Recherche de Financement pour Association : Guide Complet
Pour qu’une association puisse développer des projets, elle a besoin de ressources financières. Le financement associatif ressemble souvent à un puzzle dont les pièces sont éparpillées. Les subventions, cependant, offrent une voie précieuse pour rassembler les morceaux.
Les Différentes Sources de Financement
Les sources de financement ne se limitent pas aux institutions publiques. Si les aides d’État, des collectivités locales ou de l’Union Européenne forment le gros des troupes, d’autres options existent. Voici quelques pistes à explorer :
- Dons : Une association peut recevoir des dons de personnes physiques (membres ou non de l’association) ou d’entreprises (dans le cadre du mécénat). Le don est manuel s’il n’implique pas un acte notarié. Toute association peut recevoir des dons manuels sans avoir à demander une autorisation spéciale.
- Cotisations : La cotisation est la somme d’argent que peut demander une association à tout ou partie de ses membres pour participer à son fonctionnement.
- Subventions : Une association déclarée peut recevoir des sommes d’argent appelées subventions, de la part de l’État, de collectivités territoriales et d’établissements publics.
- Fonds Propres : Les associés peuvent investir une partie de leurs fonds personnels dans l’entreprise, grâce aux apports en numéraires (par exemple pour faire un apport en capital) ou aux avances en compte-courant d’associé. Ces fonds permettent de construire un capital propre à l’entreprise. Si la société est financée uniquement grâce aux fonds propres des associés, on parle d’auto-financement.
- Love Money : Dans le cadre d’une recherche de financement pour une entreprise, vous pouvez vous tourner vers vos proches, afin de leur demander une contribution. On appelle cela la love money.
- Financement Bancaire : Un établissement bancaire peut accepter de prêter de l’argent à une entreprise qui recherche un financement de projet ou à un entrepreneur qui souhaite se lancer. C'est ce que l'on appelle le financement bancaire. Bien sûr, cette somme devra être intégralement remboursée, avec le paiement des intérêts qui l’accompagnent.
- Micro-crédits professionnels : Les micro-crédits professionnels visent plus spécialement la création, la reprise et la consolidation d’entreprise. Leur montant est de 10.000 € maximum.
- Prêts Inter-Entreprises : Les prêts inter-entreprises permettent également de répondre à une recherche de financement d’entreprise et de concrétiser un projet.
- Business Angels : Les business angels sont extrêmement sollicités par les entreprises, lors de leur recherche de financement. En effet, au-delà de la contribution financière non négligeable qu’ils promettent, ils apportent avec eux un véritable savoir-faire d’entrepreneur et un réseau solide.
- Fonds d’Investissement : Les fonds d’investissement sont variés. Ils sont regroupés au sein de l’Association française des investisseurs pour la croissance. Les actionnaires présents au sein de ces fonds d’investissement prennent des parts dans le capital de l’entreprise en recherche de financement.
- Prêts Solidaires : Ces prêts peuvent être proposés par des réseaux d’entrepreneurs, comme le Réseau Entreprendre.
- Fondation de France : Pour le financement d'une association, il est impératif de déposer un dossier de demande de subvention en réponse à un appel à projets. Ce projet doit correspondre à une thématique suivie par la Fondation de France. Chaque année, la Fondation de France lance des appels à projets pour l'année à venir répondant à des thématiques précises (médicales, environnementales, agricoles, culturelles, pédagogiques, etc.).
Le CrowdFunding ou Financement Participatif
Le CrowdFunding, ou Finance Participative - littéralement « financement par la foule » - se traduit dans les faits par des transactions financières entre des individus, voire entre des individus et des entreprises, avec pas ou peu d’intermédiation par les acteurs traditionnels, dans le but de financer des projets de natures très diverses. La montée en puissance ces dernières années d’internet et des réseaux sociaux a favorisé l'émergence de plus en plus rapide des plateformes de finance participative.
- Plateformes de dons : Les plateformes de dons (dites reward-based crowdfunding) captent les levées de fonds sur internet pour des causes charitables ou de type mécénat. Les contreparties offertes aux internautes en échange des sommes reçues sont symboliques.
