Organismes de financement et aides pour les travailleurs indépendants en France
Vous avez le projet de vous lancer en indépendant, en freelance, en solo… et vous vous demandez si vous pourrez bénéficier d’aides au titre de votre nouvelle activité ? L’objet de ce contenu est de vous informer sur les principaux dispositifs qui peuvent vous concerner et de vous orienter vers des sources d’information fiables et pertinentes.
Qui sont les travailleurs indépendants et quel statut choisir ?
Les travailleurs indépendants sont des professionnels qui exercent leur activité seuls, de manière indépendante, en leur nom et pour leur propre compte. On les distingue donc des salariés qui travaillent sous la subordination juridique d’un employeur. Le professionnel libéral, l’artisan, le commerçant sont des travailleurs indépendants lorsqu’ils supportent seuls le risque de leur activité. Dans certaines professions, on utilise le terme "freelance" ou l'expression "travailler en solo".
Du point de vue juridique, les travailleurs indépendants ont le choix entre différents statuts, par exemple : l'entreprise individuelle, au régime réel ou au régime micro, la société unipersonnelle (EURL ou SASU). Voir le comparatif des structures unipersonnelles.
Ils bénéficient généralement de la protection sociale des travailleurs indépendants (anciennement gérée par le RSI et désormais intégrée au régime général de la Sécurité sociale), sauf s’ils choisissent d’exercer en SASU. Les présidents de SASU sont en effet considérés comme assimilés salariés et relèvent de la protection sociale (sauf assurance chômage) et du régime retraite des salariés. Enfin, certains préfèrent ne pas créer d’entreprise et bénéficier de la sécurité du portage salarial. Ils ont alors le statut social de salarié au sein d'une société de portage, qui gère notamment la facturation des clients.
Accompagnement des créateurs et repreneurs
Des dispositifs d’accueil et d’accompagnement des créateurs et repreneurs ont été mis en place sur tout le territoire de manière à favoriser la création d’activités. Pour les identifier, reportez-vous à la rubrique "Qui peut m’accompagner ?"
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L'accompagnement ne se résume pas au soutien financier. C'est une aide précieuse qui peut faire la différence pour concrétiser un projet entrepreneurial, et assurer sa viabilité. Vous n’avez pas les fonds nécessaires pour vous lancer ? Si votre apport personnel est insuffisant pour boucler le financement de votre projet, plusieurs solutions peuvent compléter votre plan de financement.
Aides financières et dispositifs nationaux
En matière d’aides pour les indépendants, le soutien financier offert par France Travail (anciennement Pôle emploi) constitue un véritable tremplin pour les demandeurs d’emploi souhaitant se lancer. Pour percevoir l’ARE, l’aide au retour à l’emploi, il faut avoir travaillé au moins 6 mois au cours des 24 derniers mois. Depuis avril 2025, l’ARE est mensualisée sur 30 jours fixes. Son calcul repose sur 57 % minimum de votre salaire journalier de référence.
Le cumul entre l’ARE et vos revenus d’activité indépendante est plafonné à 60 % du solde de vos droits restants. Vous devez déclarer mensuellement vos revenus à France Travail pour bénéficier de ce dispositif. L’aide à la reprise ou à la création d’entreprise (ARCE) vous permet de recevoir vos allocations chômage sous forme de capital. L'ARCE : aide financière accordée par France Travail correspondant à 60 % du reliquat des droits à l’assurance chômage.
1. L’ACRE, l’aide aux créateurs et repreneurs d’entreprise, correspond à une exonération partielle ou totale des charges sociales pendant un an. Attention : si vos revenus sont supérieurs à 41 136 €, vous ne pouvez pas bénéficier de cette exonération.
ℹ️ Bon à savoir : l’ACRE peut être cumulée avec le nouvel accompagnement à la création ou la reprise d’entreprise (Nacre), un accompagnement qui dure 3 ans.
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Aides sociales et soutien en période difficile
Le dispositif Help ! de l’Urssaf offre une prise en charge coordonnée pour tout freelance confronté à des difficultés financières, familiales ou médicales. Le montant varie selon votre situation familiale et vos revenus déclarés. Pour une personne seule, le montant forfaitaire de base s’élève à 633,21 euros.
