Alain Bashung : Analyse de "Ma Petite Entreprise"
Quels regrets et au pluriel, ce mot. Regrets d'être passé à coté d'un personnage magnifique qui a bien représenté la bonne chanson française. Passé à coté de titres terribles que j'ai découvert après son décès. Depuis, je me suis rattrapé ... Et puis regret aussi, car pendant sa maladie, j'avais préparé une chronique sur Alain et puis ... crac ... son décès, hélas! J'avais pas envie rejoindre les articles des "journaleux", les J.T. télévisés et les sites internets qui disaient évidemment que Bashung était "un grand de la chanson"! Même ceux qui disaient le contraire... Quel mec... et quel monument... Bref! J'ai décidé de remplacer sa page "vivante", par celle "posthume" de celui que j'écoute plusieurs fois par jour. Magnifique, je te dis!
Et puis d'autres titres, quelques fois anciens que j'avais oubliés, d'autres inconnus et des titres plus nouveaux, aussi! J'ai un bel appétit pour goûter ces plats délicieux... Jean-Louis Murat et Alain Bashung se disputent mes recherches et mon intérêt grandissant... Et pourtant, il existe une différence entre les deux, et elle est de taille : Pour l'un, je vais toujours attendre son prochain CD et pour l'autre...
Alain Bashung est le fils d'une mère d'origine bretonne, et d'un père algérien kabyle, qu'il n'a jamais connu. À l'âge d'un an Alain est envoyé, dans les environs de Strasbourg, chez les parents de son son beau-père. Il passe ainsi son enfance à la campagne avec une grand-mère qui ne parle pas le français. Il retourne à Paris en 1959, où il découvre les grandes figures de la chanson française et aussi celui d'Elvis Presley.
Son premier single, sorti en 1968 et quasiment introuvable, s'intitule "Les Romantiques". En 1973, Alain Bashung interprète Robespierre dans la comédie musicale "La Révolution française" et en 1977, il sort, avec Boris Bergman, le parolier, son premier album innovant, "Roman-photos" qui sera un échec commercial .Il poursuit en 1979 avec "Roulette russe", album très sombre et plus rock. En 1980, sort le titre "Gaby oh Gaby", qui lui apporte enfin le succès, avec plus d'un million d'exemplaires vendus.
En 1982, Alain travaille avec Serge Gainsbourg pour l'album "Play blessures". Cette une rupture. (« Je dédie cette angoisse à un chanteur disparu, mort de soif dans le désert de Gaby... Respectez une minute de silence, faites comme si j'étais pas arrivé... », chante-t-il...). Un disque sombre, torturé, difficile d'accès (comme lui, peut-être?).
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En 1986, il publie "Passé le Rio Grande" qui renoue avec la veine de ses premiers tubes. Il renoue d'ailleurs avec Boris Bergman et le succès est au rendez-vous avec le titre "SOS Amor". En 1991, il poursuit sa collaboration avec le même parolier pour "Osez Joséphine", qui contient aussi quelques reprises de classiques du rock américain. En 1992, Alain reprend "Les Mots bleus" de Christophe, dans une compilation soutenant la recherche sur le SIDA. En 1994, il sort Chatterton.
L'album "L'Imprudence" sort en 2002, acclamé par la critique et considéré comme le plus sombre de sa discographie. En 2004, paraît un double album live, "La Tournée des grands espaces". Il participe également au Daho Show. Il proposera également une création, L'Homme à tête de chou, autour de Serge Gainsbourg. Il entame ensuite une tournée et est notamment programmé dans plusieurs festivals.
Le 10 juin 2008, il commence une série de récitals à l'Olympia, malgré une chimiothérapie en raison d'un cancer du poumon. Le 28 février 2009, il remporte trois trophées lors des Victoires de la musique 2009, dont celui de l'interprète masculin de l'année. Avec un total de onze récompenses obtenues au cours de sa carrière, il est devenu l'artiste le plus primé de cette cérémonie.
Allez, fais comme moi: écoutes "l'apiculteur"... et reste à coté de ce mec en l'écoutant !
"Ma Petite Entreprise" : Une Analyse Approfondie
Alain Bashung - Ma petite entreprise (1994). La petite entreprise de Bashung n'a pas grand chose à voir avec le monde du travail, comme beaucoup ont cru, dont un syndicat communiste qui s'est emporté contre le chanteur. Elle fait surtout référence à un homme qui vit une relation purement sexuelle, dénuée de tout sentiment, qu'il met en parallèle avec l'entreprise. D'où le caractère répétitif et presque mécanique de la chose.
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« Ma petite entreprise », d'Alain Bashung, c'est un collector en forme de facétie, au sens bien plus grivois qu’il n’y paraît ! Dans la voix de Bashung, les textes de Fauque prennent une dimension inattendue. Et c'est de cette émulation artistique fusionnelle que naît Ma Petite Entreprise...
