Fiscalité de la Location Saisonnière de Votre Résidence Principale en France
Proposer de temps en temps votre logement en location à des voyageurs sur une plateforme comme Airbnb, Homelidays ou Abritel, cela peut être tentant pour bénéficier d’un complément de revenus. Cette activité de location occasionnelle est toutefois encadrée par de nombreuses réglementations. Cet article décrypte pour vous le cadre légal, les régimes d'imposition et les stratégies de gestion locative adaptés à votre projet.
La fiscalité des locations aux touristes de biens immobiliers meublés va changer : nouveaux taux d’abattement fiscal, diagnostic de performance énergétique (DPE) obligatoire, pouvoirs élargis aux maires de communes… Service-Public.fr fait le point sur la question.
Location saisonnière : Comment déclarer vos revenus Airbnb ?
Qu'est-ce que la Location Saisonnière ?
La location saisonnière est un terme juridique utilisé pour définir les locations de biens immobiliers inférieures à une durée de 90 jours. Au sens du Code du tourisme, les logements éligibles à la location saisonnière sont des meublés de tourisme «à l’usage exclusif du locataire». Le Code du tourisme définit cette forme de mise à disposition comme un hébergement meublé proposé pour une durée maximale de 90 jours consécutifs. La durée du bail peut varier d'une seule nuit à plusieurs semaines, avec un contrat spécifique différent des baux d'habitation classiques.
Il est important de noter que la chambre d’hôte ne relève pas de la location saisonnière du fait de la présence du propriétaire sur les lieux, dans le même bâtiment ou une annexe, et de son assortiment à des prestations (petit-déjeuner, fourniture du linge de toilette…).
Dès lors que vous proposez un logement à la location, vous allez générer des recettes locatives. Dans le cadre d’une location saisonnière, vous louez une maison, un appartement ou une chambre en meublé. À noter qu’il importe peu que vous louiez votre bien 3 fois dans l’année ou pendant toute la saison estivale, ce sera le régime fiscal des locations meublées qui s’appliquera.
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Pour déterminer le régime fiscal applicable, il convient dans un premier temps de déterminer si vous êtes un loueur meublé professionnel (LMP) ou non professionnel (LMNP). Remarque : si vous comptez exercer une activité chambre d’hôte avec des prestations de services (petit déjeuner, nettoyage, fourniture de linge…), vous relèverez du régime fiscal de la parahôtellerie. Vous n’êtes donc pas concerné par le régime fiscal du LMP ou LMNP.
Au plus tard le 20 mai 2026, toutes les locations de meublés touristiques devront faire l’objet d’une déclaration (enregistrement auprès d’un téléservice national dédié). Le loueur devra apporter la preuve que le logement proposé à la location est bien sa résidence principale, en fournissant son avis d’imposition établi à son nom avec l’adresse du meublé de tourisme. C'est ce qu'indique la loi du 19 novembre 2024 visant à renforcer les outils de régulation des meublés de tourisme à l'échelle locale.
Les Différentes Formes de Location de sa Résidence Principale
Mettre en location sa résidence principale renvoie aux différentes formes de location existantes. L'on parle de la location meublée avec les statuts LMNP ou LMP, de la location saisonnière ou courte durée, ainsi que de la location longue durée.
Location meublée de sa résidence principale
La mise en location résidence principale en meublé permet une rentabilité locative intéressante. Allusion que l'on fait aux loyers plus élevés qu'avec la location nue. D'ailleurs, via les statuts LMNP (Loueur Meublé Non Professionnel) ou LMP (Professionnel), la location meublée permet aussi de profiter du régime fiscal des Bénéfices Industriels et Commerciaux (BIC).
Le statut LMNP est accessible sous 23 000 € de recettes ou si les revenus locatifs restent inférieurs aux autres revenus du foyer. Pour sa part, bien que plus contraignant, le LMP offre des avantages en matière d’imputation des déficits et d’exonération des plus-values. Ces statuts permettent d’optimiser les revenus locatifs issus de la résidence principale LMNP ou LMP.
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Location saisonnière ou de courte durée
La location saisonnière ou courte durée en meublés tourisme est encadrée par la loi ALUR. La loi ALUR impose une durée de location de 90 jours par an pour un même locataire et 120 jours par an au total (article L631-7-1 A du Code de la construction). Au-delà, le logement perd le statut de résidence principale.
