Qu'est-ce que l'Institut du Leadership : Définition et Concepts Clés

Le leadership est une notion complexe et multidimensionnelle, souvent associée à l'influence. Bien que les manifestations du leadership puissent varier considérablement d'une personne à l'autre, un élément commun demeure : l'influence sur les comportements, les choix et les décisions des autres.

Revenons à des définitions un peu plus académiques du leadership avec celles de Wikipédia :

  • « Le leadership est l'influence d'un individu sur un groupe. »
  • « C'est une relation de confiance temporaire et réciproque. »
  • « Elle se manifeste par sa capacité à fédérer et à mobiliser les énergies autour d'une action collective » et l’atteinte d’un but commun, d’une durée limitée.

Wikipédia apporte une autre définition intéressante : « Le leadership peut aussi s'appréhender comme la capacité à créer un Monde auquel les autres veulent appartenir. Cette approche s'appuie sur les travaux des chercheurs Boltanski et Thévenot sur la théorie des Mondes. »

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Le Leadership : Une Stratégie d'Influence et d'Adhésion

Le leadership est une stratégie d’influence, ou plutôt d’adhésion, non pas à une personne mais à une vision, mission ou à un système de valeur. En exprimant votre authenticité, vous autorisez ceux qui vous entourent à en faire autant. Mais attention, l’influence n’est pas de la séduction.

Comme toute stratégie, le leadership peut s’exprimer sous forme de TOTE (pour les praticiens de la PNL) et repose sur l’indispensable présence de trois éléments structurels.

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  1. Un but ou une direction : « C’est par là que je veux aller, voilà mon rêve, voilà ce que je veux, voilà mes valeurs fondamentales». C’est donc la capacité à concevoir un territoire nouveau, un monde que les autres ont envie d’explorer (le monde voulu ou l’état désiré…etc.). Créer une vision d’un monde auquel on a envie d’appartenir requiert des compétences systémiques. Cette vision donne une direction à suivre plus qu’un résultat précis à atteindre.
  2. Des capacités relationnelles : « C’est par là que je voudrais vous emmener, pour vous faire partager mon rêve ». C’est donc avant tout la capacité à mobiliser l’énergie des autres pour leur donner envie de vous suivre et de partir avec vous vers un but commun, celui d’un territoire nouveau. La force de l’argumentation, ou la séduction n’ont pas de place dans cette stratégie d’influence. La confiance est nécessaire car vous n’allez pas suivre quelqu’un en qui vous n’avez pas confiance, et d’autant plus si cette personne vous demande de faire quelque chose d’inhabituel. Et il ne suffit pas de dire « suivez-moi, car c’est moi le chef » pour que les autres s’exécutent. En plus de la confiance, le leadership nécessite la capacité à créer l’envie ou la motivation à vous suivre. Et pour cela vous aurez besoin de vous comprendre pour mieux comprendre les autres et ce qui déclenche leur motivation et leur engagement, comprendre ce qui vous anime (passion, valeurs, vision, mission, rôles) avant de comprendre le moteur des autres et ce qui peut leur donner envie de se dépasser pour faire des choses extraordinaires avec vous. La meilleure stratégie d’influence est d’être soi-même et un modèle pour les autres. Vous serez suivi avec ou malgré vous car vous incarneZ le « monde voulu », vous donnez l’exemple, vous apportez un échantillon de ce que les autres voudraient être dans ce monde. « Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde» disait Gandhi.
  3. Un test pour connaître votre progression. « Qui chemine avec moi vers la réalisation de la vision ?». Le test est simple et consiste à vous demander «Combien de personnes adhèrent à mon projet, mon rêve, ma vision ? », ou «combien de personnes me suivent dans mon aventure ? » Si vous ne savez pas répondre à cette question, posez la question à chaque membre de votre équipe et accordez autant d’importance à la réponse non verbale que verbale. Vous aurez compris que si vous avancez seul, vous faites peut être preuve de leadership vis-à-vis de vos égos, mais certainement pas vis-à-vis des autres. Si nous n’êtes pas suivi, c’est que vos compétences en leadership doivent être réajustées. C’est que votre vision n’est pas comprise par les autres ou qu’elle ne suscite pas l’envie d’y aller, ou que vous n’avez pas su comprendre ce qui anime les individus qui vous entourent. Si vous êtes un voyageur solitaire et que vous savez où vous allez, vous avez du leadership vis-à-vis de vous-même. Si personne ne vous suit, c’est donc une invitation à redéfinir votre vision ou vos compétences relationnelles.
Les qualités d'un bon leader

Leadership vs. Management

Si vous dictez à chacun ce qu’il doit faire, vous ne faîtes pas preuve de leadership mais de management. Le management se focalise le plan, les procédures, l’organisation, les équipements, la logistique, les bonnes conditions matérielles de travail. Il organise des routines de travail, donne à chacun des directives individuelles sur ses objectifs et ses délais de réalisation.