L'histoire de ce collector, c'est celle de Jean Fauque, fils de militaire français, né en 1951 en Afrique du Nord. Précoce, l’enfant n’a que sept ans quand il écrit et chante ses premières chansons. À sa majorité, Fauque s’installe à Paris pour devenir parolier, et rencontre un jeune chanteur débutant du nom d’Alain Bashung.
Nous sommes en 1975 et tout commence par une amitié solide entre les deux hommes. Quinze ans plus tard, Bashung est sorti de l’ombre avec succès. Mais en 1989, il décide de changer de parolier et propose la fonction à son ami Jean Fauque.
En quête de la juste harmonie des mots, les deux hommes se livrent à un exercice d’écriture à quatre mains.
Il est intéressant de noter l'existence d'une chanson intitulée "Ma petite rime" de Jean Constantin, qui explore des thèmes similaires de rimes et de poésie.
Alain Bashung – Ma petite entreprise (Live officiel Confessions Publiques 1995)
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RFI Musique : Malgré le nombre d'auteurs qui ont travaillé avec vous (Bergman, Fauque, Gainsbourg, notamment), on sent bien, dans cette compilation, une unité de ton et de personnalité étonnante.
Alain Bashung : On me dit parfois : "tu travailles avec quelqu'un qui est ton double". C'est faux, ça. J'ai plutôt besoin de quelqu'un de complémentaire plutôt que d'un clone. Ça ne me ferait pas avancer, d'avoir face à moi la même réflexion que la mienne. C'est la différence de perception qui fait naître un frottement - mais il faut que ce soit un frottement sympa, excitant.
Il n'y a qu'une chanson dont je n'ai pas touché un mot, qui s'appelle Les Petits Enfants. Daniel Tardieu me l'avait apporté en me disant: "J'ai un petit début : "Les petits enfants qui tombent du balcon/Toute leur enfance défile devant leurs yeux", et il faut la finir." Je lui ai dit "non, elle est finie, il faut l'arrêter là".
Est-ce que ça me ressemble ou est-ce que j'aime ça? Justement, vos chansons sont-elles un miroir ou une projection ?
Disons que je propose à quelqu'un : "Aujourd'hui, je voudrais vous faire partager ce petit moment-là. Moi je trouve ça intéressant. Et il y a alors toutes les ambiguïtés sur les textes de vos chansons, comme tout ce qu'on a pu dire de Ma Petite Entreprise.
Je suis tombé des fois sur des gens qui m'ont sorti des définitions assez différentes. Quelqu'un y voit l'histoire d'une petite entreprise et s'arrête là. Et puis un autre va aller plus loin. C'est le type de la chanson qui a l'air d'être au premier degré, avec tout ce texte où le type fait du porte à porte, fait le tour du monde avec sa petite valise pour vendre je ne sais pas quoi. Et je n'ai cessé de penser à une femme quand j'avais cette chanson sous les yeux. C'est au fond une histoire sexuelle.
Pour le mec de la chanson, la dernière entreprise qui peut exister, c'est son amour pour cette femme.
Il y a un moment où les chansons s'échappent. Mais, quand j'ai écrit cette chanson, il y avait aussi mon agacement devant les relations de la France avec l'argent, avec l'esprit d'entreprise. Le type qui gagne de l'argent, c'est un salaud. Voilà qui est un peu court, comme raisonnement! Et je me suis dit qu'on ne peut pas continuellement brûler les mecs qui se réveillent le matin avec une idée qui fonctionne. Quand j'étais gamin, l'argent était plus tabou que l'homosexualité, les gens qui en avaient se planquaient. C'est très récent qu'on parle d'argent, ce qui est même parfois très vulgaire. Mais, quand j'ai écrit cette chanson, on n'en parlait pas encore aussi librement et il fallait réussir tout en étant condamné. C'était très curieux : on nous demandait d'être performant, tout en nous coupant les ailes. Comment exister dans ce pays, alors ? Culpabiliser parce que quelque chose fonctionne, subir l'Amérique ? Quand on n'a pas de ronds, on est le dernier des connards ; quand on en a, on est une ordure. Achetez-moi du Valium, au moins !
Je crois que quand j'ai décidé de faire quelque chose, je trace, j'ai de la volonté. Quand je suis dans l'action, je n'ai pas l'impression d'être un bosseur, je suis heureux. Vingt-quatre heures sur vingt-quatre ma tête est prise à faire, à vérifier, à envisager. Je m'aperçois que j'ai bossé beaucoup quand ça s'arrête. Alors, je peux avoir une déprime de trois jours.
