Altifort FCT Saint-Dizier présentation activité
Altifort FCT, anciennement Flow Control Technologies (FCT), est une unité industrielle historiquement implantée dans le Tarn, spécialisée dans la fabrication de vannes industrielles pour les secteurs pétrolier, gazier et sous-marin. Née en 1984 de la fermeture du sidérurgiste Saut du Tarn, FCT était rapidement devenue un industriel clé de la région albigeoise, derrière la Verrerie Ouvrière d'Albi.
Histoire et parcours des reprises
Industriel historique de la région, FCT était l'une des cinq entreprises nées de la fermeture du sidérurgiste Saut du Tarn en 1984. L'usine tarnaise employait jusqu'à 200 personnes et représentait un fleuron du savoir-faire local dans la robinetterie industrielle, l'usinage de pièces pour les barrages hydrauliques, les canalisations de transport de gaz et les obus militaires.
Depuis les années 2000, les repreneurs se succèdent à FCT et, avec eux, les plans sociaux. L'entreprise est d'abord passée sous le contrôle du groupe américain Tyco, puis du groupe Emerson, avant d'être rachetée par le groupe franco-belge Altifort. En 2017, Emerson avait fait l’acquisition de la société tarnaise auprès du groupe Pentair. Très vite, l’Américain décide de se séparer de FCT et de la revendre l’année suivante à Altifort. Rebaptisée « Altifort FCT », l'usine fabrique des vannes en acier et en fonte de 60 tonnes en moyenne pour les plates-formes pétrolières offshore de Total, Shell, Equinor(ex-Statoil), etc.
En deux ans, Altifort a racheté quatre fabricants de vannes industrielles, PVI dans la Somme repris à Pentair en 2016 puis cette année D2SC en Normandie, HP Systems à La Rochelle et FCT. « Nous prévoyons de réaliser 70 millions d'euros dans les vannes en 2018 », dit Bart Gruyaert. Celles-ci forment un tiers du chiffre d'affaires du groupe, passé de 65 millions d'euros en 2017 à 200 millions prévus cette année avec les rachats. Altifort emploie désormais 1.500 salariés dans trois secteurs : les cuves et vannes de gaz et de fluides, la tréfilerie et les équipements de forage, les robots collaboratifs.
Activités industrielles et capacités techniques
Flow Control Technologies (FCT) était reconnue pour son expertise dans la fabrication de vannes industrielles. L’usine abritait des machines à forte valeur ajoutée : un centre d’usinage CNC FOREST-LINE FLEXIAX 410 (2010) avec chargeur d’outils, un tour horizontal DOOSAN PUMA 480LM (2008), un tour vertical RAIS M800, plusieurs tours horizontaux H.ERNAULT SOMUA CHOLET 550, un tour de dressage TADU FS-750, ainsi qu’une machine de rodage LAPMASTER LBVS700 (2021).
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FCT teste les vannes à des températures jusqu'à -200 °C et à une pression de 3.000 mètres sous l'eau. FCT possède des moyens de test qui valent des dizaines de millions d'euros et sont sous-utilisés, explique Bart Gruyaert, directeur général d'Altifort. Le repreneur veut développer l'activité d'ingénierie et de test pour d'autres secteurs. L'entreprise retrouvera la rentabilité en faisant des tests pour des tiers dans les industries navale, aéronautique, nucléaire et militaire.
Stratégie d'Altifort pour FCT
Altifort a repris le personnel et veut relancer l'entreprise en commençant par une grosse commande d'Equinor qui représente un an de travail. Il va aussi lui sous-traiter des activités d'usinage de sa filiale GLI, qui fabrique des cuves de gaz. Le chiffre d'affaires de FCT doit remonter à 30 millions d'euros en 2019.
Embauches : Altifort prévoit de recruter 15 à 20 personnes en deux ans chez FCT et d'y investir « quelques millions d'euros par an » pour moderniser la fabrication. Surtout, le repreneur veut développer l'activité d'ingénierie et de test pour d'autres secteurs. Altifort veut utiliser ces moyens de test de grandes pièces pour les vannes de sous-marins qu'il fabrique pour Naval Group, et dans le secteur aéronautique.
