Maintenance informatique pour professions libérales (BNC) — guide complet pour auto‑entrepreneurs
Auto-entreprise et informatique ne sont pas du tout incompatibles. Au contraire, ce régime offre une liberté de gestion, un allégement social et fiscal. Passionné d’informatique, vous voulez utiliser votre expertise pour monter votre auto-entreprise ? Le dépannage informatique est un métier totalement compatible avec le statut simplifié d’auto-entrepreneur. Grâce à sa flexibilité et son expertise, un auto-entrepreneur informaticien intervient divers appareils tels que des ordinateurs, imprimantes, ou encore scanners.
Quelles missions pour la maintenance informatique en BNC ?
Un auto-entrepreneur en informatique désigne un prestataire qui peut proposer les services suivants : le dépannage informatique, l’assistance, la réparation et le remplacement de matériel ou d’outils informatiques ; la formation et le conseil pour expliquer le fonctionnement des matériels et des logiciels professionnels ou non professionnels, dans le cadre des services à la personne ; la vente de matériel informatique, tels que des processeurs ou des écrans ; des activités de support technique comme l’installation de logiciels et les mises à jour.
Grâce à sa flexibilité et son expertise, un auto-entrepreneur informaticien intervient divers appareils tels que des ordinateurs, imprimantes, ou encore scanners. Il peut être amené à : réparer des pannes, d’origine logicielle ou mécanique ; réparer un ordinateur contaminé par un virus ; installer des logiciels ou connecter des périphériques ; mettre en place une connexion internet ; changer des pièces, nettoyer les composants, etc. Que ce soit au domicile des particuliers ou auprès de professionnels, l'auto-entrepreneur en informatique doit dans tous les cas trouver une solution adaptée aux besoins de ses clients et prolonger la vie de leurs biens informatiques.
Maintenance pour professions libérales : BNC ou BIC ?
Il est essentiel de connaître la différence entre le micro-BIC (Bénéfices Industriels et Commerciaux) et le micro-BNC (Bénéfices Non Commerciaux) pour faire les meilleurs choix pour votre auto-entreprise. Les BNC sont les Bénéfices Non Commerciaux réalisés par une personne exerçant une activité de prestation de service libérale (une activité intellectuelle sur-mesure). Les BIC concernent les personnes qui exercent une activité commerciale, industrielle ou artisanale.
Pour déterminer si votre prestation de service relève du BIC ou BNC, regardez la nature de votre activité : si c’est une activité commerciale ou artisanale (maintenance informatique, création de sites web commerciaux), vous êtes en BIC. Si c’est une activité libérale intellectuelle (conseil, coaching, formation sur-mesure), vous êtes en BNC. Le développeur web freelance relève généralement du régime BNC s’il réalise du développement sur-mesure. En revanche, s’il vend des templates, plugins ou formations standardisées, cette activité relèverait du BIC.
Lire aussi: Solutions Informatiques pour PME
Cas pratiques et cumul d’activités
Oui, vous pouvez avoir une activité mixte BIC et BNC sous le même numéro SIRET. Par exemple, du conseil (BNC) + vente de formations (BIC). Attention aux plafonds : si votre activité principale est BNC, le CA total ne doit pas dépasser 83 600 €. Vous pouvez exercer plusieurs activités distinctes sous un même numéro SIRET. Vous devrez simplement déclarer votre chiffre d'affaires dans les cases correspondantes (BIC et BNC) sur vos déclarations de revenus.
Régimes fiscaux, plafonds et cotisations
Le régime micro-entreprise est accessible sous conditions. Au régime micro-entreprise, l’entreprise ne supporte aucune imposition fiscale sur les bénéfices réalisés au niveau de la société : les bénéfices imposables sont calculés forfaitairement, par l’application d’un abattement sur le montant total des recettes. Vous avez le choix entre deux options fiscales pour votre auto-entreprise : l’imposition classique ou le versement libératoire de l’impôt sur le revenu.
| Type d’activité | Plafond CA (2026) | Taux cotisations (micro) |
|---|---|---|
| Prestations de services (BNC/BIC) | 83 600 € | ≈ 21,1-21,2 % |
| Vente de matériel (BIC) | 203 100 € | 12,3 % |
La vente de matériel informatique et d’accessoires est soumise à un taux de 12,3 % de chiffre d’affaires annuel. Pour les prestations de services de nature artisanale ou commerciale, le taux atteint 21,2 % de vos recettes. Le taux de cotisations sociales pour les activités libérales relevant des bénéfices non commerciaux est également déclaré autour de 21,1 %.