- Prêt contre intérêts : Le prêt contre intérêts, soit le prêt entre particuliers, le micro-crédit ou encore le prêt de particuliers aux entreprises... a également le vent en poupe.
- Financement participatif basé sur des actions : Le financement participatif, basé sur des actions, est bien moins développé, mais selon les dires de certains, notamment aux Etats-Unis, pourrait bien supplanter prochainement ses deux cousins.
A priori, aucun domaine n’échappe au rayonnement du « Crowdfunding », pour peu que le projet soit porteur. En France sur la même période, ce sont 27 millions d’euros qui ont été collectés sur 2012, et même 628,8 millions d’euros en 2016. C’est dire que le développement du financement participatif est considérable. Ce sont ainsi 11 000 projets qui ont été financés l’année dernière par 330 966 contributeurs.
Devant la montée en puissance du phénomène du financement participatif, et en raison du danger qu’il y avait à laisser ce mode de financement dans une situation de vide juridique, les pouvoirs publics français ont décidé de réagir. Il existe aujourd’hui un cadre légal pour le financement participatif qui résulte d’une Ordonnance du 30 mai 2014, complétée par un décret du 16 septembre 2014.
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Sous réserve toutefois que le projet soit bien ficelé et l’affaire un tant soit peu carrée. Il faut concevoir un projet fiable et « appétent » bien sûr, mais également choisir la ou les plateformes, à même de l’accueillir et de lui offrir la meilleure visibilité. Nous l’avons vu ces dernières se spécialisent par nature de « Crowdfunding » (prêt, dont, participation), mais aussi souvent par types d’activités. Il conviendra donc d’opter pour la bonne formule.
Dernier point à prendre en considération, la période de collecte est généralement confinée, de quelques jours à trois mois maximum dans la majorité des cas.
Côté don, si l’association bénéficiaire peut délivrer des reçus fiscaux, le don effectué peut donner droit à réduction d’impôt au bénéfice du donateur, sous réserve du respect de certaines conditions propres aux dons et subventions ayant un caractère d’intérêt général. L’association, quant à elle, selon qu’elle est fiscalisée ou non, devra payer des impôts, le cas échéant, sur les dons perçus.
Pour les contributeurs, hormis « l’arnaque », très rare, le principal risque est que le projet ne capte pas assez de fonds pour aboutir. Ce qui n’aura pour effet pour lui... que de récupérer ses fonds sans perte, dans la très grande majorité des cas. En effet, la levée de fonds n’est effective que si le quota de collecte est atteint.
Fonds pour le Développement de la Vie Associative (FDVA)
Le Fonds pour le développement de la vie associative (FDVA) est un dispositif financier de l’Etat de soutien au développement de la vie associative avec des priorités de financement. Depuis 2018, le FDVA (Fonds pour le développement de la vie associative) est renforcé dans son rôle de soutien au développement de la vie associative. En plus du volet "Formation des bénévoles", ce fonds de l’état finance également le fonctionnement ou les projets innovants des associations. Ce financement s’adresse essentiellement aux petites et moyennes associations, tous secteurs confondus (y compris associations sportives). Ce fonds est géré au niveau départemental.
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Le FDVA soutient les associations par le financement de formations de leurs bénévoles. Il est aussi conçu comme un instrument d’expertise de la vie associative, un instrument de Recherche et Développement porté par les acteurs associatifs pour le secteur. A ce titre, il soutient des études ou des expérimentations nationales susceptibles d’apporter une analyse et une réflexion prospectives pour le tissu associatif en France.
Le fonds peut contribuer au développement de la vie associative par la capitalisation et la mise en commun d’expériences et de méthodes en matière de conduite de projets.
Subventions : Comment Maximiser Vos Chances
Les subventions ne sont pas toutes égales. Elles se répartissent en différentes catégories, chacune ayant un objectif spécifique. Les subventions de fonctionnement, par exemple, couvrent les dépenses courantes de l’association. À l’opposé, les subventions d’investissement s’adressent aux projets de grande envergure. Vous prévoyez d’acquérir de nouveaux équipements, de rénover vos locaux ou même de construire un bâtiment ? C’est ici qu’il faut chercher. Et puis, il y a les subventions de projet, qui ciblent les initiatives ponctuelles. Un événement culturel, un atelier éducatif, une campagne de sensibilisation… Les financeurs sont prêts à soutenir des actions qui apportent une réelle valeur ajoutée à la communauté.
