Comprendre la Simulation de l'Impôt sur la Retraite en France
La retraite est une étape importante de la vie, et il est essentiel de comprendre comment elle est imposée en France. Cet article vous guide à travers les aspects fiscaux de la retraite, y compris l'imposition des indemnités de départ, le prélèvement à la source, et les potentielles réformes fiscales affectant les pensions.
Imposition des Indemnités de Départ à la Retraite
Lors d'un départ en retraite volontaire ou imposé par l'employeur, le salarié peut percevoir une indemnité de retraite légale ou conventionnelle. Le traitement fiscal de cette indemnité varie en fonction des conditions de votre départ.
Départ en retraite volontaire
Dans le cadre d’un départ à la retraite volontaire, les indemnités sont imposables dans leur totalité au même titre qu'un traitement ou salaire. Elles sont également soumises aux cotisations (sécurité sociale, CSG et CRDS), sauf si ce départ se fait dans le cadre d'un PSE (plan de sauvegarde de l'emploi) instauré par l'entreprise.
Si vous avez plus de 10 ans d’ancienneté dans votre entreprise, vous bénéficiez d’une indemnité minimum de départ, calculée en montant brut et qui dépend de votre ancienneté. Légalement, son montant minimal est de :
- 1/2 mois de salaire après 10 ans ;
- 1 mois de salaire après 15 ans ;
- 1 mois et demi de salaire après 20 ans ;
- 2 mois de salaire après 30 ans.
Il peut être prévu une indemnité supérieure au montant légal : renseignez-vous auprès de votre employeur.
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En cas de départ dans le cadre d’un plan de sauvegarde de l’emploi, les indemnités versées par votre employeur sont totalement exonérées.
Mise à la retraite par l'employeur
En cas de mise à la retraite par l’employeur, l'indemnité de retraite est exonérée d'impôt si elle n’est pas supérieure au minimum prévu par la loi ou le montant indiqué dans la convention ou l'accord collectif de branche.
Et vous toucherez au minimum :
- 1/4 de mois de salaire par année d’ancienneté pour les 10 premières années ;
- 1/3 de mois de salaire par année d’ancienneté à partir de la 11e année.
Si cette indemnité est supérieure aux montants plafond prévus par la loi ou l’accord collectif, elle peut toutefois demeurer exonérée d’impôts sur le revenu si elle ne dépasse pas l’un des deux montants suivants :
- Deux fois le montant de la rémunération brute annuelle perçue l’année qui précède votre départ en retraite, dans une limite de 231 840 € pour les indemnités perçues en 2024.
- Ou 50 % du montant de l’indemnité perçue dans la même limite que ci-dessus.
C'est le montant le plus avantageux qui sera pris en compte.
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Les cotisations sociales sont appliquées de la façon suivante : Si l’indemnité de retraite est inférieure à 471 000 €, elle est exonérée de cotisations de la sécurité sociale, de CSG et CRDS sur le montant inférieur à 94 200 €. Si l’indemnité est supérieure à 471 000 €, la part inférieure à 94 200 € est exonérée de CSG et de CRDS et au-delà de cette part, elle sera intégralement soumise à la CSG et CRDS sans l’abattement de 1,75 %.
Prélèvement à la Source (PAS) : Impact sur la Pension de Retraite
Depuis le 1er janvier 2019, les pensions de retraite sont versées aux bénéficiaires après prélèvement de l’impôt à la source. Ce sont les caisses de retraite qui sont chargées d’effectuer ce prélèvement à la source, en fonction d’un taux d’imposition du contribuable transmis par l'administration fiscale.
Ce taux est appliqué après calcul du montant imposable de votre retraite (montant brut + avantages imposables, déduction faite de la part de CSG déductible).
Le prélèvement à la source (PAS) de l’impôt sur le revenu existe depuis le 1er janvier 2019. Il a pour objectif de faire coïncider le paiement de l’impôt avec la situation du contribuable. C’est la raison pour laquelle, il est indispensable de déclarer tout changement de situation familiale ou professionnelle en se rendant sur son espace personnel sur le site des impôts.
Comment le taux de prélèvement est-il déterminé ?
Les contribuables peuvent choisir entre trois options :
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- Le taux personnalisé: Ce taux est déterminé par l'administration pour chaque foyer fiscal. Par défaut, les membres du couple sont imposés au même taux. Cependant, il est possible d'opter pour un taux individualisé correspondant aux revenus individuels. Il est calculé sur la base de l’impôt sur le revenu et des revenus de l’année dernière pour les prélèvements opérés de janvier à août de l’année concernée, et sur la base de l’impôt sur le revenu et des revenus de l’année précédente pour les prélèvements opérés de septembre à décembre.
