Cotisation RSI et revenu locatif: seuils, régimes et implications pour les loueurs

Pourquoi recevez-vous ce courriel ? En 2025, vous avez perçu des revenus liés à votre activité de loueur de meublé professionnel ou non-professionnel (LMP ou LMNP) et avez franchi le seuil annuel de 23 000 €. Vous devez donc obligatoirement effectuer votre affiliation auprès de l’Urssaf et déclarer ces revenus. En location touristique, dès que vos revenus locatifs dépassent 23 000 €, vous devez vous affilier à une caisse d’assurance sociale, avec à cotisations à régler à la clé.

Les seuils et leurs conséquences

Mais comment choisir le bon régime ? Quels sont les impacts pour vous propriétaires-bailleurs ? Pour rappel dans le cadre d’une location saisonnière, vous êtes soumis à un certain nombre de démarches. Tout d’abord, vous devez immatriculer votre activité auprès des services de l’INPI afin d’obtenir votre numéro de SIRET. A ce moment-là, vous devez également choisir votre option fiscale. A noter : depuis la loi dite anti-airbnb entrée en vigueur en novembre 2025, le seuil est abaissé à 15 000 € si le logement n’est pas classé meublé de tourisme. Pour rappel, le régime du micro bic vous permet d’obtenir un abattement de 30 % sur vos revenus locatifs. Ainsi, si vous générez 10 000 € de revenus, vous serez taxé sur 7000 €. Le choix entre l’un ou l’autre doit s’apprécier en fonction de votre situation.

Sachez que vous devez prendre en compte la totalité des recettes générées, soit le loyer charges comprises avant éventuelles déductions des frais de gestion ou de plateforme. Ainsi, si votre locataire paie son séjour 500 € et que vous percevez 400 € après déduction des frais de plateforme, vous devrez déclarer les 500 €. Dès que celui-ci est franchi, vous devez vous identifier auprès de l’URSSAF pour payer vos cotisations sociales.

Le statut de loueur professionnel et les choix de sécurité sociale

Pour être reconnu loueur en meublé professionnel, vous devez générer au moins 23 000€ de revenus et ces revenus locatifs doivent être la source essentielle des revenus du foyer. Dans la plupart des cas, les loueurs ont intérêt à adhérer à la sécurité sociale des indépendants. L’adhésion s’effectue au déclenchement des seuils mais si au cours de votre activité votre CA est inférieur au 23 000 € vous devez en principe continuer de cotiser. Cette situation peut donc paraître injuste auprès des loueurs en deçà des seuils. A ce jour nous ne connaissons aucun loueur soumis au régime général ayant obtenu gain de cause mais nous avons déjà accompagné des propriétaires auprès de la sécurité sociale des indépendants qui ont réussi à annuler leurs cotisations.

La plupart des travailleurs indépendants, aussi appelés travailleurs non-salariés (TNS) relèvent du régime de la sécurité sociale des indépendants (SSI). Auparavant, on le connaissait sous l’appellation « régime social des indépendants » (RSI). Tous les commerçants, artisans et professions libérales non-réglementées y sont dorénavant affiliés. Un travailleur non-salarié cotise pour s’assurer contre différents risques. Un TNS s’acquitte également d’impôts, qui n’ont pas une nature sociale à proprement parler. L’assiette de calcul des cotisations sociales et contributions fiscales est la même.

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Réforme et assiette unique en 2025

La réforme a introduit en 2025 une seule base de calcul (appelée assiette unique) pour toutes les cotisations sociales : retraite, maladie/maternité, CSG/CRDS. Cela signifie que les indépendants paient désormais leurs cotisations sur le même montant de revenu [à savoir leur revenu professionnel, soit leur chiffre d’affaires déduction faite de leurs charges professionnelles (hors cotisations et contributions sociales)], simplifiant ainsi le calcul des cotisations.

Bon à savoir : les indépendants agricoles affiliés à la Mutualité sociale agricole (MSA) ne sont concernés par la réforme qu’à partir de 2026. Le calcul des cotisations prévisionnelles doit être effectué au début de chaque année et peut être ajusté par régularisation l’année suivante selon les revenus réels déclarés.

Calcul et barèmes en 2025-2026

Le calcul des cotisations prévisionnelles se fait soit sur le revenu estimé par le professionnel, soit sur le revenu moyen des trois dernières années en l’absence d’estimation. Les revenus servent de base pour les cotisations maladie/maternité, retraite de base, retraite complémentaire, indemnités journalières et formation professionnelle. Le PASS (Plafond Annuel de la Sécurité Sociale) est revalorisé chaque année.

