Cumul Salarié et Auto-Entrepreneur en France : Guide Complet
En 2025, de plus en plus de Français choisissent de cumuler un emploi salarié avec une activité d’auto-entrepreneur. Cumuler un emploi salarié avec une micro-entreprise permet de diversifier ses sources de revenus et d’explorer une activité qui vous passionne. Le statut d'auto-entrepreneur, devenu micro-entrepreneur, s’est installé dans le paysage de l’emploi français au cours de ces dernières années. Ce statut de micro-entreprise concerne près de 2 000 000 en France en 2020 dont une partie de micro-entrepreneurs à temps partiel.
Il est possible de cumuler les statuts de salarié et d’auto-entrepreneur. Mais il existe certaines règles à respecter, tant vis-à-vis de l'entreprise du salarié que vis-à-vis de l’administration. Toutefois, certaines professions interdisent ce cumul. Lesquelles ?
Les Conditions du Cumul
Cumuler le statut d’auto-entrepreneur et celui de salarié est autorisé.
Il est possible de cumuler les statuts de salarié et de micro-entrepreneur (ou auto-entrepreneur) à la double condition que :
- Votre contrat de travail ne prévoie pas expressément de clause d’exclusivité.
- Votre activité en tant que micro-entrepreneur n’entre pas en concurrence frontale avec celle de votre employeur principal.
Parallèlement, même si votre contrat autorise un tel cumul, sachez que vous ne pouvez pas exercer votre activité de micro-entrepreneur pendant vos heures de travail salarié.
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Vous devez remplir les conditions suivantes pour cumuler les statuts de micro-entrepreneur avec celui de salarié :
- Vous devez vérifier que votre contrat ne contient pas de clause d'exclusivité.
- Vous devez exercer une activité n'entrant pas en concurrence avec celle de votre employeur.
- Vous devez exercer votre activité de micro-entrepreneur en dehors de vos heures de travail.
Un salarié qui souhaite lancer une activité d'auto-entrepreneur sous forme de micro-entreprise doit préalablement en informer son employeur. Le cumul du statut de salarié et d’auto-entrepreneur n’est possible que si le contrat de travail du salarié (ou la convention collective dont il dépend) ne l’interdit pas. En effet, un contrat de travail peut comporter des restrictions à ce cumul d'activités.
Principe de loyauté
En tant que salarié, vous êtes soumis au principe de loyauté envers votre employeur. Cela signifie que vous avez un devoir de confidentialité, de fidélité et de non-concurrence.
Votre devoir de non-concurrence implique que vous ne pouvez pas créer une entreprise pendant la durée de votre contrat de travail qui pourrait être en concurrence avec votre employeur. En revanche, rien ne vous empêche de créer votre propre entreprise dans un autre domaine.
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Exemple : Vous êtes salarié d'une épicerie et vous souhaitez créer votre entreprise. Vous ne pourrez pas créer une épicerie, en revanche vous pourrez créer n'importe quel autre type de boutique (commerce de vêtements, boulangerie...).
Clause d'exclusivité
Il est possible que vous ayez dans votre contrat de travail une clause d'exclusivité. Cette clause vous empêche d'avoir une activité en parallèle de votre travail en tant que salarié. Dans ce cas-là, vous ne pourrez pas cumuler le statut de salarié avec celui de micro-entrepreneur.
À savoir Cette clause ne peut pas être imposée par l'employeur à un salarié embauché à temps partiel.
Attention Si vous ne respectez pas ces conditions, vous êtes susceptible d'être licencié pour faute lourde ou faute grave.
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Si vous ne respectez pas ces différentes conditions, votre employeur a la possibilité de vous licencier pour faute grave ou pour faute lourde. Cela signifie notamment que nous n’aurez ni indemnités de licenciement, ni indemnité de préavis.
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Déclaration des Revenus
Vos revenus d’auto-entrepreneur doivent être déclarés à l’administration fiscale. Cumuler les deux statuts peut vous permettre de profiter de certains avantages fiscaux.
Vous devrez déclarer dans votre déclaration annuelle d'impôts sur le revenu, vos revenus de salarié dans la catégorie traitements et salaires et votre chiffre d'affaires de micro-entrepreneur dans la catégorie des micro-BIC (activité commerciale ou artisanale) ou des micro-BNC (activité libérale).