Pour la micro-entreprise, l’administration applique un abattement forfaitaire différent selon BIC (50 %) ou BNC (34 %) pour l’impôt sur le revenu. Le micro-entrepreneur peut opter pour le versement libératoire : taux de prélèvement fiscal s’élève à 1,7 % pour vos prestations de services artisanales de réparation et à d’autres taux selon l’activité.
TVA, facturation et obligations
Au lancement de sa micro-entreprise, l’auto-entrepreneur informatique bénéficie d’une dispense de facturation de la TVA grâce au mécanisme de la franchise en base de TVA. La limite de base de la franchise s’élève à 37 500 € de chiffre d’affaires annuel. Si vous franchissez le seuil majoré de 41 250 € au cours de l’année civile, vous perdez immédiatement le bénéfice de cette franchise. Dès que vous franchissez le seuil majoré, vos factures doivent obligatoirement faire apparaître le taux de TVA applicable de 20 %.
Lire aussi: L'Importance de la Maintenance Informatique
Dès que l’informaticien indépendant effectuera une prestation de services, il devra émettre une facture (si le montant excède 25 € TTC) en double exemplaire. Le micro-entrepreneur devra détenir un compte bancaire réservé aux transactions financières liées à son activité. Il peut s’agir d’un simple compte courant.
Démarches de création et formalités
Pour bénéficier de ce statut, l’auto-entrepreneur en informatique devra définir les contours de son activité et se lancer dans les démarches de création d’entreprise. Créez votre auto-entreprise : même si les démarches sont simplifiées pour les auto-entrepreneurs, faites bien le point sur les formalités obligatoires. C'est à ce moment que vous devrez décider de cumuler ou non deux types d'activité (artisanale et/ou libérale ou commerciale).
Les démarches d’immatriculation se déroulent désormais de manière dématérialisée. Depuis 2023, le guichet unique électronique géré par l’INPI remplace toutes les anciennes procédures papier. Pour débuter vos formalités, connectez-vous sur procedures.inpi.fr et authentifiez-vous via FranceConnect. Vous devrez renseigner votre état civil, la date de début d’activité, décrire la nature de vos interventions et déposer vos pièces justificatives au format numérique. Pour finaliser la démarche, vous signez électroniquement votre déclaration ; votre dossier est transmis automatiquement aux organismes compétents pour immatriculation.
Cas particulier : activité artisanale de réparation
1 - La réparation informatique : vous changez les composants défectueux, réparez les scanners, imprimantes, démontez puis remontez le matériel. Cette activité est considérée comme artisanale et nécessite donc une inscription auprès de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat. Si votre activité est principalement artisanale, le Stage de Préparation à l’Installation (SPI) a été rendu facultatif le 24 mai 2019.
Protection des données et conformité RGPD
Ainsi, depuis le 25 mai 2018, le nouveau règlement européen intitulé Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD) est entré en vigueur. En ce sens, tout entrepreneur doit être vigilant. Il devra assurer une protection optimale des données collectées et traitées par ses soins dans le cadre de son activité et la preuve de cette protection par le biais d’un registre des activités de traitement.
Lire aussi: Conseils auto-entrepreneur informatique
Assurances et risques
Pour un auto-entrepreneur informatique, une simple erreur de manipulation ou une panne technique déclenchée chez un client peut rapidement engendrer des conséquences financières dramatiques. La souscription d’une assurance Responsabilité Civile Professionnelle n’est pas obligatoire pour l’auto-entrepreneur informatique, mais elle demeure fortement conseillée. Cette assurance vous protège si vous endommagez accidentellement le serveur d’un client lors d’un dépannage par exemple.
Si vous utilisez régulièrement votre véhicule pour vous rendre au domicile de vos clients particuliers ou professionnels, vous devez déclarer cet usage à votre assureur. Une assurance automobile classique ne couvre pas les accidents survenus durant vos trajets professionnels réguliers.
Tarifs et positionnement commercial
La définition de vos tarifs de vente conditionne directement la réussite de votre projet de micro-entreprise. Pour un auto-entrepreneur en informatique, le tarif moyen constaté oscille entre 30 € et 50 € de l’heure pour les tâches courantes. En général, le tarif horaire se situe entre 15 € et 80 € HT selon les activités et le niveau d’expertise. Selon le domaine d’activité, la zone géographique d’intervention et la prestation délivrée, les tarifs varient. Ainsi, par prestation effectuée, il faut environ compter entre 25 et 50 €. Cela peut chiffrer bien plus haut pour un développeur. Le consultant informatique auto-entrepreneur fixe généralement son tarif journalier en fonction de son niveau d’expertise et de sa spécialisation technique.
