La Bourse et le Financement des Entreprises : Comprendre le Fonctionnement

Un marché financier est un lieu, physique ou virtuel, où les acteurs du marché (acheteurs, vendeurs) se rencontrent pour négocier des produits financiers. Il permet de financer l'économie, tout en permettant aux investisseurs de placer leur épargne.

Fonctionnement de la bourse et financement des entreprises

À quoi servent les marchés financiers ?

Pour satisfaire leurs besoins de financement, les entreprises, l'État et les collectivités publiques procèdent à des émissions d'actions, d'obligations et d'autres titres de créance. L'émission de ces titres financiers se fait sur un marché dit « primaire ». Par exemple : à l'occasion d'une introduction en bourse, d'une augmentation de capital ou d'une émission d'obligations.

Une fois l'émission terminée, ces titres seront négociés par différents acheteurs et vendeurs, sur un marché dit « secondaire ».

Les marchés financiers offrent aux entreprises, aux États et aux collectivités la possibilité de rassembler des financements. Ils peuvent aussi permettre aux investisseurs de tenter de faire fructifier leurs capitaux. L’investissement en bourse présente des risques de perte en capital.

La bourse, c’est un lieu physique ou dématérialisé, où s’émettent et s’échangent des titres financiers. C’est là que se confrontent l’offre et la demande émanant des entreprises, des institutions et des investisseurs. Il existe en réalité de multiples places boursières, les plus connues par les français étant Euronext et la Bourse de New York. Elles englobent chacune plusieurs marchés, où s’achètent et se vendent divers instruments financiers : actions, obligations, etc. Au sein de ces marchés, il faut encore distinguer le marché primaire du marché secondaire.

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L’émission d’actions ou d’obligations se fait directement par les entreprises et les États sur ce qu’on appelle le ‘marché primaire’.

L’autre grande utilité des marchés boursiers, c’est qu’ils centralisent les opportunités de placement. Les investisseurs y disposent d’instruments financiers : actions et obligations, ou encore produits dérivés (contrats à terme, options, warrants, etc.). L’objectif étant d’acquérir des titres, pour tenter de profiter des dividendes ou des intérêts qu’ils peuvent rapporter, et éventuellement de les revendre afin d’enregistrer une plus-value. Les investisseurs, particuliers ou institutionnels, ont la possibilité de souscrire des produits nouvellement émis sur le marché primaire. Ils peuvent également acheter des titres déjà en circulation, auprès d’autres investisseurs cherchant à céder leurs actifs, sur le “marché secondaire”.

Pour acquérir des actions ou des obligations sur les marchés financiers, vous devez passer des ordres de bourse par l’intermédiaire d’un intermédiaire financier.

On peut considérer que l’activité qui y règne participe à dynamiser la croissance économique. En rapprochant un grand nombre d’investisseurs et d’entreprises en recherche de financements, les marchés boursiers peuvent favoriser la liquidité des actions. Plus elles arrivent à trouver aisément des investisseurs prêts à acheter leurs titres, plus les entreprises sont en mesure de se financer, plus elles peuvent se développer et prospérer.

La présence en bourse est aussi bénéfique pour la croissance externe des entreprises. La valorisation boursière d’une société et l’intérêt que lui portent les investisseurs donnent aux entreprises des indications sur le poids et la crédibilité de cette société. Les fonds levés par la vente de titres leur apportent tout ou partie des capitaux nécessaires pour mener à bien certaines opérations.

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Les prix des titres émis sur le marché primaire sont fixés en accord avec un organisme arrangeur ou coordinateur. Ils peuvent ensuite être ajustés selon les offres des investisseurs. Les cours en bourse sur le marché secondaire, notamment ceux des actions, sont régis par la loi de l’offre et de la demande. Si la demande est supérieure à l’offre, le prix d’une action monte, et vice-versa. À un instant T, le cours d’une action correspond au prix auquel le plus grand nombre de titres peut être acheté ou vendu.

Afin d’assurer sa stabilité, sa transparence et la sécurité des opérations qui y sont réalisées, la bourse doit être régulée. Cette mission est endossée par des acteurs comme l’Autorité des marchés financiers (AMF), qui supervise les instruments financiers cotés sur le marché français et les instruments financiers cotés sur les marchés européens s’ils sont négociés par des acteurs présents sur le territoire français.

L’AMF veille au bon déroulement des transactions et à l’information des investisseurs. Elle est apte à exercer un contrôle sur les marchés et leurs infrastructures, sur les entreprises cotées, sur les intermédiaires financiers assujettis, etc.

Pour suivre les tendances sur les marchés et évaluer la santé financière des émetteurs de titres, les investisseurs ont accès à plusieurs outils. Ils peuvent, par exemple, s’appuyer sur l’analyse des indices boursiers comme le CAC 40, et des notes établies par les agences de notation financière.

Au sens large, la bourse inclut d’autres types de marchés, dont ceux des devises dites convertibles. Le marché des devises (Forex) permet d’échanger entre elles des monnaies du monde entier. Il participe à la détermination des taux de change entre les couples de devises. Le marché des matières premières agit comme un marché de gros pour les énergies, les métaux, les ressources agricoles, etc. Il met en relation les producteurs, les négociants et autres acheteurs industriels. Les marchés des devises et des matières premières sont également fréquentés par les investisseurs particuliers, qui misent sur ces actifs pour diversifier leur portefeuille.

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La Bourse est un marché : les investisseurs peuvent y acheter et revendre leurs titres. Pour les épargnants, la bourse, ce sont des placements.

Une action est un titre financier qui représente une part du capital de l’entreprise qui l’a émise. Le fait de devenir actionnaire donne deux droits principaux. Le premier est celui de voter lors des assemblées générales au prorata du nombre d'actions dont on dispose.

Une obligation est une part d’un emprunt émis par une entreprise, un établissement public ou par l’État. Comme tout investissement, les obligations peuvent comporter des risques pour l'investisseur. Le premier est que l'émetteur ne puisse pas faire face à ses engagements (le risque de défaut). Si l'investisseur souhaite se séparer de ses obligations avant leur échéance, il peut ne pas récupérer toute sa mise.

Une introduction en Bourse est une opération financière destinée à lever des fonds sur un marché boursier. L’entreprise désire réduire son endettement. Pour rappel, une levée de fonds ne correspond pas à un emprunt en comptabilité. Elle est inscrite dans le bilan au niveau des capitaux propres de l’entreprise et non pas dans les dettes.

Dans ces deux premiers cas, l’entreprise émettra de nouveaux titres sur le marché (actions, souvent assorties d’un droit préférentiel de souscription, obligations convertibles, etc.) afin d’augmenter sa capacité de financement. L’entreprise peut décider d’ouvrir son capital afin de d’y faire entrer de nouveaux investisseurs. Dans ce dernier cas, l’entreprise n’émet pas de nouvelles actions (ou d’autres titres).

Une introduction en Bourse permet également de renforcer la crédibilité de l’entreprise vis-à-vis des nombreux intermédiaires avec lesquels elle assure le développement de son activité (fournisseurs, clients, banques, etc.).

Pour s’introduire en Bourse, plusieurs procédures sont possibles.

Introduction en Bourse

C’est la procédure la plus utilisée. L’entreprise souhaitant s’introduire en Bourse définit dans un premier temps un établissement financier qui sera chargé de constituer un « syndicat bancaire ». Chaque membre de ce syndicat doit assurer le placement d’une certaine quantité de titres auprès d’investisseurs institutionnels. C’est la procédure dite de « placement garanti ».

Parallèlement, les titres sont proposés en Bourse aux investisseurs individuels dans une fourchette de prix déterminée à l’avance. Un investisseur souhaite acquérir des actions d’une entreprise X qui s’introduit en Bourse via une OPO. La fourchette de prix étant comprise entre 25 € et 30 €, il propose d’acheter 100 titres pour 28 €. Une fois l’ensemble des ordres reçus, le prix de l’action est fixé à 27 € et le taux de service (la quantité de titres à livrer) est égal à 60 %.

Dans ce cas, l’entreprise et l’intermédiaire financier définissent préalablement le nombre de titres mis en circulation sur le marché et leur prix de vente. Chaque ordre étant passé au même prix, la quantité de titres à livrer est ensuite déterminée en fonction de la quantité des ordres reçus, d’un côté, des investisseurs particuliers (premier groupe d’ordres) et de l’autre, des investisseurs institutionnels (second groupe d’ordres). Cette procédure d’introduction en Bourse est peu utilisée aujourd’hui.

Cette procédure d’introduction se rapproche du fonctionnement d’une vente aux enchères. Les titres sont mis en vente à un prix minimal. Seuls les ordres à cours limité sont acceptés, c’est à dire les ordres respectant la limite de prix minimal. Des tranches de prix sont ensuite déterminées en fonction des ordres reçus. C’est la procédure la moins utilisée.

Selon cette dernière option, le nombre de titres émis sur le marché et leur prix d’achat minimal sont déterminés à l’avance. Une fois l’ensemble des ordres reçus, deux conditions doivent être remplies pour que la procédure d’introduction en Bourse soit validée. D’une part, le premier cours coté du titre ne doit pas excéder un certain pourcentage du prix d’achat minimal.

De fait, il existe toujours un risque que la valeur du titre ait été surestimée dès le départ et qu’une fois sur le marché, son cours baisse significativement. Avant d’investir, renseignez-vous sur l’entreprise, ses objectifs, ses perspectives de croissance, ses performances passées. Une fois cotée en Bourse, l’entreprise doit transmettre régulièrement à ses investisseurs (actuels et potentiels) un certain nombre d’informations sur sa situation financière (bilan, compte de résultat, etc.). Cette communication financière peut être réalisée au sein de la société ou par une agence de communication spécialisée.

Enfin, une introduction en Bourse n’est pas gratuite. En effet, elle fait intervenir un certain nombre d’intermédiaires (sociétés de conseils juridiques, agences de marketing et de communication, audit financier, société boursière, etc.) qu’il faut rémunérer. Le coût de l’IPO dépend notamment de la taille de l’entreprise et du marché choisi mais on estime qu’il représente au total environ 5 % à 7 % des montants levés.

Les marchés financiers ne sont pas aussi obscurs qu’il y paraît, d’ailleurs on y contribue tous plus ou moins. Si vous êtes déjà parti dans un pays qui n’utilise pas l’euro, vous avez nécessairement dû échanger vos euros pour une autre devise afin de payer avec la monnaie locale.

Prenons l’exemple du marché monétaire. Au sein de ce marché, les échanges se portent sur des instruments financiers dotés d’échéances à court terme. Dans les faits, il s’agit de dettes qui devront être remboursées rapidement (généralement en moins d’un an).

Les marchés financiers sont soumis à des règles strictes et sont encadrés par des autorités nationales.

Tout d’abord, ils permettent aux entreprises et aux États de se financer. C’est le rôle du marché primaire, c’est-à-dire du lieu où sont émis pour la première fois les nouveaux actifs.

Ensuite, les marchés financiers permettent aux différents agents économiques d’échanger les titres financiers préalablement émis. C’est le rôle du marché secondaire, c’est-à-dire du lieu où les titres déjà émis sur le marché primaire sont revendus. Il s’agit donc en quelque sorte du marché de l’occasion des actions et des obligations. Grâce à lui, les acteurs financiers ont la possibilité de vendre plus facilement leurs actifs.

Il existe un nombre très élevé de marchés financiers dans le monde. La Bourse de New York aux États-Unis est la plus importante bourse au monde. On l’appelle parfois « Wall Street », du nom de la rue où elle se situe. En dehors des États-Unis, la plus importante bourse se trouve à Shanghai.

En France, la Bourse a longtemps été située au Palais Brongniart à Paris. Elle est aujourd’hui partie intégrante d’Euronext, une société gérant plusieurs bourses en Europe, et est entièrement électronique.

Le marché des changes ou Forex est un marché entièrement dématérialisé : chaque jour, près de 6 595 milliards de dollars de devises y sont échangés.

D’autres marchés financiers traitent de produits plus atypiques.

La Bourse de Paris est officiellement née en 1724, à la suite de l’épisode de Law. Pour le souverain de l’époque, Louis XV, il s’agissait d’encadrer la spéculation et d’éviter de nouvelles crises financières. La Bourse a ensuite occupé divers lieux dans Paris (la galerie Vivienne du Palais Mazarin, l’église des Petits-Pères, etc.), avant de rejoindre le Palais Brongniart.

Décidée en 1807 par Napoléon Ier et confiée à l’architecte Alexandre-Théodore Brongniart, la construction du palais de la Bourse est achevée en 1826. Les transactions sur actions et obligations s’y dérouleront jusqu’en 1987, date de leur dématérialisation.

La Classification des Marchés Financiers

Il existe plusieurs types de marchés financiers caractérisés selon différents critères : économiques, organisationnels et par nature d'engagement. Voici les éléments à retenir.

Classification économique

Dans cette catégorie, les marchés se distinguent selon les titres financiers qui y sont échangés :

  • le marché des actions pour le financement en capital des entreprises (y compris bancaires),
  • le marché des obligations (marché obligataire) pour le financement des entreprises (y compris bancaires), États et collectivités par l'endettement à long terme,
  • le marché monétaire pour le financement des banques, entreprises et collectivités par l'endettement à court terme (moins d'un an),
  • le marché des dérivés pour les couvertures de risque,
  • le marché des devises (le Forex),
  • le marché des matières premières et quotas de CO2.

Classification organisationnelle

Dans cette catégorie, on distingue les marchés qui sont organisés et les marchés de gré à gré.

Marché organisé Marché de gré à gré (« over the counter », OTC)
Définition Un marché organisé est un lieu de négociation sur lequel le processus de formation des prix et le mécanisme de diffusion et de confrontation des ordres d'achat et de vente obéissent à des règles approuvées par le régulateur de marché. Lorsque le marché est géré par un opérateur français, l’AMF en est le régulateur. Dans un marché de gré à gré, les intermédiaires financiers sont en relation directe : ils négocient et traitent eux-mêmes les termes de la transaction. Généralement, la transaction de gré à gré n'est pas prise en charge par une chambre de compensation qui garantirait la bonne fin de l’opération.
Fonctionnement Une fois la transaction effectuée, une chambre de compensation garantit la bonne fin de l'opération en veillant au respect des engagements de l’acheteur et du vendeur. Exception : pour certains dérivés OTC, le règlement European Market Infrastructure (EMIR) oblige, depuis juillet 2012, à recourir aux services d'une chambre de compensation.
Exemple Euronext Paris
Avantages
  • Le risque de défaillance d'un intermédiaire est encadré par la présence d'une chambre de compensation qui permet d'assurer la bonne exécution des transactions.
  • Pour protéger l'épargnant, la réglementation européenne oblige à négocier certains instruments sur des plateformes de négociation organisées (dont les actions).
  • D'autres dispositifs permettent de garantir le règlement-livraison efficace des transactions, comme le recours à un agent de règlement-livraison.
  • Produits standardisés (actions, obligations, instruments dérivés, etc) dont les positions peuvent être débouclées face à n'importe quelle contrepartie du marché.
  • Absence de frais liés à la bonne fin des opérations.
Souplesse : le professionnel peut ajuster le terme d'une transaction.
Inconvénients Produits standardisés (pas de "sur-mesure").
  • Obligation de déboucler une position face à la contrepartie initiale.
  • Risque de contrepartie : perte potentielle suite à la défaillance de l'une des parties à la transaction (l'acheteur ne paie pas / le vendeur ne livre pas les titres).

Classification par nature d'engagement

Enfin, on peut distinguer les marchés financiers par la nature de l'engagement pris par les parties prenantes.

  • Sur le marché au comptant : l'acheteur paye le montant convenu et le vendeur livre le titre financier sous un délai qui est généralement de deux jours après la négociation.
  • Sur les marchés à terme : l'acheteur et le vendeur s'engagent pour une transaction à une date future sur un produit, une quantité et un prix convenu.

Toutes les actions négociées sur les marchés gérés par Euronext en Europe se négocient au comptant. Toutefois, les intermédiaires peuvent proposer aux investisseurs le Service de Règlement Différé (SRD) pour certaines actions ainsi que des ETF (uniquement à l'achat). Ce service offre la possibilité de différer les opérations de règlement-livraison à la fin du mois boursier. Ces opérations ne peuvent se faire que sur des comptes-titres ordinaires et ne sont pas autorisées à l'intérieur d'un PEA. Elles ne concernent que les actions les plus liquides du marché et les ETF. La liste des valeurs éligibles au SRD est définie par Euronext Paris, et consultable sur le site internet de l'entreprise de marché.

Comment fonctionne le Marché Boursier. Qu'est-ce que la Bourse ? // POUR DÉBUTANTS

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