Dans les zones tendues (Paris, Lyon, Bordeaux…), une déclaration préalable en mairie est obligatoire. Une autorisation changement usage peut être exigée (notamment pour les logements en copropriété ou soumis à compensation). Le propriétaire doit également déclarer son activité, s’immatriculer (formulaire P0i pour LMNP) et collecter la taxe séjour.
Location longue durée ou bail classique
La location durée longue permet de rentabiliser sa résidence principale logement, sans les contraintes de rotation fréquente liées à la location saisonnière. Elle est encadrée par la loi du 6 juillet 1989. Celle-ci définit les contrats de location classiques : bail vide (3 ans) ou bail meublé (1 an, ou 9 mois pour un étudiant). Encadrant les droits et obligations du bailleur comme du locataire (préavis, dépôt de garantie, état des lieux), ces contrats offrent une protection juridique solide.
Côté fiscalité, les loyers perçus relèvent du régime des BIC en location meublée (LMNP ou LMP), avec possibilité d’opter pour le micro-BIC ou le régime réel. En location vide, ils relèvent des revenus fonciers, avec abattement de 30 % en micro-foncier ou déduction des charges au régime réel.
Fiscalité des Revenus Locatifs Issus de la Résidence Principale
Mettre en location sa résidence principale ramène aussi à la fiscalité des revenus locatifs. Mieux vaut s'y mettre avec le statut de loueur meublée non professionnel. L'on peut ainsi bénéficier de fiscalité avantageuse, à travers le régime micro-BIC ou le régime réel.
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Régime micro-BIC ou régime réel : lequel choisir ?
Lorsqu’on décide de mettre en location meublée sa résidence principale, deux régimes fiscaux s’offrent au bailleur : le micro-BIC ou le régime réel. Ce premier s’applique de plein droit si les revenus locatifs annuels ne dépassent pas 77 700 € (plafond 2024). Il prévoit un abattement forfaitaire de 50 %, sans justificatifs de charges.
En revanche, si les charges (intérêts d’emprunt, travaux, amortissements…) sont élevées, le régime réel devient plus intéressant . Celui-ci permet de déduire les charges réelles, voire de créer un déficit imputable sur les BIC futurs. Pour en bénéficier, il faut tenir une comptabilité détaillée.
Dans les deux cas, le bailleur doit déclarer le début d’activité via le formulaire P0i et s’immatriculer auprès du greffe du tribunal de commerce pour obtenir un numéro SIRET. Ces revenus seront ensuite déclarés dans la catégorie des Bénéfices Industriels et Commerciaux (BIC).
Spécificités pour le statut de loueur en meublé non professionnel
Le statut de Loueur en Meublé Non Professionnel (LMNP) est particulièrement adapté pour mettre location résidence principale de façon ponctuelle ou à l’année. Premièrement, les revenus locatifs issus de la location meublée de la résidence principale LMNP doivent être inférieurs à 23 000 € par an ou représenter moins de 50 % des revenus globaux du foyer fiscal. Deuxièmement, le bailleur doit effectuer une déclaration de début d’activité en remplissant le formulaire P0i, à adresser au greffe du tribunal de commerce. Une démarche qui permet d’obtenir un numéro SIRET.
Le régime fiscal applicable est celui des BIC (Bénéfices Industriels et Commerciaux). Le bailleur peut opter pour le régime micro-BIC (abattement de 50 %) ou choisir le régime réel simplifié, bien plus avantageux en cas de charges élevées. Ce dernier permet de déduire l’ensemble des charges réelles et d’amortir le mobilier, voire le bien, optimisant ainsi la fiscalité des revenus locatifs issus de la résidence principale.
Stratégies et Gestion Locative du Bien Immobilier Loué
Mettre en location sa résidence principale doit se faire suivant des stratégies bien définies, notamment en termes de gestion locative. Celles-ci impliquent un bon choix de locataire. La rédaction du bail doit aussi se faire dans les règles de l'art. De même, la résiliation du contrat et l'état des lieux sont également encadrés.
