Importance et enjeux de l'artisanat pour les jeunes
Bonne nouvelle pour l’artisanat. Son image évolue positivement aux yeux des jeunes générations. C’est en tout cas ce qui ressort d’une enquête #MoiJeune OpinionWay/20 Minutes commandée par le réseau national des Chambres de métiers.
L’étude #MoiJeune, menée par CMA France, OpinionWay et 20 Minutes, révèle une perception et des attentes croissantes des jeunes vis-à-vis des métiers de l’artisanat. Loin d’être un choix par défaut, les métiers de l’artisanat séduisent de plus en plus de jeunes. Pourquoi ? Parce qu’ils offrent ce que beaucoup recherchent aujourd’hui : du concret, de la créativité et un impact local.
Perceptions et motivations des jeunes
Pour 62 % des sondés, les métiers de l’artisanat sont « valorisants ». Résultat : 50 % d’entre eux pourraient envisager, un jour, de se reconvertir « vers un métier manuel » (« 28 % probablement, 22% certainement »). A l’occasion d’une enquête similaire réalisée en décembre 2021, seules 25 % des interrogés avançaient une telle possibilité (« 16 % probablement, 9 % certainement»).
Suivre une formation en apprentissage permet « d’acquérir des compétences pratiques directement sur le terrain », saluent par ailleurs 50 % des participants à ce sondage #MoiJeune. La formule offre aussi l’opportunité « de gagner de l’argent tout en se formant », soulignent 48 % d’entre eux. Comme le rappellent les services publics, « l’apprenti perçoit une rémunération correspondant à un pourcentage du salaire minimum interprofessionnel de croissance (SMIC) qui varie en fonction de son âge et de sa progression dans le cycle de formation ».
Pour l’année 2024/2025, un jeune de 16 ans en première année d’apprentissage peut prétendre à une rémunération brute mensuelle minimale équivalente à 27 % du SMIC, soit 486,49 €. Un apprenti âgé de 19 ans suivant sa deuxième année de formation doit percevoir une rémunération brute minimale de 918,92 €. C’est-à-dire 51 % du SMIC.
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Quels métiers attirent les jeunes ?
En termes de secteur artisanal le plus attirant, les sondés optent à 30 % pour les services. C’est-à-dire pour les métiers de coiffeur, de photographe, de fleuriste ou encore notamment de mécanicien automobile. A 24 %, ils désignent secondairement les professions liées à l’alimentation, comme chocolatier, boucher, traiteur et brasseur. A un pourcentage identique, ils évoquent la fabrication, une catégorie qui englobe aussi bien le métier de cordonnier que ceux d’ébéniste, de verrier et de tailleur pour ne citer qu’eux. Enfin, 21 % des répondants mentionnent une attirance pour les activités du bâtiment : charpente, électricité, menuiserie, plomberie, etc.
Précisions. L’intérêt pour le bâtiment grimpe à 28 % si l’on isole les réponses données par les seuls garçons. Ce classement des métiers n’est pas sans lien avec la notion d’épanouissement au travail qui s’avère de plus en plus importante pour les jeunes générations.
A la question « quels métiers artisanaux associes-tu la possibilité de vivre de sa passion ? », les sondés sont 44 % à répondre la mode et la couture (créateur de chapeaux, designer textile…). Ils sont autant à classer en tête les métiers d’art, dont ébéniste, joaillier et céramiste. Viennent à quasi égalité les professions de la gastronomie (43 %), à l’instar de boulanger, boucher, poissonnier et pâtissier. Les métiers dits de tradition, comme maréchal-ferrant et ferronnier, ne sont plébiscités que par 27 % des personnes interrogées… Et ceux du bâtiment par seulement 23 % !
Freins et idées reçues
L’étude laisse, en effet, apparaître certains freins persistants à l’artisanat. Quelque 78 % des sondés estiment que ses plus de 250 métiers présentent « souvent » des contraintes physiques ou horaires. Et 61 % qu’il est « plus risqué» de les pratiquer que d’autres. En outre, 60 % ont l’impression que l’artisanat « paye globalement moins bien » et 54 % qu’« il y a moins d’offres d’emploi pour les métiers manuels».
