Fonctionnement et histoire du téléphone à batterie locale

La chronologie du téléphone commence avec Alexander Graham Bell, connu comme « l’inventeur du téléphone ». Scientifique, ingénieur, professeur, inventeur écossais (1847-1922). La téléphonie a ensuite évolué rapidement grâce aux améliorations techniques et à l'apparition de nombreux modèles et réseaux. Les téléphones fixes ont joué un rôle essentiel dans la manière dont nous nous connectons et communiquons.

Origines et premiers principes

Ce premier modèle rudimentaire se compose d'un écouteur et d'un microphone reliés par un fil conducteur. Lors des débuts du téléphone on utilisait des câbles reliant les deux interlocuteurs. Ces vibrations permettent de produire un courant électrique variable. Un microphone dynamique est équipé d'une membrane, d'une bobine métallique et d'un aimant : la bobine vibrait de la même manière que la membrane et créait donc des perturbations dans le champ magnétique de l’aimant, or toutes variations d’un flux magnétique induit un courant électrique, on peut donc utiliser ce courant et le transmettre.

Une plaquette métallique fixée à une membrane est actionnée par la voix et vibre devant un électro-aimant. Ces vibrations permettent de produire un courant électrique variable. Le téléphone Marty est une boîte en bois. Ce premier appareil du réseau de l'État intégrait un appel magnétique (une magnéto), afin de contacter l’opératrice sans avoir besoin d’une pile.

Le microphone : évolution et variantes

Autrefois les micros des téléphones étaient des microphones appelés dynamiques. Puis avec le temps le système s’est amélioré afin d’être le plus compact possible et s’est fait appeler microphone électrostatique à électret. Cette technique est basée sur le fonctionnement d’un condensateur. Le condensateur est composé de deux plaques polarisées (électrodes) se faisant face, séparées par l’air. La variation de distance entre les plaques polarisées va modifier la capacité du condensateur. Dans un microphone électrostatique à électret, la membrane avec une polarisation permanente va jouer le rôle d’une des deux électrodes, tandis que l’autre électrode sera fixe.

La variation de la pression sonore à la surface de la membrane va la déplacer et va donc modifier la distance entre la membrane et l’électrode fixe. Le microphone a fait l'objet de nombreuses améliorations. Il doit cependant être réglé souvent pour conserver ses propriétés. Le niveau du micro en "local" peut être ajusté : certains postes possèdent même, comble de luxe, un réglage de volume.

Lire aussi: Besoin d'Aide de la CFE ?

Le haut-parleur et la transmission

Les téléphones possèdent des haut-parleurs qui, à la différence des micros, n’ont pas évolué dans leur principe : c’est seulement leur taille qui a évolué. Le haut-parleur a pour but de transcrire le signal électrique en un signal sonore. Il est composé d’un aimant non mobile fixé sur le châssis et d’une bobine de cuivre montée sur un axe libre autour de l’aimant. Cette bobine reçoit le signal qu’elle transcrit en un champ magnétique et entre en mouvement par opposition ou par attirance avec l’aimant. La bobine bouge et est liée à la membrane qui crée une onde sonore.

Le but d’un téléphone étant de parler avec un interlocuteur, il faut donc transmettre le signal électrique à la personne avec qui l’on veut parler. Aujourd’hui le signal sortant du microphone est transcrit en langage binaire (suite de 1 et 0). Le signal est émis par des ondes électromagnétiques se déplaçant à la vitesse de la lumière. Ce signal est capté par l’antenne la plus proche.

Principe du téléphone à batterie locale

Dans le cas d’un réseau à batterie locale, une pile branchée chez l’abonné assure l’alimentation du microphone. En pratique, sur les réseaux à batterie locale, tout ce qui est possible d’imaginer existe : les postes peuvent être créés pour usages privés et prévoir divers accessoires. Les appareils sont souvent à montage de type « interphone », ou comportent de petits tableaux commutateurs nécessitant une opératrice pour relier les abonnés.

Les réseaux à batterie locale fonctionnent par deux fils en série avec une batterie. Les fils sont à montage en série et permettent la transmission locale. La pile locale disparaît progressivement lorsque les réseaux évoluent vers des solutions centralisées. Les réseaux automatiques sont de type batterie centrale : la pile locale disparaît sur les réseaux automatiques, et la plupart des postes modernes utilisent l’alimentation provenant d’une batterie centrale.

