Situation financière et procédure de redressement judiciaire de Naf Naf

Naf Naf, emblématique marque française du prêt-à-porter féminin, traverse une période de turbulence. Fondée en 1973 par les frères Gérard et Patrick Pariente, Naf Naf - en hommage au « petit cochon le plus fort et le plus malin des trois » - acquiert une certaine notoriété en 1983.

La marque Naf Naf, créée en 1973 par les frères Gérard et Patrick Pariente, a été placée en redressement judiciaire le 30 mai dernier, soit la troisième fois, seulement en l’espace de cinq ans. La marque de prêt-à-porter Naf Naf a été placée en redressement judiciaire par le tribunal de Bobigny (Seine-Saint-Denis) ce vendredi 30 mai, a appris l’« Agence France-Presse ».

La marque Naf Naf a été placée en redressement judiciaire le 30 mai dernier, soit la troisième fois, seulement en l’espace de cinq ans. La marque de prêt-à-porter Naf Naf a été placée en redressement judiciaire par le tribunal de Bobigny (Seine-Saint-Denis) ce vendredi 30 mai 2025 par le tribunal de commerce de Bobigny (Seine-Saint-Denis), confrontée à « des difficultés de trésorerie », a appris l’Agence France-Presse (AFP) de sources proches du dossier.

La justice a motivé le placement en redressement judiciaire ce vendredi, en arguant « que la société est confrontée à des difficultés de trésorerie qu’elle n’est pas en mesure de surmonter » et qu’elle « est dans l’impossibilité de faire face à son passif exigible avec son actif disponible ». L’enseigne qui emploie près de 600 personnes est confrontée à « des difficultés de trésorerie ».

La société emploie 588 salariés - 650 dans les six derniers mois en France, a noté le tribunal de commerce. Au moment du redressement, Naf Naf comptait 102 magasins en propre, 11 affiliés et un réseau de corners et magasins à l’étranger. L’enseigne de mode féminine compte près de 700 salariés.

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Pour rappel, plusieurs candidats étaient prêts à reprendre une partie des actifs de l’enseigne, mais seuls deux groupes ont remis des offres significatives : Amoniss (propriétaire de Pimkie), qui proposait de reprendre 165 salariés et 34 magasins sur une centaine, et Beaumanoir, qui prévoyait de reprendre un cinquantaine de salariés et seulement 12 magasins pour les basculer sous ses propres enseignes. Sur les cinq candidats, deux sérieux s'étaient alors positionnés pour reprendre en partie Naf Naf : le groupe Amoniss, propriétaire de Pimkie, et le Groupe Beaumanoir.

Amoniss proposait de reprendre 185 salariés et d'en reclasser 26. Amoniss proposait de reprendre 165 salariés et 34 magasins sur une centaine, et Beaumanoir prévoyait de reprendre un cinquantaine de salariés et seulement 12 magasins pour les basculer sous ses propres enseignes.

La CFDT, syndicat représenté au sein du comité social et économique de Naf Naf, regrette : "Dans les deux cas, la casse sociale reste inévitable". « Malheureusement, la casse sociale reste inévitable dans les deux cas. »

Amoniss proposait de reprendre 185 salariés et d'en reclasser 26. Mais le tribunal a rejeté son offre, Amoniss étant « en plan de sauvegarde depuis octobre 2024 » et présentant de ce fait « une fragilité financière » tandis que Groupe Beaumanoir jouit d'« une situation financière solide », a estimé la justice qui a détaillé : « des fonds propres positifs à hauteur de 365 millions d'euros » et « une trésorerie de 187 millions d'euros ».

En juin 2024, le repreneur turc Migiboy Tekstil avait offert plus de 1,5 million d’euros pour reprendre l’enseigne française. Rachetée en juin dernier par Migiboy Tekstil, deux candidats sont cette fois-ci prêts à reprendre l’enseigne de mode qui ne compte pas moins de 100 magasins et 500 salariés.

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L’enseigne a été reprise en juin 2024, par l’entreprise turque de fabrication de tissus Migiboy Tekstil, qui s’était engagé à sauver 90 % des emplois et conserver une centaine de boutiques en propre. L’ancien plan de Migiboy Tekstil promettait la sauvegarde de 90% des emplois et de 100 magasins, mais la trésorerie n’a pas suivi et le plan de relance a échoué.

Dirigée par Selçuk Yilmaz, cette offre avait été préférée par les juges de Bobigny à celle du Groupe Beaumanoir. Le fabricant turc avait repris Naf Naf et ses 99 magasins, à la barre du tribunal de commerce de Bobigny.

La procédure avait déjà conduit à des suppressions d’emplois par le passé : SY International, qui, en 2020, avait également repris l’enseigne à la suite d’une procédure de redressement judiciaire, avait été contraint de déclarer l’entreprise en cessation de paiements en septembre 2023. La procédure avait débouché sur un redressement judiciaire et la suppression de 88 emplois, après la fermeture de magasins.

