Cumul de deux activités en auto-entrepreneur : règles, seuils et conséquences
Il est possible de cumuler plusieurs activités indépendantes au sein d'une seule micro-entreprise. Le cumul d'activités consiste à exercer plusieurs activités distinctes au sein d'une seule structure.
Ainsi, une société ou une entreprise individuelle (y compris micro-entreprise) peut avoir une activité principale et une ou plusieurs activités secondaires (on parle également parfois d’activité mixte). Les activités cumulées peuvent être de même nature ou de natures différentes (comme par exemple le cumul d'une activité commerciale et d'une activité artisanale).
Quelles activités peuvent être cumulées ?
Vous pouvez tout à fait avoir plusieurs activités sous une seule micro-entreprise. Cela permet de diversifier vos revenus sans avoir à créer une nouvelle structure. Il est tout à fait possible d'exercer plus d'une activité sous un même nom propre !
On parle d’activités distinctes si vos différentes activités ne sont absolument pas liées. Par exemple, si votre activité indépendante principale est la microbrasserie artisanale et votre activité indépendante secondaire les cours de soutien scolaire, ce sont des activités distinctes.
Si vos activités secondaires découlent de votre activité indépendante principale, alors on parle d’activités mixtes. Par exemple, si vous êtes luthier (donc artisan BIC) et que vous vendez en plus des instruments et des cordes, ce sont des activités mixtes.
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Il est possible de cumuler deux activités différentes au sein d’une même micro-entreprise, même si celles-ci n’ont aucun lien entre elles. Certaines activités réglementées sont incompatibles entre elles. Il est par exemple impossible d’être pharmacien et professionnel de santé ou contrôleur technique auto et mécanicien indépendant.
Formalités et immatriculation
Lors de la création de votre micro-entreprise, il est tout à fait possible de déclarer plusieurs activités, même si celles-ci sont complètement différentes. Il vous sera alors demandé de déterminer l’activité principale, à savoir l’activité générant le plus de chiffre d’affaires. C’est sur cette activité principale que votre code APE et votre numéro SIREN/SIRET seront déterminés.
Si vous possédez une micro-entreprise déjà en activité et que vous souhaitez démarrer une nouvelle activité, il vous faudra faire une demande de modification, afin d’ajouter cette dernière, sur le site de l'URSSAF en remplissant un formulaire P2. Cette modification sera alors enregistrée auprès du Centre de formalités des entreprises.
Depuis le 1er janvier 2023, les créations, modifications et cessations d’activité se font auprès du guichet unique. Au moment de la création, il suffit d’indiquer l’activité qui constitue votre activité principale, donc celle qui vous rapporte le plus de recettes.
Immatriculation selon la nature de l’activité
- Artisanale : RNE
- Commerciale : RCS + RNE
- Libérale : RNE
- Agent commercial : RSAC + RNE
Une micro-entreprise n’aura donc qu’un seul code APE et numéro SIREN, même si celle-ci exerce différentes activités. Vous garderez un seul numéro SIREN et SIRET.
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Seuils de chiffre d’affaires et maintien du régime micro-fiscal
Pour continuer de bénéficier du régime juridique micro-fiscal, votre chiffre d’affaires ne doit pas excéder les plafonds correspondant à l’exercice en cours. Lorsque deux activités sont liées entre elles en auto-entreprise, mais ne sont pas soumises au même plafond, il faut déterminer le seuil de chiffre d’affaires qui s’appliquera aux deux activités. Il suffit de définir en amont quelle sera l’activité principale, c’est-à-dire celle qui génère le plus de chiffre d’affaires.
Pour continuer de bénéficier du régime micro-fiscal, votre chiffre d’affaires ne doit pas excéder les plafonds correspondant à l’exercice en cours. Pour en bénéficier, les deux seuils suivants doivent avoir été respectés au cours de chacune des années N-1 et N-2 :
- Un seuil global de CA applicable à l’ensemble des activités exercées par l’entreprise,
- Un seuil de CA propre à chaque activité exercée par l’entreprise (ces activités peuvent relever de la catégorie des BIC comme des BNC).
À savoir : Il n’y a pas de double seuil en cas de cumul d’activités correspondant à de la vente de marchandises ou denrées ou de la location non meublée (BIC). Le seuil unique à respecter dans ces hypothèses est de 203 100 € en 2026 (pour les revenus perçus en 2025 et 2024), et de 188 700 € en 2025 (pour les revenus perçus en 2024 et 2023).
Seuils spécifiques selon les activités (exemples pour 2024-2026)
| Type d'activité | Seuil global | Seuil propre à l'activité |
|---|---|---|
| Location meublés non classés (revenus 2025 déclarés 2026) | 188 700 € | 15 000 € |
| Location meublés classés (revenus 2025 déclarés 2026) | 188 700 € | 77 700 € |
| Autres prestations de services (BIC) / activité libérale (BNC) (revenus 2025) | 188 700 € | 77 700 € |
| Seuils pour revenus 2026 déclarés 2027 (exemples) | 203 100 € (global) | 83 600 € pour prestations de services ; 15 000 € ou 83 600 € selon cas |
Le dépassement d’un seuil au cours d’une seule année (N-1 ou N-2) n’empêche pas la micro-entreprise de bénéficier du régime micro-fiscal au titre des revenus perçus au cours de l’année N. Les revenus perçus à compter du 1er janvier de l’année N sont donc exclus du régime micro-fiscal uniquement si l’un des seuils a été dépassé pendant 2 années consécutives, en N-1 et en N-2.
Exemple : Un micro-entrepreneur exerce une activité de réparation automobile (prestation) et également de vente de pièces détachées. Il a réalisé en 2025 un CAHT global de 124 000 €. Le CAHT lié à son activité de vente est de 35 000 € et le CAHT lié à son activité de réparation est de 89 000 €. Bien que le CAHT issu de l’activité de réparation ait dépassé en 2025 le seuil applicable à cette catégorie (83 600 €), le micro-entrepreneur peut continuer à bénéficier du régime micro-fiscal en 2026 à la condition que ses revenus aient respecté le double seuil en 2024 (seuil global de l’entreprise et seuil applicable à chaque activité qu’il exerce).
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Déclaration, comptabilité et répartition du chiffre d’affaires
Le régime simplifié de la micro-entreprise vous offre une grande simplicité dans la gestion de ces différentes professions : vous n’aurez à réaliser qu’une seule déclaration de chiffre d’affaires. Cependant, vous devrez répartir le chiffre d’affaires de chaque activité lors de cette déclaration.
Le montant des cotisations sociales dont vous devrez vous acquitter sera en effet calculé différemment pour chaque activité, selon les taux correspondants. Il en sera de même pour toutes les autres charges : taxe à la formation professionnelle et impôt libératoire.
Lorsque vous réaliserez votre déclaration de revenus aux impôts, vous devrez aussi répartir les revenus des différentes activités selon leur appartenance au régime BIC (Bénéfices Industriels ou Commerciaux) ou BNC (Bénéfices Non Commerciaux).
Taux de cotisations selon l’activité
- 12,3 % du chiffre d’affaires issu de l’activité commerciale (BIC)
- 21,2 % du chiffre d’affaires issu de la prestation de services commerciales et artisanales (BIC)
- 25,6 % du chiffre d’affaires pour les prestations de services et activités libérales (BNC)
- 23,2 % pour les activités libérales affiliées à la CIPAV
- 6 % pour les locations de meublés de tourisme classé
Pour rappel, les cotisations sociales du régime de la micro-entreprise contiennent : l’assurance maladie-maternité, l'invalidité-décès, les allocations familiales, la retraite de base et la retraite complémentaire, la CSG-CRDS et la contribution à la formation professionnelle.
Régime fiscal : abattements et calcul de l'impôt
Le chiffre d'affaires du micro-entrepreneur n'est pas imposé en totalité car il fait l’objet d’un abattement fiscal. Lorsque le micro-entrepreneur cumule plusieurs activités (activité mixte), il faut appliquer à chaque catégorie de chiffre d'affaires l'abattement qui lui correspond.
| Type d'activité | Taux d'abattement applicable |
|---|---|
| Vente de marchandises et hébergement (hors location meublés tourisme) | 71 % |
| Prestations de services en BIC, location meublés classés et chambres d’hôtes | 50 % |
| Location de meublés de tourisme non classés | 30 % |
| Activités libérales (BNC) | 34 % |
Exemple : Un micro-entrepreneur vend des outils de bricolage (59 000 €) et propose des services de réparateur (33 000 €). L'administration fiscale applique sur chaque chiffre d'affaires l'abattement correspondant :
- Vente de marchandises : 59 000 € - (59 000 € x 71 %) = 17 100 €
- Prestations de services (BIC) : 33 000 € - (33 000 € x 50 %) = 16 500 €
Le total de chiffre d'affaires imposé : 17 100 € + 16 500 € = 33 600 €.
TVA : franchise en base et obligations
Le fait d’exercer plusieurs activités oblige le micro-entrepreneur à surveiller davantage sa facturation ou même le volume de ses opérations. Lorsqu’il est en franchise en base de TVA, il doit veiller à ne pas dépasser certains seuils de chiffre d’affaires afin de continuer à bénéficier de ce régime.
La micro-entreprise est en général soumise au régime de la franchise en base de TVA car son chiffre d'affaires ne dépasse pas certains seuils. Ce régime évite au micro-entrepreneur d’avoir à facturer la TVA à ses clients, et l’exempte des formalités relatives à cette taxe.
Ces seuils varient selon la nature de l’activité. Pour l’année 2026, les seuils de franchise en base de TVA française applicables restent inchangés. La proposition issue de la loi de finances pour 2025 visant à instaurer un seuil unique de franchise en base de TVA de 25 000 € a été abandonnée.
Seuils de franchise TVA (exemples)
- Activité commerciale et d'hébergement : seuil N-1 = 85 000 €, seuil majoré N = 93 500 €
- Activité de prestation de services : seuil N-1 = 37 500 €, seuil majoré N = 41 250 €
Si l'entreprise dépasse le seuil de base mais reste en dessous du seuil majoré, elle perdra le bénéfice de la franchise à compter du 1er janvier de l'année suivante. Si l'entreprise vient de démarrer son activité, elle doit ajuster son chiffre d'affaires de l'année de création au prorata de son temps d'exploitation pour déterminer si elle peut bénéficier de la franchise en base de TVA l'année suivante.
Le prorata: La détermination du montant de la déduction de la TVA
Cas particuliers et bonnes pratiques
Il n’est pas possible d’être à la fois gérant majoritaire d’une SARL/EURL et micro-entrepreneur. Certaines activités réglementées sont incompatibles entre elles. En devenant apporteur d’affaires ou agent commercial indépendant mandataire en immobilier, votre relation privilégiée avec les clients vous offre un avantage concurrentiel.
En tant que micro-entrepreneur, vous êtes soumis au régime du micro-social. Vous devez déclarer mensuellement ou trimestriellement le montant de votre chiffre d’affaires à l’Urssaf. Vous pouvez opter pour le régime dit du "versement libératoire" de l’impôt sur le revenu si vous répondez à certaines conditions. Cette option permet de soumettre ce revenu à un barème fixe.
Si vous réalisez la totalité du plafond réservé à votre activité commerciale, votre chiffre d’affaires sera supérieur à celui de la prestation de services. Cette première deviendra alors votre activité principale. Si votre activité secondaire devient plus importante, vous pouvez changer d’activité principale en ligne.
Il est possible de cumuler plusieurs activités si l'on exerce une profession du service à la personne. La condition d'exclusivité a été levée. Si le cumul d'activités est possible, il reste tout de même certaines règles à respecter : le chiffre d'affaires de la nouvelle activité ne peut dépasser 30 % du chiffre d'affaire global de l'année civile précédente, la comptabilité entre les différentes activités doit être distincte et tous les chiffres d'affaires doivent être déclarés.
Organisation comptable et facturation
La création de devis et factures est impactée par une double activité. Si vous exercez vos deux activités dans le cadre d’une même prestation pour un même client, vous pouvez réaliser un unique devis et une unique facture. Lorsqu’il est redevable de la TVA, il doit en général veiller à ventiler correctement sur ses factures la TVA de chaque opération qu’il réalise.
Vous devrez tenir des comptabilités séparées pour chaque type d'activité. Toutes les activités doivent être déclarées et il faudra déterminer le chiffre d’affaires réalisé par type d’activité afin d’appliquer les taux d’abattement et de cotisations appropriés.
Points clés à retenir
- Vous pouvez cumuler plusieurs activités dans une seule micro-entreprise, liées ou distinctes.
- Une seule micro-entreprise par personne physique : impossible d’avoir deux micro-entreprises.
- Déclarez l’activité principale (celle qui génère le plus de CA) et ajoutez les activités secondaires via le Guichet Unique si besoin.
- Respectez les seuils globaux et propres à chaque activité pour rester sous le régime micro-fiscal.
- Répartissez le CA par activité pour le calcul des cotisations, de la TVA et de l'impôt (abattements distincts par catégorie).
- Tenez une comptabilité distincte par activité et surveillez les seuils de franchise en base de TVA.
Vous connaissez maintenant les principes du cumul d'activités pour les micro-entrepreneurs. Prêt à tenter l'aventure ? Les conseillers du Portail Auto-Entrepreneur sont à votre disposition pour répondre à vos questions et vous accompagner dans la création ou la modification de votre activité.
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