En cas de cumul des deux activités, vos revenus seront imposés dans deux catégories différentes :
- La catégorie des traitements et salaires pour les revenus tirés de votre activité salariée.
- La catégorie des micro-BNC ou des micro-BIC (selon la nature de l’activité) pour les revenus générés par votre micro-entreprise.
Dans les deux cas, vous allez aussi devoir payer des cotisations sociales. Celles-ci seront prélevées sur votre salaire dans le cadre de votre activité salariée et sur votre chiffre d’affaires pour ce qui concerne votre activité de micro-entrepreneur.
Régime fiscal des micro-entreprises
Vous devez déclarer vos salaires à la rubrique traitements et salaires. Cette case est désormais pré-remplie car votre employeur transmet le montant à l'administration fiscale.
En tant que micro-entrepreneur, vous êtes également soumis à l'impôt sur le revenu. Votre déclaration de revenus de micro-entreprise s’effectue dans le formulaire dédié aux professions non salariées, le N°2042-C PRO (la déclaration complémentaire de revenus).
Selon la nature de votre activité :
- BIC (bénéfices industriels et commerciaux) ;
- BNC (bénéfices non commerciaux).
Avec versement libératoire
Vous pouvez faire le choix du versement libératoire de l'impôt sur le revenu. Vous payez alors l’impôt sur le revenu (IR) auprès de l’Urssaf chaque mois ou chaque trimestre. Un pourcentage de votre chiffre d’affaires est versé au titre des impôts. Le versement libératoire s’applique dès le premier euro de chiffre d’affaires (CA) et peut ne pas convenir à une activité dont le CA est bas.
Sans versement libératoire
Si vous n’optez pas pour le versement libératoire, vous déclarez vos revenus une fois par an via le formulaire N°2042-C PRO. Un abattement forfaitaire sera appliqué à la somme déclarée (50 % pour les BNC, 71 % pour les BIC).
Vos revenus et vos salaires seront additionnés, avec les autres revenus imposables s’il y en a.
Si le micro-entrepreneur tient une comptabilité allégée, il ne peut pas déduire ses charges en micro-entreprise.
Les seuils de chiffre d'affaires
Vous êtes micro-entrepreneur si votre chiffre d'affaires ne dépasse pas, en 2023, un des seuils suivants :
- 188 700 € pour une activité commerciale ou d'hébergement
- 77 700 € pour une activité de prestations de service ou une activité libérale
Les seuils de chiffre d'affaires de 2023 de la micro-entreprise sont augmentés par rapport à ceux pour le chiffre d'affaires de 2022. Les seuils étaient de 188 700 € (activité commerciale et hébergement) et de 77 700 € (prestation de services et activité libérale).
Couverture Sociale et Cotisations
En tant que salarié, vous bénéficiez d’une couverture sociale complète. En tant que salarié micro-entrepreneur, vous cumulez 2 statuts sociaux. Vous cotisez à la fois en tant que salarié (prélèvement sur votre salaire) et en tant que micro-entrepreneur (prélèvement sur votre chiffre d'affaires).
En revanche vos droits aux prestations sont ouverts dans le régime de l'activité que vous exerciez avant le cumul des statuts. Ainsi, si vous êtes salarié et que vous démarrez une activité de micro-entrepreneur le versements de vos indemnités sera fait selon le régime général des salariés. En revanche, si vous êtes micro-entrepreneur et que vous débutez une activité salariale, ce sera le régime social des travailleurs indépendants qui s'appliquera. À savoir vous pouvez opter pour l'application de l'autre régime.
En principe, en matière de couverture santé, le TNS sera couvert en fonction de l'activité qui génère le plus de revenus. Si par exemple l'activité salariée génère davantage de revenus, le salarié sera couvert par la Caisse primaire d’Assurance maladie (CPAM). Le salarié qui débute une activité indépendante en tant qu’auto-entrepreneur est affilié à la CPAM pour le remboursement de ses frais de santé.
Cependant, le droit aux prestations maladie et maternité ne sera ouvert que dans le régime principal de l’assuré. Le régime principal est celui des régimes dont l’assuré relevait à la date à laquelle a débuté sa situation de cumul.