Crise, redressements et liquidation
Le couperet est tombé le 20 juin dernier : le tribunal de commerce d'Albi a prononcé la mise en liquidation judiciaire de Flow Control Technologies. Spécialisée dans la fabrication de vannes pour l'industrie pétrolière, gazière et sous-marine, l'entreprise Flow Control Technologies (FCT) est en liquidation judiciaire après la décision du tribunal de commerce d'Albi.
L'entreprise avait été placée en redressement judiciaire le 13 décembre 2022 lâchée par son actionnaire chinois, CAG (China Automation Group). En 2020, FCT est donc rachetée par China Automation Group, qui réduit les effectifs de 126 à 75 salariés et profite des brevets industriels et de l'expertise industrielle française. Deux ans plus tard, l'entreprise est à nouveau placée en redressement judiciaire par le tribunal de commerce d'Albi. Finalement, en 2023, l'usine est liquidée et la collectivité d'Albi cède le site à la société toulousaine Dedienne Aerospace.
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Depuis le début de la semaine, les 11 000 m2 de bâtiments sont comme figés. Les parkings des salariés sont quasiment vides. Une cellule psychologique a été installée dans l'entreprise pour soutenir et accompagner les salariés qui le souhaitent.
Impact social et réactions
Jusqu'à 200 salariés ont travaillé rue Sabanel, le long des berges du Tarn. « Les différents actionnaires qui se sont succédés à la tête de la société n'ont pas voulu tenir compte des savoir-faire accumulés, ont délaissé les marchés et ont ainsi précipité la chute de l'entreprise » regrette la députée du Tarn Karen Erodi qui dénonce « un silence de mort autour de la disparition programmée de l'entreprise ».
« Il y a une vraie souffrance des salariés, tant de la part des licenciés mais aussi des autres, ceux qui sont gardés », explique Sébastien Boulze, délégué syndical FO. «C’est difficile de dire ce que l’on ressent», avoue Sébastien Boulze, représentant syndical FO. Car si tous espéraient une reprise complète des salariés seulement 75 d’entre eux ont été choisis par le repreneur.
« Durant la période de redressement judiciaire, nous avons contacté près de 400 repreneurs potentiels, 200 nous ont répondu, et seulement 10 ont fait des demandes d’informations, se souvient Myriam Védrine, secrétaire du CSE. Au final, seulement une entreprise s'est positionnée et c’est elle qui a racheté FCT. C’était presque inespéré, d’autant plus en pleine période de crise sanitaire. Le groupe chinois s’est en fin de compte plié aux injonctions de la cour. Pour autant tout n’est pas gagné pour FCT mais les salariés essayent de rester optimistes.
Les salariés licenciés considèrent que le Groupe Emerson est responsable de leur situation actuelle, privés des indemnités auxquelles ils auraient pu prétendre s’il avait assumé lui-même la fermeture de sa filiale ou pris les mesures adéquates dans le cadre du projet de cession. « On n’a pas de scrupule à les poursuivre car eux n’en ont pas eu pour essayer de nous noyer », regrette Myriam Védrine, secrétaire du CSE.
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Dispositifs d'accompagnement et reclassement
Concernant la situation des anciens salariés de FCT, plusieurs mesures ont été mises en œuvre afin de favoriser leur reclassement et leur accompagnement dans le cadre du plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) telle que l'instauration d'une convention de sécurisation professionnelle (CASP) au prononcé de la liquidation judiciaire, garantissant ainsi un dispositif renforcé d'accompagnement.
La Direction Départementale de l'Emploi, du Travail, des Solidarités et de la Protection des Populations (DDETSPP) a sollicité les entreprises locales, notamment l'entreprise Dedienne Aerospace, pour étudier avec elles les possibilités de reclassement. Rassemblant des entreprises prêtes à proposer des opportunités d'emploi, un job dating a été organisé en collaboration avec le dispositif Passerelles d'Industrie, dans les locaux de l'entreprise avant sa fermeture effective.
