Modes de Financement Alternatifs en France : Un Guide Complet
Poursuivre un cursus dans l'enseignement supérieur est un luxe que beaucoup d’étudiants ne sont pas en capacité financière de s’offrir. En l’absence de trésorerie familiale suffisante, le prêt est alors incontournable pour se payer son rêve professionnel. Et désormais, il peut être participatif.
Le Crowd Lending : Une Option Innovante pour les Étudiants
Alors que le crowdfunding permet de collecter des fonds pour financer ses projets personnels sans proposer de réelle contrepartie financière, le crowdlending allie investissement et pratique collaborative, puisqu’il s’agit de prêter de l’argent moyennant intérêts ou non. Un placement financier qui s’est étendu aux crédits étudiants en 2016, sous l’impulsion de deux plateformes spécialisées : StudyLink.fr et Edukys.com.
L’intérêt pour un jeune en mal de liquidités ? Obtenir les fonds nécessaires beaucoup plus vite et plus simplement qu’en passant par un organisme de financement traditionnel. Car, malgré d’excellents résultats, un bon dossier scolaire peut ne pas suffire face à un établissement bancaire. À défaut de pouvoir faire valoir leurs fiches de paie comme garantie de solvabilité, les étudiants doivent alors pouvoir présenter une caution parentale pour obtenir un crédit, ce qui n’est pas toujours possible. Facile à mettre en place et efficace, le prêt participatif leur offre une alternative.
Pour avoir le droit de déposer sa demande sur les plateformes spécialisées, il faut cependant faire valoir la crédibilité de son projet. Afin de limiter les risques - réels - de non-paiement, StudyLink et Edukys effectuent en effet une sélection rigoureuse des candidats au prêt, en vérifiant qu’ils sont bien inscrits dans l’établissement d’enseignement supérieur indiqué, que leur projet scolaire est cohérent et que la demande de financement est en adéquation avec leur profil et leur parcours. L’objectif : s’assurer que l’emprunt sera supportable par l’étudiant et que ce dernier pourra rembourser ses mécènes 2.0.
Le prêt participatif se base par conséquent sur les chances de réussite et d'employabilité des emprunteurs. Dès lors, le dossier d’un étudiant en informatique, un secteur d’activité en perpétuelle demande de main-d’œuvre, sera plus facilement accepté que celui d’un étudiant en littérature…
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Sous réserve de convaincre les fondateurs des sites, les aspirants au prêt peuvent collecter rapidement jusqu’à 12.000 euros sur Edukys et 30.000 euros sur StudyLink pour financer leur cursus. Le tout en profitant d’un remboursement différé partiel permettant de ne payer que les intérêts pendant leurs études et de s’acquitter du reste une fois dans la vie active.
Néanmoins, si cet investissement peut s’avérer très rentable pour les prêteurs, son coût pour l’étudiant ne doit pas être négligé. Il est d’abord à noter que c’est l’emprunteur qui assume les frais des plateformes. StudyLink prélève 4 % sur une collecte réussie, tandis que son concurrent facture 4,5 % du montant prêté au moment de la mise en place du crédit et 0,042 % du capital restant dû sur chaque remboursement.
Et le taux d’intérêt fait grimper l’addition. Edukys pratique des taux compris entre 5 et 8 %, en fonction du niveau de risque du projet.
Financement de l'Économie Sociale et Solidaire (ESS)
Créer son entreprise dans l'ESS : trouver les financements (Economie sociale et solidaire)
Vous avez un projet dans l’Économie sociale et solidaire (ESS) ? Dans les sources de financement offertes aux entreprises de l'Économie sociale et solidaire, nous observons plusieurs évolutions ces dix dernières années.
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D’une part, une montée notable de la commande publique et des appels à projets avec la création récente des Contrats à Impacts Sociaux (CIS) destinés à favoriser l’émergence de projets sociaux innovants. Dans ce type de contrat, des investisseurs privés avancent le budget nécessaire à la réalisation du projet. L’Etat s’engage quant à lui à rembourser les investisseurs (avec intérêt ou non) en fonction de l’impact social généré par le projet, et donc des économies effectivement réalisées.
D'autre part, les entreprises voient une augmentation de leurs revenus d'activités, et plus modestement, des dons et du mécénat via le financement collaboratif ou crowdfunding. Les méthodes de financement disponibles pour l'Économie sociale et solidaire deviennent plus diversifiées.