Trente-quatre ans de carrière, vingt de succès et toujours pas de certitude : c’est pour cela, pour cette anti-langue de bois, pour cette extrême sensibilité, qu’on aime Alain Bashung. L’homme qui fut transfiguré par Gainsbourg vient de sortir Climax, un recueil de deux CD qui résument vingt ans de rock de France.
Pour entrer dans ce double album, celui qui connaît son AB par cœur depuis 79 sera tenté par la nouveauté : il y a beaucoup de plaisir à entendre les six re-créations qui parsèment Climax. Enfin, surtout trois d’entre elles : Les grands voyageurs (issu de Osez Joséphine, 1991), magistrale leçon de blues minimal, plus Delta tu meurs, assénée par le guitariste Marc Ribot et son chanteur-harmoniciste, un certain Alain B., Volontaire (extrait de Play Blessures, l’impossible album gainsbourgeois de 82) dont se sont emparé Bertrand Cantat et Noir Désir : du rock, des voix, une guitare, Noir Désir transforme tout ce qu’il touche en or et noir. Et aussi, et surtout, Ode à la vie (made in Fantaisie militaire, 1998) qui quitte avec bonheur son trip hop léger d’origine pour les percussions et le luth de Rachid Taha, retrouvant ainsi pleinement son titre.
Il y a ceux qui ont applaudi au virage musical quasiment a-mélodique amorcé avec Gainsbourg dès 1982 pour Play Blessures (Bashung avoue à nos confrères de Rock and Folk, dans leur numéro de juin 2000 : "Gainsbourg m’a conforté dans le fait d’aller loin. Il m’a donné l’envie, même si on n’est pas compris par tout le monde, de faire les choses avec élégance."). Et puis, il y a les autres fans. Moins abstraits. Ceux qui aiment le rock, les mélodies, les jeux avec les mots et qui ont tout de suite adhéré aux deux premiers albums d’Alain, Roulette Russe et Pizza. Qui ont longtemps attendu l’album enfin advenu en 1991, Osez Joséphine, avec quelques coups de cœur vers Passé le Rio Grande (1986). Ceux-là aimeront Climax (dans ce double album comme dans la vie, il y en a pour tous les goûts). Ces amateurs du Bashung in rock basculeront définitivement vers le climax sur la deuxième moitié du second CD, précisément à partir de Nights in white satin et de J’passe pour une caravane (live). S’enchaînent alors neuf titres qui fleurent bon la guitare, la country, l’énergie : Rebel, Hey Joe ... Avant de se terminer, en une sorte d’apothéose, sur une sorte de dernier rappel, le fort ancien Pas question que j’perde le feeling.
Il y a dix ans, Alain Bashung nous quittait. Aujourd’hui, les événements pleuvent pour rendre hommage à celui qui était déjà, bien avant sa disparition, considéré comme l’un des plus grands chanteurs français et comme l’un des plus singuliers.
On le dit, il occupe une place à part dans le panthéon de la chanson française. Mais comment définir précisément cette place à part, cette singularité ? Que recouvre chez lui ce mot parfois facile de « singularité » et quel sens trouve-t-il à travers ses chansons ?
D’Alain Bashung, vous connaissez forcément ses tubes : Gaby, Osez Joséphine, il y a aussi Vertige de l’amour ou Ma petite entreprise, mais vous connaissez peut-être aussi des chansons qui paraissent moins évidentes, moins accessibles en tout cas à la première écoute, telle Je me dore sortie sur son album L’imprudence en 2002.
De Romans-photos à Bleu pétrole, Alain Bashung a tracé une voie que l’on a souvent qualifiée d’accidentée, d’inattendue, dont la destination n’avait rien de connue, n’hésitant pas à passer d’une imagerie pop faite de pizza, de bagnoles et de station-service à une atmosphère plus conceptuelle où l’imprudence côtoie la Bible (c’est son interprétation en 2002 avec Chloé Mons du Cantique des cantiques). On pourrait ainsi embrasser toute l’œuvre du chanteur et la définir comme un chemin, du facile au difficile, de la surface vers les abîmes, comme une voie qui a gagné, au fur et à mesure des années, en complexité, mais ça serait trop simple.
Car chez Bashung, dès les débuts, se dégage une profondeur derrière chaque mot et chaque situation, même les plus ordinaires, et inversement, chaque concept, même le plus exigeant, prend des atours charnels, sensuels, matériels, presque palpables.
S’il y a ainsi un chemin chez lui, c’est plutôt celui du grand écart, en témoignent son parlé qui contient la puissance du chant, ses paroles pétries de changements d’échelles et de correspondances entre le mineur et le majeur, en témoigne cette exploration du repli sur soi qui déploie en fait chez lui tout un espace intérieur.
