Ministère des Finances et du Budget de la République Centrafricaine : Structure, Défis et Perspectives
Le Ministère des Finances et du Budget de la République Centrafricaine (RCA) joue un rôle central dans la gestion économique et financière du pays. Son organisation et ses fonctions sont essentielles pour comprendre les enjeux et les défis auxquels la RCA est confrontée.
Cet article vise à explorer en détail l'organigramme du Ministère des Finances et du Budget, ainsi que les initiatives et les programmes mis en œuvre pour renforcer la gouvernance financière et promouvoir le développement économique de la RCA.
TBSI – Améliorer le processus budgétaire et comptable en Centrafrique
Contexte Politique et Sécuritaire
Depuis plusieurs années, la République Centrafricaine a été confrontée à une instabilité politique et sécuritaire persistante. Le 24 mars 2013, la coalition rebelle Séléka s’empare du pouvoir détenu par François Bozizé depuis 2003. Dans l’incapacité d’enrayer la violence entre ses éléments armés et le mouvement anti-balaka, qui a émergé en réaction à l’avancée de la Séléka, son leader, Michel Djotodia, occupe la Présidence jusqu’à sa démission le 10 janvier 2014. Catherine Samba-Panza, maire de Bangui, est élue chef de l’Etat de la transition par le Conseil national de la transition, avec pour tâche essentielle d’organiser des élections libres et transparentes, qui se déroulent entre décembre 2015 et mars 2016. Elles aboutissent à l’adoption d’une nouvelle Constitution, avec un régime semi-présidentiel et une décentralisation renforcée, et à l’élection le 14 février 2016 du Président Faustin Archange Touadéra.
Le 6 février 2019, dans le cadre de l’Initiative de paix portée par l’Union africaine (UA) et les pays de la région, un accord de paix est signé à Bangui entre le gouvernement centrafricain et 14 des groupes armés présents sur le territoire. Cet accord, le huitième signé depuis 2012, prévoit la mise en place d’un gouvernement inclusif, des mesures de décentralisation et une réforme de la fonction publique. Les groupes armés s’engagent à une cessation immédiate des violences, à se dissoudre, à faciliter le redéploiement de l’Etat sur l’ensemble du territoire et à participer au processus de démobilisation, désarmement, réintégration et rapatriement (DDRR).
Cependant, à l’approche du premier tour des élections présidentielle et législatives du 27 décembre 2020, des groupes armés soutenus par François Bozizé se retirent de l’Accord pour former la Coalition des Patriotes pour le Changement (CPC). Les élections se tiennent malgré les tentatives de déstabilisation de la CPC. La réélection du Président Touadéra est confirmée par la Cour constitutionnelle le 18 janvier 2021, au terme d’un scrutin fortement contesté.
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Depuis la tenue du dialogue républicain (mars 2022), le Président Touadéra est progressivement parvenu à consolider son pouvoir à la tête de l’Etat centrafricain, en éliminant progressivement toute forme d’opposition politique. Son discours de plus en plus offensif contre tous les ennemis potentiels du régime se traduit par une stratégie de judiciarisation systématique des actions des opposants politiques conduisant le plus souvent à leur bannissement du territoire centrafricain. Le président Touadéra consolide également sa mainmise sur les grands dossiers économiques, la nouvelle loi fondamentale écartant tout rôle d’instruction à l’Assemblée nationale dans les procédures d’attribution de permis miniers.
L’opération de maintien de la paix de l’ONU, la Mission multidimensionnelle intégrée de stabilisation des Nations Unies en Centrafrique (MINUSCA), a été créée en avril 2014 (résolution 2149) par le Conseil de sécurité des Nations Unies, avec pour mandat la protection des populations et l’appui au processus politique. La MINUSCA compte aujourd’hui environ 16924 personnels déployés (au 30 septembre 2023). Son mandat a été renouvelé le 15 novembre 2023. Déployée en juillet 2016, la mission de formation de l’Union européenne (EUTM RCA) a pour mandat d’accompagner la restructuration des forces armées. Depuis le 29 novembre 2021, les formations opérationnelles de la mission sont temporairement suspendues.
Casques bleus de la MINUSCA en patrouille en République Centrafricaine
Structure et Objectifs du Ministère des Finances et du Budget
Le Ministère des Finances et du Budget est un acteur clé dans la gestion des finances publiques en RCA. Il est responsable de la planification, de l'exécution et du contrôle du budget de l'État. Son rôle est crucial pour assurer la stabilité économique et financière du pays.
Ce projet s’inscrit dans le cadre du Programme d’Appui à la Réforme du Secteur de la Sécurité et à la Gouvernance en République Centrafricaine (RCA) et vise à renforcer les actions menées dans le cadre du Plan national de relèvement et de consolidation de la paix (RCPCA), et à les compléter en fonction des objectifs définis dans le 2ème secteur prioritaire d’intervention du 11ème FED. Le projet est également indispensable à la réalisation du Plan Global de Redéploiement et de Redimensionnement des Forces de Sécurité Intérieure (PGRR-FSI) dont s’est doté le Ministère de l’Intérieur chargé de la Sécurité Publique (MISP) en mars 2018.
