L'Histoire de Norrent-Fontes: Un Voyage à Travers le Temps

L'histoire de France est riche et complexe, et elle se reflète dans les petites histoires des villages comme Norrent-Fontes. Ce village, situé dans l'Artois, a une histoire qui remonte à l'époque gallo-romaine. L'histoire de Norrent-Fontes est un témoignage de la vie des personnes qui nous ont précédés sur cette terre.

Carte des cantons du Pas-de-Calais

Carte des cantons du Pas-de-Calais. Norrent-Fontes fait partie du canton de Lillers.

Les Origines Gallo-Romaines et Franques

Les premières traces d'occupation humaine dans la région de Norrent-Fontes remontent à l'époque gallo-romaine (-52 avant J.C. à 86 après J.C.). À cette époque, deux toponymies apparaissent: « Norremum » et « Fontenes » pour Fontaines. Au Xe siècle, sous l'empire des Francs, cette dénomination devient « Norhem » de « Nor » et « Hem » signifiant « Maison du Nord ».

Le hameau de Fontes est connu sous le nom de, Ad fondenis, dans la donation d’Adroald à St. Malbrancq rapporte qu’au XVIIe siècle on trouva sur le territoire, proche de la voie romaine (chaussée Brunehaut), un sarcophage de pierre blanche, avec un vase de forme ronde scellé au plomb, et des lacrymatoires de verre mêlés aux ossements.

Waringhem: Un Site Protohistorique Unique

À Norrent-Fontes, c’est à Waringhem que les traces humaines les plus anciennes sont remarquées. Les fouilles archéologiques, sur ce site protohistorique considéré comme unique au Nord de la France, dégagèrent un très riche dépotoir de céramiques et tessons de l’époque du Hallstatt (VIème siècle avant J.-C.) ainsi que des zones de fours. D’autres fouilles de l’endroit, révélèrent un alésoir en silex, des poids de tisserand, des objets et poteries d’époque Gallo-romaine et Carolingienne, des ossements d’animaux et un squelette humain dont la tête reposait sur un coussin de pierre calcaire.

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Plus récemment l’endroit était nommé « le moulin de Waringhem ». En effet, adossé à l’habitation, l’on pouvait encore apercevoir, jusque la fin du siècle dernier, les vestiges de la roue à aube, les ouvrages du déversoir et des vannes de régulation. Dépendant de la seigneurie de Waringhem, baillage de Lillers et du Comte de Saint Pol sur Ternoise, le moulin connut de nombreux meuniers.

Me André Bavière, dans ses écrits, note que ce moulin fonctionnait encore pendant la guerre 1914 - 1918. Gardons à l’esprit quelques détails qui nous aiderons mieux cartographier le paysage de ces époques reculées. Le moulin se trouvait à égale distance du château de Malanoy (Bourecq) et celui de Norrent.

La portion actuelle de la départementale 943, qui relie le rond-point de Norrent-Fontes au Plantin, n’existait pas. La route nationale passait alors par Saint Hilaire. Venant de Lillers nous entamons maintenant la visite, pas à pas de notre commune.

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La Route Royale et l'Évolution du Village

La récente départementale 943 a succédé à la nationale N°43, autrefois appelée route ou voie royale. Pourquoi ?, tout simplement parce grand nombre de têtes couronnées l’empruntèrent pour se rendre à Londres, via Calais.

Sous l’ancien régime Norrent-Fontes faisait partie de l’Artois et dépendait du canton de Liettres. Le 22 décembre 1789, il devient le Chef-lieu de canton de trente communes. En 1985, le canton de Norrent-Fontes se divise en deux et regroupe 18 communes, Auchel devient alors, le second Chef-lieu de canton. Le Décret du 24 février 2014 portant sur la délimitation des cantons dans le département du Pas-de-Calais redessine la carte des cantons du Pas-de-Calais. Norrent-Fontes intègre alors le canton de Lillers.

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Lieu de passage obligatoire, la nationale 43 se doit donc, d’être la vitrine du village qu’elle traverse. Large et pavée, elle se borde de constructions dites « en dur ». La bourgeoisie locale, les notables, les artisans, commerçants, administrations et les importantes exploitations agricoles, s’établissent le long de la route royale.

Les bâtiments en bois, torchis et paillottis considérés comme insalubres, fragiles et inflammables sont interdits dès le XVIe siècle . Le grès, la pierre calcaire ou la brique seront les principaux matériaux utilisés. Afin de répondre aux exigences, certaines maisons ne possèdent que la façade et les pignons en « dur », l’arrière s’accommodant du torchis.

Anecdotes et Curiosités le Long de la Nationale

À partir du rond-point installé en 2013 poursuivons notre découverte.