Clientèle, services à la personne et avantages fiscaux
Le dépannage informatique, qu’il s’agisse de conseil ou de réparation, fait partie des activités de Service à la Personne. Le recours à ce type de professionnels est encouragé par le gouvernement. En effet, les clients sollicitant un entrepreneur individuel SAP peuvent bénéficier de crédits d’impôts allant jusqu’à 50 % de la somme payée. Pour permettre à vos clients de bénéficier de ces avantages fiscaux, il vous suffira de faire une demande d’agrément simple.
Attention toutefois : si vous décidez d’entamer cette démarche, vous devrez alors exercer exclusivement pour des particuliers et vous ne pourrez plus exercer d’activité commerciale. Cette formalité est facultative pour le dépannage informatique. La condition d’activité exclusive (CAE) sera assouplie à compter du 1er janvier 2025 : les prestataires SAP seront autorisés à exercer une activité secondaire, à condition de réaliser un CA d’activités accessoires ≤ 30 % du CA total de l’année civile précédente.
Compétences, formation et qualités requises
Il n'y a aucune obligation de diplôme pour créer votre auto-entreprise de dépannage. Toutefois, ce secteur d’activité invite à détenir une certaine technicité. Des compétences reconnues par le biais d’une formation ou d’un diplôme sont valorisées. La majorité des prestataires informatiques indépendants détiennent un diplôme en informatique ou en électronique suite à un baccalauréat professionnel ou un DUT/BTS. Les diplômes comme le Bac pro Systèmes numériques, le BTS Services informatiques aux organisations ou encore le BUT Informatique constituent des bases techniques solides.
Une bonne dose d’organisation sera également nécessaire. Les clients qui font appel à un dépanneur n’envisagent pas d’être privés de leur appareil bien longtemps. Vous devrez être apte à faire preuve de réactivité pour engager des réparations le plus rapidement possible. Vous devrez également faire preuve d’écoute et de patience, vulgariser des notions techniques, et démontrer minutie et précision lors du montage ou démontage du matériel.
Pour développer ses compétences, suivre une formation n’est jamais du temps perdu. Si vous êtes curieux, patient, et capable de rechercher sans cesse de nouvelles techniques, vous pourrez réussir à exceller dans votre métier tout en vous formant seul. Internet est une mine d’informations ; n'hésitez pas à passer du temps à faire des recherches et à vous entraîner. Mais attention : ne vous engagez jamais sur une mission pour laquelle vous n'avez pas toutes les compétences nécessaires.
[TUTO] Comment créer sa micro-entreprise ? (INPI 2026) - Guide Complet
Se faire connaître et développer son activité
Votre auto-entreprise officiellement créée, il ne vous reste plus qu’à construire votre clientèle. Misez tout d’abord sur la communication locale pour faire connaître votre activité ! Prévoyez donc un budget pour créer des cartes de visite à remettre à vos clients pour qu’ils fassent fonctionner le bouche-à-oreille. Vu votre domaine d’expertise, ils attendront également de vous une présence en ligne. N’hésitez pas à développer un site vitrine, indiquant le détail de vos prestations et vos compétences.
Si vous le souhaitez, le micro-entrepreneur en informatique peut faire évoluer son activité et faire appel à une société de portage. Dès lors, la qualité de salarié lui sera attribuée et il sera déchargé de toutes les démarches administratives, comptables et financières en lien avec ses prestations. Sa seule mission sera de démarcher des clients et signer des contrats. La société de portage reverse mensuellement un salaire au prestataire, qui bénéficiera des avantages du salariat (régime général de la sécurité sociale, assurance chômage…).
Aides à la création et accompagnement
Les nouveaux créateurs de projets peuvent demander des aides financières pour consolider le démarrage. L’ACRE offre une exonération partielle de cotisations durant les trois premiers trimestres d’activité. Il existe d’autres aides : maintien des allocations France Travail sous conditions, ARCE, etc. Pour éviter des erreurs coûteuses (mauvaise déclaration d’activité, options mal choisies), il est recommandé de se faire accompagner par un spécialiste de la création d’auto-entreprise ou un expert-comptable.
Expert-comptable inscrit à l’Ordre Xavier est spécialisé dans l’accompagnement des petites entreprises et a accompagné plus de 3000 entrepreneurs dans la création et gestion de leur entreprise.
balises:
