Thierry Corbarieu : parcours professionnel, exploits d’ultra-trail et projets d’entreprises
Thierry Corbarieu est un ultra-traileur et aventurier de l’extrême passionné. À 55 ans, le sportif est une référence dans le monde des courses polaires et des ultra-trails extrêmes. Spécialiste des très longues distances, Thierry Corbarieu réalise des courses dans différents environnements et, bien souvent, en conditions extrêmes.
Palmarès et expériences en milieu extrême
Voilà une vingtaine d’années que Thierry Corbarieu court marathons ou ultra-trails dans les milieux les plus hostiles. Cet ultra-traileur expérimenté compte un palmarès incroyable. En 2019, il est ainsi devenu le premier Français à remporter la Yukon Arctic Ultra 700 km. Une expédition de 9 jours non-stop en milieu polaire.
Vainqueur de la Yukon Arctic Ultra au Canada, de l’Iditarod 1000 en Alaska et de la Montagne Lapland Race en Suède, il a participé aux épreuves les plus exigeantes du monde. Vous êtes l’un des rares Français à avoir participé à plusieurs courses extrêmes en milieu polaire. Pouvez-vous nous en parler ? J’ai couru l’an dernier 1 600 km au total sur cette catégorie sportive extrême, en plein hiver.
Ce qui accentue la difficulté, c’est la neige. Pour le Lapland Artic Ultra par exemple, je vais courir pendant 500 kilomètres en Laponie dans des conditions hivernales, avec beaucoup de neige sur le parcours, en tirant un traîneau de 16 kilos. Sur de telles courses, je ne dors qu’une heure et demie à trois heures par nuit. Au-delà de l’endurance et de l’effort physique, ce type d’épreuve fait appel à d’autres qualités, comme le choix du matériel, l’adaptation au milieu natural, le sens de l’orientation etc. C’est pourquoi je me considère aujourd’hui davantage comme un aventurier que comme un sportif.
Mon meilleur souvenir est ma première victoire sur un ultra (la 333 au Maroc). « J’ai commencé le trail en 2005 lors du marathon des Sables au Maroc qui m’a donné le goût de ces courses extrêmes dans des paysages hors du commun », raconte Thierry Corbarieu. Cet aventurier de l’extrême prévoit d’effectuer le tour du monde en aviron et à vélo avec son fils, en 2025.
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Tour du monde à vélo et à la rame : un projet de vie
C’est le projet d’une vie ! Je prévois d’effectuer ce tour du monde à vélo et à la rame pendant 9 mois, sur 25 000 km au total. Je partagerai pour la première fois cette aventure avec mon fils Yan, âgé de 19 ans. L’objectif est de partir le 8 novembre de la place du Capitole à Toulouse à vélo, jusqu’en Espagne.
Le parcours de Thierry Corbarieu et de son fils débutera par un trajet de 1 300 kilomètres à vélo, reliant Toulouse à Cadix, avant d’atteindre l’île d’El Hierro, dans les Canaries. De là, ils se lanceront dans la traversée de l’Atlantique vers la Guadeloupe, une aventure de 5 000 kilomètres qui s’étendra sur une période de 50 à 70 jours. Le plus gros morceau de ce périple sera la traversée de l’Atlantique à la rame avec mon fils, en direction de la Guadeloupe, soit 5 000 à 6 000 km.
Nous prévoyons d’effectuer cette traversée en 50 à 70 jours. Nous nous relaierons pour ramer toutes les 2 heures en journée et toutes les 4 heures la nuit. Nous irons chercher le courant favorable du Gulf Stream et une ancre flottante nous évitera de reculer en cas de vents contraires. Notre vitesse devrait être de 5 km/h en moyenne.
Dimension éducative et humanitaire
Le projet comporte une dimension éducative et humanitaire : nous avons plusieurs projets avec des écoles et nous tenterons de collecter de l’argent pour l’association « KO la Muco », qui permet à des malades atteints de mucoviscidose de réaliser leurs rêves. Les écoles de la région toulousaine s'impliqueront activement dans le projet, suivant l'évolution de l’expédition et partageant les expériences de Thierry et Yan tout au long de leur voyage.