Le micro-crédit s’adresse particulièrement aux micro-entrepreneurs et personnes à revenus modestes qui n’ont pas accès au crédit bancaire classique. Cette solution, proposée notamment par l’Adie, permet d’obtenir des prêts jusqu’à 15 000 € pour financer votre activité.
Mis en place par l'État et prolongé jusqu'au 31 mars 2022, le fonds de solidarité est un dispositif qui permet aux micro-entrepreneurs et travailleurs indépendants de bénéficier d'aides financières pour faire face aux préjudices causés par la crise sanitaire de la Covid-19. La Covid-19 a bouleversé notre façon de vivre et a négativement impacté, d’un point de vue financier, un bon nombre de travailleurs indépendants. Alors, que faire pour obtenir cette aide ? mars 2020 : une aide nationale (volet 1) complétée par une aide régionale (volet 2) a été proposée à toutes les entreprises. Le premier décret date du 30 mars 2020 et le dernier remonte au 28 janvier 2022.
Aides à la formation : CPF, FAF et financement
En contrepartie de la contribution à la formation professionnelle (CFP) à laquelle ils sont soumis, les travailleurs indépendants peuvent, sous conditions, bénéficier du financement total ou partiel de leurs formations. L’organisme chargé de gérer cette prise en charge est le fonds d’assurance formation (FAF).
Un travailleur indépendant peut bénéficier d'une aide pour financer une formation s'il a versé la CFP. Cette aide est gérée par un fonds d'assurance formation (FAF) qui diffère selon la nature de son activité, c'est-à-dire en fonction du code NAF (ou code APE).
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Exemple : Un micro-entrepreneur qui exerce une activité libérale (conseil, consulting, formation, etc.) est rattaché au FAF des professions libérales : le FIF-PL. À savoir : Ce droit est aussi accessible au conjoint qui participe à l’activité, si la CFP-conjoint collaborateur a bien été payée. Pour en savoir plus, consultez la fiche sur le statut de conjoint collaborateur.
Pour les artisans-commerçants, c'est le FAFCEA ou les chambres de métiers et de l’artisanat (CMA) qui est en charge du financement, et non pas l'Agefice. À savoir : Un micro-entrepreneur dont le chiffre d'affaires est de 0 € sur une durée de 12 mois consécutifs ne peut pas bénéficier de la prise en charge de ses dépenses de formation.
Avant de faire sa demande, le travailleur indépendant doit se procurer l'attestation de paiement de la CFP, en se connectant sur son espace en ligne sur le site de l’Urssaf. Il doit déposer une demande de prise en charge auprès du fonds d'assurance formation (FAF) dont il dépend. Les délais pour effectuer une demande de prise en charge varient selon le fonds d’assurance formation (FAF). Il est toutefois recommandé de déposer la demande au moins 1 mois avant le début de la formation. Toute demande déposée hors délai sera refusée.
Attention : Le travailleur indépendant exerçant une profession libérale doit envoyer sa demande de prise en charge au plus tard dans les 10 jours calendaires suivant le 1er jour de formation.
Le compte personnel de formation (CPF)
Sur le compte personnel de formation (CPF), dont bénéficient les travailleurs indépendants grâce à leur contribution, les formations autorisées sont les suivantes : formation de management liées à l'exercice de la fonction de chef d'entreprise; formation de conseil et d'accompagnement pour démarrer un projet de création ou de reprise d'entreprise, puis pour assurer un avenir fiable à son entreprise; bilan de compétences; formation pour la VAE; préparation au permis de conduire, l'épreuve théorique et pratique, pour les véhicules légers et lourds.
Le CPF est crédité de 500 € maximum par année de travail jusqu'à atteindre 5 000 € maximum. Le montant des droits est calculé proportionnellement si l’activité a été partielle sur l'année. Pour en savoir plus sur le compte CPF du travailleur indépendant consultez la page du site Mon Compte Formation.
Aux critères liés au CPF s'ajoutent les critères propres à chaque fonds d'assurance formation (FAF) selon la branche de métier du travailleur indépendant. Le demandeur doit consulter le FAF dont il dépend pour connaître les formations pour lesquelles il bénéficie d'un financement. Le montant du financement des coûts de formation dépend du code NAF de chaque activité et des thèmes de formation retenus par les représentants de la profession.
Attention : Depuis le 1er septembre 2025, le montant de la prise en charge accordée à un micro-entrepreneur exerçant une activité libérale dépend du niveau de cotisations versées. Seuls les coûts pédagogiques, y compris pour les formations à distance, sont remboursés.
Prêts et aides locales
Si votre apport personnel est insuffisant pour boucler le financement de votre projet, plusieurs solutions peuvent compléter votre plan de financement. Pour être éligible, vous devez posséder une reconnaissance officielle de handicap : RQTH, pension d’invalidité ou allocation adulte handicapé.
Pour bénéficier d’un prêt d’honneur, vous devez présenter un dossier solide avec un plan de financement qui tient compte de la réalité du marché. Chaque territoire développe ses propres dispositifs de soutien aux créateurs d’entreprise. Les subventions régionales varient considérablement d’une zone géographique à l’autre, avec des montants pouvant atteindre plusieurs milliers d’euros. La Nouvelle-Aquitaine finance par exemple l’acquisition d’équipements professionnels pour les nouveaux indépendants. D’autres régions privilégient les formations spécialisées ou l’accompagnement personnalisé sur plusieurs mois.
Comment s'informer et quelles démarches effectuer ?
Où trouver des informations fiables sur les aides ? Vérifié le 01 septembre 2025 - Entreprendre Service Public / Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre). Rendez-vous sur votre messagerie sécurisée, dans l'onglet "écrire" et entrez le motif de contact "Je demande l'aide aux entreprises fragilisées par l'épidémie Covid-19".
Avant de faire sa demande, le travailleur indépendant doit se procurer l'attestation de paiement de la CFP, en se connectant sur son espace en ligne sur le site de l’Urssaf. Il doit déposer une demande de prise en charge auprès du fonds d'assurance formation (FAF) dont il dépend. Le demandeur doit consulter le FAF dont il dépend pour connaître les formations pour lesquelles il bénéficie d'un financement.
Les aides financières pour les auto-entrepreneurs
Conseils pratiques et points de vigilance
- Déposez vos demandes de prise en charge auprès du FAF au moins 1 mois avant le début de la formation pour éviter un refus pour délai.
- Si plusieurs formations sont envisagées, une demande de prise en charge pour chacune d'elles est nécessaire.
- Un micro-entrepreneur dont le chiffre d'affaires est de 0 € sur 12 mois consécutifs ne peut pas bénéficier de la prise en charge des dépenses de formation.
- Le montant du financement dépend du code NAF et des thèmes validés par les représentants de la profession.
- Le cumul ARE + revenus indépendants est plafonné ; déclarez mensuellement vos revenus à France Travail.
Les aides financières présentées dans cet article constituent un socle solide pour concrétiser votre projet entrepreneurial. Cependant, naviguer entre les différentes démarches, optimiser votre statut juridique et respecter vos obligations fiscales nécessite une expertise spécialisée. Pour maximiser l’efficacité de ces aides et éviter les erreurs coûteuses, l’accompagnement d’un expert-comptable spécialisé en création d’entreprise expérimenté fait toute la différence.
| Dispositif | Objet | Remarques |
|---|---|---|
| ACRE | Exonération partielle/totales des charges sociales 1 an | Inéligible si revenus > 41 136 € |
| ARE / ARCE | Maintien allocations ou capitalisation des droits | ARE mensualisée, ARCE = 60 % du reliquat |
| FAF / CPF | Financement des formations | FAF selon code NAF, CPF crédité jusqu'à 5 000 € |
| Prêt d'honneur / micro-crédit | Financement sans garantie ou pour faibles revenus | Prêt d'honneur nécessite dossier solide; Adie propose micro-crédits jusqu'à 15 000 € |
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