La dette de l’enseigne s’élève à 44 millions d’euros, tandis que son chiffre d’affaires en 2024 a atteint 47 millions d’euros. D’après l’AFP, la dette de l’enseigne s’élève à 44 millions d’euros, tandis que son chiffre d’affaires en 2024 a atteint 47 millions d’euros.

Plusieurs facteurs structurels expliquent ces difficultés : « La pandémie, l’évolution des habitudes de consommation avec l’essor des plateformes en ligne comme Shein et Temu, et une consommation en berne face à l’inflation ont conduit plusieurs enseignes au redressement judiciaire, comme Jennyfer, Natalys ou encore Blue Box. » Les difficultés de Naf Naf sont symptomatiques d’un secteur frappé par plusieurs crises.

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Au moment du redressement, Naf Naf comptait 102 magasins en propre, 11 affiliés et un réseau de corners et magasins à l’étranger. Aucune des offres actuelles ne prévoit la préservation intégrale du réseau.

Décision judiciaire et repreneur choisi

Mise à jour le 07/08/2025 : Ce jeudi 7 août, le tribunal de commerce de Bobigny a tranché sur l’avenir de Naf Naf. Ce rachat comprend la reprise de 12 boutiques, qui ont vocation à être cédées à 4 marques appartenant au groupe Beaumanoir.

C’est le groupe Beaumanoir (propriétaire entre autres de Cache Cache, Caroll, et Morgan) qui reprendra partiellement l’enseigne, selon l’AFP. C'est fait : l'enseigne iconique des années 90 de prêt-à-porter féminin Naf Naf, qui était en redressement judiciaire, a été partiellement reprise par le Groupe Beaumanoir (Caroll, Bonobo, Cache-Cache, Morgan, Sarenza, etc.), selon une décision de justice annoncée ce jeudi.

Le groupe a proposé de reprendre la marque Naf Naf et environ 300 salariés sur les quelque 600 employés que compte actuellement l'enseigne, selon le même document, ainsi que 12 boutiques sur les 102 existantes, mais pour les exploiter sous ses propres marques. Le groupe a proposé de reprendre la marque Naf Naf et environ 300 salariés sur les quelque 600 employés que compte actuellement l'enseigne, selon le même document, ainsi que 12 boutiques sur les 102 existantes, mais pour les exploiter sous ses propres marques.

Dans le détail, Groupe Beaumanoir reprendra 55 salariés et propose un reclassement à 253 d'entre eux. Le groupe Beaumanoir (Bonobo, Cache Cache, Caroll… NDLR), envisage de récupérer 12 magasins et 48 salariés.

Mais la reprise est partielle et marquée par des coupes sociales. « Dans les deux cas, la casse sociale reste inévitable », regrette la CFDT, syndicat représenté au sein du comité social et économique de Naf Naf. « De nouveau, les salariés sont placés dans une situation d’incertitude extrême et voient leur emploi menacé », déplore la CFDT, par communiqué.

La CFDT, s’il reconnaît en Amoniss l’offre la plus protectrice des emplois restants et de l’identité Naf Naf, explique avoir émis un avis défavorable du fait des risques opérationnels, financiers et sociaux. « La CFDT doute de la capacité d’Amoniss à financer simultanément Pimkie et Naf Naf, et à faire face aux imprévus liés à la conjoncture économique ou à un retard d’exécution du plan », peut-on lire dans un communiqué publié le 23 juillet 2025.

Impact social et perspectives

Les représentants du personnel ont appris son prochain placement en redressement judiciaire auprès du tribunal de commerce de Bobigny lors d’un comité social extraordinaire. Réunis en comité social et économique (CSE) extraordinaire, mercredi 21 mai, les représentants du personnel ont été informés « du scénario catastrophe qu’ils redoutaient » depuis la reprise de Naf Naf en juin 2024 par le fabricant turc Migiboy Tekstil.

« De nouveau, les salariés sont placés dans une situation d’incertitude extrême et voient leur emploi menacé », déplore la CFDT, par communiqué. L’enseigne qui emploie près de 600 personnes est confrontée à « des difficultés de trésorerie ».

Le fabricant turc s’était engagé à sauver 90 % des emplois et conserver une centaine de boutiques en propre. Mais même si ce plan de redressement aboutit, « une réorganisation drastique avec des fermetures de magasins et une nouvelle réduction du siège sont très probables », a jugé la CFDT.

"Les salariés souffrent de cette faiblesse syndicale"

Chiffres clés (synthèse)

Élément Valeur
Année de création 1973
Nombre de magasins (au redressement) 102 magasins en propre, 11 affiliés
Effectif ≈588-700 salariés
Chiffre d'affaires 2024 47 millions d'euros
Passif déclaré 44 millions d'euros
Reprises annoncées Groupe Beaumanoir : 12 boutiques, ~300 salariés pris en charge (reclassements partiels)

La situation de Naf Naf illustre les fragilités actuelles du secteur du prêt-à-porter féminin, confronté à des défis de trésorerie, des mutations de consommation et à la concurrence des plateformes en ligne. Aucune des offres actuelles ne prévoit la préservation intégrale du réseau, et les décisions judiciaires ont privilégié la solidité financière apparente du repreneur au maintien intégral des emplois.

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