Les idées reçues sur l’artisanat sont souvent liées à une méconnaissance de ce que ce secteur est vraiment. C’est normal, comme le prouve la liste de métiers cités précédemment, le champ de l’artisanat s’avère vaste. C’est quoi être artisan ? Si la question est vaste, voici un élément de réponse : est considéré comme tel, toute personne qui fabrique, répare ou fait subir une transformation à des produits qui ne sont pas créés en série.
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Trois idées reçues déconstruites
- “Il n’y a que l’argent qui compte pour les jeunes” - Est-il réellement nécessaire de préciser que c’est faux ? Pour 64% des 16-29 ans, leur orientation professionnelle est guidée par leurs envies et vocation. L’aspect économique arrive loin derrière : 19% des répondants seulement le placent comme l’une de leur attente principale concernant le métier qu’ils exerceront. En revanche, ils sont 42% à souhaiter voir leur métier comme une source d’épanouissement.
- “Les formations à l’artisanat sont des voies de garage ?” - Pour 88% des jeunes interrogés, les métiers de l’artisanat sont des métiers “qui rendent fiers”. Ce sont des activités mettant en avant des savoir-faire, permettant de consommer localement des produits de qualité, réalisés à l’aide de gestes maîtrisés, parfois ancestraux.
- “L’artisanat n’est pas porteur d’avenir ?” - 85% des jeunes estiment que les métiers du secteur de l’artisanat permettent de “trouver facilement un emploi”. Le secteur de l’artisanat joue en effet un rôle-clé dans le développement économique français, puisqu’il est considéré comme le 1er employeur de France.
Apprentissage et politiques publiques
Une nuance néanmoins. L’évolution de la vision de l’artisanat est également à mettre au crédit, en partie, de la mise en avant de l’apprentissage faite par Emmanuel Macron depuis sa première accession à l’Elysée en 2017. Son ambition affichée : atteindre le million d’apprentis chaque année. Pour y parvenir, une loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel a été votée dès le 5 septembre 2018. En son cœur, entre autres : la limite d’âge de l’apprentissage est passée de 26 à 29 ans révolus et une aide au permis de conduire de 500 € a été instaurée pour les apprentis majeurs.
Dans un esprit analogue, les primes versées aux patrons recruteurs ont été rehaussées à partir de la mi-2020. Dans le cadre de sa quête de redressement des comptes publics, le gouvernement Bayrou a indiqué, ce 30 décembre, que cette prime à l’embauche serait désormais de 5 000 € au lieu de 6 000 € jusqu’à présent. Un décret en ce sens devait paraître en ce mois de janvier, au grand dam des artisans (et de sénateurs qui ont demandé à l’Etat de revoir sa copie). Il n’a pas été publié à l’heure de la mise sous presse de votre hebdomadaire. Quid dès lors de son évolution ? Et des répercussions sur les recrutements d’apprentis à la prochaine rentrée ?
Entre le début de l’année et la fin de l’été derniers, 839 400 personnes avaient signé un contrat d’apprentissage avec une entreprise, indique la Dares (ministère du Travail). Attendue au mois d’avril prochain, l’enquête des besoins en main-d’œuvre réalisée par France Travail pour cette année 2025 devrait le confirmer. Dans l’édition 2024 de ce document, les entreprises avançaient, par exemple, 13 870 projets de recrutement de couvreurs et 18 590 d’électriciens en bâtiment à l’échelle de l’ensemble du pays.
Artisanat, emploi et transition
C’est un secteur porteur, grâce aux milliers d’entreprises qui sont à reprendre dans tous les secteurs d’activités, ou encore aux nombreuses offres d’emplois non pourvues. Ce qui est lié, notamment, au manque de jeunes qui se forment dans ces domaines. Certains d’entre eux sont traditionnels : menuisier, boucher, mécanicien… d’autres sont liés à l’art : céramiste, ciseleur, bronzier d’art… Nouvelles technologies, matériaux innovants… se trouvent aussi dans les métiers de l’artisanat, qui s’adaptent pour répondre et correspondre à l’évolution de la société et des besoins.
Certains de ses métiers contribuent même au développement durable et à la transition écologique, comme ceux liés aux domaines de l’éco-construction ou du génie climatique. La cybersécurité n'est plus réservée aux grandes entreprises. En tant qu'artisan, vous gérez chaque jour des données sensibles. Dès septembre 2026, la facturation électronique deviendra progressivement obligatoire pour les TPE et PME françaises et transformera en profondeur la gestion de vos factures.
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Éducation, valorisation et perspectives
Pour Marion Denis du think tank VersLeHaut, il est important de remettre la pratique manuelle au cœur de l’éducation, notamment au collège. Les disciplines manuelles ou de l’artisanat sont souvent reléguées au second plan, considérées comme des options secondaires. Pourtant, elles devraient être au cœur de notre système éducatif. Car c'est en touchant, en manipulant, en créant que l'on apprend réellement.
La création, la fabrication et le bricolage doivent être mieux valorisés autant que les matières traditionnelles. C'est précisément ce que De l'or dans les mains s'efforce de réaliser. L’association produit des outils pédagogiques, à destination des jeunes et de leurs enseignants, pour leur raconter les métiers manuels. Les établissements scolaires devraient vivement suivre cet exemple.
Imaginez ces jeunes collégiens fiers de présenter une table qu’ils ont fabriquée de leurs propres mains, ou une pièce de poterie qu’ils ont façonnée. Remettre la pratique manuelle au collège, ce n’est pas seulement former de futurs artisans, c’est former des citoyens épanouis, créatifs et conscients de leur potentiel. C’est redonner à l’éducation sa véritable essence : former des êtres humains complets, capables de s’adapter et de créer un monde en perpétuelle évolution.
CMAQ 30sec_Révélations | Biennale International Métiers d'art et Création
Si l’intérêt est là, les jeunes restent néanmoins en quête de repères et d’accompagnement. Autrement dit, ils sont prêts à sauter le pas, à condition d’être guidés et soutenus. Forte de ces enseignements, la CMA Île-de-France s’engage à poursuivre et amplifier ses actions en faveur des jeunes.
Ressources et formations
Il y a 137 CFA sur l’ensemble du territoire, il y en a forcément un près de chez vous. L’apprentissage vous intéresse ? Vous voulez en savoir plus sur les métiers de l’artisanat ? C’est la Semaine de l’apprentissage dans l’artisanat, l’occasion de découvrir et de s’informer sur les 350 formations gratuites et rémunérées proposées dans les 137 centres de formation du réseau des CMA, leaders de la formation par apprentissage.
| Atout | Constat |
|---|---|
| Formation pratique et rémunération | 50 % voient l'apprentissage comme acquisition de compétences pratiques; 48 % apprécient de gagner de l'argent en se formant. |
| Image en amélioration | 62 % trouvent les métiers valorisants; 50 % envisagent une reconversion vers un métier manuel. |
| Freins persistants | 78 % perçoivent des contraintes physiques/horaire; 60 % pensent que l'artisanat paye moins. |
| Offres d'emploi | Nombreuses offres non pourvues; milliers d'entreprises à reprendre; besoins déclarés pour couvreurs et électriciens. |
Biscottier, orfèvre, shaper, lapidaire, sellier-bourrelier, maréchal-ferrant, orpailleur… Connaissez-vous ces professions ? Ils ont un point commun : ils font tous partie des métiers de l’artisanat. Il ne s’agit que d’un aperçu de ces professions artisanales, nous connaissons plus aisément les pâtissiers, coiffeurs, céramistes et autres maçons ou ébénistes.
Si c’est avec l'expérience qu’un artisan parfait son Oeuvre, les nouvelles mains nous préparent à de belles promesses pour l’avenir de l’artisanat d’art. Si les métiers d’art portent trop souvent la déplaisante réputation de métiers passés, de nouveaux talents sont de plus en plus révélés par des événements, comme le salon Révélations au Grand Palais.
La Semaine de l’apprentissage dans l’artisanat 2025 et les actions des Chambres de métiers visent à transformer l’intérêt croissant en parcours réels : formation, accompagnement, financement et visibilité. Les jeunes générations ne seraient plus déconnectées du travail manuel. Restaurateur de meubles, boulanger, bijoutier ou encore céramiste, ces métiers permettent d’exercer une passion tout en contribuant au dynamisme économique local.
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