Rôle et importance des abeilles pour l'environnement
Apparues il y a 65 millions d’années, les abeilles ont progressivement tenu un rôle indispensable dans l’équilibre des écosystèmes, notamment dans la reproduction végétale via la pollinisation des fleurs. Les abeilles jouent un rôle essentiel dans notre écosystème, du fait de leur mission principale qu’est la pollinisation. Cette action permet aux plantes de se reproduire.
Pollinisation : fondement de la sécurité alimentaire et de la biodiversité
Lorsque les animaux et les insectes collectent et répandent le pollen des fleurs, ils permettent aux plantes, y compris de nombreuses cultures vivrières, de se reproduire. Les abeilles ont la réputation de travailler fort puisqu’elles pollinisent des milliards de plantes chaque année, incluant des millions de cultures agricoles. En fait, les pollinisateurs comme les abeilles jouent un rôle clé dans la production d’un tiers de la nourriture que nous mangeons.
Les abeilles sont parmi les pollinisateurs les plus efficaces, travaillant sans relâche pour transférer le pollen de fleur en fleur. Pour germer, ces plantes ont besoin que le pollen soit transféré de la partie mâle de la fleur (anthère) à la partie femelle (stigmate). Chaque année, en butinant des milliards de fleurs, l’une après l’autre, à la recherche du fameux nectar, les abeilles transfèrent le pollen de l’anthère (partie mâle de la fleur) au stigmate (sa partie femelle).
Les pollinisateurs contribuent directement à la sécurité alimentaire. Près des trois quarts des plantes qui produisent 90% de la nourriture mondiale ont besoin de cette aide extérieure. En effet, nous obtenons le tiers de notre nourriture en végétaux (céréales, fruits et légumes), grâce à l’énorme travail de pollinisation réalisé par des insectes, comme nos amies les abeilles.
Les cultures pollinisées par les abeilles produisent des fruits et légumes plus gros et de meilleure qualité. C’est ainsi que nous avons encore le loisir et le plaisir de consommer des plantes telles que les pommes, les asperges, les canneberges, les melons, le brocoli, etc. Il n’y a pas que les fruits et légumes cultivés qui ont besoin des pollinisateurs pour bien se développer. Plusieurs espèces de plantes sauvages en dépendent aussi.
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Services écosystémiques complémentaires et produits de la ruche
Les abeilles produisent du miel pour nourrir leur colonie lors des mois d’hiver. Nous récoltons le miel depuis des milliers d’années, mais nous ne sommes pas les seuls à aimer son bon goût sucré. L’abeille est le seul insecte dont l’homme consomme la production : pollen, propolis, gelée royale… et surtout le miel ! Les abeilles sont célèbres pour leur rôle qu'elles jouent dans la fourniture d'aliments de haute qualité : miel, gelée royale et pollen, ainsi que d'autres produits tels que la cire d'abeille, la propolis et le venin d'abeilles mellifères.
Les abeilles nourrissent aussi les animaux : en pollinisant les plantes sauvages, elles leur permettent non seulement de croître et de s’épanouir, mais aussi de produire des fruits, des semences, des noix, etc. qui seront dégustés par différentes sortes d’animaux sauvages herbivores. Sans elles, nos jardins et nos assiettes seraient vides. Les abeilles jouent un rôle crucial dans le développement de la chaîne alimentaire des hommes et des animaux.
Outre les insectes qui côtoient les abeilles dans leurs ruches, en pollinisant les arbres, les fleurs et autres plantes, les abeilles offrent un refuge et un abri à grand nombre d’animaux, tels que les oiseaux, les écureuils et autres insectes. Leur rôle de pollinisateurs est vital pour le développement des forêts tropicales, des savanes boisées et des forêts de feuillus tempérées.
Société de la ruche : organisation et fonctions
Les abeilles domestiques forment une petite société très organisée au sein d’une ruche. La reine : seule femelle féconde de la ruche, elle est plus grande que ses congénères (150 à 200 mm) et vit également plus longtemps. Les ouvrières : leur rôle est de nourrir les larves en sécrétant la gelée royale et de transformer le nectar en miel. En effet, lorsqu’une abeille butine, elle se frotte aux étamines et se recouvre de pollen.
Les abeilles font également partie de la biodiversité dont nous dépendons tous pour notre survie. Les abeilles elles-mêmes font partie de la chaîne alimentaire. Au moins 24 espèces d’oiseaux, incluant les merles, les colibris à gorge rubis et les étourneaux, chassent les abeilles. Sans oublier enfin que l’abeille est le mets favori de plusieurs oiseaux, dont les étourneaux, les colibris, les merles, des araignées, les libellules, etc.
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Menaces multiples pesant sur les abeilles
Malgré son rôle ô combien essentiel pour la nature et pour l’homme, et après avoir traversé deux ères géologiques, voilà nos ouvrières menacées par le comportement et l’activité humaine. Les abeilles et autres pollinisateurs, tels que les papillons, les chauves-souris et les colibris, sont de plus en plus menacés par les activités humaines. Le taux de mortalité des abeilles inquiète de plus en plus les apiculteurs, les scientifiques et même les particuliers, pas uniquement en France, mais un peu partout dans le monde.
Pesticides et insecticides
Autre menace liée cette fois-ci à l’Homme, il s’agit des pesticides et insecticides. En effet c’est en 1995 que l'on trouve l’apparition des insecticides en Europe. Depuis ce jour, plus de 300 000 ruches meurent chaque année, ce qui divise par deux la production de miel, et ce qui peut donc expliquer son coût qui augmente de plus en plus. La France est le premier pays producteur de miel de l’Union Européenne mais se place en troisième position pour ce qui est de l'utilisation des pesticides. Cela a un effet alarmant sur la mortalité des abeilles.
Il n’est pas sans importance de rappeler que les abeilles sont très importantes dans notre écosystème et que 75% de la production de nourriture dépend entièrement des animaux pollinisateurs, et donc en grande partie les abeilles. De plus, il faut savoir qu’il existe désormais un “cocktail chimique”, c’est à dire un mélange puissant de différents pesticides. Par exemple, une abeille peut être touchée par 7 pesticides différents dans un même pollen.
C’est le cas des Néonicotinoïdes, une famille de pesticides 100 fois plus puissants et donc meurtriers que d’autres. Pourtant, ce sont eux que l'on retrouve le plus couramment. Selon Greenpeace, 80 000 abeilles peuvent être tuées d’un coup avec un seul grain de maïs enduit de ces pesticides. Enfin, il existe aujourd’hui des lois et des labels, comme le label Bee Friendly par exemple, qui permet aux grandes distributions de sélectionner des produits respectant ce label.
Parasites et prédateurs
Proche du frelon, le varoa destructor est un parasite qui touche les abeilles en leur provoquant des maladies. En effet, cet acarien se présente sous la forme de pou, ce dernier se fixe sur la larve d’abeille ou bien sur l’abeille adulte pour se nourrir de son sang. Cette maladie entraîne la mort subite des abeilles en seulement quelques semaines. L’acarien reproduit la même enveloppe externe que l’abeille afin de se confondre avec elle pour les tromper.
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Une de ses plus grandes menaces est le frelon asiatique. Apparu pour la première fois en France en 2005, le frelon asiatique (aussi connu sous le nom de frelon velutina) est la plus grande menace d’origine animale pour les abeilles. Le frelon velutina est une espèce très agressive et virulente qui n’hésite pas à attaquer les humains, comme les animaux. Pour s’en prendre aux abeilles, il reste en vol stationnaire devant une ruche, attendant qu’une abeille butineuse en sorte pour l’attaquer et, soit la dévorer, soit s’en servir pour nourrir ses larves.
Il peut également entrer directement dans la ruche s’il a grand besoin de nourriture, alors le frelon cause des dégâts irréparables afin de repartir, repu. Malheureusement, les abeilles n’ont que peu de mécanismes de défense face à ces prédateurs redoutables, leurs piqûres ne font que ralentir les frelons sans pour autant les affecter. Elles possèdent néanmoins une solution qui requiert beaucoup d’énergie et d’individus pour stopper cet ennemi : les abeilles étouffent le frelon en formant une “boule d’abeille” autour de ce dernier, puis elles se mettent à vibrer grâce à leurs ailes et à leur abdomen afin d’augmenter la température à l’intérieur de cette boule.
Le frelon ne peut supporter une telle température, il est littéralement cuit. Cependant, cette technique est efficace uniquement lorsque la ruche affronte quelques individus. Face à plusieurs dizaines de frelons, elle ne peut généralement rien faire et se retrouve presque toujours vaincue. À ce jour, il n’existe aucune solution complètement fiable pour éradiquer ce nuisible sans affecter d’autres espèces innocentes, car les pièges et les pesticides pourraient risquer de toucher les abeilles, bourdons ou autres espèces pollinisatrices.
Changements climatiques et perturbations olfactives
Les changements climatiques font en sorte que certaines fleurs fleurissent plus tôt ou plus tard qu’à l’habitude, donc les sources de nourriture des abeilles sont moindres au début de la saison. Les changements climatiques affectent la production de ressources florales dans un premier temps et ainsi la récolte des abeilles dans un second temps. Si la floraison des plantes est moins fructueuse, la récolte des abeilles ne pourra qu'en pâtir.
Les abeilles, comme grand nombre de pollinisateurs, se repèrent par le biais de signaux visuels et olfactifs dans le but par exemple de mémoriser un parfum pour l’associer à une plante. La mémoire olfactive de l’abeille lui permet de savoir juste grâce au parfum si une fleur contient un nectar riche ou pauvre en sucre ou même si la fleur ne contient pas de nectar du tout. Le changement climatique sur Terre provoque un changement d’odeurs florales sur certaines plantes à cause notamment de la sécheresse ou d’une forte hausse de température.
Ce changement d’odeur florales (en général il s’agit d’une augmentation de molécules ce qui fait que l’odeur s’amplifie) est due à un stress ressenti chez les plantes à causes du changement climatique. Cela entraîne une perte de repère chez les abeilles qui n’arrivent plus à correctement assimiler une odeur à une plante. A terme, cela peut entraîner des carences en pollen, réduire voire cesser sa ponte.
Perte et dégradation des habitats et événements météorologiques extrêmes
Les abeilles sont aussi victimes de la perte et de la dégradation de leur habitat en raison du développement urbain, de l’abandon de fermes apicoles et du manque d’espèces de fleurs appropriées. Il faut plus que de la terre, de l’eau et du soleil pour faire verdir la planète.
Concernant leur ruche, les abeilles sont à la merci de la météo. En effet en cas de fortes pluies, leurs ruches peuvent facilement être inondées et détruites à cause d'inondations. De plus, si un incendie se déclare à proximité de la ruche, les abeilles n’ont aucun moyen de se protéger face aux flammes, la ruche sera alors carbonisée si elle est touchée. Lors des périodes de très fortes canicules, il est possible que la cire fonde engluant ainsi la reine des abeilles et sa colonie.
Pollution atmosphérique et ondes électromagnétiques (menace potentielle)
On pense également que la pollution atmosphérique menace les abeilles. Des recherches préliminaires ont montré que les polluants atmosphériques interagissent avec les molécules odorantes émises par les plantes dont les abeilles ont besoin pour localiser leurs aliments. En parallèle à ces quatre menaces déjà prouvées, une cinquième menace pour les abeilles pourrait exister, mais les études sur le sujet manquent encore pour en être tout à fait sûr. Il s'agit des ondes électromagnétiques.
Daniel Favre (collaborateur scientifique au sein du Laboratoire de Biotechnologie Cellulaire de l’Institut Fédéral Suisse de Lausanne) a publié un article scientifique entre Juin 2009 et Avril 2010 après avoir effectué une expérience sur une ruche d’abeilles. Ce dernier a disposé deux téléphones portables, communicants ensembles toutes les cinq minutes à proximité d’une ruche et a enregistré le son qui émanait à l’intérieur de la ruche lorsque les ondes étaient émises.
Les audiogrammes ont montré que les abeilles réagissaient fortement à ces ondes (elles devenaient nerveuses et s’agitaient) de par le chant des abeilles ouvrières (signal d’une ruche perturbée ou du début du processus d’essaimage) qui émanait de la ruche. Cependant, la théorie selon laquelle les ondes électromagnétiques seraient fatales aux abeilles reste controversée. D’autres études ont plus tard été développées sur la pollution électromagnétique vis-à-vis des insectes et montrent que les ondes leur nuisent.
Actions, initiatives et solutions locales
Renforcer la diversité des cultures et des exploitations régionales, ainsi que la conservation, la gestion ou la restauration d'habitats ciblés, sont des moyens de lutter contre les changements climatiques et promouvoir la biodiversité, affirme Marieta Sakalian, spécialiste de la biodiversité au PNUE. La bonne nouvelle, c’est qu’il existe des façons d’aider les populations d’abeilles à rebondir.
Il existe aujourd’hui des lois et des labels, comme le label Bee Friendly par exemple, qui permet aux grandes distributions de sélectionner des produits respectant ce label. Depuis 2013, il existe notamment un guide, mais qui n’a encore aucune valeur légale, faute d’accord de la part de l’UE pour le reconnaître officiellement. Ce guide permettrait un “test” des nombreux pesticides et de certifier leurs dégâts sur les animaux.
Consciente de l’importance cruciale des abeilles, Edona a décidé d’installer des ruches dans ses ateliers depuis trois ans. L’installation de ruches dans les ateliers d’Edona est plus qu’un simple geste symbolique. Elle permet de contribuer directement à la conservation des populations d’abeilles locales.
Les ruches sont gérées avec soin par des apiculteurs expérimentés, assurant que les abeilles restent en bonne santé et productives. Chaque année, Edona organise des ateliers éducatifs autour de ses ruches. Ces ateliers sont ouverts aux employés et à leurs familles, offrant une opportunité unique de découvrir le monde fascinant des abeilles. Les participants apprennent sur le cycle de vie des abeilles, leur rôle dans la pollinisation, et les défis auxquels elles sont confrontées.
"On fait des ateliers avec les équipes d’Edona où c’est vraiment de la transmission avec de la sensibilisation des équipes. Il y a beaucoup de curiosité dans les équipes d’Edona qui sont vraiment sensibles et qui veulent bien faire avec leurs abeilles", explique François Holdinet, apiculteur chez Ruchappy depuis sept ans. François souligne l’importance des abeilles comme pollinisatrices principales. "Alors on a un déclin des abeilles vraiment très important avec des pertes qui vont entre 30 et 50% tous les ans. Les abeilles sont confrontées à de nombreux défis, notamment les pesticides, les maladies et le changement climatique."
Comment chacun peut aider
- Favoriser la diversité des plantes et des fleurs locales dans les jardins et espaces verts pour offrir des sources de nourriture variées et continues.
- Éviter l’utilisation de pesticides ou choisir des produits certifiés respectueux des pollinisateurs (labels tels que Bee Friendly).
- Soutenir et participer à des ateliers éducatifs, programmes de conservation et initiatives locales d’installation de ruches gérées durablement.
- Promouvoir la restauration et la conservation des habitats et des corridors floraux pour les pollinisateurs.
Tableau récapitulatif : menaces et solutions
| Menace | Effets | Solutions proposées |
|---|---|---|
| Pesticides (néonicotinoïdes, cocktail chimique) | Mortalité des ruches, baisse de production de miel, affaiblissement des colonies | Restrictions, labels (Bee Friendly), alternatives non toxiques |
| Parasites (Varroa destructor) | Maladies, mort rapide des abeilles | Surveillance sanitaire, traitements ciblés, bonnes pratiques apicoles |
| Prédateurs (frelon asiatique) | Attaques des colonies, destruction des ruches | Recherche de solutions non-délétères, piégeage ciblé, surveillance |
| Changement climatique | Décalage de floraison, altération des signaux olfactifs, stress des plantes | Diversification des cultures, restauration d'habitats, corridors floraux |
| Pollution atmosphérique et ondes | Perturbation de la localisation des fleurs, effets potentiels sur comportement | Réduction des émissions, recherches supplémentaires, prudence technologique |
🐝 Vidéo éducative : Le Monde Merveilleux des Abeilles
Tout a commencé avec mon grand-père, Paul, à Cheval-Blanc. Mon père, Alain, a repris le flambeau en 1976 avant d'ouvrir le magasin « Luberon Apiculture » en 1998 pour partager notre expertise et le meilleur matériel. Pour ma part, j'ai rejoint l'entreprise familiale en 2000. Fort de cet héritage et de mon expérience quotidienne au rucher, j'ai co-fondé Apiculture.net. Sur ce blog, je partage avec vous ce savoir-faire familial de plus de 80 ans, que vous soyez débutant ou professionnel.
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