Le Ministre des Finances du Congo Brazzaville : Rôle, Responsabilités et Défis Actuels

Le Congo a effectué un remaniement ministériel, en nommant Christian Yoka au poste de ministre de l’Économie, des Finances et du Budget. Christian Yoka est le nouveau patron du ministère de l’Économie de la République du Congo.

Pour faire face aux importants défis qui se posent au sein de l’économie congolaise, il est indispensable de confier ce poste à un homme expérimenté et compétent. Christian Yoka, nouveau ministre congolais des Finances, du Budget et du portefeuille public a été officiellement installé dans ses fonctions par le Premier ministre Antoine Colinet Makosso, le 15 janvier 2025 à Brazzaville. Il succède ainsi à Jean-Baptiste Ondaye qui a occupé ce poste pendant des années.

Le président de la République du Congo, Denis Sassou Nguesso, a remplacé le ministre des finances, Jean-Baptiste Ondaye, lors d'un remaniement ministériel visant à résoudre les difficultés financières du pays. Ce remaniement intervient après que le pays producteur de pétrole a été confronté à une pénurie de liquidités qui s'est traduite par des salaires impayés dans la fonction publique. Le gouvernement a réagi en restructurant sa dette intérieure et en introduisant des mesures d'économie.

Brazzaville, Congo

Brazzaville, capitale du Congo

Les Responsabilités Clés du Ministre des Finances

À ce poste, Christian Yoka devra relever plusieurs défis. Son premier défi est d’améliorer la gestion des finances publiques. L’objectif est d’accroître la transparence budgétaire, de réduire les déficits et d’optimiser le système fiscal.

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L’objectif de ce deuxième défi est d’attirer des capitaux nationaux et étrangers dans des secteurs tels que les infrastructures et l’énergie. Enfin, Christian Yoka s’attellera à promouvoir des politiques économiques inclusives.

Pétrole

Exploitation pétrolière au Congo

Expérience et Parcours de Christian Yoka

Diplômé en droit et fiscalité de l’Université Paris Panthéon-Sorbonne, Christian Yoka bénéficie d’une riche expérience acquise au sein de l’Agence Française de Développement (AFD). Avant d’être nommé ministre de l’Économie, des Finances et du Budget au Congo, Christian Yoka occupait depuis 2021 le poste de directeur du département Afrique après avoir été conseiller juridique au sein du département des risques de l’AFD.

Christian Yoka a dirigé des projets de développement au Kenya, en Ouganda et en Tanzanie. Avec ces expériences, le développement économique du Congo semble entre de bonnes mains.

Avant d’être nommé Ministre des Finances, du Budget et du Portefeuille public, Christian Yoka a eu une expérience internationale de premier plan au sein de l’Agence Française de Développement où il occupait les fonctions de Directeur Afrique. Il avait auparavant assumé divers postes de responsabilités, en tant que Responsable-pays pour le Cameroun et la République Centrafricaine, puis, tour à tour, Directeur-pays en République Démocratique du Congo, en Éthiopie et au Cameroun.

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Christian Yoka a également exercé divers mandats en tant qu'administrateur pour des entités telles qu’Alucam et Africa Guarantee Fund. En outre, il a présidé le Comité d'Investissement Consultatif du Fonds de Soutien aux Entreprises en Afrique (FISEA), géré par Proparco, la filiale du Groupe AFD dédiée au secteur privé.

Le Nouveau Code de Transparence et de Responsabilité

Le nouveau code de transparence et de responsabilité dans la gestion des finances publiques qui conditionne la gestion saine des comptes publics par des acteurs publics en charge de la gouvernance financière au Congo, est composé de 11 titres développés en 72 articles.

D’après le ministre congolais des Finances, du budget et du portefeuille public, Calixte Nganongo, il s’agit de doter l’Etat des principes de gestion saine des finances publiques. En effet, les dirigeants de la Cémac dans leurs directives avaient défini les principes et obligations que tous les Etats membres doivent respecter dans leur législation et leurs pratiques.

Les dispositions pratiques que le gouvernement de la République entend prendre consistent à observer le principe de l’intégrité et des aptitudes des acteurs publics dans la gestion des finances publiques.

Notons qu’après l’adoption de ce nouveau code, les députés ont examiné et approuvé le rapport de la Commission Economie et finances sur le projet de loi de règlement du budget de l’Etat, exercice 2015.

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La Commission Nationale pour la Transparence et la Responsabilité

Pour répondre aux exigences du Fonds monétaire international (FMI), qui demande aux autorités de mieux gérer l'argent du pays, le Congo-Brazzaville a créé il y a neuf mois une Commission nationale pour la transparence et la responsabilité dans la gestion des finances publiques (CNTR). Mais la société civile congolaise s'interroge sur ses pouvoirs réels.

Veiller à la bonne application du Code de transparence et de responsabilité fiscale, telle est l’une des principales missions assignées à cette commission qui compte onze membres qui ont tous prêté serment.

« Les finances publiques ne peuvent pas être gérées n’importe comment. On les gère selon les normes. Ces normes doivent être respectées. Si elles ne le sont pas, nous le rappelons et nous redressons sur la base d’un rapport que nous adressons aux autorités, notamment au président de la République et au Premier ministre », a expliqué Joseph Mana Fouafoua, son président.

La commission n’a pas le pouvoir de répression. Ses enquêtes sont soumises à l’appréciation du ministre de la Justice qui est sa tutelle.

« Nous sommes une institution indépendante. Mais nous n’avons pas le pouvoir de coercition. Il faut savoir que parmi les autorités qui sont destinataires de notre rapport, il y a le ministre de la Justice. C’est à lui de prendre la décision s’il faut, oui ou non, punir. C’est à lui de faire son travail », a argumenté M. Mana Fouafoua.

Denis Sassou Nguesso

Denis Sassou Nguesso, Président de la République du Congo

Membre de la coalition congolaise « Publiez ce que vous payez », Brice Makosso se demande pourquoi cette tutelle revient au ministère de la Justice, qui ne gère pas les deniers publics.

« Nous ne comprenons pas pourquoi le gouvernement de la République a mis cette commission sous la tutelle du ministère de la Justice. Je crains que cette commission ne serve à rien. Ce n’est pas le ministère de la Justice qui gère la fiscalité congolaise ou encore les finances. Il fallait la mettre sous la tutelle du ministère des Finances, pour qu’elle travaille effectivement », s’est indigné M. Makosso.

La Commission nationale pour la transparence et la responsabilité dans la gestion des finances publiques n’a pas de membre femme. Deux de ses membres ont été désignés par la société civile et deux par la presse. Les autres l’ont été par les responsables des institutions, l’Assemblée nationale ou le Sénat.

Cela remet-il en cause son indépendance ? Le président Joseph Mana Fouafoua répond : « C’est un mode de désignation tout simplement ; cela ne veut pas dire que ces membres représentent ces autorités. Quand on crée une institution, on indique comment les hommes qui doivent la diriger sont choisis.

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