Avantages et contraintes

  • Avantage : la batterie locale permet l'alimentation indépendante du micro chez l'abonné et favorise l'existence de réseaux privés.
  • Contrainte : une pile doit parfois être réglée ou remplacée ; des essais et mesures doivent être vérifiés pour conserver les propriétés électromécaniques.
  • Contrainte technique : plusieurs kilomètres serait impossible en simple montage local sans recourir à d'autres techniques (réinjection, amplifications, réseaux).

La sonnerie, la magnéto et les dispositifs d'appel

Le téléphone à magnéto a été créé en 1892, apportant une amélioration significative à la qualité des appels téléphoniques. Son apparition en France est attestée dès 1880, mais on ne l'installe de façon systématique en France qu'à partir de 1910 avec le poste Marty. La magnéto (générateur de courant alternatif) et une sonnerie sont ajoutées afin de prévenir l’opératrice ou le correspondant.

Lire aussi: Autosphere : Financement et garanties

La sonnerie trembleuse porte le nom de sonnerie trembleuse et ouvert quand il frappe la cloche ; elle fonctionne par le ressort de balancier et par la tension du courant d'appel. Certaines sonneries possèdent la seule différence avec la sonnerie classique : l’absence de cloche. La batterie centrale est plus simple : le courant d’appel est alternatif et la gestion d'appel est centralisée.

Le poste mural et l'évolution des formes

Ils ont été créés en forme murale et portable. Jusqu’en 1922, divers changements tels que la forme esthétique du téléphone changent, comme par exemple « le Sit » aussi appelé « violon ». Avec ce téléphone les termes « décrocher » et « accrocher » apparaissent pour la première fois.

En 1920 et 1922 apparaissent des postes prévus pour les réseaux automatiques : le téléphone à cadran tournant à 10 chiffres (de 0 à 9) pour composer le numéro d’un correspondant devient courant dans les années 1920. En 1922 l'administration lance un concours pour instaurer un modèle unique sur son réseau. C'est un appareil prévu pour les réseaux automatiques. Le poste le plus largement fabriqué reste le S63.

Le S63 et la modernisation des postes

Le S63 tient son nom de l'abréviation SO.CO.TEL (Société des Constructeurs de Téléphone) et de sa date de conception, 1963. C'est un poste de fabrication moderne : châssis et coque en plastique injecté, circuit imprimé recevant tous les composants électroniques, sonnerie intégrée à volume réglable. La première version est fabriquée en couleur grise.

Le poste Télic 1975, ou T75, est le premier poste téléphonique "électronique" français. De façon générale, les postes vont intégrer des composants électroniques, des réglages de volume, condensateur et sonnerie, bouton et même un réglage du niveau du micro en local.

Lire aussi: Loisirs Finance : Financement véhicules

Du magnétophone au combiné moderne : dissociation microphone / écouteur

Pratiquement pas évolué au tout début, microphone et écouteur furent rapidement dissociées. L'apparition du combiné unique où microphone et écouteur sont réunis a offert un confort d'usage, puis la technologie a continué d'évoluer pour améliorer sensibilité et coût. Des dispositifs comme une sorte de résistance variant au rythme de la pression acoustique (par exemple de la grenaille de charbon dans laquelle on plonge un agitateur) ont été inventés ; ces procédés étaient à l'origine de la modulation du courant.

Réseaux : batterie locale vs batterie centrale

Les réseaux à batterie locale et les réseaux à batterie centrale diffèrent principalement par la manière dont l'alimentation du microphone et les signaux d'appel sont fournis. Dans le cas local, une pile branchée chez l’abonné assure l’alimentation du microphone ; dans le cas d’un réseau à batterie centrale, l’alimentation est fournie par une batterie centrale gérée par l’opérateur. Les réseaux automatiques sont de type batterie centrale.

En présence de batterie locale, la « réinjection locale de la voix » et réglages divers étaient utilisés pour équilibrer la sensation de volume et éviter que l'abonné ne s'entende parler que d'une seule oreille. La valeur de certains paramètres dépend des pays : aux États-Unis, elle est souvent plus élevée qu'en Europe. Les systèmes étaient normalisés et les principes d'équilibrage de ligne ont été définis pour obtenir une qualité d'appel acceptable.

