Programme d’appui PME II Algérie: objectifs et fonctionnement
Depuis sa mise en place en 1996, le dispositif ANSEJ (Agence Nationale de Soutien à l’Emploi de Jeunes) a été révisé à plusieurs reprises, avec une dernière modification en 2018 qui a influé sur les mécanismes de financement et d’appui aux jeunes promoteurs. Le cadre réglementaire a évolué afin d’encourager l’entrepreneuriat des jeunes et de dynamiser les PME dans l’économie algérienne.
Objectifs et logique du dispositif
Le dispositif ANSEJ vise à soutenir la création d’entreprises par les jeunes et à favoriser l’emploi. L’aide passe notamment par des bonifications du taux d’intérêt accordées par les banques et par des aides directes liées à l’investissement et au loyer. L’objectif est de réduire le coût du financement et d’encourager les banques à s’impliquer dans le financement des projets approuvés par l’ANSEJ.
Bonifications d’intérêts et mécanismes de financement
La bonification du taux d’intérêt est un mécanisme par lequel un organisme-tiers prend en charge une partie des intérêts payés par l’emprunteur. Cette bonification est imputée sur un compte d’affectation spéciale et exécutée à la demande de l’établissement de crédit. Au fil du temps, elle a varié selon les secteurs et les périodes: par exemple, elle est passée de 50% à 60% puis à 75% ou 80% et même 100% en 2013 selon le domaine d’activité.
En 2015, l’apport personnel pour les porteurs de projets a été revu à la baisse: il est passé de 5% et 10% à 1% et 2% selon le montant de l’investissement, avec en outre une aide au titre du loyer qui a été ajoutée. Le versement de la bonification est géré par le Fonds National de Soutien à l’Emploi des Jeunes et est effectué à la demande des établissements de crédit. Pour encourager les banques à financer des projets agréés par l’ANSEJ, un Fonds de Caution Mutuelle de Garantie risques/crédits jeunes promoteurs a été créé par décret exécutif. Ce fonds couvre, à la diligence des banques concernées, les créances restant dues en principal et les intérêts à la date de déclaration du sinistre à hauteur de 70%.
Portée et résultats du dispositif
Depuis sa création jusqu’au premier semestre 2018, le dispositif a financé plus de 370 000 projets et permis la création de plus de 890 000 postes d’emploi. Au 31/12/2017, quatre secteurs concentraient 70% du total des projets financés: Services, Agriculture, Artisanat et Transport de Marchandises. Proportionnellement, ces secteurs sont les plus grands pourvoyeurs d’emploi. Des tendances montrent que certains secteurs ont été saturés et que les financements ont été redirigés vers d’autres secteurs productifs comme l’Agriculture.
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Le nombre d’emplois créés est globalement proportionnel au nombre de projets financés par secteur. L’analyse par genre indique que les femmes se dirigent davantage vers les professions libérales et les services, représentant plus de la moitié des financements; certains secteurs restent dominés par les hommes (ex. Transport de marchandises) et le taux de féminité demeure faible autour de 10%. Des études soulignent les difficultés d’accès des femmes au marché du travail liées à la mobilité, l’environnement socio-culturel et l’insuffisance d’informations sur leurs droits en cas de discrimination.
Limites et durabilité du modèle
Si les dispositifs d’aide à la création d’entreprises en Algérie ont amélioré la densité des PME, leur efficacité perçue est surtout liée à la pérennité des entreprises et à leur contribution à la croissance. Des chiffres, comme un taux de mortalité moyenne des micro-entreprises d’environ 10% en janvier 2020, illustrent les défis de durabilité. Par ailleurs, la part du secteur privé dans le PIB hors hydrocarbures est estimée à 85%, mais l’apport des PME reste relativement modeste.
Un point critique est l’implication soutenue des banques publiques dans ces dispositifs et le risque sur la qualité du portefeuille de créances en cas de défaut de paiement. Les fonds de garanties ne peuvent être mobilisés qu’après 18 mois d’impayés, ce qui peut peser sur la soutenabilité du financement public. À plus long terme, ce modèle, fortement dépendant des fonds publics, peut être difficilement soutenable dans le contexte économique algérien marqué par la chute des prix du pétrole et les effets de la pandémie.
Aspects démographiques et sectoriels
Les données montrent une lourde prépondérance des secteurs Services, Agriculture, Artisanat et Transport de Marchandises dans les projets financés. L’évolution du paysage sectoriel reflète les adaptations des jeunes promoteurs face à la saturation d’autres secteurs comme le transport de voyageurs ou la location de voitures. Le lien entre le financement et la création d’emplois demeure significatif, mais la répartition par genre et secteur met en évidence des inégalités structurelles qui nécessitent des politiques adaptées pour favoriser une participation féminine plus soutenue.
Tables et données clés
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Projets financés jusqu’au 1er semestre 2018 | >370 000 |
| Postes d’emploi créés | >890 000 |
| Part des 4 secteurs majeurs (2017) | 70% |
| Taux de mortalité moyenne des micro-entreprises (2020) | ≈10% |
Impact sur l’emploi et l’économie locale
Les PME, bien que contribuant à la croissance, présentent un apport encore limité par rapport à l’ampleur du potentiel économique algérien. Le financement public et le recours aux fonds publics restent centraux dans le dispositif, ce qui nécessite une évaluation continue de l’efficacité et de la soutenabilité, notamment dans un contexte économique incertain et post-pandémique.
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Éléments contextuels et perspectives
Les résultats démontrent une amélioration de la densité des PME par rapport à la population active, mais la comparaison avec les voisins montre que l’Algérie crée moins d’entreprises formelles et affiche une densité plus faible. Des analyses soulignent la nécessité d’accroître l’inclusion financière et d’adapter les aides pour soutenir une participation accrue des femmes et une diversification sectorielle durable.
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