Les anciens ministres des finances en Algérie : nominations, défis et dynamiques politiques

L'histoire politique de l'Algérie est marquée par de nombreux changements de gouvernement et des dynamiques complexes entre le président et ses ministres. Cet article explore les mandats de plusieurs anciens ministres des finances, leurs nominations, les défis auxquels ils ont été confrontés et les relations souvent tumultueuses avec le pouvoir central.

Palais du Gouvernement d'Alger
Palais du Gouvernement d'Alger

Les débuts de l'ère Bouteflika

Élu président en avril 1999, Abdelaziz Bouteflika a mis du temps à former son propre gouvernement. Il a mené des consultations avec des dirigeants de l’opposition, son entourage et le chef des services secrets, le général Mohamed Mediène. Les tractations ont duré huit mois avant que Bouteflika ne tienne enfin la liste complète des membres de son exécutif.

Mercredi 29 juin 1999, Abdelaziz Bouteflika a présidé son premier Conseil des ministres comme président de la République. Avant de faire son entrée dans la grande salle, il s’est entretenu pendant une heure avec son chef du gouvernement, Smaïl Hamdani. Lors de cette entrevue, Bouteflika a exprimé son intention de récupérer le ministère de la Communication, ce qui a créé des tensions dès le début de son mandat.

Ahmed Benbitour : Une nomination surprenante

Ahmed Benbitour, sénateur et ex-ministre de l’Économie, a été nommé chef du gouvernement par Bouteflika. Le vendredi 24 décembre, la présidence a annoncé sa nomination. Il est important de noter que Benbitour n'a jamais négocié ce poste avec qui que ce soit. « À aucun moment, je n’ai discuté avec un général ou un haut dirigeant de l’armée », a assuré Benbitour.

Cependant, les relations entre les deux hommes se sont heurtées à deux écueils : la méthode de travail et un groupe de ministres détenteurs de portefeuilles de souveraineté qui ne rendaient compte qu’au seul chef de l’État. Le compagnonnage a duré huit mois, au bout desquels les deux hommes ont fini par ne plus se parler. Informé de la tenue d’un Conseil des ministres, Ahmed Benbitour a refusé de s’y rendre au motif qu’il n’avait pas été associé à l’élaboration de l’ordre du jour. Quand il est arrivé au siège de la présidence, Bouteflika a pris acte de son départ.

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Ahmed Benbitour
Ahmed Benbitour

Ali Benflis : Un mandat sous tension

Algérie: Ali Benflis dépose sa candidature

Quelques minutes après la fin de l’entrevue avec Benbitour, Ali Benflis a été nommé chef du gouvernement. Bouteflika a insisté pour que Benflis accepte cette lourde tâche, malgré les réticences de ce dernier. « Nous reconduirons la même équipe gouvernementale pour ne pas perdre de temps », lui a expliqué Bouteflika.

Pendant plus de deux ans, le tandem a travaillé en relative bonne intelligence. Cependant, des ministres réputés très proches du président préféraient s’en remettre directement à Bouteflika, au risque parfois de mettre en péril la cohésion gouvernementale. Les rapports entre Bouteflika et le chef de l’exécutif se sont envenimés en avril 2003, et ils ne communiquaient plus. Début mai, la rumeur de l’éviction du chef du gouvernement a enflé, et Ali Benflis a été limogé.

Ahmed Ouyahia : Serviteur zélé

Aussitôt le limogeage de Benflis annoncé, Ahmed Ouyahia a été nommé chef du gouvernement. Entre Bouteflika et Ouyahia, le courant passait plutôt bien. Serviteur zélé, bon connaisseur des dossiers, travailleur acharné, Ouyahia plaisait à Bouteflika. L’entente a duré deux ans et demi.

Les premières fissures sont apparues au début de l’année 2006. Comme ce fut le cas avec Benbitour et Benflis, les liens se sont distendus, la confiance s’est éloignée et la méfiance s’est installée. Au printemps 2006, les deux têtes de l’exécutif ne se voyaient plus et ne se parlaient presque plus. Pour le remplacer, Bouteflika a fait appel à Abdelaziz Belkhadem, alors patron du FLN. Mais la greffe Belkhadem n’a pas pris, et il a été débarqué en 2008, remplacé par Ouyahia.

Ahmed Ouyahia
Ahmed Ouyahia

Abdelmalek Sellal : Délégation croissante des pouvoirs

En septembre 2012, Ouyahia a de nouveau été remercié au profit d’Abdelmalek Sellal. Usure du pouvoir et soucis de santé aidant, Bouteflika voyait de moins en moins son Premier ministre, mais lui déléguait de plus en plus ses prérogatives, notamment la possibilité de nommer ministres et hauts cadres de l’État.

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Aujourd’hui, les choses ont changé. Le remaniement ministériel a été élaboré au palais du gouvernement avant que la short list ne soit envoyée à la présidence pour y être validée.

Tableau récapitulatif des Premiers Ministres sous Bouteflika

Premier Ministre Début de Mandat Fin de Mandat
Smaïl Hamdani Décembre 1998 Décembre 1999
Ahmed Benbitour Décembre 1999 Août 2000
Ali Benflis Août 2000 Mai 2003
Ahmed Ouyahia Mai 2003 Mai 2006
Abdelaziz Belkhadem Mai 2006 Juin 2008
Ahmed Ouyahia Juin 2008 Septembre 2012
Abdelmalek Sellal Septembre 2012 Mai 2017

La crise s'est encore aggravée avec la pandémie de coronavirus, obligeant le gouvernement à retarder plusieurs projets d'investissement prévus dans divers secteurs. Le pays de 45 millions d'habitants n'a pas encore réussi à diversifier son économie en dehors du pétrole et du gaz, malgré les tentatives de développement du secteur non énergétique.

Ce dimanche, le président algérien Bouteflika a nommé un nouveau gouvernement. Le portefeuille de la Défense est détenu par M. Bouteflika, constitutionnellement chef suprême des armées. Ramtane Lamamra, nommé vice-Premier ministre au côté de M. Bedoui, qui détenait le portefeuille jusqu'à sa nomination à la tête du gouvernement, est remplacé à l'Intérieur par Salaheddine Dahmoune, qui était le secrétaire général du ministère. Le PDG du distributeur public d'électricité et de gaz Sonelgaz, Mohamed Arkab, est nommé ministre de l'Energie.

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