- Le taux individualisé: Cette option a pour but de prendre en considération les écarts de revenus entre les conjoints ou les partenaires d’un Pacs. Il est donc calculé sur les revenus de chacun d’entre eux. Ce choix conduit à minorer le taux applicable à l’époux ou partenaire disposant des revenus personnels les plus faibles et à majorer celui applicable à l’époux disposant des revenus personnels plus élevés. La prise en compte du nombre de parts de quotient familial pour le calcul de l’impôt reste identique.
- Le taux neutre: Ce choix permet aux salariés de ne pas dévoiler leur taux de prélèvement à la source à leur employeur. Il est souvent utilisé par ceux qui ont d’autres revenus conséquents qui viennent s’ajouter à leur salaire. Si vous optez pour le taux neutre, votre employeur appliquera ce taux sur la base du montant de la seule rémunération qu’il verse. Si vous optez pour le taux neutre, celui-ci ne prend pas en compte votre situation familiale, mais uniquement votre rémunération.
Les revenus à la retraite sont généralement diminués par rapport aux revenus que vous touchiez en activité. Dès votre départ en retraite, il est conseillé d’actualiser votre taux de prélèvement directement en ligne sur votre espace personnel, sur le site des impôts. Si ce n’est pas fait, vous devrez attendre le mois de septembre de l'année suivante pour que ce taux de prélèvement soit adapté à votre nouvelle situation.
Peut-on moduler son taux de prélèvement à la source lors de son départ à la retraite ?
Le départ à la retraite est la plupart du temps accompagné d’une diminution de revenus. Fort heureusement, il est possible de réduire le taux de prélèvement à la source pour éviter de déséquilibrer votre budget.
Lorsque vous touchez une pension de retraite, le prélèvement est effectué par vos caisses de retraite. Or, si ce montant évolue automatiquement en fonction de vos revenus, le taux de prélèvement reste le même jusqu’à votre prochaine déclaration. Comme pour tous les changements de situation familiale ou professionnelle, vous pouvez moduler votre taux de prélèvement dans votre espace particulier. Il vous suffit de vous rendre dans la rubrique « Gérer mon prélèvement à la source », puis « Actualiser suite à une hausse ou une baisse de vos revenus ».
Après avoir validé les informations concernant la composition de votre foyer fiscal ou apporté des modifications si nécessaire, vous pourrez communiquer au service des impôts une estimation de vos revenus jusqu’au 31 décembre de l’année en cours. Cette évaluation sera basée sur le montant de votre pension de retraite. Une fois ces informations saisies, votre nouveau taux de prélèvement à la source sera calculé et transmis directement à vos caisses de retraite.
Cette modification nécessite 2 mois maximum pour être effective. Toutefois, ce délai peut varier selon les organismes chargés de vous verser votre pension de retraite. Il est donc préférable de procéder au changement de votre PAS dès que possible pour éviter de voir votre pension amputée d’une somme trop élevée.
Déductions et Exonérations Fiscales
Tous les retraités ont droit à une déduction forfaitaire de 10 %. Pour les revenus de l'année 2025 (déclarés en 2024), cet abattement est plafonné à 4 399 € pour l'ensemble des membres du foyer fiscal.
Certaines prestations, allocations ou pensions de vieillesse sont totalement exonérées. Parmi celles-ci on peut citer :
- L’allocation personnalisée d'autonomie, l'allocation de solidarité aux personnes âgées (AVTS), l'allocation supplémentaire d'invalidité (ASI) et celle du minimum vieillesse ;
- Les pensions de vieillesse allouées par la Sécurité sociale et dont le montant ne dépasse pas celui de l'allocation aux vieux travailleurs salariés (AVTS) sous conditions de ressources ;
- Certaines pensions militaires, de guerre ou assimilées.
Comment calculer son impôt sur le revenu à la retraite ?
Le site en ligne, Service public.fr met à votre disposition un simulateur de calcul des impôts. Cet outil prend en compte vos pensions de retraite, mais aussi d'autres revenus (fonciers, gains de cessions de valeurs mobilières, par exemple).