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Objectifs Spécifiques
- Renforcer les capacités de la Direction des Finances et de la Compatibilité (DFC) au sein du MISP à travers toutes les phases de la chaine de la dépense publiques (planification, engagement, liquidation, ordonnance, paiement) grâce à une colocation d’experts mobilisés par CIVIPOL et de fonctionnaires/militaires centrafricaines au sein de la DFC.
- Offrir au MISP un environnement de travail propice à l’amélioration de son fonctionnement, en plaçant la FDC au cœur de l’infrastructure choisie, à travers la modernisation de cette infrastructure et la dotation en équipement adéquat.
Pendant 3 ans, 4 experts seront mobilisés pour accompagner les services du MISP à toutes les étapes de la dépense publique, des procédures comptables à la pertinence opérationnelle de la planification budgétaire. Le projet s’appuie sur une méthodologie de mentorat caractérisée par un accompagnement dans l’acquisition, la consolidation et l’application des savoir-faire sur le moyen terme, soit la durée totale du projet. A l’issue de celui-ci, il est notamment attendu que la DFC soit opérationnelle avec des rôles et responsabilités bien définis.
Situation Économique et Budgétaire
Sur le plan économique, le PIB centrafricain, estimé à 1 530 Mds FCFA (environ 2,3 Mds EUR) en 2023, reste en termes réels inférieur de 20 % au niveau atteint en 2012. L’exploitation forestière, l’extraction d’or et de diamants sont, avec le BTP, les principaux moteurs de la croissance économique récente.
Le déficit budgétaire a atteint 4,5 % en 2022 (contre 5,1 % en 2021) et a légèrement diminué pour atteindre 3,6 % du PIB en fin d’année 2023. Dans ce contexte, le pays reste fortement dépendant des financements extérieurs.
Afin d’éviter que les remboursements élevés dus par la Centrafrique au FMI ne pèsent sur la situation budgétaire du pays et ses équilibres extérieurs, un nouveau programme de financement du FMI a été approuvé en début d’année pour un montant de 189,5 M USD, dont 90 % devrait in fine servir aux échéances dues au FMI sur la période 2023-2026.
L’inflation devrait par ailleurs rester élevée et se maintenir à 6,3 % en 2024 (contre 5,8 % en 2022). Ce niveau s’explique principalement par l’augmentation des prix alimentaires et énergétiques mondiaux, et les perturbations des circuits d’approvisionnement internationaux, qui ont accentué des difficultés structurelles préexistantes.
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La Centrafrique a connu une période de croissance économique relativement soutenue entre 2015 et 2017, qui reflétait avant tout un phénomène de rattrapage après l’effondrement de -36,7 % observé en 2013. Le ralentissement de l’activité depuis 2018 s’explique par la chute de la production officielle de diamants après le départ du dernier bureau d’achat et par les performances décevantes de la filière bois liées à un arrêt temporaire de la production en novembre et décembre en réaction à une hausse des impôts. La production de bois a repris depuis, augmentant de 11,4 % en glissement annuel au premier trimestre 2019.
Les secteurs du coton et du café, qui constituaient jadis les principales cultures de rente du pays, sont tributaires de l’évolution de la situation sécuritaire dans les bassins de production. L’économie centrafricaine, très dépendante des importations, est affectée par les difficultés d’approvisionnement sur le corridor Douala-Bangui.
Sur le plan budgétaire, la Centrafrique reste fortement dépendante des financements extérieurs en raison d’un taux de prélèvement fiscal extrêmement faible (8,7 % du PIB en 2019). Avec des dépenses publiques représentant 16,9 % du PIB en 2019, la Centrafrique a enregistré un déficit budgétaire (hors dons) de 8,2 %.
La Centrafrique était engagée depuis juillet 2016 dans un programme avec le FMI appuyé par la Facilité élargie de crédit (FEC) pour un montant porté à 189 millions USD. Un nouveau programme triennal appuyé par la FEC a été conclu en décembre 2019. Dans le cadre de la stratégie gouvernementale de riposte à la Covid-19, la RCA bénéficie de l’appui de quelques partenaires extérieurs (Banque mondiale, BAD, France, UE). Le FMI a accordé une Facilité de crédit rapide (FCR) d’un montant de 27,9 millions DTS et une annulation pour six mois des créances qui lui sont dues.
Tableau récapitulatif des indicateurs économiques
| Indicateur | 2022 | 2023 (estimation) | 2024 (prévision) |
|---|---|---|---|
| PIB (Mds FCFA) | - | 1 530 | - |
| Déficit budgétaire (% du PIB) | 4,5% | 3,6% | - |
| Inflation | 5,8% | - | 6,3% |
Vue de Bangui, capitale de la République Centrafricaine
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