Jean Gourmond — CFE et retraite : fonctionnement, intérêt et modalités pour les expatriés

La retraite est un sujet majeur pour tout expatrié et la Caisse des Français de l’Étranger (CFE) occupe une place centrale pour préserver les droits acquis en France. Créée en 1978, la CFE a pour vocation de proposer un régime de protection sociale spécifique pour les expatriés. C’est un régime de sécurité sociale à cotisation volontaire de droit privé en charge d’une mission de service publique (livre 7 du code de la Sécurité Sociale).

Qu’est‑ce que la CFE et quel est son rôle pour la retraite ?

La Caisse des Français de l’Étranger (CFE) permet aux expatriés de maintenir un lien direct avec la Sécurité sociale française et de préserver leurs droits, notamment pour la retraite. La CFE reconstitue le régime de base français de Sécurité sociale pour la retraite (régime vieillesse). Elle garantit la continuité des droits avec le régime de Sécurité sociale français. La CFE remplit un rôle d’intermédiaire entre l’assuré et la CNAV (Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse). La CFE collecte, pour le compte de la Caisse Nationale Assurance Vieillesse (CNAV), les cotisations retraite des salariés.

Qui peut adhérer et conditions d’adhésion

L’accès à ce régime de prévoyance est ouvert à tous les expatriés (salariés, travailleurs indépendants, personnes sans activité, étudiants, retraités). L’adhésion à la CFE est facultative et volontaire. Pour bénéficier des prestations de la CFE, le salarié expatrié doit remplir les conditions suivantes : être de nationalité française ou être ressortissant d’un pays de l’Espace économique Européen (y compris la Suisse), précédemment affilié à un régime français de Sécurité Sociale ; exercer une activité salariée à l’étranger ; résider à l’étranger. Notons que les frontaliers qui résident en France mais travaillent à l’étranger sont exclus du dispositif.

Vous pouvez y adhérer indépendamment de votre situation familiale, professionnelle, âge, état de santé ou pays de résidence. On peut adhérer à la CFE à tout moment et sans limite d’âge. Désormais, vos ayants droits sont couverts (selon CSS, LOI n° 2018-1214 du 24 décembre 2018 - art. 4). La CFE est totalement autonome et se finance par le biais de la cotisation de ses adhérents expatriés.

Statuts professionnels et impact sur l’affiliation

Votre statut (détachement ou expatriation) détermine si vous êtes rattaché ou non au système de retraite français. Les collaborateurs expatriés ne sont plus assujettis aux régimes obligatoires de leur pays d’origine mais affiliés aux régimes en vigueur dans leur pays d’expatriation. La protection souscrite auprès de la CFE ne vous dispense pas de l’affiliation au régime de sécurité sociale local.

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Pourquoi cotiser à la CFE pour la retraite ?

Souscrire à la Caisse des Français de l’Étranger (CFE) permet à tout expatrié - salarié ou travailleur indépendant - de rester affilié au système français de retraite de base. La CFE est le seul acteur sur le marché de l’assurance qui donne aux expatriés la possibilité de travailler à l’étranger sans impact négatif sur leur retraite, que l’expatrié soit actif ou non lors de son expatriation. Ainsi, si vous travaillez à l’étranger sans cotiser aux régimes de retraite obligatoires français, la CFE assure et protège plus de 180.000 français (et aussi des ressortissants européens qui ont bien compris leur intérêt) expatriés dans le monde en 2021.

La CFE assure et protège plus de 180.000 français expatriés dans le monde en 2021. La CFE est le seul acteur sur le marché de l’assurance qui donne aux expatriés la possibilité de travailler à l’étranger sans impact négatif sur leur retraite, que l’expatrié soit actif ou non lors de son expatriation.

Articulation avec les conventions bilatérales et limites

Dans de nombreux cas, une convention de Sécurité sociale entre la France et le pays d’accueil permet déjà de maintenir les droits à la retraite de base, sans adhésion à la CFE. A fortiori, dans les pays avec lesquels la France n’a pas signé d’accord bilatéral de Sécurité sociale ou hors Union Européenne, une affiliation à la CFE Vieillesse sera d’autant plus recommandée pour acquérir des trimestres. Une expatriation dans un pays non conventionné avec la France peut entraîner une période sans cotisation reconnue par la CNAV.

De nombreux territoires - Chine, Émirats arabes unis, Qatar, Singapour, Hong Kong, Australie - n’ont aucune convention de Sécurité sociale avec la France. Situations et recommandations : pour un pays conventionné (ex. : Canada, Maroc, États‑Unis, Japon) la convention couvre la retraite de base ; la CFE n’est utile qu’en complément santé ou pour conforter le niveau de pension. Pour un pays non conventionné, l’adhésion à la CFE est souvent recommandée.

Modalités de calcul des cotisations et plafonds

Le taux de cotisation est le même que pour les « affiliés obligatoires » mais l’assiette maximum globale est limitée au PASS, soit 41 136 € en 2020. Pour la vieillesse, vous pouvez vous référer au dossier pratique consacré à la retraite des salariés expatriés. Un plafonnement des revenus pris en compte : seuls les salaires jusqu’à 1 PASS (47 100 € en 2025) sont considérés pour la retraite de base. La CFE ne propose qu’un tarif unique de remboursement sur la base de ceux de la Sécurité Sociale française, quel que soit le pays des soins.

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Rappel : le calcul de la pension française de Sécurité sociale dépend également du salaire annuel moyen (qui représente les salaires sur lesquels les cotisations ont été versées). En 2021, l’adhésion pour un salarié ou un ancien assuré est de 7.296 euros et permet de valider 4 trimestres avec un salaire de référence égal au plafond annuel de la Sécurité sociale (41.136 euros). Le coût annuel de cette adhésion pour l’assuré chargé de famille est de 3.684 euros ce qui lui permet de faire enregistrer 4 trimestres au salaire de 20.787 euros/an.

Ce que la CFE ne fait pas - limites et précautions

La CFE gère uniquement le régime de base de la Sécurité sociale. Aucune couverture complémentaire : la CFE ne gère que la retraite de base. La CFE ne permet pas le rachat rétroactif de trimestres non cotisés. À noter : la CFE ne permet pas le rachat rétroactif de trimestres non cotisés. Pas de rachat rétroactif possible : la CFE ne permet pas de régulariser les années passées. La CFE ne propose qu’un tarif unique de remboursement sur la base de ceux de la Sécurité Sociale française, quel que soit le pays des soins. Il s’avère dans la plupart des cas insuffisants avec un reste à charge important pour l’expatrié.

La CFE ne fait pas systématiquement l’avance de frais d’hospitalisation. La CFE le fait uniquement avec les hôpitaux avec accord. Comme vous pouvez le constater, l’adhésion seule à la CFE est insuffisante pour couvrir vos besoins en matière de santé, maternité, maladie et prévoyance. Il est donc indispensable de souscrire à une assurance santé expatrié en complément de la CFE.

Modalités pratiques d’adhésion et fonctionnement

L’adhésion à la Caisse des Français de l’Étranger (CFE) se fait aujourd’hui très facilement en ligne, via le site officiel www.cfe.fr. L’adhésion peut être individuelle ou collective, c’est‑à‑dire prévue par l’employeur pour l’ensemble de son personnel. Les cotisations sont dues pendant le délai de carence (période comprise entre la date d’adhésion et la date d’ouverture des droits) et réglables au début de chaque trimestre civil.

Pour souscrire à la protection sociale du salarié expatrié, vous devez adresser toutes vos demandes d’adhésion et de prestation à la CFE, située à l’adresse suivante : CAISSE DES FRANÇAIS A L’ETRANGER BP 100 - 77950 RUBELLES - France. Vous trouverez également un bureau d’accueil au 12, rue La Boetie - 75008 PARIS.

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Aspects pratiques et conseils

Nous recommandons aux expatriés d’adhérer à la CFE dès le départ pour l’étranger afin d’éviter de se retrouver sans protection sociale et de retarder les droits aux prestations de retraite à son retour (ou non) en France. Adhérer à la Caisse des Français de l’Étranger (CFE) est une précaution, y compris pour le conjoint de l’expatrié qui l’a suivi à l’étranger et n’a pas pu reprendre d’activité professionnelle en cotisant volontairement en tant que conjoint chargé de famille ou ancien assuré.

La CFE a conçu un guide résumant clairement le B.A‑BA du système de retraite. Si vous ne pouvez pas vous rendre à la conférence, pas de panique ! La CFE met à disposition un guide consultable pour tout comprendre sur le régime des retraites et son rôle en tant qu’organisme. Besoin d’un accompagnement personnalisé ? Vous vous interrogez sur l’intérêt de cotisations à la CFE pour la retraite et souhaitez optimiser les conditions de votre départ à la retraite ?

Compléments possibles et options

À ces différentes assurances de base, peuvent s’ajouter des options facultatives (Soins en France, retraites de base et complémentaires équivalent ARRCO AGIRC qui sont la CRE et l’IRCAFEX, indemnités journalières/capital décès, voyages rapatriement). En outre, il peut être intéressant de cotiser au régime français d’assurance-chômage et aux régimes de retraite complémentaire ARRCO et AGIRC.

Élément Ce que couvre la CFE Limites / Remarques
Régime Régime de base de la Sécurité sociale (vieillesse) Ne couvre pas les complémentaires
Adhésion Volontaire, ouverte à tous les expatriés Pas de questionnaire médical, pas d’âge limite
Plafond pris en compte 1 PASS (ex. 41 136 € en 2020, 47 100 € en 2025) Seuls salaires jusqu’au PASS comptent pour la retraite de base
Rachat rétroactif Non Impossible de régulariser des années non cotisées
Avance frais hospitaliers Possible uniquement avec hôpitaux partenaires Souvent nécessité d’une complémentaire santé

Points clés à retenir

  • La CFE reconstitue le régime de base français et collecte les cotisations pour la CNAV.
  • Elle est particulièrement utile pour les expatriés dans les pays sans convention bilatérale.
  • La CFE ne couvre que la retraite de base et présente des plafonds et limites importants.
  • Souscrire une complémentaire santé et éventuellement cotiser aux régimes complémentaires reste souvent nécessaire.
  • Il est conseillé d’adhérer dès le départ pour l’étranger pour éviter des périodes sans droits.

La CFE vous permet de préserver la continuité des droits à la retraite pendant une expatriation en validant les trimestres et les revenus comme si l’activité était exercée en France. Elle apporte une solution fiable dans les pays sans convention bilatérale ou dans les parcours internationaux complexes, où elle évite les interruptions de carrière et facilite la future liquidation.

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