Du poste mural aux appareils électroniques et mobiles

Le téléphone Marty, le S63, puis les postes électroniques comme le Télic ont marqué l'évolution des postes fixes jusqu'à la disparition progressive du cadran dans les années 80 et son remplacement par des touches numérotées. L’inventeur de ces touches est John Karlin, employé de Bell Labs.

Les réseaux et le matériel ont évolué : à mesure que la technologie progressait, la numérotation à touches a pris la place du cadran. Les automates et la numérotation directe ont rendu l'opératrice moins nécessaire, et les téléphones ont gagné en fonctionnalités et en ergonomie.

De la téléphonie fixe à la téléphonie mobile

La téléphonie mobile a émergé d'abord avec des systèmes embarqués (téléphones de voiture) puis avec des prototypes portables. Martin Cooper, ingénieur chez Motorola, a passé le premier appel d’un téléphone portable historique le 3 avril 1973 depuis New York avec le prototype DynaTAC. Avec une batterie de 30 minutes et une recharge de 10 heures, le prototype était encore loin d'être au point, mais la machine était lancée.

Le DynaTAC commercialisé (DynaTAC 8000X) a été approuvé par la FCC en 1983 et fut vendu à un prix élevé, mais il représente le premier téléphone portable disponible pour le public. Le passage au numérique (GSM, 1987-88) a profondément transformé l’industrie. Le Nokia 1011, lancé en 1992, fut le premier téléphone GSM produit à grande échelle.

Innovations postérieures et convergence des fonctions

La suite de l'histoire voit l'apparition du premier smartphone commercial (IBM Simon en 1994), du BlackBerry, du premier téléphone à écran capacitif (LG Prada) puis de l'iPhone (2007) qui a popularisé l'interface tactile multipoint et la convergence entre téléphone et ordinateur de poche. Les téléphones sont passés de simples dispositifs de voix à des appareils multifonctions : appels, messages, navigation Internet, photographie, applications.

Toute l'histoire du téléphone

Aspects techniques résiduels hérités des postes à batterie locale

Plusieurs concepts techniques des téléphones à batterie locale ont perduré sous forme de solutions d'équilibrage, d'optimisation du niveau microphonique, et de normes relatives à la réinjection locale de la voix. Les microphones et haut-parleurs ont continué d'évoluer, mais les principes physiques (mouvement d'une membrane, conversion acoustique-électrique puis électro-acoustique) restent les mêmes.

Quelques modèles et dates clés

Année / Modèle Faits marquants
1876-1879 Invention du téléphone par Bell, premières exploitations commerciales
1892 Apparition du téléphone à magnéto
1910-1913 Diffusion des postes comme le Marty en France
Années 1920 Apparition du cadran rotatif à 10 chiffres
1963 Conception du S63 (SO.CO.TEL), standard de poste fixe en France
1973 Premier appel mobile de Martin Cooper (DynaTAC)
1983-88 DynaTAC commercial, standardisation GSM
1992 Nokia 1011, premier GSM produit en masse
1994 IBM Simon, premier smartphone commercial
2007 iPhone : démocratisation du smartphone tactile

Usages et héritage

Les téléphones à batterie locale ont favorisé l’existence de réseaux privés et permis une autonomie chez l’abonné, mais ils ont aussi imposé des contraintes d'entretien et de réglage. Ces postes anciens sont aujourd'hui considérés comme des symboles des téléphones anciens. Leur histoire illustre l’évolution progressive des technologies de transmission, de la magnéto au cadran, puis aux touches, et enfin à la téléphonie mobile et aux smartphones actuels.

La bande-son de notre quotidien est aujourd'hui une symphonie de bips, bourdonnements et sonneries ; elle témoigne de la longue évolution qui va du téléphone à batterie locale aux appareils multifonctions contemporains. Les principes physiques fondamentaux de conversion acoustique-électrique restent au cœur du fonctionnement, tandis que les réseaux et l'électronique ont transformé la portée et les usages.

balises:

Articles populaires: