La Fin du Leadership Américain: Causes et Conséquences
Trente ans après la chute du Mur de Berlin, peut-on encore parler d’hyperpuissance pour qualifier les États-Unis ? Leur politique étrangère est passée du leadership à l’hégémonie, mais celle-ci a été rapidement remise en question par les puissances concurrentes dans tous les domaines (économique, militaire et culturel).
Pour répondre à cette question, il est nécessaire d’étudier la politique étrangère américaine depuis la fin de Guerre froide (1990-1991) en analysant et en présentant les choix des hommes qui se sont succédés à la tête de la Maison blanche et qui ont dû faire face aux nouveaux enjeux géostratégiques post-Guerre froide. Il faut donc déterminer la façon dont la politique américaine a évolué suite au changement fondamental qu’a connu le système international à la fin du XXe siècle, marqué par les attentats du 11 septembre 2001 et renforcé par celui de la globalisation.
I. L'Après-Guerre Froide: Un Monde Unipolaire et ses Limites
LA CHUTE du mur de Berlin le 9 novembre 1989, la fin des régimes communistes d’Europe de l’Est et la dislocation de l’URSS (8 décembre 1991) au cours des mois qui suivent prennent le monde de court, à commencer par les Américains. Ceux-ci savaient que l’économie soviétique était à bout de souffle, que le peuple russe aspirait à davantage de libertés. Ils avaient accueilli favorablement en 1985 la nomination de Mikhaïl Gorbatchev au poste de premier secrétaire du Parti communiste et avaient accepté de renouer le dialogue à sa demande.
Les premières réformes engagées par ce dernier - la politique de glasnost et la perestroïka - avaient été jugées encourageantes. Les Etats-Unis se retrouvent alors sans rival sur la scène internationale, aucun pays ne contestant leur puissance économique ou militaire ni leur modèle culturel. Trente ans plus tard, si ce leadership, qui s’est transformé en hégémonie imposée, puis en hyperpuissance façonne toujours les relations internationales, force est de constater que la place des États-Unis dans le concert des nations semble plus qu’incertaine.
Carte du monde montrant l'indice de développement humain des pays en 2022.
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En 1947, le président H. Truman avait affirmé le leadership de son pays au sein du « monde libre » [1]. Dans les semaines qui suivent l’implosion de l’Union soviétique, l’administration de George Bush Sr. s’interroge, à l’instar de tous les chefs d’État de la planète.
Rapidement, cependant, la surprise laisse la place à l’euphorie. Les États-Unis ont vaincu. En 1991, le secrétaire à la Défense américain, Dick Cheney, met en place un groupe de réflexion sur la stratégie à adopter dans les années à venir. En mars 1992, le « New York Times » se procure une première version du rapport qu’ils ont élaborée. Il y est écrit que les États-Unis doivent absolument éviter l’émergence de tout nouveau rival et qu’ils doivent donc, pour cela, empêcher tout autre nation ou alliance de devenir une superpuissance [4].
Ces révélations provoquent une violente polémique et M. Cheney est contraint de revoir sa copie. Deux mois plus tard, une nouvelle version présente une vision antagoniste. Finies les interventions unilatérales pour combattre l’hydre rouge en chaque lieu du monde où celui-ci relevait la tête. Dorénavant, même si l’armée américaine semble n’avoir aucun rival d’un point de vue technologique, les opérations qu’elle devra mener se feront sous mandat onusien et à la tête d’une coalition internationale, à l’instar de la première guerre du Golfe en 1990-1991 [6].
D’un point de vue économique, le président Bush Sr. lance une politique intégratrice reposant également sur les institutions internationales [8]. L’objectif est de favoriser l’émergence du premier hémisphère démocratique et libéral du monde [9]. L’administration américaine est alors persuadée qu’après la victoire idéologique de l’Occident, le modèle américain universaliste, démocratique et libéral ne peut qu’être adopté par tous les pays du monde, comme l’affirme Francis Fukuyama dans son ouvrage intitulé « La Fin de l’histoire » [10].
C’est le début de ce que Joseph Nye avait quant à lui conceptualisé à la fin des années 1980 sous le nom de « soft power américain » : un mécanisme de globalisation et de transformation par l’attraction culturelle et économique. On prône donc dorénavant le leadership plutôt que l’hégémonie [11].
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II. Remise en Question du Leadership Américain à la Fin du XXe Siècle
La politique de George Bush Sr. n’est pas remise en cause par l’administration démocrate de Bill Clinton. Néanmoins, le leadership américain est peu à peu remis en cause à la fin du XXe siècle. Les années 1990 sont marquées par le règlement de nombreux conflits et de situations bloquées, qui duraient depuis des années.
Parallèlement, on assiste au réveil des nationalismes et à la renaissance des intégrismes religieux en Europe, en Afrique et en Asie, des phénomènes qui représentent autant de menaces face à la volonté américaine d’imposer son ordre mondial. De plus, le leadership affiché lors de la guerre du Golfe semble fragile. La peur, qui est un moteur puissant et constant de la politique étrangère américaine, refait également surface.
Dépenses militaires mondiales en 2022.
Dès la fin des années 1980, des chercheurs avaient annoncé le déclin inéluctable de la puissance de l’Amérique comme l’historien Paul Kennedy en 1987. Les États-Unis se trouvaient sur une pente descendante et allaient connaître le même sort que toutes les grandes puissances qui les avaient précédés, s’ils ne diminuaient pas leurs dépenses et le nombre de leurs interventions à l’étranger [14].
En 2001, les États-Unis dominent largement le reste du monde. En termes économiques, ils représentent près de 22 % du PIB mondial tandis que leurs dépenses militaires équivalent au tiers des dépenses mondiales. De plus, la mondialisation a permis une très large diffusion de la culture de consommation et du modèle américain… [18] Pour autant, après un premier attentat contre World Trade Center en 1993, un autre contre l’ambassade américaine de Nairobi en 1998 et une attaque contre l’USS Cole en 2000, les terroristes d’Al Qaida parviennent à frapper l’Amérique en son cœur le 11 septembre 2001.
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Ces attentats remettent en cause à la fois l’intégrité des États-Unis et, de fait, leur superpuissance. En remettant en cause le leadership américain et, plus globalement, « l’ordre » occidental, ils provoquent également un changement de paradigme. L’administration républicaine de Bush Jr. passe du « soft power » au « hard power » en adoptant une politique étrangère interventionniste musclée. Dans un premier temps, la riposte aux attentats en Afghanistan, immédiate et fulgurante, rappelle au monde la puissance militaire des États-Unis.
Nombreux sont ceux à Washington qui pensent qu’il faut mettre fin au statu quo entretenu jusqu’alors par les États-Unis au Moyen-Orient en imposant des réformes ou en renversant les régimes autoritaires, qui nourrissent selon eux l’Islam radical [19]. Profondément influencée par les néo-conservateurs, la doctrine Bush Jr., formulée dans la « National Security Strategy » de 2002, entend maintenir un monde unipolaire dans lequel les États-Unis seraient la seule puissance.
Les concepts de dissuasion et d’endiguement sont remplacés par celui de guerre préventive et celui de multilatéralisme par celui d’unilatéralisme [20].
III. L'Hégémonie Américaine Fragile et l'Émergence de Nouvelles Puissances
À la fin des années 2000, l’hégémonie américaine paraît de plus en plus fragile. L’intervention en Irak, où 150 000 soldats ont été déployés à partir de 2003, s’est transformée en bourbier et, à partir de 2008, les États-Unis ont été durement frappés par la crise économique liée à celle des « subprimes ».
L’élection en 2008 du démocrate Barack Obama à la présidence des États-Unis marque un nouveau tournant. Sa doctrine pour la région repose sur une conception de la puissance dans la retenue (les États-Unis doivent se tenir, autant que possible, à l’écart des conflits. Elle constitue également un retour au « multilatéralisme institutionnaliste » et au « soft power ».
Aide étrangère américaine par pays en 2021.
Simultanément, il initie avec sa secrétaire d’État, Hillary Clinton, la doctrine du « pivot vers l’Asie », qui consiste à faire basculer le « centre de gravité » de la diplomatie américaine vers la région Asie-Pacifique. L’objectif est double : développer les relations économiques avec une zone qui connaît la plus forte croissance au niveau mondial tout en essayant de contenir les ambitions hégémoniques de la Chine dont la puissance militaire n’a cessé de croître.
Les États-Unis renforcent leur coopération avec leurs alliés régionaux traditionnels (Japon et Corée du Sud) et de nouveaux partenariats sont recherchés ou conclus (avec le Vietnam notamment). Lorsque le second mandat de Barack Obama s’achève (2016), le bilan en matière de politique étrangère apparaît au mieux mitigé.
De nombreux observateurs jugent durement les effets de sa stratégie de la retenue, qui a permis selon eux aux puissances émergentes de combler les vides laissés par les États-Unis et d’affirmer leur propre puissance. En novembre 2016, le républicain Donald Trump est élu sur un programme nationaliste (« America First »), mais visant en même temps à restaurer la puissance du pays (« Make America great again »), mise à mal selon lui par la politique extérieure menée par l’administration Obama.
Etats-Unis : quel leadership ? B. COURMONT
Même s’il peut paraître parfois hasardeux de trouver une cohérence dans ses choix en matière de politique extérieure, le président Trump semble avant tout vouloir prouver au monde que les États-Unis sont encore une superpuissance et peuvent imposer leurs vues au reste du monde. C’est pourquoi il a décidé de renégocier ou s’est désengagé de la plupart des traités qu’il juge désavantageux pour son pays (TPP [22], ALENA [23], FNI [24], JCPoA [25], accords de Paris sur le climat).
Parallèlement à cette contestation de l’ordre mondial post-Guerre-froide, les États-Unis doivent aussi faire face à deux nouvelles puissances, voire superpuissances, qui sont décidées et capables de remettre en cause le statut d’hyperpuissance des Etats-Unis. Ainsi la Chine par le développement de son outil militaire et le développement de sa nouvelle route de la Soie, a su combler certains « vides » laissés par les Américains pendant leur période d’hégémonie sur le Proche et Moyen-Orient et réaffirmer leur volonté de garder leur place de puissance régionale en Asie et plus globalement sur le monde.
IV. L'Érosion du Leadership Américain: Facteurs Internes et Externes
La remise en cause de l’inviolabilité du territoire américain avait déjà ébranlé les certitudes quant à la toute-puissance des Etats-Unis. Il faudra encore quelques années pour que le modèle économique soit à son tour remis en question.
Partie des Etats-Unis en 2007, la crise financière s’est propagée à l’ensemble du globe à compter, symboliquement, de l’automne 2008 et de la mise en faillite du géant américain Lehman Brothers. Au passage, elle a surtout mis en lumière nombre de dysfonctionnements du système économique américain, en particulier du capitalisme financier, qui ne pou- vait dès lors plus apparaître comme un modèle enviable et a fortiori exportable.
Dans ces conditions, la confirmation du basculement vers l’Asie du centre de gravité de l’économie mondiale ne faisait plus de doute, ce qu’a consacré l’accession de la Chine au deuxième rang des puissances économiques. Sous l’effet de ces changements, c’est un monde multipolaire qui a émergé et supplanté le monde bipolaire de l’époque de la Guerre froide, lequel voyait le conflit projeté dans ce qu’on appelait le Tiers-Monde.
Ainsi, Shanghai serait, selon certains, en passe de détrôner New York comme prochain pôle économique, financier, voire politique. Si le rattrapage économique de la Chine est spectaculaire, il mérite d’être nuancé pour permettre d’apprécier de manière raisonnable les conséquences qui peuvent en découler.
En dépit de son dynamisme économique exceptionnel, la Chine reste donc un pays en développement, avec tout ce que cela implique en termes de contraintes économiques. De même que l’expression « Consensus de Washington » a été abondamment galvaudée pour être assimilée abusivement à un prétendu modèle économique ultra-libéral, le « Consensus de Pékin » suscite bien des controverses et reste mal défini.
L’autre candidat naturel à la succession des Etats-Unis est l’Union européenne (UE). Contrairement à l’Asie, l’Union européenne n’est pas parvenue à surmonter les difficultés associées à la contagion de la crise américaine. Empêtrée depuis deux ans maintenant dans une crise de la dette qui ne cesse de s’aggraver sans que les responsables politiques et économiques parviennent à l’endiguer, l’Europe apparaît particulièrement mal en point.
Deux leçons essentielles peuvent être tirées des évolutions économiques de ces dernières années : d’une part, le passage de relais des Etats-Unis vers la Chine n’est pas pour demain, car cette dernière n’est pas encore prête ; d’autre part, pour pouvoir jouer un rôle sur l’échiquier économique mondial, mais surtout au sein des instances de gouvernance économique globale et ainsi peser sur les grandes orientations ou les grandes options de l’économie mondiale, l’Union européenne a encore du chemin à parcourir et devra avant tout redéfinir son projet.
Le leadership américain, tel qu’il s’est construit progressivement après la fin de la Seconde Guerre mondiale, puis la fin de la fin de la Guerre froide, reposait sur quatre éléments. L’attraction exercée par les États-Unis sur le reste du monde était faite d’un mélange de hard power et de soft power qui reposait sur trois composantes.
Or, cet « exceptionnalisme américain » a été mis à mal depuis le tournant des années 2000. Les attentats du 11 septembre 2001, par leur incroyable brutalité, ont forcé Georges W. Bush à réagir et cette réaction a entraîné une plus grande concentration des pouvoirs au profit du président, déréglant le jeu subtil des équilibres et des contrepoids.
Mais c’est surtout Donald Trump qui, dès le jour de son investiture, a déclaré que la politique des États-Unis consisterait dorénavant à prendre soin uniquement des intérêts américains. Il a ainsi accordé davantage d’égards aux dictateurs et aux pseudo-hommes forts, qu’à ses homologues occidentaux.
V. Le Multilatéralisme en Crise et l'Ascension de la Chine
Le multilatéralisme a été pensé et mis en place par les États-Unis dès le lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Son objectif était de stabiliser les relations internationales en tissant une toile d’interdépendances entre les États qui le composent. La première vraie rupture avec le multilatéralisme date de l’invasion de l’Iraq par les États-Unis en 2003, sans mandat de l’ONU, à l’initiative du président Georges W. Bush.
Donald Trump n’aura donc eu aucun mal à enfoncer les derniers clous dans le cercueil du multilatéralisme. Il a réussi à bloquer le fonctionnement de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en empêchant, depuis mars 2017, le renouvellement des juges au sein de l’Organe de Règlement des Différends qui joue un rôle central dans l’action de l’institution.
Or, du point de vue qui nous occupe, les deux tendances se conjuguent. Non seulement les États-Unis ont délibérément sapé les fondements de leur leadership, mais la Chine s’est elle-même considérablement développée sous l’effet de son propre dynamisme.
Dans le domaine de l’éducation, si les universités américaines font toujours la course en tête, les universités chinoises, telles l’Université de Pékin (Beida), de Tsinghua, de Fudan ou de Hong Kong progressent chaque année dans le classement mondial. Mêmes si cette organisation n’a guère eu plus de succès que son homologue occidental, elle a mis en évidence la capacité des puissances émergentes à s’organiser.
De même en 2013, alors que les États-Unis refusaient depuis des années une nouvelle répartition des droits de vote à la Banque mondiale, Pékin a créé une institution rivale : la Banque asiatique d’Investissement dans les Infrastructures (AIIB) qui a réussi à rassembler cinquante-sept participants, dont le Royaume-Uni, en dépit d’un intense lobbying de Washington pour dissuader les États de rejoindre cette organisation.
Mais l’initiative la plus remarquée est évidemment celle lancée par Xi Jinping en septembre 2013 de nouvelles routes de la soie ou OBOR (‘one belt, one road’) désormais rebaptisée BRI (Belt and Road Initiative). À tel point que lors du sommet de Davos de 2017, Xi Jinping n’a pas hésité à se présenter en défenseur du libre-échange !
La Chine s’efforce, non sans mal, et non sans échec, de construire un réseau de clients redevables qu’elle peut influencer. À la question initiale - va-t-on vers la fin du leadership américain - la réponse est donc sans hésitation oui.
VI. Défis Actuels et Futurs pour les États-Unis
La stratégie du Pentagone est de garder le plus longtemps possible une supériorité militaire et technologique, mais au prix d’une course aux armements et d’une dérive des dépenses militaires. Face aux nouvelles menaces russe et chinoise et à la brutalité de Trump, la position des alliés européens, au sein de l’OTAN, reste paradoxale : plus l’Amérique inquiète, plus les Européens se gardent d’aller trop loin en matière de défense, de peur de provoquer ce qu’il faut éviter : le départ des États-Unis.
En Europe, leur soutien à l’Ukraine dans la guerre contre la Russie a été déterminant, révélant l’importance du rôle des États-Unis dans la gestion des conflits internationaux, mais les conséquences économiques et diplomatiques commencent à avoir un impact, suscitant des questions sur la durabilité de cet engagement.
En parallèle, les tensions avec la Chine continuent de croître, en particulier autour de la question de Taïwan qui dispose du soutien de Washington, et des ambitions chinoises dans la région indopacifique. Face à ces trois défis majeurs les États-Unis doivent ajuster leur posture stratégique.
La rivalité avec la Chine est aujourd’hui au cœur des tracas géopolitiques mondiaux, et s’étend bien au-delà du domaine militaire. Sur le plan économique, la compétition pour la domination technologique, notamment dans les secteurs de l’intelligence artificielle et des semi-conducteurs, devient un champ de bataille central.
Face à la montée en puissance de la Chine, la réponse des États-Unis oscille entre deux stratégies : l’endiguement et l’engagement. Sous Joe Biden, l’approche privilégie le multilatéralisme et la modernisation technologique, tandis que les républicains, emmenés par Donald Trump, plaident pour une confrontation plus directe et protectionniste.
Les relations transatlantiques, essentielles à l’OTAN, ont souffert sous l’administration Trump : en cause, les désaccords sur les dépenses militaires et les politiques commerciales. Alors que la Chine et la Russie cherchent à renforcer leur influence, les États-Unis tentent de maintenir leur leadership en naviguant entre la préservation des alliances traditionnelles et l’adaptation aux nouvelles réalités géopolitiques.
Les États-Unis se trouvent donc à un moment décisif de leur histoire. À la croisée des chemins entre une réaffirmation stratégique de leur leadership et un repli plus nationaliste, les choix politiques des électeurs en 2024 détermineront la place du pays dans un ordre mondial en pleine mutation.
| Indicateur | États-Unis | Chine |
|---|---|---|
| PIB (PPA) | 21 665 milliards $ (2021) | 30 956 milliards $ (2021) |
| Dépenses militaires | Leader mondial | En forte croissance |
| Influence culturelle | Forte (mais en déclin) | Croissante |
| Multilatéralisme | En retrait (sous Trump) | Opportuniste |
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