Les règles de calcul incluent des tranches et des taux variables selon le PASS et le type de revenu. Par exemple, les taux de maladie/maternité et les allocations familiales varient selon que le revenu se situe sous ou au-delà de certains plafonds, avec des taux progressifs jusqu’à des pourcentages plus élevés pour les revenus supérieurs. Le calcul de l’indemnité journalière et des cotisations d’assurance retraite suit également des barèmes spécifiques.

Micro-BIC vs réel: comment choisir ?

Le régime micro-BIC offre un abattement forfaitaire de 30 % sur les revenus locatifs, utile lorsque les charges réelles sont faibles. Le régime du réel permet de déduire les charges effectives (frais de gestion, frais de plateforme, charges liées au logement, travaux, etc.) et peut être plus avantageux si ces charges sont élevées. Le choix doit prendre en compte la totalité des recettes générées, y compris les revenus des autres activités du foyer, et doit être réévalué en fonction de l’évolution des revenus.

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Pour les locations saisonnières, le statut dépend de la tradition de la location et du type de meublé. Meublé de tourisme classé ou non classé a des modalités spécifiques quant au régime fiscal et aux cotisations sociales. Un meublé de tourisme classé peut ouvrir droit à des régimes particuliers sous certaines conditions, tandis que le non-classé peut suivre d’autres règles.

Démarches administratives et obligations

Vous devez immatriculer votre activité auprès des services compétents pour obtenir le SIRET et vous enregistrer auprès des autorités fiscales. Pour l’URSSAF, l’activité de loueur relève de la gestion de votre patrimoine privé et ne donne pas lieu au paiement de cotisations sociales si vos recettes annuelles restent ≤ 23 000 €. Au-delà, les cotisations sociales deviennent obligatoires.

En location meublée de tourisme, les démarches peuvent différer selon que vous êtes classé ou non classé. Le régime de bénéfice réel peut s’appliquer, imposant la détermination du revenu net imposable après déduction des frais et charges, et l’application des prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine.

L’affiliation et les cotisations minimales peuvent sembler lourdes, mais des cas ont été suivis pour annuler des cotisations lorsque les revenus ne justifiaient pas les charges correspondantes. Des exceptions existent, et certains TNS peuvent bénéficier de régimes particuliers selon leur situation personnelle et leurs revenus globaux.

Comment calculer les charges locatives ?

Tableau récapitulatif des situations

SituationRevenus annuelsRégime fiscal possibleCotisations sociales
Location longue durée LMNP≤ 23 000 €Micro-BIC possiblePrélèvements sociaux uniquement
Location longue durée LMNP> 23 000 €Choix entre micro-BIC et réelAffiliation URSSAF, cotisations sociales
Meublé de tourisme classé≤ 77 700 €Régime réel possible; micro-BIC non toujours applicablePrélèvements sociaux selon régime
Meublé de tourisme non classé≤ 23 000 €Micro-BIC non applicable; régime réel possiblePrélèvements sociaux selon régime
Revenus > 23 000 €≥ 23 000 €Régime réel ou micro-BIC selon situationCotisations URSSAF obligatoires

Cas particuliers et bonnes pratiques

La réforme a simplifié l’assiette de calcul pour les indépendants, mais les règles restent complexes selon le type de location et le statut du loueur. Les plafonds et les taux évoluent annuellement avec le PASS, et des cas particuliers existent pour les micro-entrepreneurs et les professionnels libéraux affiliés à une CNAVPL.

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Pour les contribuables non résidents, les recettes retenues intègrent les revenus imposés dans le pays de résidence à partir des revenus de 2026. En cas de vente, les règles de plus-values et les déficits éventuels peuvent varier selon le statut LMP/LMNP et le régime fiscal choisi.

Bon à savoir pratique

  • Les cotisations minimales ne s’appliquent pas pour les allocations familiales, la CSG-CRDS, la retraite complémentaire, et l’assurance maladie-maternité dans certaines situations; des exceptions existent selon le statut et les revenus.
  • Les premières années d’activité peuvent être calculées sur des bases forfaitaires, avec régularisation l’année suivante lorsque les revenus réels sont connus.
  • Les contribuables peuvent demander à être accompagnés dans leurs démarches par des organismes compétents ou des conseils spécialisés pour optimiser leur affiliation et leurs cotisations.

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