Le leadership se focalise sur la relation avec les hommes et femmes d’une équipe en rappelant sans cesse la finalité commune recherchée et en veillant à maintenir la motivation de chacun. Le leadership favorise l’intelligence collective et préfère solliciter l’avis de chacun qu’imposer sa vérité et des directives.

Management et leadership sont deux fonctions complémentaires qui vont trouver leur utilité en fonction du contexte recherché. Un contexte de stabilité nécessite du management pour organiser et structurer le travail d’une équipe. Un contexte de changement (innovation, concurrence, crise…etc.) nécessite du leadership pour déstructurer l’organisation comme les modes de pensée.

Tableau comparatif : Leadership vs. Management

Caractéristique Leadership Management
Focus Relations humaines, motivation, vision Planification, procédures, organisation
Objectif Inspirer, influencer, engager Contrôler, diriger, exécuter
Contexte Changement, innovation, crise Stabilité, routine

L'Autorité d'Influence et l'Exemplarité

Le leadership est une autorité d’influence, basée sur l’exemplarité et les relations que le leader noue avec les membres d’un groupe. Ce sont les membres du groupe qui lui reconnaissent son leadership. Le leader est un rôle, un titre, un statut une position professionnelle. Le statut de leader est le plus souvent attribué à celui qui a une position hiérarchique dans un groupe ou une organisation.

S’il peut s’auto proclamer leader, il est légitimé dans son rôle que s’il est capable de faire preuve de leadership. Le leader légitime est dont parfois différent du leader officiel. Une personne dans le rôle formel de leader, peut ou non faire preuve de "leadership".

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Le « leadership», qui est essentiellement lié au degré d'influence d'une personne, peut donc exister indépendamment du rôle de leader. Vous connaissez certainement des personnes qui ont du leadership sans avoir le statut de leader.

Développement du Leadership : Un Processus Continu

Si le leadership est un ensemble de compétences, alors chacun peut les acquérir. Pour les praticiens PNL, Leader, leadership et leading appartiennent à des niveaux logiques distincts. Le leader est une identité de rôle, une identification à une capacité réelle ou imaginée de leadership. Le leadership est au niveau des capacités et leading au niveau des comportements et de l’environnement.

Ce leadership ne s’exprimera que si l’individu s’autorise à mettre en œuvre ses capacités de leadership. Le leader légitime est celui qui fait preuve de congruence ou d’alignement entre ces trois niveaux. Autrement dit, ce que fait et dit le leader, est l’expression de qui il est.

Si on ne nait leader, chacun peut le devenir à condition de se trouver au bon endroit, au bon moment, afin d’avoir l’occasion de révéler ses qualités et ses compétences en leadership par une remise en cause de son mode habituel de fonctionnement. Ce qui veut dire qu’on est leader dans une situation donnée, mais certainement pas dans toutes les situations.

Les historiens disent que ce sont les circonstances qui font les leaders. Charles de Gaulle est devenu un leader reconnu du fait des événements tragiques de la seconde guerre mondiale. Martin Luther King est devenu un leader du fait de la discrimination raciale aux USA. Ce sont les événements de mai 68 qui ont fait naître ses leaders.

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On devient leader dans des moments de leadership, des situations de crises dans lesquelles nous sommes invités à changer nos manières habituelles de penser et de faire. Il n’y a donc pas de leadership sans un travail de développement personnel et professionnel.

Être un bon leader

Les Moments de Leadership

Selon l’article " Moment of Greatness, Entering the Fundamental State of Leadership » du Harvard Business Review, un moment de leadership est toute situation spécifique dans laquelle l'opportunité de diriger se présente d’elle- même. Dans son poème "Si", Rudyard Kipling décrit un moment de leadership : « Si vous pouvez garder toute votre tête alors que tous ceux qui vous entourent la perdent,... »

Au cours de votre voyage du héros (et du leadership de soi) vous aurez nécessairement à faire face à des moments de leadership, ces situations qui nécessitent de prendre une décision claire ou une position claire par rapport à une situation de crise. Certaines situations peuvent vous amener contre toute attente à faire preuve d’un brillant leadership. Le leadership est donc contextuel.

Si vous ne vous reconnaissez pas en tant que leader, continuez à suivre le chemin de votre cœur et si parfois des obstacles surviennent, considérez les comme des moments de leadership de soi (des moments de remise en cause) et des autres.

