rythme soutenu de travail : week-end et soirée, heures supplémentaires.
Qui peut vous aider ? Le rôle de la CCI
Avant de vous lancer, nous vous proposons des conseils et des outils pour vous préparer à l'entrepreneuriat. Vous pouvez aussi solliciter différentes solutions d'accompagnement. Rapprochez-vous de la CCI de votre région. Chaque CCI propose une formation (de 3 à 5 jours) pour réussir votre création d'entreprise. Les CCI offrent aussi un suivi personnalisé de votre projet. C'est la 1ère étape. L'idéal est de prendre contact dès la phase d'idée ou de validation du projet. Le plus tôt possible. L'accompagnement ne s'arrête pas à l'immatriculation.
Formations et dispositifs proposés par les CCI
- Des formations courtes (3 à 5 jours) et des programmes immersifs comme « 5 jours pour Entreprendre ». Véritable immersion dans les fondamentaux - business model, financement, étude de marché, communication - il délivre à l'issue une certification de compétences reconnue par l'État.
- Une offre riche et diversifiée de plus de 300 formations sur des thématiques très ciblées.
- Des journées de travail « sur mesure » en autonomie tutorée pour mieux individualiser le parcours de chacun.
- Des possibilités de classes virtuelles pour accentuer la multimodalité et la mise à disposition d'une plateforme pédagogique comprenant des ressources documentaires en ligne.
- Des équipements multimédias et interactifs, de matériels en lien avec la thématique traitée et des formateurs sélectionnés en cohérence avec les méthodes pédagogiques que la CCI encourage.
Acteur public de proximité, la CCI agit comme pivot stratégique pour les créateurs d’entreprise. Votre idée prend forme ? Il est temps de la transformer en projet structuré et crédible. Un business plan bien construit reste la clé pour convaincre financeurs et partenaires.
Choisir le type de restaurant et analyser l'offre
Vous devez décider en fonction des paramètres suivants : votre budget (le montant de votre investissement), vos envies, vos compétences, votre expérience dans le métier d'entrepreneur, votre expérience dans la restauration. Les restaurants sont de nature très variés.
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Exemples de types d'établissements
- Restaurant d'hôtel avec plusieurs salariés et une clientèle touristique saisonnière ou d'entreprise.
- Petit restaurant de quartier très urbain à destination d'une clientèle surtout le midi sur la pause déjeuner.
- Pizzeria ou brasserie d'une marque franchisée (chaîne de restaurants).
- Restaurant gastronomique de taille moyenne ayant une réputation de qualité avec une clientèle variée toute l'année.
Restaurant en franchise ? Le statut de franchisé permet de minimiser les risques d'échec. Si vous êtes sans expérience dans l'entrepreneuriat ou la restauration, ce choix est intéressant. Il possède cependant des contraintes : si le chiffre d'affaires du restaurant chute, votre rémunération diminuera fortement. À noter : c'est à vous de choisir le statut juridique de votre entreprise même si vous décidez d'ouvrir un restaurant en franchise. L'entrepreneur franchisé est juridiquement et financièrement indépendant.
Étude du lieu, territoire et concurrence
L'emplacement géographique de votre restaurant est essentiel à sa réussite. Étudiez les critères suivants : environnement commercial immédiat : plus votre local sera entouré d'autres commerces, plus il y aura de clients potentiels ; nature des commerces environnants : une rue de commerces "de bouche" sera moins fréquentée l'après-midi ; accès à votre local : largeur du trottoir, proximité de places de parking, sens de circulation, rue piétonne, etc. ; visibilité : y a-t-il des obstacles (mobiliers urbains) devant le local, la vitrine est-elle bien visible depuis le trottoir ? ; historique du lieu : à vérifier auprès des commerces environnants.
Analyse du territoire et de la concurrence : vous devez analyser le territoire économique, social, culturel, etc. (Insee : portrait économique d'un territoire). Vous devez faire la liste de vos concurrents sur le territoire et travailler sur les besoins de votre future clientèle. Lister vos concurrents. Travailler sur les besoins de ses clients : le value proposition canvas. Pensez à chiffrer les éventuels travaux à réaliser pour adapter le lieu à votre projet de restaurant.
Étude de marché et business plan
À ce stade, vous êtes en mesure d'aborder la phase obligatoire qui consiste à réaliser votre étude de marché et à construire votre business plan. Les banques et les partenaires financiers exigeront de consulter ces documents. Ils en ont besoin pour accepter ou non de vous prêter de l'argent et vous faire confiance. Le business plan doit comprendre une synthèse de votre étude de marché. Vous devez donc commencer les 2 en même temps. Le business plan évolue au cours de la maturation de votre projet. Il permet ensuite la gestion des 3 premières années de votre commerce.
Contenu essentiel du business plan
- Prévisionnel financier et besoins en investissement.
- Stratégie commerciale et marketing.
- Analyse concurrentielle et segmentation de la clientèle.
- Choix du statut juridique et impacts fiscaux/socials.
- Plan d'exploitation pour les 3 premières années.
Choix du statut juridique
Vous devez ensuite choisir la forme juridique de votre entreprise. Il existe 3 choix possibles : société, entreprise individuelle (EI), micro-entreprise.
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Société
Choisir de créer une société est approprié si vous souhaitez vous associer (SAS, SARL). Mais pas seulement, car vous pouvez aussi créer une société dont vous serez l'unique associé (SASU et EURL). Les banques peuvent être davantage prêtes à vous soutenir si vous choisissez le statut de société plutôt que celui de l'entreprise individuelle (EI). L'inconvénient peut résider dans une plus grande complexité des démarches administratives et comptables. Cependant, à moyen terme, cette difficulté peut être contrée par exemple en faisant appel aux services d'un comptable, ou par une plus grande expérience dans la gestion de votre entreprise. La société est une forme adaptée si votre activité se développe.
Entreprise individuelle (EI)
Vous exercez votre activité en nom propre et prenez seul toutes les décisions qui concernent votre entreprise. Avec ce statut, il n’est pas possible d’avoir un associé. Les démarches pour créer une entreprise individuelle sont simples, rapides et peu coûteuses. En effet, vous n'avez pas de statuts à rédiger ni de capital social à déposer. Les obligations comptables sont limitées : seuls le livre journal, le grand livre et le livre d’inventaire doivent être tenus à jour. En cas de dettes professionnelles, vous bénéficiez d'une protection sur votre résidence principale. Cependant vous pouvez être amené à rencontrer des situations (investisseurs, banques, etc.) qui exigent des garanties sur vos biens personnels.
Micro-entrepreneur
La micro-entreprise (ou auto-entreprise) est une entreprise individuelle bénéficiant d'un régime fiscal et social simplifié. Ce statut se caractérise par la simplicité des démarches administratives. Les formalités comptables sont restreintes. Par exemple, vous n'êtes pas obligé de fournir des liasses fiscales ni de publier vos comptes annuels. Ce statut est adapté aux entrepreneurs débutants dont l'activité ne génère pas beaucoup de chiffre d'affaires. Pour bénéficier du régime de la micro-entreprise, votre chiffre d'affaires ne doit pas avoir dépassé un certain seuil au cours de chacune des 2 années précédentes. Pour les bénéfices générés en 2025, ce seuil s’élevait à 77 700 € ; en 2026, ce seuil s'élève à 83 600 € pour les prestations de services et les professions libérales et à 203 100 € pour le commerce et les activités d'hébergement. Pour en savoir plus sur les seuils de bénéfices du régime micro fiscal, vous pouvez consulter la page dédiée. L'Urssaf propose un simulateur pour vous aider à choisir le statut juridique le plus approprié à votre situation.
Local commercial : achat, location et transformation
Vous pouvez acheter ou louer un local d'habitation pour y créer votre restaurant. Vous pouvez aussi acheter ou louer un local commercial qui n'est pas un restaurant pour le transformer en restaurant. Transformer le local : si le bien immobilier était destiné à l'habitation, vous devez obtenir le droit qu'il accueille un restaurant. En effet, un restaurant attire de la clientèle, de la musique, de la circulation, des poubelles de déchets alimentaires, des fumeurs sur le trottoir, etc. Cela entraîne des nuisances éventuelles pour les habitants alentour.
Quelles démarches effectuer ?
Pour changer la destination du local, vous devez déposer en mairie une déclaration préalable de travaux ou une demande de permis de construire. Où s’adresser ? C'est le propriétaire qui effectue les démarches si vous êtes locataire : vous devez obtenir du propriétaire le droit de transformer le local. Si vous achetez un local qui accueillait auparavant un salon de coiffure, un cabinet d'architectes ou un cordonnier serrurier, vous devez alors changer la destination du bail commercial. S'il s'agit d'un local acheté dans une copropriété, le règlement de la copropriété doit permettre ce changement. Vous devez alors demander l'autorisation de l'assemblée des copropriétaires et informer les copropriétaires. Si vous êtes locataire du droit au bail, vous devez obtenir du bailleur l'autorisation d'exploiter dans ses murs un restaurant.
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Immatriculation, déclarations et obligations
Vous devez immatriculer votre restaurant, c'est-à-dire déclarer son existence et votre activité sur le site internet du Guichet des formalités des entreprises. À la suite de cette déclaration, votre restaurant est inscrit et immatriculé sur le RNE et le RCS. Cette inscription prouve son existence juridique. Vous allez recevoir alors un numéro unique d'identification (Siren), un Siret et un justificatif d'immatriculation. La formalité diffère selon si vous immatriculez une microentreprise, une entreprise individuelle (EI) ou si vous immatriculez une société.
Déclaration de votre activité en mairie : vous devez déclarer votre activité et l'identité de votre restaurant à la mairie où il est situé. Cette déclaration doit être effectuée 15 jours minimum avant l'ouverture de votre restaurant. Cette déclaration se fait en remplissant le formulaire suivant : Déclaration d'un restaurant ou d'un débit de boissons à consommer sur place ou à emporter.
Qualité, titre et reconnaissance : maître-restaurateur
Quels sont les critères à remplir pour obtenir le titre de maître-restaurateur ? Le titre de maître-restaurateur est accessible au dirigeant d’un restaurant mais aussi à tout employé qui souhaiterait en faire la demande et répondrait aux critères exigés. Le professionnel doit répondre aux conditions suivantes : détenir un diplôme ou une qualification professionnelle ou une expérience significative équivalente ; proposer une cuisine 100% faite maison ; exercer personnellement et effectivement dans un fonds de commerce de restauration déjà ouvert (immatriculation effectuée) ; remplir un cahier des charges de plus de 30 critères (par exemple : 5 plats minimum par carte de produits locaux de saison, produits frais, qualité d'accueil du client, vaisselle de qualité, niveau d'hygiène élevé, critères environnementaux et d’accessibilité, etc.).
Le demandeur doit remplir une des conditions de diplômes ou d’expériences suivants : être titulaire du brevet professionnel mention « restaurant » ou « cuisine », du baccalauréat professionnel en restauration ou d’une certification de niveau 4 ou supérieur ; être titulaire d’un CAP de cuisinier ou restaurant, d’un BEP « métiers de la restauration et de l’hôtellerie », du titre professionnel de cuisinier ou d’une certification de même niveau (niveau 5) et d’une expérience professionnelle de 5 ans ; justifier d’une expérience professionnelle de 10 ans en tant que dirigeant ou employé d’un restaurant en l’absence de diplômes. La demande du titre de maître-restaurateur peut être faite avant l'ouverture du restaurant. Dans ce cas, le titre ne sera délivré que 3 mois environ après l'ouverture de l’établissement. Une fois obtenu, le titre est valable 5 ans et peut être renouvelé à condition de toujours remplir les mêmes conditions. À noter : le titre de maître-restaurateur peut être délivré simultanément à plusieurs personnes physiques d’un même établissement.
Procédure d'obtention
Demander un audit : un contrôle lors d'un audit permet de recevoir ou non le titre. Le professionnel qui souhaite obtenir le titre doit faire une demande d’audit auprès d’un organisme agréé. L'audit est composé de plusieurs points de contrôle vérifiant le respect du cahier des charges. Il existe 3 organismes certificateurs habilités à réaliser l'audit de maître-restaurateur : Afnor, Certipaq, Bureau Veritas certification. L'organisme rend un rapport à la suite de l'audit. Le professionnel doit joindre ce rapport d'audit à son dossier de candidature. Le rapport d’audit a une durée de validité de 6 mois à compter de la date de transmission au candidat par l’organisme certificateur.
Aides, financements et réseaux
De nombreuses aides - notamment l’ACRE ou les dispositifs financiers - sont conditionnées par une demande préalable à l’immatriculation de l’entreprise. Les banques et les partenaires financiers exigeront l'étude de marché et le business plan pour accepter ou non de vous prêter de l'argent. Le programme régional Booster TPE vous permet de bénéficier de solutions pratiques et rapides, adaptées à votre situation. Les aides et dispositifs locaux sont disponibles via des plateformes comme Les-aides.fr qui couvre une dizaine de thématiques : crise énergétique, France 2030, difficultés de trésorerie, création-reprise, numérique, investissement, ressources humaines. Lors d’une reprise d’entreprise, les angles morts que vous n’avez pas identifiés peuvent vous coûter très cher : modèle économique, solidité financière, dépendance au dirigeant, qualité du chiffre d’affaires… Avant même de parler prix, scannez l’entreprise et prenez le recul nécessaire pour limiter les risques.
Réseaux et accompagnement local
Le réseau des Chambres de commerce et d’industrie s’articule autour de la CCI de région et des CCI départementales. Contactez le conseiller le plus proche de chez vous. Nos établissements vous accueillent en proximité dans leurs établissements de formation. Investir dans la formation continue, c’est investir dans un avenir durable ! Entre les démarches administratives, le financement, le choix du statut et les premières obligations sociales, la création d’entreprise exige du temps, des moyens et une vraie méthode. « La réussite entrepreneuriale repose autant sur une bonne idée que sur une démarche structurée. »
Conseils pratiques et calendrier d'actions
- Évaluer sa posture entrepreneuriale, motivation et compétences via des tests en ligne proposés par la CCI.
- Effectuer un stage d'immersion et/ou suivre une formation en gestion et comptabilité.
- Analyser le marché local, la concurrence et choisir l'emplacement en tenant compte des critères de visibilité et d'accès.
- Réaliser l'étude de marché et construire le business plan en parallèle.
- Choisir le statut juridique adapté et simuler les conséquences fiscales/ sociales (Urssaf).
- Rechercher et sécuriser le local (achat ou bail), procéder aux démarches de changement de destination si nécessaire.
- Immatriculer l'entreprise via le Guichet des formalités des entreprises et déclarer l'activité en mairie 15 jours avant l'ouverture.
- Si souhaité, demander le titre de maître-restaurateur en programmant l'audit auprès d'un organisme agréé.
- Solliciter la CCI pour formations, appui au financement, événements et suivi post-création.
| Étape | Action principale | Intervenant conseillé |
|---|---|---|
| Préparation | Stage d'immersion, formation gestion | CCI, centres de formation |
| Étude | Étude de marché + business plan | Conseiller CCI, expert-comptable |
| Local | Achat/location, changement de destination | Mairie, propriétaire, notaire |
| Formalités | Immatriculation RNE/RCS, déclaration mairie | Guichet des formalités des entreprises, CCI |
| Lancement | Ouverture, communication, suivi | CCI, banques, réseaux locaux |
Votre projet peut être accompagné depuis l'idée jusqu'à la pérennisation de votre activité. La CCI propose outils, formations et un suivi personnalisé pour vous aider à transformer une entreprise créée en entreprise pérenne. La réussite repose autant sur une bonne idée que sur une démarche structurée.
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