En cas de cumul, l’activité entrepreneuriale est d’office considérée comme étant l’activité principale. Il est possible de définir l’activité salariée comme activité principale à condition d’avoir travaillé plus de 1200 heures dans l’année.
Le cumul auto-entrepreneur et salarié implique un conflit de régimes. La couverture sociale de l’auto-entrepreneur salarié est assurée par celle de l’activité principale. Cette dernière est celle qui rapporte le plus de revenus à l’auto-entrepreneur salarié. Il revient à l’administration d’estimer les revenus de l’auto-entrepreneur.
Les Aides Disponibles
Plusieurs aides publiques existent, qui permettent à des micro-entrepreneur de se projeter dans leur nouvelle vie entrepreneuriale. Parmi elles, on peut citer :
- L’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE), qui cumuler les allocations chômage avec la rémunération la nouvelle activité. Son montant dépend des revenus que vous déclarez.
- L’aide à la reprise ou à la création d’entreprise (ARCE). Cette aide versée par Pôle emploi (désormais France Travail) peut venir en remplacement de l’ARE. Elle correspond aux allocations chômage qui sont alors versées sous forme de capital versé en deux fois.
- L'aide aux créateurs ou repreneurs d'entreprise (ACRE). Cette aide prend la forme d’une exonération de 50 % sur ses cotisations sociales jusqu'à la fin du troisième trimestre civil suivant la date d'immatriculation de la micro-entreprise.
- La prime d’activité. Destinée à compléter les revenus des travailleurs les plus modestes, cette prestation sociale peut, sous conditions, être versées aux micro-entrepreneurs. Dans le cadre d’un régime dérogatoire, les travailleurs indépendants peuvent demander à bénéficier de la prime d’activité, dont le montant est alors calculé sur la base du montant trimestriel de chiffre d’affaires.
Pour optimiser vos droits, soyez attentif au calendrier ! Pour bénéficier de l’ACRE pendant la durée la plus longue possible (jusqu'à 12 mois), il est recommandé d’effectuer votre demande en début de trimestre civil (janvier, avril, juillet ou octobre).
De plus, des aides peuvent être versées par les collectivités territoriales. Certaines aides visent également des profils spécifiques d’entrepreneurs, comme les femmes ou les personnes en situations de handicap.
Professions concernées et exceptions
Certaines professions peuvent facilement cumuler une activité salariée et une activité en micro-entreprise :
- un auto-entrepreneur avec une activité d'achat/revente ;
- un auto-entrepreneur prestation de service ;
- un auto-entrepreneur multiservice ;
- un artisan.
Attention, certaines professions ne peuvent pas cumuler le statut de salarié et celui de micro-entrepreneur.
Fonctionnaire et micro-entrepreneur
Les métiers de la fonction publique peuvent être cumulés avec une activité en micro-entreprise sous certaines conditions et sur demande. Effectivement, il existe un principe de non-cumul à temps complet.
Cependant, une demande peut être faite à votre hiérarchie pour exercer en micro-entrepreneur si vous êtes fonctionnaire à temps partiel.
Il est possible de cumuler une activité accessoire en dehors de vos heures de services, toujours sur demande. Cela ne concerne cependant pas toutes les professions.
Profession libérale réglementée et micro-entrepreneur
Les professions réglementées et notamment les professions libérales réglementées comme les médecins, les experts-comptables, les avocats, assureurs, etc. ne peuvent se cumuler avec un emploi salarié.
Agriculteur et micro-entrepreneur ?
Le statut de micro-entrepreneur ne peut se cumuler au statut salarié de certains métiers du secteur agricole.
Et l'agent commercial ?
Un agent commercial n’est pas salarié. Il peut donc être tout à fait être micro-entrepreneur !
Alternatives au Cumul
Si votre contrat de travail ne vous permet pas de cumuler une activité de micro-entrepreneur et un emploi salarié, sachez qu’il existe d’autres moyens pour donner vie à votre projet.
Il existe notamment un congé dédié à la création d'entreprise soumis à conditions et durée d’ancienneté. Tout salarié peut demander un contrat à temps partiel ou un congé pour création d’entreprise. Ce congé non rémunéré est prévu pour une durée d’un an, renouvelable une fois. Au cours de cette période, vous restez couvert par la Sécurité sociale.
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