  • N° 6: Au siècle dernier, c'était le garage automobile André Lichtevoet.
  • N° 11: Le rouge barre est un appareillage de pierres blanches et de briques liées à la chaux (appelé aussi lardé), spécifique au Nord et en usage du XVIIe au XIXe siècle.
  • N° 2: Me Masquelier Huissier de justice puis Mme Mahieu Masseur kinésithérapeute y exerçaient.
  • N° 29: La première gendarmerie connue dans la commune était implantée ici.
  • N° 26: «L’Auberge de la porte d’or », où Napoléon aurait séjourné.
  • N° 30: Au siècle dernier, hébergeait la perception.
  • N° 32: Le « BAR » (bar à hôtesses).
  • N° 34: Mme Flageolet tenait un commerce et son mari était peintre.
  • N° 38: M Michel Lichtevoet installait son magasin d’électroménager à l’emplacement de la ferme et dépendances du château ».
  • N° 40: M Josse d’Orgeville exploitait le plus important élevage d’Europe de Chinchillas.
  • N° 39: La boulangerie Defossez-Demarle de St Hilaire et la Mercerie - vêtements pour femmes, Clin d’œil, A Bocquillon et actuellement Hélène Bouton.
  • N° 41: En 1970, M. et Mme Hochart délocalisent leur magasin Nel-Fleur.
  • N° 42: Le (château) de M Lecocq, puis des demoiselles Mullet, aujourd’hui M Vidocq, côtoie le collège Bernard Chochoy.
  • N° 49: M Claude Poëtte, pharmacien, transporte son officine en 1968.

Le Monument aux Morts: Un Symbole de Mémoire

Monument taillé dans la pierre, son caractère sacré s’affirme, non seulement par les sacrifices qu’il commémore, mais par le défi au temps qu’il représente, il se veut immortel, mémoriel et comme tout souvenir, éternel. Ce cénotaphe, réalisé pour un montant de 8100 frs, par M Ernest Rabischon, marbrier à Aire sur la Lys, forme une colonne quadrangulaire au chapiteau à volute.

La façade est ornée d’une couronne végétale (dite civique), de feuilles de laurier tressées, elle suggère la gloire éternelle, d’une palme, symbole de la victoire et du sacrifice, d’un canon, signe de morts, qui rappelle l’horreur de la guerre, d’une croix de guerre qui incarne les actes de bravoure et d’héroïsme et du drapeau en berne en signe de deuil. L’épitaphe, « 1914-1919 la commune de Norrent-Fontes à ses enfants morts pour la France » surplombe le tout.

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Cinquante et un noms de soldats sont cités pour le conflit 14/18. Ont été ajoutés les quatre autres soldats et quatre victimes civiles tombés pour celui de 39/45. L’implantation des monuments aux morts sur tout le territoire français intervient, rappelons-le, quinze ans à peine après la loi (1905) de séparation de l’Eglise et l’Etat.

Par la loi de finances de 1920, l’Etat subventionne la construction de ces monuments commémoratifs, à condition qu’ils ne se rattachent à aucun culte. Comme dans la majorité des communes un deuxième monument aux morts est érigé dans l’église, pour recenser les paroissiens tombés aux combats.

Monument aux morts

Monument aux morts.

L'École Michel de Montaigne: Un Lieu d'Éducation Historique

Les bâtiments de l’actuel « Ecole Michel de Montaigne », jadis école des filles et école des garçons, résultent d’une réflexion du conseil municipale du 4 novembre 1905. Le projet est évalué à 56 000fr. En effet, l’ancienne école, située sur la place de Norrent vieillit mal. Ses bâtiments devenus trop exigus, insalubres et bas, sont dépourvus de cour de récréation de latrines et urinoirs.

De plus l’école qui est entourée de cabarets (l’un d’eux se situe parallèlement à quatre mètres), doit partager le bâtiment avec la mairie et le prétoire de la justice de paix, installés au premier étage (ce qui cause bruits et troubles, les jours d’audience). Sur une superficie de 53 ares, l’ensemble des bâtiments s’organise ainsi : quatre salles de classe, d’une superficie de 58 m² et de 4 m de hauteur sous plafond. (2 pour chaque sexe).

Les salles sont éclairées de 6 grandes baies opposées 2 à 2, pavées en carreaux de céramiques et la partie inférieure des murs recouverte d’un enduit ciment. Chaque école disposera d’une cour de 600 m² dotée d’un préau de 46 m² et d’un jardin d’environ 8 ares. Les privés et urinoirs (6 pour les filles, 4 pour les garçons et 2 pour les enseignants) sont situés à 15m des classes pour une surveillance aisée.

En bordure de la Nationale l’immeuble se divise en quatre logements. Les deux logements centraux seront affectés, l’un au directeur de l’école des garçons, l’autre à la directrice de l’école des filles. S’y dérouleront également les conseils de révision : Conseils chargés d’examiner dans chaque canton, lors du recrutement, si les jeunes gens appelés, sont aptes au service militaire.

Toujours dans les années 1960, le docteur Jean Duhamel édifie et établit son cabinet au N° 46. A la retraite, il quitte Norrent-Fontes et met son habitation et cabinet en vente.

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