Les Mécanismes de l'Influence

Par qui vous laisserez-vous volontairement être influencé ? Qui allez-vous suivre dans une aventure ? Quel est le guide que vous allez accepter de suivre au sommet de la montagne ? A qui allez-vous prêter votre argent les yeux fermés ? Vous avez les réponses, donc vous connaissez les mécanismes de l’influence. Suivre quelqu’un en terrain inconnu nécessite de la confiance.

Milton Erickson était un leader reconnu dans le champ de la psychothérapie (statut surtout attribué par ses pairs), il faisait preuve de leadership puisqu’il savait guider (influencer) ses clients dans un processus guérison. Si on interroge Grinder et Bandler sur la source du pouvoir d’influence de Milton Erickson, ils vous répondront qu’elle vient de son exceptionnelle capacité à établir le rapport (ou une relation de confiance).

Pour établir ce rapport, trois étapes sont essentielles :

  1. Calibrer : observer finement les expressions comportementales externes (posture, gestes, rythmes, mimiques, respiration, voix, langage…etc.), du fonctionnement interne (pensées, émotions, croyances…etc.) propre à chaque individu.
  2. Synchroniser : « danser » avec le modèle du monde de l’autre, en reproduisant de façon discrète tout ou partie de ce que l’autre vous montre de son modèle du monde. Synchroniser, c’est chercher à harmoniser deux modèles du monde, en atténuant les différences et en augmentant les similitudes. Si vous adoptez la physiologie de l’autre (posture, rythme, gestes, voix…etc.), vous pouvez penser comme l’autre et ressentir comme l’autre (ce qu’on appelle empathie). La synchronisation intervient à différents niveaux : comportemental (le plus facile), verbal (mots et structures de phrases) et culturel (le système de valeur, le plus difficile). La synchronisation est d’ailleurs automatique, dès que vous avez un préjugé favorable sur celui ou celle que vous rencontrez (les êtres chers, les amis). Et si vous avez un préjugé défavorable sur l’autre, la synchronisation vous paraîtra difficile et inefficace. Se synchroniser avec des personnes très différentes de nous est parfois un défi qui demande beaucoup de flexibilité.
  3. Guider : conduire l’autre vers la réalisation d’un objectif nouveau et un objectif qui convient à l’autre. Le mécanisme de l’influence est comme celui de la danse. Deux personnes qui ne se connaissent pas et qui veulent danser ensemble, passent par une période d’observation (calibrer) pour évaluer leur capacité à se synchroniser (accorder les physiologies, établir un rythme commun et la confiance), puis de guidage du partenaire dans les figures de danse.

Synchronisation et Compréhension

Le génie thérapeutique de Milton Erickson, Fritz Perls et Virginia Satir venait de leur capacité à influencer leurs clients. Ces communicateurs d’exception avaient une capacité hors norme à comprendre le modèle du monde de leurs clients, à s’immerger dans ce modèle du monde pour parfois faire comme s’ils devenaient l’autre. (Dans son fauteuil d’infirme, Milton Erickon dansait avec ses clients). Cette capacité à établir une relation à un niveau très profond (calibrer et synchroniser) était la source de sa capacité à guider ses clients vers la guérison.

Le niveau d’influence du leader, c’est-à-dire sa capacité à conduire les membres d’une organisation (et non pas manager une organisation) vers de nouveaux développements, dépend de la capacité de ce leader à se synchroniser avec cette organisation. Cette synchronisation signifie une compréhension en profondeur de ce qui anime les individus qui constituent cette organisation. Il ne s’agit pas seulement de comprendre le mode de fonctionnement de chaque membre de l’équipe, mais de saisir également les valeurs ou les règles qui relient de façon implicite les individus entre eux.

L'Exemplarité : Un Levier de Performance

Par sa manière de dire ou de faire, le leader est un modèle de ce qu’il encourage ou réprime dans son entreprise. L’exemplarité aux sources du leadership est le titre d’un article documenté de l'Expansion. L’occasion de démontrer que l’exemplarité (cohérence entre ses dires et ses actes) est désormais un véritable levier de performance dans les entreprises du XXIème siècle.

Le meilleur moyen de faciliter le changement est d’incarner ou être un modèle de ce que l’on souhaite voir exister comme changement. Car en acceptant d’être dirigeant, on se met en situation d’être regardé par tout le monde. Si vous voulez voir plus d’engagement, montrez le vôtre, si vous voulez voir plus de collaboration, sachez écouter ; si vous voulez donner droit à l’erreur, parlez de vos propres erreurs. Tout autant que l'expérience et les compétences, la volonté d'être exemplaire est une qualité indispensable.

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