En effet, la pension de réversion est imposable quel que soit le régime de retraite de base ou complémentaire qui vous la verse. Vous devez la déclarer à l'administration fiscale au même titre que les revenus ou une pension de retraite "classique". En revanche, comme les pensions de retraites, les pensions de réversion bénéficient d'un abattement de 10 % avec un montant d'abattement minimum de 450 € par pensionné et un montant maximum de 4 399 € par foyer fiscal.
Une retraite doit s'anticiper pour éviter de se retrouver avec une baisse trop importante de ses revenus. En effet, les régimes de retraite obligatoire de base et complémentaire sont mis en difficulté en raison du vieillissement de la population. C'est pourquoi il est fortement conseillé de commencer à épargner dès le début de sa carrière. Avec la loi PACTE, les PER (plans d'épargne retraite) individuels ou collectifs permettent aujourd'hui de se constituer un complément de retraite sous la forme d'une rente viagère ou d'un capital. Ces dispositifs sont aussi communément appelés "contrats d'épargne retraite supplémentaire".
Comment Optimiser sa Fiscalité ?
Simulateur d'Impôts Simplifié
Ce simulateur simplifié permet d'estimer ses impôts à payer.
- Indiquez le montant de votre revenu net fiscal perçu en 2025. Ne confondez pas le revenu net fiscal et le revenu net imposable. Le revenu net imposable est obtenu en appliquant soit l'abattement forfaitaire de 10%, soit la déduction des frais réels. Le montant demandé ici est celui sans avoir effectué la déduction de l'abattement forfaitaire, il s'agit par exemple du montant figurant comme le salaire net annuel sur votre feuille de paie du mois de décembre. Ce montant est celui que vous indiquez dans la case revenu de votre déclaration de revenu. N'appliquez donc pas l'abattement de 10%. Incluez vos revenus issus de placements de votre capital, si ces derniers ne font pas l'objet du prélèvement libératoire.
- Foyer fiscal : Célibataire ou En couple ? Cette information est nécessaire pour le calcul du plafonnement du quotient familial.
- Nombre d'enfants à charge : Indiquez votre nombre d'enfants à charge, ou toute demi-part supplémentaire (chaque enfant comptant pour une demi-part supplémentaire).
- Nombre de parts du foyer fiscal : Nombre de parts fiscales du foyer : Les personnes à charges comptent pour une demi-part.
- Indiquez le montant global de vos réductions d'impôts (réductions liées aux FIP/FCPI, SOFICA, SCPI, dons aux associations, emploi d'un salarié à domicile, immobilier de service, Duflot, Scellier, Robien, etc.
Suppressions et Modifications de l'Abattement Forfaitaire de 10%
Afin de tenter de réduire le déficit du pays, une piste refait régulièrement surface : supprimer l’abattement forfaitaire de 10% portant les pensions de retraite.
Nouveauté juillet 2025 : la suppression de l’abattement forfaitaire de 10% portant sur les pensions de retraite pour le calcul du revenu imposable, serait en partie compensée par la mise en place d’un abattement forfaitaire de 2.000€ par personne.
Tout comme pour les actifs n’optant pas pour la déclaration de leurs frais professionnels réels, les retraités bénéficient de l’abattement forfaitaire de 10% portant sur les pensions de retraite perçues. Certains pensent que cet abattement de 10%, entré en vigueur en 1978 sur les pensions de retraite perçues, devrait être supprimé. Cela permettrait de faire augmenter l’imposition des pensions de retraite de l’ordre de 4 milliards d’euros par an.
Exemple chiffré : un retraité célibataire, de moins de 65 ans, sans enfant à charge, percevant 20.000 € de pensions de retraite par an (soit 1.666 € par mois), paierait 465 euros d’impôts sur le revenu en supprimant l’abattement de 10%. Avec l’abattement actuellement encore en vigueur, son impôt sur le revenu à payer n’est que de 145 euros. La suppression de cet abattement de 10% ferait grimper son impôt sur le revenu de 320 euros, soit une hausse de + 120 % !
⚠️ La suppression de l’abattement forfaitaire de 10% sur les pensions n’est pas actée. Pour l’instant, il ne s’agit que d’effets d’annonces de certains économistes et personnages politiques (Medef). Ce point revient régulièrement sur le devant de la scène dès lors que l’on évoque la crise de la dette et le déficit budgétaire du pays.
| Situation | Pension annuelle | Impôt avec abattement de 10% | Impôt sans abattement de 10% | Augmentation de l'impôt |
|---|---|---|---|---|
| Retraité célibataire, moins de 65 ans, sans enfant | 20 000 € | 145 € | 465 € | 320 € (+120%) |
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