Statistiques détaillées de la fréquentation touristique en France : 1 414 899 nuitées
La fréquentation touristique en France résiste plutôt bien face aux défis récents, avec une dynamique encourageante notamment en 2024. Après une hausse de 2,4 % en 2023, la fréquentation globale maintient une légère progression, atteignant notamment 1 414 899 nuitées dans certains secteurs clés. Ce bilan positif s'inscrit dans un contexte économique et sanitaire encore en évolution, marqué par des adaptations des comportements touristiques et des pratiques de consommation.
Évolution générale de la fréquentation touristique
Le début de l'année 2024 est assez favorable à la fréquentation touristique, renouant avec un niveau proche, voire légèrement supérieur, à celui de 2019 (+0,4 %) pour certains types d'hébergements et régions. Cette stabilité suit une succession de hausses consécutives qui ont suivi l'effondrement lié à la crise sanitaire de 2020.
Par ailleurs, la fréquentation est en légère hausse par rapport à l'année précédente (+0,3 %), avec un total remarquable de 55,2 millions de nuitées en Occitanie, région où l'emploi salarié croît moins rapidement qu'auparavant (+0,2 % contre +0,8 % en 2023). Toutefois, cette tendance n'est pas homogène sur tout le territoire : certains départements comme l'Ariège affichent une dynamique robuste avec +7,7 % de fréquentation, tandis que d’autres, tels que l'Aude (-2,5 %) ou les Hautes-Pyrénées (-1,1 %), enregistrent un recul.
Les secteurs et types d’hébergements
Les hébergements collectifs de tourisme, incluant hôtels et campings, enregistrent une hausse importante. En été 2025, par exemple, la fréquentation atteint 257,8 millions de nuitées, soit une progression de 9,1 millions par rapport à l'été précédent. Les campings connaissent la plus forte fréquentation avec 124,9 millions de nuitées, en hausse de 3,9 millions par rapport à 2024. La fréquentation hôtelière, après une période plus calme, retrouve vigoureusement son dynamisme avec 90,4 millions de nuitées cet été, soit 3,8 millions de plus qu'en 2024.
Les hébergements en plein air et individuels attirent également, notamment en raison de la volonté des touristes de réaliser des séjours moins onéreux qu’en haute saison et dans un contexte où les résidents français privilégient davantage les séjours à l'intérieur de leur région ou la proximité.
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Impact des clientèles et marchés étrangers
La clientèle française reste majoritaire dans la fréquentation touristique : elle est au deuxième rang dans l’hôtellerie de plein air durant la saison estivale, et les résidents représentent plus des deux tiers des nuitées estivales dans les hébergements collectifs. Toutefois, la fréquentation internationale progresse également, avec une augmentation de 4,5 % des nuitées provenant de l’étranger, représentant un quart des nuitées dans les hôtels. Les marchés européens, notamment le Royaume-Uni, restent importants, malgré un certain recul dû aux effets du Brexit (-17,5 %). Les Etats-Unis se distinguent comme deuxième marché émetteur de recettes, juste derrière la Belgique et devant le Royaume-Uni et l'Allemagne.
Selon l'observatoire Atout France/Forwardkeys, les arrivées aériennes internationales augmentent de 2,5 % cet été, témoignant de la capacité de la France à attirer des visiteurs de proximité et plus lointains, avec un trafic particulièrement dynamique sur les mois de juillet et août.
Variations saisonnières et territoriales
La fréquentation varie selon les saisons et les territoires. Par exemple, les nuitées diminuent de 5,8 % en avril mais augmentent de 9,3 % en mai 2024. La montagne bénéficie notamment d'une bonne fréquentation, avec une hausse estivale des nuitées de 2,5 % par rapport à 2024 et 44,6 millions de nuitées cet été. En revanche, les Pyrénées-Orientales subissent une baisse significative (-9,9 %).
Le littoral reste « prisé » avec 104,6 millions de nuitées en été, dont près des deux tiers choisissant le camping. La hausse de la fréquentation a été plus marquée au nord et à l’ouest qu’autour de la Méditerranée, impactée par des conditions climatiques changeantes telles que des vagues de chaleur, des pluies intenses et des incendies localisés qui ont influencé les flux vers des zones moins exposées comme la Bretagne ou la Normandie.
Adaptations des vacanciers et tendances de consommation
Face à un contexte économique contraint, les vacanciers tendent à adapter leur comportement. Un quart des vacanciers ont réduit la durée de leur séjour et un tiers ont changé de destination pour des raisons économiques. La réduction des budgets se traduit en priorité par une diminution des dépenses en restauration (60 % des réductions) et achats, tandis que les activités de loisirs sont moins impactées (30 %), signe d’une volonté de préserver l’expérience touristique et le sens du séjour.
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Ces changements s’accompagnent également d’une augmentation des réservations de dernière minute, notamment à J-10 avant le départ, liée aux conditions climatiques instables et aux aléas environnementaux.
Impact économique du tourisme en France
Le tourisme demeure un secteur clé de l’économie française. En 2023, le Produit intérieur brut direct du tourisme représentait 3,8 % du PIB de la France, soit 83,6 milliards d’euros. La consommation touristique intérieure (CTI) s’élevait à 211 milliards d’euros, majoritairement répartie entre résidents (135 milliards) et non-résidents (76 milliards).
En 2025, la France enregistre un record historique de recettes internationales avec 77,5 milliards d’euros, en hausse de 9 % par rapport à 2024, ainsi qu’un solde positif de la balance des paiements de 20,1 milliards d’euros. Ces résultats confirment la position de la France comme première destination touristique mondiale.
| Indicateur | Valeur 2023/2024/2025 | Variation |
|---|---|---|
| Fréquentation totale (nuitées hébergement collectif) | 257,8 millions (2025) | +9,1 millions vs 2024 |
| Nuitées campings | 124,9 millions (été 2025) | +3,9 millions vs 2024 |
| Nuitées hôtelières | 90,4 millions (été 2025) | +3,8 millions vs 2024 |
| Recettes internationales du tourisme | 77,5 milliards EUR (2025) | +9 % vs 2024 |
| Part du tourisme domestique dans le PIB touristique | 70 % (2023) | Stable |
Perspectives et enjeux futurs
Face aux évolutions des comportements touristiques, Atout France et les acteurs du secteur s’efforcent d’adapter l’offre, notamment en soutenant un tourisme accessible aux personnes en situation de handicap et aux familles précaires. La transition écologique est également au cœur des stratégies, avec un accent sur l’itinérance douce (vélo, randonnée, tourisme fluvial) et l’adaptation climatique des territoires.
Cette démarche vise à garantir la possibilité pour tous les Français de partir en vacances tout en consolidant la position de la France comme première destination touristique mondiale. Elle ouvre la voie à un tourisme plus durable, inclusif et innovant.
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Pourquoi la fréquentation touristique a reculé de 2,5% cet été en France
Christian Mantei, Président d’Atout France, souligne : « La fidélité des clientèles françaises, la vitalité des marchés européens et l’essor de certains marchés extra-européens témoignent de la force d’attractivité de la destination France. »
Adam Oubuih, Directeur général d’Atout France, ajoute : « La dynamique observée sur plusieurs marchés internationaux, conjuguée à la stabilité du marché domestique, témoigne de la résilience de la destination. »
Par ailleurs, Stéphane Villain, président d’ADN Tourisme, rappelle que « l’été demeure un moment incontournable de déconnexion et de retrouvailles », confirmant l’importance des destinations littorales et des activités liées à l’itinérance, vélo et randonnée, dans le contexte actuel.
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