Six écoles de la région vont suivre notre projet, du CM1 au collège, notamment une section SECPA, qui regroupe des élèves en difficulté. Les enseignants vont construire tout au long de l'année un programme en lien avec notre parcours. Nous avons même prévu des visioconférences depuis l'océan pour échanger avec eux.
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Traversée de l’Atlantique à la rame : logistique et sécurité
J’ai choisi un bateau de marque Rannoch 7,32 mètres utilisé pour la World’s Toughest Row, une course d’aviron à travers l’Atlantique ou le Pacifique. Il s’agit de l’Adventure R25 Solo, avec un seul poste de rames, que j’ai acheté à Karen Weekes, une Irlandaise qui a traversé l’Atlantique à la rame en 2021. Il a fallu solliciter le fabricant britannique, pour qu’il se fasse identifier auprès des autorités françaises et j’ai dû faire appel à une entreprise spécialisée dans l’immatriculation de bateaux.
Nous serons livrés à nous-mêmes pendant cette traversée. En effet, nous n’aurons aucune assistance sur l’eau en cas de problème, avec une réserve de nourriture (des repas lyophilisés) de 85 jours maximum. Nous emportons un stock de vivres limité car nous sommes contraints par le poids du bateau.
Nous aurons un dessalinisateur d’eau de mer à bord alimenté par 2 batteries de 100 AH, des panneaux solaires et peut-être une éolienne. Nous avons une pompe de secours manuelle, en cas d’avarie. Nous aurons à bord un AIS (Système Automatique d’Identification), un système de sécurité qui nous avertira en cas d’approche d’un gros bateau et qui permettra de signaler notre position et notre identité. Nous disposerons aussi de tous les équipements de sécurité présents sur les bateaux classiques : un radeau de survie (car notre embarcation n’est pas insubmersible), des lumières rouges et vertes pour la nuit (obligatoires), un système de pilotage automatique, une boussole électronique avec GPS.
Nous serons assistés à distance par un routeur habitué à guider les bateaux pour les régates, ainsi que trois routeurs de Météo France pour trouver les itinéraires optimaux ou assurer la communication, une équipe de kinés, des médecins. Tous seront disponibles en permanence en cas de besoin. Au total, nous serons accompagnés par quarante personnes.
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Risques, avaries et préparation
Nous nous attendons à des moments difficiles, notamment au départ où la hauteur des vagues peut être importante à cette saison. Et avec les efforts fournis pour ramer, je m’attends à ce que nous perdions au moins une dizaine de kilos. Il faudra que nous plongions régulièrement sous la coque pour la nettoyer des coquillages et autres, et on ne sait jamais quel type de poisson, de squale ou de cétacé on peut croiser. Certains rameurs ont eu la mauvaise surprise de voir leur coque perforée par un espadon !
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Quelles que soient les difficultés, la somme des expériences et des compétences de chacun nous permettra d’atteindre notre objectif, affirme Thierry, soulignant l'importance de la préparation avant un tel défi.
Entraînement, matériel et préparation technique
Les entraînements sont prévus à partir du mois d’avril à Gruissan, près de Narbonne, avec la possibilité de s’entraîner sur l’étang de Bages lorsque la houle est trop forte en mer. J’ai prévu de faire 150 à 200 heures de navigation. Nous envisageons de faire une traversée à la rame jusqu’en Corse.
L’équipementier Cimalp va également réaliser des vêtements techniques spécialement conçus pour notre traversée. Plusieurs entreprises du BTP, secteur que je connais bien professionnellement, ont déjà accepté de nous soutenir. Je démarche actuellement d’autres partenaires, notamment dans le secteur de la course à pied.
Financement et rôle entrepreneurial
Le budget total du projet est de 170 000 euros, dont 65 000 euros ont été consacrés à l’achat du bateau. Nous prévoyons également 20 000 euros pour la réalisation d’un film sur notre aventure, qu’on espère vendre à une plateforme. J’ai fondé une entreprise d’électricité et de climatisation à 20 ans, et je l'ai dirigée pendant plusieurs décennies.
Gérer une entreprise m’a appris à structurer mon temps, à respecter des engagements, et à diriger des équipes. Ce sont des compétences que j’applique aussi dans ma vie de sportif. Tout est une question de priorités et de planification. Les entreprises locales aux grandes marques de sport, tous s’unissent pour apporter leur aide à Thierry et Yan, que ce soit en termes de matériel, de financement ou de logistique.