Il serait illusoire de penser que toutes les associations peuvent prétendre aux subventions sans conditions. Comme un portier sélectif, les financeurs ne laissent passer que les projets qui cochent toutes les cases. La première exigence est une évidence : l’association doit être déclarée et à but non lucratif. Cela signifie que votre projet doit viser l’intérêt général plutôt que le profit personnel. Ensuite, le projet en question doit générer un impact positif, que ce soit à l’échelle locale ou nationale. Les initiatives écologiques, les projets de formation ou d’intégration sociale trouvent souvent un écho favorable. Mais attention, une cause noble ne suffit pas.
Les demandes de subventions doivent également répondre à des critères spécifiques. Les financeurs veulent être rassurés. Ils cherchent à soutenir des structures solides et bien gérées, avec une vision claire et des comptes en ordre.
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Constitution du Dossier de Demande
Votre projet est solide, vos ambitions sont claires. Mais pour franchir la barrière des financeurs, il faut savoir présenter votre demande de manière irréprochable. Première étape : constituer un dossier complet. Cela peut sembler évident, mais beaucoup d’associations trébuchent sur des détails. Votre dossier doit inclure des pièces essentielles, telles qu’un formulaire de demande dûment rempli, une présentation détaillée de votre association, une description précise du projet, ainsi que les bilans financiers ou le budget prévisionnel. Chacune de ces pièces raconte une partie de votre histoire.
Ensuite, il ne suffit pas de préparer le dossier, il faut savoir où et comment l’envoyer. Les modalités varient selon les financeurs : certaines demandes se font en ligne, d’autres par voie postale.
Après le dépôt, votre demande entre dans une phase d’évaluation. À ce stade, les financeurs examinent chaque aspect de votre dossier, alors soyez prêt à fournir des informations supplémentaires si nécessaire. Gardez en tête que les subventions ne sont pas un droit. Les financeurs disposent d’un pouvoir discrétionnaire : ils peuvent accepter ou refuser une demande sans justification. Mais cela ne doit pas vous décourager.
Enfin, si vous franchissez l’étape de l’acceptation, les fonds seront versés. Mais ce n’est pas la fin de l’histoire. Il vous faudra démontrer que l’argent est utilisé en conformité avec les engagements pris.
Utilisation des Fonds et Obligations
L’obtention d’une subvention, c’est une victoire, mais c’est aussi le début d’une nouvelle étape. Recevoir des fonds, c’est s’engager à les utiliser à bon escient, en respectant les règles du jeu. La première règle est simple : respectez l’objectif des fonds. Si la subvention a été accordée pour organiser un événement, chaque centime doit être orienté dans ce sens. Il n’est pas question d’utiliser les fonds pour des dépenses hors cadre, même si elles semblent nécessaires.
Ensuite, tenez une comptabilité minutieuse. Les financeurs n’aiment pas les zones d’ombre. Conservez chaque reçu, notez chaque dépense, et soyez prêt à justifier l’utilisation de l’argent. Dans certains cas, vous devrez fournir un rapport financier détaillant l’usage des fonds. Cela permet aux financeurs de vérifier que la subvention a bien servi les objectifs fixés. Le respect de ce processus est d’autant plus important que certaines associations ont déjà été rattrapées par la justice pour des abus.
Enfin, n’oubliez pas que les financeurs souhaitent souvent voir leur contribution mise en valeur. Mentionnez leur soutien dans vos communications, sur vos supports de promotion, et dans vos rapports annuels. Une gestion transparente et rigoureuse des subventions n’est pas seulement une obligation légale, c’est aussi un gage de crédibilité.
Conseils Stratégiques
Obtenir une subvention n’est pas seulement une question de remplissage de formulaires. C’est un jeu d’équilibre entre stratégie, préparation et opportunisme. Tout d’abord, ne mettez pas tous vos œufs dans le même panier. Diversifiez vos sources de financement. Les subventions sont précieuses, mais elles ne doivent pas être votre unique ressource. Explorez les partenariats avec les entreprises locales, sollicitez des fondations privées, et n’hésitez pas à lancer des campagnes de financement participatif.