En se posant la question de la singularité d’Alain Bashung, on a tout suite décrit le mouvement et l’échelle de son œuvre : grand écart, grand espace (tel le nom de sa tournée des « grands espaces »). Et de fait, en écoutant ses chansons, c’est bien une intimité qu’il nous découvre -il y a toute une omniprésence du je et de ses perceptions, rêvées ou réelles-, mais une intimité en mouvement. On a ainsi parlé d’identité brouillée chez lui, morcelée aussi, accidentée comme on l’a dit, et l’on pourrait ainsi parler d’une singularité mouvementée, territorialisée, faite de chemins et de lieux intériorisés : Vercors, Tchernobyl, Ostende ou Rio Grande, faire l’avion, sauter à l’élastique, montée, volutes, trapèze… Bashung est un « grand voyageur » de l’intimité, un être singulier qui n’a cessé de parcourir et de repousser les frontières de l’espace intérieur, de faire donc le grand écart.
L’espace intérieur ne fait pas que se parcourir avec Bashung, il s’élargit, il se disloque, il se détend comme du chewing-gum, il se malaxe comme de la pâte, il s’écume aussi, il donne le vertige.
Dire de quelqu’un qu’il est singulier, c’est dire qu’il est exceptionnel, original, étrange, atypique. Bashung cultivait cet écart, le grand-écart donc, mais le grand-écart qui fait du sur-place, du sur-soi.
“Ma petite entreprise connaît pas la crise.” On connaît la chanson… de Bashung, qui a manifestement inspiré le film (et en a composé la musique). Fort bien, on n’y voit aucun inconvénient.
Le hic, c’est que cette oeuvre soigneusement réalisée et interprétée démarre bien, mais bifurque vite dans une direction humoristico-policière qui n’arrive pas à nous convaincre. Sûr, c’est enlevé et la mise en place du décor et des personnages est plutôt bien vue : Ivan (Lindon), patron dédié à son travail, se trouve dans la mouise le jour où sa menuiserie brûle.
Et puis, patatras, se greffe là-dessus une histoire d’escroquerie à l’assurance, qui va prendre des proportions exagérées et compromettre tout le capital socioréaliste du film. Voilà-ti pas que notre patron se met en tête de cambrioler le siège de sa compagnie d’assurances pour antidater une police qu’un courtier filou a omis de transmettre. Toute la famille et les ouvriers de la menuiserie s’y mettent et ça devient Mission : impossible, ou Le Pigeon (de Monicelli) pour être gentil, qui n’était déjà pas un chef-d’oeuvre.
Autres Chansons et Leurs Interprétations
Au-delà de "Ma Petite Entreprise", plusieurs autres chansons emblématiques méritent une analyse approfondie :
- The Eagles - Hotel California (1976) : L'histoire d'un type qui sillonne les routes de Californie. Quand, épuisé par les kilomètres qu'il vient d'avaler au volant de son bolide, il tombe sur un hôtel somptueux : une prison dorée d'où, une fois entré, il ne parvient pas à s'extirper. Il faut savoir que l'Hotel California, à cette époque, est un centre de désintoxication couru des rock stars en perdition. La chanson est donc une métaphore filée de la dépendance aux drogues dures et de la difficulté à s'en sortir.
- The Rolling Stones - Brown Sugar (1971) : La première lecture nous parle d'une jeune esclave noire, objet sexuel de ses maîtres blancs qui, comme envoutés par ses charmes, ne parviennent plus à se passer d'elle. Pourtant, il existe un second niveau de lecture. Si « Brown Sugar » (sucre brun) désigne, en effet, les femmes noires de peau, c'est également de cette façon que se nomme l'héroïne brune en argot américain. C'est donc, aussi et surtout, de la dépendance à la drogue dont il est question.
- Barbara - L'Aigle Noir (1970) : Dès sa sortie, il a suscité de nombreuses interrogations. De quoi parle Barbara ? La plus tendancieuse, et celle qui perdure, serait de voir cet aigle noir comme une allégorie de son père incestueux.
- Billie Holiday - Strange Fruit (1939) : Sous un message à peine voilé, la chanson dénonce l'infamie de ces pratiques. Révolution pour l'époque car Strange Fruit est, en effet, le premier « protest song » et celui dont la résonance paraît éternelle.
- Les Rita Mitsouko, « Marcia Baïla » (1985) : Les Rita Mitsouko font danser la Fance entière sur Marcia Baïla, un hommage à la danseuse Marcia Moretto, une danseuse et amie de Catherine Ringer. Au costume, monsieur Jean Paul Gaultier qui déjà, montre un intérêt particulier pour le corset pigeonnant avec cette magnifique robe qui transforme la chanteuse en sirène déjantée.
- Bruce Springsteen - Born In The USA (1984) : Un comble car les paroles racontent le retour en terre natale d'un vétéran de la guerre du Vietnam qui se retrouve rejeté par ses compatriotes.
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