Enfin, une commission de suivi du PSE, active de septembre 2023 à février 2025, a permis un contrôle et un soutien continu aux salariés dans leurs démarches de reclassement. Ces initiatives témoignent de la mobilisation conjointe des acteurs institutionnels et locaux afin de limiter l'impact social de cette fermeture d'entreprise.
Contrôles, souveraineté industrielle et politiques publiques
Le Gouvernement est pleinement conscient des enjeux liés aux rachats successifs d'entreprises, qui peuvent entraîner une perte de contrôle sur les brevets stratégiques, une restructuration douloureuse, voire la fermeture d'usines. Pour faire face à ces défis, les initiatives sont multiples. Il s'agit notamment du renforcement du contrôle des investissements étrangers.
Depuis plusieurs années, la législation française et européenne a été renforcée pour mieux contrôler les acquisitions d'entreprises stratégiques. Le Gouvernement veille à ce que ces mécanismes soient appliqués avec rigueur, afin d'éviter les prises de contrôle qui mettraient en péril la souveraineté industrielle et la protection des brevets nationaux.
France 2030, plan d'investissement stratégique, a été lancé par le Gouvernement en octobre 2021 pour préparer la France aux grands défis économiques, industriels et environnementaux des prochaines décennies. Il accompagne les entreprises et soutien les filières stratégiques pour accélérer la transition écologique et énergétique, favoriser l'innovation et la souveraineté industrielle. Plus récemment, la loi « industrie verte » promulguée en octobre 2023 s'inscrit dans une stratégie globale visant à conjuguer la transition écologique avec le renforcement de notre indépendance industrielle.
Remise en état des actifs et remarketing
À la suite d’une liquidation judiciaire, PIPM a acquis l’intégralité des actifs industriels de FCT. Fort de son réseau mondial d’acheteurs et de son expertise en remarketing, PIPM a orchestré chaque étape : évaluation, démontage sécurisé, transport, revente et nettoyage final. Le site a été totalement vidé, nettoyé et remis en état dans le délai prévu de 6 mois.
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Organisation et expertise dans le groupe Altifort
Altifort, seul candidat au rachat de l'aciérie Ascoval, est un jeune groupe à Ham (Somme) qui poursuit ses acquisitions à marche forcée. Le groupe avait notamment tenté de racheter Ascoval, dans le nord de la France. En se positionnant avec FCT, Altifort a cherché à étendre son catalogue et d’avoir accès au marché européen.
Altifort prévoit de relancer la production, développer les activités d'ingénierie et de test, et tirer parti des moyens de test et du savoir-faire présents sur le site. « Ce qui nous rassure c’est que c’est un groupe qui est du domaine, sans avoir exactement la même activité. En se positionnant avec nous, cela lui permet d’étendre son catalogue et d’avoir accès au marché européen qui lui était totalement fermé. Maintenant, il faut que la machine se remette en marche », espère Sébastien Boulze.
Tableau récapitulatif - Chronologie et chiffres clés
| Événement | Date / Détail |
|---|---|
| Création issue du Saut du Tarn | 1984 |
| Effectif maximum historique | Jusqu'à 200 salariés |
| Chute du chiffre d'affaires | 57 M€ (2014) → 12 M€ (2018) |
| Rachat par Altifort | 2018 (après cession par Emerson) |
| Rachat par China Automation Group (CAG) | 2020 |
| Redressement judiciaire | 13 décembre 2022 |
| Liquidation judiciaire | 20 juin (tribunal d'Albi) |
| Reprise des actifs / remarketing | PIPM - démantèlement et vente des équipements |
Altifort FCT demeure un exemple complexe des dynamiques de reprise industrielle : un savoir-faire technique réel et des moyens de test exceptionnels mais une trajectoire marquée par des rachats successifs, des plans sociaux et des décisions judiciaires lourdes de conséquences sociales. Les enjeux de souveraineté industrielle, de protection des brevets et d'accompagnement des salariés restent au cœur des débats autour de ce dossier.
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