Ensuite, soignez chaque détail de votre dossier. Il ne s’agit pas simplement de répondre à des questions. Faites ressortir les aspects uniques de votre projet, expliquez son impact, montrez que vous connaissez les besoins de votre communauté. Utilisez des données précises, des témoignages, ou des études de cas pour donner du poids à votre demande. Pensez également à solliciter les conseils des organismes financeurs. Ils sont souvent disposés à vous guider sur les critères à respecter, les éléments à améliorer, voire à suggérer d’autres sources de financement.
Enfin, une fois les fonds obtenus, gardez à l’esprit que la relation avec le financeur ne s’arrête pas là. Communiquez régulièrement sur l’avancement de votre projet. Les financeurs apprécient de voir que leur soutien fait une différence tangible. Le financement associatif, c’est aussi une question de confiance.
Le parcours pour décrocher une subvention peut sembler ardu, mais il permet aux associations de renforcer leurs fondations et de réaliser leurs projets ambitieux.
Plan de Financement et Budget Prévisionnel
Pour démarrer votre association ou pour créer une nouvelle activité, vous devez répondre à deux questions : le projet est-il viable (les recettes équilibreront-elles les dépenses) ? La viabilité se mesure par le budget prévisionnel, la faisabilité par le plan de financement, incontournable pour anticiper les imprévus et chercher les ressources manquantes. Les deux sont indispensables.
Plan de financement et budget prévisionnel sont liés : les investissements entraînent des charges d’amortissement, les emprunts entraînent des charges d’intérêts... Le plan de financement concerne l’ensemble de l’association, mais il faudra souvent décliner un plan spécifique avant de créer une activité nouvelle.
Lorsque le plan de financement est établi sur plusieurs années, on n’enregistre plus que les variations des différents postes sur les années n + 1, n + 2, etc. On détaillera chaque poste autant que de besoin, qu’il s’agisse d’investissements, de subventions ou d’emprunts. Les éléments de calcul du besoin en fonds de roulement et de la capacité d’autofinancement sont ici présentés à part.
La présentation habituelle du plan de financement, qui reprend l’ordre de la classification comptable, ne rend pas compte de quelles ressources répondent à quels besoins. En théorie, les fonds propres financent les investissements et le surplus des fonds propres sur les investissements constitue le fonds de roulement. Ils financeront en revanche beaucoup plus rarement un besoin en fonds de roulement sur lequel aucune garantie n’est possible.
C’est d’ailleurs pour répondre à cette difficulté que certains organismes de financement solidaires ont mis en place soit des prêts en fonds de roulement, soit des garanties apportées aux banques sur ce type de prêt. En tout état de cause, l’association sera en meilleure posture si elle peut faire apparaître qu’elle peut faire face seule (fonds propres et capacité d’autofinancement) à son besoin en fonds de roulement.
La réalisation du plan de financement ne comporte guère de risque d'entraîner la responsabilité civile ou pénale des dirigeants de l'association.
Tableau Récapitulatif des Sources de Financement
| Source de Financement | Description | Avantages | Inconvénients |
|---|---|---|---|
| Dons | Contributions de particuliers ou d'entreprises | Pas de remboursement, potentiellement déductibles des impôts | Peuvent être irréguliers, dépendent de la générosité |
| Cotisations | Sommes versées par les membres | Source stable de revenus | Montant limité, dépend du nombre de membres |
| Subventions | Aides financières de l'État ou des collectivités | Montants potentiellement importants | Procédure complexe, critères stricts |
| Crowdfunding | Collecte de fonds auprès du public via des plateformes en ligne | Permet de mobiliser un large public | Nécessite une communication efficace, risque de ne pas atteindre l'objectif |
| Fonds Propres | Investissements des associés | Aucun intérêt à rembourser | Risque financier pour les associés |
| Financement Bancaire | Emprunts auprès des banques | Permet de financer des projets importants | Nécessite un remboursement avec intérêts |
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