Les dossiers de financements sont analysés de la même manière qu’il s’agisse d’une entreprise classique, coopérative ou à dimension sociale. Toutefois, certains produits sont adaptés pour les associations, fondations ou mutuelles. L’accompagnement des réseaux spécialisés ou non, ainsi que le financement et l’obtention de prêts d’honneurs ou de subventions est un gage de confiance et favorise "l’effet levier" pour obtenir des financements complémentaires.
Organismes Principaux de Financement pour l'ESS
- France Active: Accompagne et accorde des prêts solidaires aux entrepreneurs engagés.
- La Nef: Société coopérative de finances solidaires, agréée ESUS, collecte l'épargne et la mobilise pour des activités écologiques, sociales et culturelles.
- Le Crédit Coopératif: Banque coopérative du réseau BPCE, soutient les structures de l’ESS.
- Caisse d'épargne: Accompagne plus de 20 000 structures via une agence dédiée à l'ESS.
- L'Adie: Permet aux porteurs de projets qui n'ont pas accès au système bancaire traditionnel de lancer et de développer des activités.
- Réseau Entreprendre: Octroie des prêts d'honneurs aux entrepreneurs créateurs d'emplois.
- Réseau Initiative France: Aide les entrepreneurs à renforcer leurs fonds propres par des prêts d'honneur.
- Banque des territoires: Accompagne les acteurs territoriaux et les entreprises à très forte utilité sociale.
Le crowdlending (crowdfunding sous forme de prêts) finance tous types de projets et en particulier ceux ayant un impact sur l'environnement. Certaines plateformes (par exemple Lita.co ou Solylend) sont dédiées à l'ESS. Consultez le site de FAIR, association dont la mission est de promouvoir la finance à impact social. Ce collectif des acteurs de la finance à impact social, agit, en France et à l'international, pour une finance inclusive au service d'un meilleur impact social et environnemental.
Plateformes de Crowdfunding Orientées ESS
- Blue Bees: Certifiée ESUS, dédiée au financement solidaire de la transition agroécologique.
- Tudigo: Pour les entreprises ayant un impact sur leur territoire.
- MyMoneyHelp: Pour les projets à forte utilité sociale en lien avec l'Humain et l'environnement.
- Lita.co: Plateforme d'investissement participatif dédiée au financement de l'entrepreneuriat social.
- Solylend: Dédiée au financement participatif des projets à impact social ou environnemental positif.
- Miimosa: Pour les projets en lien avec l'agriculture et l'alimentation.
- Wedogood: Propose d'investir dans des projets à impact positifs en percevant des royalties.
La Place de l'émergence portée par France Active est un programme dédié à l'émergence de projets entrepreneuriaux à fort potentiel d'impact social. Les projets sélectionnés bénéficieront au sein du Pacte Émergence, d'un appui à l'organisation de la phase de test, d'une "prime émergence" visant à financer la phase de validation et de modélisation du projet, ainsi qu'une mise en relation avec les partenaires locaux.
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La Fabrique Abeille Assurances récompense des projets innovants et utiles à la société sur les thématiques : "environnement biodiversité énergie", "lien social inclusion citoyenneté", "handicap santé alimentation", "emploi éducation formation". Certaines régions soutiennent également les projets de l'ESS. Pour identifier les aides régionales, consultez la Base nationale des aides publiques aux entreprises.
L'Agefiph accompagne les entreprises dans le développement de leurs projets en faveur de l'emploi de personnes en situation de handicap. De nombreuses fondations soutiennent des projets à fort impact social et/ou environnemental. Elles sont fédérées au sein du réseau de l'Observatoire national de l'ESS et portées dans les régions par les CRESS.
Apport en Fonds Propres aux Structures de l’ESS
L’apport en fonds propres aux structures de l’ESS soutient les projets en les dotant, sur une durée déterminée, en ressources stables, pour leur permettre de financer des investissements ou leur besoin en fonds de roulement. Plusieurs acteurs sont spécialisés dans l’investissement des entreprises sociales et solidaires :
- Garrigue: Coopérative citoyenne de capital risque d'amorçage et de développement.
- Les Cigales: Investissent dans des projets de TPE locales et accompagnent leurs dirigeants.
- France active: Propose des prêts participatifs ou des apports associatifs.
- Impact: Société de gestion qui soutient des projets entrepreneuriaux à impact, en particulier dans les territoires fragiles.
Fonds d'Investissement à Impact - Capital Risque
Le capital-risque solidaire peut s’avérer intéressant lorsqu'on lance un projet en lien avec l’Économie sociale et solidaire (ESS) et qu'on manque de fonds pour constituer ses fonds propres. Son principe : mutualiser de l'épargne pour investir dans des entreprises en création ou en développement choisies pour la plus-value sociale et environnementale qu'elles procurent.
Exemples :
- Bpifrance: Accompagne et finance une innovation à impact social.
- France Active Investissement: Investit via des prêts solidaires.
- NovESS: Fonds d’investissement à impact social.
- Alter Equity: Soutient des entreprises contribuant à la transition vers une société plus inclusive et plus durable.
- Abeille Assurances: Investit plusieurs fonds dans des secteurs d’intérêt général.
- Citizen capital: Fonds d’investissement à impact.
- Inco Ventures: Finance les entrepreneurs de la nouvelle économie inclusive et durable.
- IDES: Filiale d'Esfin Gestion, dédiée au financement d’organisation de l’ESS.
- Macif Impact ESS: Finance des entreprises à impact positif en faveur des publics fragiles, de la jeunesse et de la lutte contre le dérèglement climatique.
- Maif Impact: Investit dans les entreprises contribuant à l’égalité des chances, l'inclusion et la diversité.
- Soliko: Soutien aux actions de lutte contre le mal-logement.
- Scopinvest: Permet d’intervenir et d'accompagner la croissance des entreprises coopératives SCOP.
- Arkea Capital: Investit aux côtés d’entrepreneurs innovant pour accélérer les transitions sociétales et environnementales.
- AFI Ventures: Investit dans les entreprises à impact en pre-seed et seed.
- Investir&+: Soutient les entrepreneurs développant des projets à fort impact social ou environnemental.
- RAISE Impact: Dédié à l’investissement dans des entreprises qui s’engagent pour bâtir un avenir plus durable, juste et solidaire.
Les gestionnaires d'actifs proposent divers fonds dont une partie des bénéfices est réinvestie au service du financement de l'ESS.
Autres Sources de Financement
Vers qui se tourner faute d’économies personnelles suffisantes pour financer son projet ? Les proches ? Tout le monde n’a pas la chance d’avoir une famille prête à miser des milliers d’euros. Les banques ? Malheureusement, ces établissements traditionnels se montrent globalement réticents à aider des créateurs, surtout ceux qui se lancent pour la première fois : trop risqué sachant que le taux de survie moyen des jeunes entreprises dépasse à peine les 60% au bout de cinq ans.
Mais le tableau n’est pas si sombre. Pour accompagner votre démarrage, il existe d’autres sources de financements permettant de réunir des sommes non négligeables. Si ces dispositifs sont parfois très sélectifs, y accéder facilite, dans la plupart des cas, l’accès à un prêt bancaire.
Crowdfunding Immobilier : Investir dans la Pierre Autrement
Le crowdfunding immobilier repose sur un principe simple mais efficace : collecter des fonds auprès d'un grand nombre de petits investisseurs pour financer des projets immobiliers. Ce concept permet ainsi à chacun de participer à des investissements en pierre sans débourser des fortunes. Il existe plusieurs types de crowdfunding immobilier, chacun ayant ses spécificités. Le modèle le plus courant est le financement par prêt, où les investisseurs prêtent de l'argent à un promoteur immobilier, qui s'engage à rembourser avec intérêts.
Contrairement aux placements traditionnels, tels que l'achat de biens en direct ou les fonds d'investissement immobiliers, le crowdfunding se distingue par sa flexibilité et son accessibilité. L'un des points forts du crowdfunding est son accessibilité financière. En effet, les plateformes proposent des participations à partir de petites sommes, rendant l'immobilier attractif pour un plus large éventail de personnes. Investir dans le crowdfunding immobilier permet de diversifier son portefeuille de manière intelligente.
Comme tout investissement, le crowdfunding immobilier comporte des risques. Le marché immobilier reste sujet à des fluctuations. Un autre risque notable est la faible liquidité des investissements en crowdfunding. Pour choisir une plateforme de crowdfunding immobilière, il convient de vérifier plusieurs critères, tels que la transparence des informations fournies, la réputation de la plateforme, et les garanties offertes.
En 2025, plusieurs plateformes se disputent le marché en tâchant d'offrir des services toujours plus optimisés. Les régulations continuent d'évoluer pour mieux encadrer ce secteur en expansion. Une législation réfléchie pourrait renforcer la sécurité des investisseurs et, parallèlement, stimuler l'innovation. En rendant l'immobilier accessible à une plus large audience, le crowdfunding contribue à la démocratisation des investissements.
Le crowdfunding immobilier offre donc de nombreux attraits pour ceux qui cherchent à diversifier leurs investissements avec une mise initiale modeste. Toutefois, comme tout placement, il exige une analyse rigoureuse des opportunités et des risques.
Financement de la Protection Sociale en France
Pour rappel, la France a un système de protection sociale construit autour des assurances sociales. Une des caractéristiques de ce système est d’avoir des comptes séparés de l’Etat (les caisses de Sécurité sociale, de l’assurance chômage, des retraites complémentaires), alimentés par des recettes affectées, les cotisations sociales.
Au début des années 1980, de l’ordre de 80 % du financement de la protection sociale provenait de ces cotisations sociales. Depuis, les gouvernements n’ont eu de cesse de modifier la structure de ce financement, si bien que les cotisations sociales n’en représentent aujourd’hui qu’à peine la moitié.
Les recettes de cotisations sociales ont de plus été considérablement réduites au moyen d’exonérations de cotisations employeurs : le budget de l’Etat d’abord, puis des recettes de TVA sont venues payer tout ou partie des cotisations employeurs à la place de ceux-ci. Pour des résultats bien maigres.
Sur l’aspect positif, on peut penser que les premières vagues d’exonérations (jusqu’aux 35 heures) ont facilité la hausse du salaire minimum (Smic). Côté emploi, il y a depuis assez longtemps un consensus relatif parmi les économistes pour dire que les exonérations sont allées trop loin et sont trop chères pour l’effet qu’elles produisent. Et maintenant qu’elles sont là, jusqu’où il est possible de les modifier ou de les réduire.
Si la France se cherche une stratégie productive, il est temps de prospecter ailleurs que du côté de la déconstruction de la protection sociale. En effet, les besoins sociaux vont probablement progresser plus vite que la croissance. Le vieillissement de la population accroît les besoins en matière de retraite, de santé, ainsi que de dépendance. De plus, les transformations du monde peuvent nous conduire à prendre davantage en charge certains besoins : logement, alimentation, catastrophes environnementales.
Or, il est peu vraisemblable (et sans doute pas souhaitable, compte tenu des modes de production actuels) que nous retrouvions une croissance soutenue. Comment souhaitons-nous les prendre en charge ?
En plus d’être décevante pour l’économie, l’accumulation des niches sociales a été très coûteuse : plus d’une centaine de milliards de pertes de recettes chaque année qui pèsent pour partie sur l’Etat, pour partie sur la Sécurité sociale. En passant en revue les niches sociales et en revenant en arrière sur une partie d’entre elles, on peut mobiliser quelques dizaines de milliards, sans risque pour l’emploi.
Le budget proposé par Michel Barnier pour 2025 prévoyait par exemple de supprimer 10 milliards (sur environ 80) d’exonérations de cotisations employeurs sur deux ans. A long terme, on peut sans doute aller beaucoup plus loin et faire fondre les exonérations de cotisations employeurs en en gelant le montant et le barème à son niveau actuel.
Seconde idée, soumettre à des cotisations sociales ordinaires tous les éléments de rémunération des salariés du privé : primes de partage de la valeur, intéressement, participation. Ces éléments de rémunération sont subventionnés de manière importante par de moindres cotisations sociales : on définance la Sécu pour financer la protection sociale supplémentaire des entreprises.
Historiquement, les ménages ont toujours financé eux-mêmes leur propre protection sociale, plus ou moins directement. Ce mode de financement offre une grande stabilité économique et politique, et est assis sur une forte adhésion : la contrepartie des prélèvements sociaux est la sécurité qu’ils procurent.
D’abord, les ressources sont limitées : les 20 milliards promis par la taxe Zucman pourraient utilement financer d’autres besoins (éducation, transition). Pour augmenter les recettes, tout peut fonctionner : augmentation graduelle des cotisations sociales, de la CSG, de l’impôt sur le revenu, voire des taxes à la consommation (si la hausse de la TVA se trouve plus que compensée par une baisse des dépenses privées de santé). Et on peut faire en sorte que les ménages les plus modestes ne subissent pas cette augmentation.
Payer plus pour la protection sociale ne veut pas forcément dire « y perdre » : d’abord, dans une période incertaine, la sécurité sociale est un vrai atout pour les ménages et pour l’attractivité économique.
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