Dimension humaine : transmission père-fils
Faire le Tour du Monde avec mon fils Yan, âgé de 19 ans, c’est aussi une aventure humaine exceptionnelle, déclare-t-il. À l'origine, j’avais conçu ce projet comme une aventure solo, et c’est ce qui m'intéressait : cette relation avec moi-même. Donc j’ai commencé par refuser.
Et puis, je lui ai dit de regarder 2 films. Celui sur Gérard d'Aboville, et un autre qui raconte l’aventure de deux Anglais qui tentent de battre un record du monde en parcourant 18 000 km, du Cap en Afrique du Sud jusqu’au Nord. Ce que je voulais que mon fils comprenne, c’est que dans une aventure, qu’il s’agisse d’un engagement envers soi-même, un partenaire ou un coéquipier, il est crucial d’être sur la même longueur d’onde tout au long du chemin. C’est ça, la vraie difficulté.
Cette aventure est devenue une opportunité précieuse de partage, un moment de transmission entre nous. Yan est jeune, moins expérimenté, mais il a cette envie de se mesurer à quelque chose de grand, et je suis fier qu’il ait décidé de me suivre. Nous sommes très différents, que ce soit physiquement ou mentalement. Nos façons de réagir face aux difficultés ne sont pas les mêmes, et c’est un vrai défi.
Nous en discutons beaucoup, car il faut être prêt mentalement autant que physiquement. Il y aura forcément des tensions, quand la fatigue et l’isolement se feront sentir, mais l’important est de rester dans l’écoute, de trouver des solutions ensemble. C’est aussi une leçon de vie que je souhaite lui transmettre : dans les moments les plus difficiles, il faut savoir prendre du recul et avancer malgré tout.
Déroulement et retours sur l’expédition
World Tour With Dad, c'est parti ! Grand moment d'émotion le 8 novembre Place du Capitole à Toulouse où Obazyne était présente pour encourager et soutenir Thierry et Yan. La cérémonie de départ sera marquée par la présence de Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse, qui inaugurera l'événement sur grand écran de 10h à 12h.
Après sept mois d’aventures, ils l’ont fait : Thierry Corbarieu (55 ans) et son fils Yan (20 ans) ont bouclé leur tour du monde sans assistance à pied, à vélo et à la rame. Un défi mené pour récolter des fonds pour l’association « KO la muco » qui lutte contre la mucoviscidose. Au cours de leur itinéraire, le père et son fils ont d’abord traversé l’Atlantique depuis les Canaries jusqu’à la Guadeloupe, avant de rejoindre ensuite New York puis de traverser 14 États à travers les États-Unis.
« Il (Yan) s’est blessé depuis peu donc il est à vélo, mais je suis très fier de lui il a vraiment tenu le choc », a développé samedi Thierry Corbarieu à nos confrères de France Bleu. C’est la première fois que le traileur de l’extrême bouclait un défi d’une telle ampleur avec son fils. Après avoir atteint la Guadeloupe, Thierry et Yan continueront leur périple à vélo avec des modèles gravels, pesant chacun 25 kg, parcourant une distance de 7 000 kilomètres entre Miami et Seattle.
Impact et reconnaissance
Cette aventure ne se limite pas à l’aspect sportif. Nous voulons que ces enfants puissent vivre leurs rêves, insiste Thierry, également parrain de l’association. Cet engagement envers une cause noble illustre la volonté de Thierry et Yan de donner un sens plus large à leur aventure, en sensibilisant le public aux défis que rencontrent ces enfants et leurs familles.
| Élément | Détail |
|---|---|
| Distance totale prévue | 25 000 km |
| Traversée Atlantique | 5 000-6 000 km (50-70 jours) |
| Bateau | Rannoch 7,32 m (Adventure R25 Solo) |
| Budget | 170 000 € (65 000 € pour le bateau) |
| Équipe d’assistance à distance | Routeurs, Météo France, kinés, médecins (≈40 personnes) |
| Objectif humanitaire | Collecte pour KO la Muco, projets scolaires |
On a toujours le temps qu’on se donne. Ça demande évidemment de l'énergie, mais si on est organisé et motivé, on trouve toujours une solution. Je suis la preuve qu’on peut y arriver. Même si c'est parfois difficile, l'important est de rester passionné et d’avoir un objectif clair.
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