Euthanasie et Suicide Assisté en France : Ce que Révèlent les Sondages et les Chiffres de l'Insee

La fin de vie est une question qui anime les Français, objet d’une convention citoyenne à la demande de l’ancienne Première ministre Elizabeth Borne et de nombreux débats. En France, près de 650 000 décès surviennent chaque année, selon l’Insee (2023). Catherine Vautrin, ministre de la Santé, déclarait ce jeudi dans Sud-Ouest « Je pense que nous sommes prêts. ».

Pourtant, d’après un sondage BVA publié en janvier 2024, 42 % des Français avouent ne pas connaître la loi Claeys-Leonetti de 2016. Ce décalage entre réalité sociale et compréhension du cadre légal pose une question urgente : comment mieux accompagner les derniers instants, humainement et juridiquement ?

Il est urgent que l’Assemblée nationale débatte de ces questions, selon 87% des Français. 83% déclarent que cette institution a vocation à parler de ces questions à travers un texte de loi. Preuve de l’importance du sujet, 1 Français sur 2 annonce être prêt à renoncer à voter en faveur d’un candidat proche de sa sensibilité politique mais qui, sur les questions liées à la fin de vie, se déclarerait opposé à la légalisation de l’euthanasie. C’est 18 points de plus qu’en 2017 (32%).

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L'Opinion des Français sur l'Euthanasie et le Suicide Assisté

Les questions liées à l'euthanasie et au suicide assisté sont prioritaires pour les Français. En effet, plus de neuf Français sur dix (92%) se déclarent favorables à l’euthanasie lorsque le patient, atteint d’une maladie insupportable et incurable, en formule la demande.

Sur le recours au suicide assisté, c’est-à-dire l’autorisation pour les personnes souffrant de maladies incurables de s’administrer un produit létal sous la supervision d’un médecin, même constat. 89% des Français approuvent l’autorisation de cette pratique, dont 52% « tout à fait ».

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93% des Français considèrent que la loi française devrait autoriser les médecins à mettre fin, sans souffrance, à la vie de des personnes atteintes de maladies insupportables et incurables si elles le demandent. C’est un chiffre stable par rapport à notre dernière enquête datant de 2017. Cette étude montre aussi que les Français sont majoritairement pour l’autorisation du suicide assisté pour des personnes souffrant de maladies insupportables et incurables. 89% approuvent cette idée, et seulement 4% pas du tout. C’est aussi un chiffre stable par rapport à 2017 (90%).

Évolution de la mortalité en France

La Loi Claeys-Leonetti et les Perspectives d'Évolution

Promulguée le 2 février 2016, la loi Claeys-Leonetti consacre trois droits majeurs : le refus d’un acharnement thérapeutique, la sédation profonde continue et l’obligation de soins palliatifs.

La sédation profonde continue (SPC) est un traitement qui maintient un patient dans un état de conscience altérée jusqu’au décès. En pratique, le midazolam est administré par voie sous-cutanée, souvent associé à un opioid (morphine ou hydromorphone) pour la douleur. La SPC n’est pas une euthanasie : l’intention est de soulager, non d’abréger.

En avril 2023, le président Emmanuel Macron annonçait la préparation d’un projet de loi « d’aider à mourir », inspiré des modèles belges et espagnols. D’un côté, les défenseurs d’une aide active à mourir (ADMD, Jean-Luc Roméro) prônent la liberté individuelle ; de l’autre, des collectifs de soignants, dont la Société française d’anesthésie-réanimation, soulignent le risque d’une « glissade éthique » si la loi autorise le suicide assisté.

Les Défis Démographiques et Économiques

L’Insee prévoit 5 millions de personnes de plus de 85 ans en 2030, soit +60 % en dix ans. Les dépenses de soins palliatifs pourraient atteindre 4,8 milliards d’euros (Cour des comptes, 2023).

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Année Population de plus de 85 ans (prévisions) Dépenses de soins palliatifs (prévisions)
2030 5 millions 4,8 milliards d'euros

L'Innovation au Service de la Fin de Vie

L’IA s’invite aussi dans la fin de vie. En 2024, l’OMS approuve le protocole e-Palliative, fondé sur un algorithme capable de prédire la dégradation fonctionnelle avec 92 % de précision. Objectif : adapter, plus tôt, la prise en charge et éviter les hospitalisations d’urgence.

Tokyo, décembre 2023 : le robot émotionnel Paro, en forme de phoque, obtient la certification de dispositif médical. En France, la start-up Cutii a déjà déployé 500 unités dans les Ehpad, offrant appels vidéo et rappels de traitement. La réalité virtuelle (VR) suit la même pente. Au CHU de Nantes, un programme pilote permet d’emmener virtuellement les patients au musée d’Orsay. Résultat : réduction de 25 % des doses de morphine, selon les données publiées en mars 2024 dans la revue Supportive Care in Cancer.

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