Biographie et carrière du journaliste Pierre Jobin à TVA
Pierre Jobin a été chef d’antenne de TVA à Québec durant presque 30 ans. À 61 ans, Pierre Jobin entend ralentir le rythme dans les prochaines années. Celui qui prendra sa retraite au retour des Fêtes est bien placé pour savoir que les médias connaissent une crise sans précédent.
Parcours professionnel et rôle à TVA
Chef d’antenne de TVA à Québec durant presque 30 ans, il aura vu les audiences des bulletins de nouvelles s’effriter avec les années. Plusieurs anciens collègues de Pierre Jobin perdront leur emploi. En novembre, l’entreprise dirigée par Pierre Karl Péladeau a annoncé la suppression de 547 postes au sein de Groupe TVA, soit près d’un tiers de l’effectif.
« On ne peut pas supprimer 500 emplois sans que ça paraisse sur la qualité, forcément. C’est sûr que pour les gens en région, ce sera un choc, au début, de voir leur bulletin de nouvelles animé par quelqu’un de Québec. »
Vision sur l’avenir des médias et de l’information
Pour autant, Pierre Jobin n’a pas non plus tenté de dissuader sa fille Anne-Sophie, aujourd’hui journaliste pour TVA à Montréal, de suivre ses traces. Il n’en démord pas : il y a encore un avenir à l’information. « C’est évident que, pour les jeunes qui veulent faire ce métier en ce moment, c’est inquiétant. Mais on n’est pas en Russie ou en Chine, quand même. Il y aura toujours un besoin pour de l’information. Les gens cherchent à être informés, même si ce n’est plus nécessairement avec le bulletin de nouvelles de 18 h ou de 22 h. C’est un dur moment à passer, mais je suis assez optimiste. »
Les médias le passionnent toujours. Il surveillera, bien entendu, l’arrivée cet automne de Patrick Lagacé dans la case horaire du matin au 98,5, en remplacement de Paul Arcand, qui prend sa retraite. « Oui, Paul Arcand est un monument. Oui, ce sont de gros souliers à chausser. Mais je crois que Patrick Lagacé a tout ce qu’il faut pour réussir. Il est très conscient du défi qui l’attend. »
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Économie des médias et effets de la pandémie
À l’échelle du pays, les revenus des stations de radio privées ont chuté de 24 % durant la pandémie. Entre 2013 et 2022, le temps moyen consacré à l’écoute de la radio par les Canadiens est passé de 18,5 heures à 10,6 heures par semaine. « Les grands annonceurs de Toronto, comme Ford ou General Motors, ont arrêté d’acheter de la publicité durant la pandémie. Malheureusement, ils ne sont pas encore tous revenus. »
« L’entreprise regroupe une vingtaine de stations, dont le 98,5, la radio parlée la plus écoutée à Montréal, mais aussi CKOI, le réseau Rythme, ou encore le FM93, à Québec. »
Appel aux annonceurs et au soutien public
L’ancien lecteur de nouvelles interpelle d’ailleurs les annonceurs, qui ont leur rôle à jouer, selon lui, dans la survie de l’écosystème médiatique : « Les annonceurs devraient prendre conscience que c’est dans l’intérêt de la démocratie de soutenir les médias. »
Encore faut-il que cette aide gouvernementale soit à la portée de tous les médias.
Radio parlée et concurrence
« La radio parlée va bien. » Dans le créneau de la radio parlée d’information, seule Radio-Canada, qui ne diffuse pas de publicité, est en concurrence directe avec le 98,5 dans la métropole à l’heure actuelle. Bell, le principal concurrent de Cogeco, pourrait en théorie profiter du départ de Paul Arcand pour convertir l’une de ses antennes à Montréal en radio parlée, mais cela nécessiterait de longues démarches auprès du CRTC qui ne sont pas près d’aboutir, souligne Pierre Jobin.
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Québecor a aussi jonglé un temps avec l’idée de se lancer dans la radio traditionnelle, mais les règles du CRTC empêchent une même entreprise d’avoir à la fois un quotidien, une station de télévision et une fréquence radio dans le même marché.
Réglementation et évolution des modèles d’abonnement
La télévision, comme la radio, ne mourra pas, croit Pierre Jobin. Mais les règles du CRTC qui l’encadrent datent d’une autre époque, et il est pressant qu’elles soient modifiées.
« Actuellement, un abonnement pour Netflix, ça coûte une dizaine de dollars par mois, alors que l’abonnement au câble, ça monte à une centaine de dollars parce que les gens sont obligés de prendre un bouquet de chaînes. Mais les gens en écoutent juste une ou deux là-dedans. Si on leur permettait de juste s’abonner à LCN pour 2-3 $ par mois, ou à TVA Sports pour 2-3 $, ce serait déjà une grande avancée », suggère le futur retraité.
Projets et activités après la retraite
À 61 ans, Pierre Jobin entend ralentir le rythme dans les prochaines années. Mais il se dit prêt tout de même à accepter quelques mandats de consultant, si on lui en fait la demande. Il surveillera, bien entendu, l’arrivée cet automne de Patrick Lagacé dans la case horaire du matin au 98,5, en remplacement de Paul Arcand, qui prend sa retraite.
Pierre Jobin tire sa révérence
Impact local et régional
« C’est sûr que pour les gens en région, ce sera un choc, au début, de voir leur bulletin de nouvelles animé par quelqu’un de Québec. »
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« On ne peut pas supprimer 500 emplois sans que ça paraisse sur la qualité, forcément. »
Tableau récapitulatif - faits saillants
| Élément | Détail |
|---|---|
| Rôle | Chef d’antenne de TVA à Québec durant presque 30 ans |
| Âge annoncé | 61 ans |
| Retraite | Prise au retour des Fêtes |
| Contexte | Crise des médias amplifiée par la pandémie, pertes d’emplois chez Groupe TVA |
| Opinion | Optimiste sur l’avenir de l’information; appelle au soutien des annonceurs et à des réformes du CRTC |
| Après-retraite | Mandats de consultant possibles |
Il n’en démord pas : il y a encore un avenir à l’information. Les médias le passionnent toujours.
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