Sélection des locataires
La vérification de la solvabilité repose sur l'analyse des bulletins de salaire et des avis d'imposition, avec un ratio loyer/revenus inférieur à 33%. Les plateformes comme LocService et Zelok automatisent le screening via des algorithmes de scoring financier.
Les outils professionnels intègrent désormais la vérification des antécédents judiciaires et l'analyse comportementale. Cette digitalisation réduit de 40% les risques d'impayés selon les données sectorielles récentes.
Rédaction du contrat
Le bail doit impérativement mentionner la destination des lieux, le montant révisable des charges et les modalités de renouvellement. Les locations saisonnières exigent une clause de résiliation anticipée pour force majeure.
Pour les locations partielles, le contrat précise les espaces partagés et les horaires d'usage. Une annexe détaillée liste le mobilier fourni avec leur état de fonctionnement initial.
Gestion au quotidien
Les logiciels comme Rentila centralisent les paiements et génèrent automatiquement les quittances. Ils alertent sur les retards de loyer et calculent les régularisations de charges selon les index officiels.
L'entretien courant incombe au locataire, tandis que les grosses réparations structurelles restent à la charge du propriétaire. Un calendrier préventif des interventions techniques permet de maîtriser les coûts de maintenance.
Fin de contrat et état des lieux
La restitution des clés s'effectue contre remise d'un procès-verbal contradictoire signé. Les photos comparatives des états des lieux entrée/sortie font foi en cas de litige sur les dégradations.
Le délai légal de restitution du dépôt de garantie varie selon les constatations : 1 mois pour un état conforme, 2 mois en cas de travaux nécessaires. Une approche combinée résidence-investissement simplifie ces procédures grâce à une gestion normalisée.
Conditions à Respecter pour Éviter les Mauvaises Surprises
Mettre en location sa résidence principale doit se faire suivant des conditions bien définies. L'idée est d'éviter de mauvaises surprises liées au non-respect des clauses du bail. Anticiper ces démarches permet de louer légalement tout en préservant sa situation financière et juridique.
Cas d’une résidence principale avec un prêt immobilier
Mettre en location sa résidence principale maison financée par un prêt immobilier nécessite une vigilance particulière. En effet, la plupart des contrats de prêt comportent une clause d’occupation à titre de résidence principale. Parfois, celle-ci est assortie d’une interdiction de mise en location sans l’accord préalable de la banque.
Louer le bien sans autorisation constitue une violation contractuelle, pouvant entraîner une exigibilité immédiate du capital restant dû ou des sanctions financières. Il est donc impératif de notifier l’établissement prêteur de votre intention de louer, même temporairement, pour obtenir un accord écrit.
Par ailleurs, l’assurance habitation doit être adaptée. En location meublée, il convient d’opter pour une assurance propriétaire non occupant (PNO), couvrant les sinistres non pris en charge par le locataire. Une déclaration de changement d’usage peut aussi être exigée selon la commune.
Mise en location en tant que propriétaire occupant ou locataire
En tant que propriétaire occupant, mettre résidence principale est tout à fait autorisée. On peut le faire de façon ponctuelle (location saisonnière) ou prolongée (location meublée ou vide). Il faut néanmoins respecter la réglementation locale (plafond de 120 jours/an en location meublée touristique, déclaration en mairie, etc.). Cette stratégie permet de générer des revenus locatifs tout en conservant la jouissance du bien.
En revanche, la mise location de résidence principale locataire est bien plus encadrée. La sous-location est en principe interdite, sauf accord écrit du propriétaire. Ce dernier peut encadrer cette sous-location et exiger tout bonnement une résiliation du bail. Dans le premier cas, la sous-location ne peut excéder le loyer initial et le locataire principal reste responsable vis-à-vis du propriétaire.
Les Nouvelles Mesures Fiscales à Partir de 2025
La loi du 19 novembre 2024 visant à renforcer les outils de régulation des meublés de tourisme à l’échelle locale a été publiée au Journal officiel du 20 novembre 2024. Service-Public.fr détaille les principales mesures.
Loueur et déclaration obligatoire de résidence principale
Au plus tard le 20 mai 2026, toutes les locations de meublés touristiques devront faire l’objet d’une déclaration (enregistrement auprès d’un téléservice national dédié). Le loueur devra apporter la preuve que le logement proposé à la location est bien sa résidence principale, en fournissant son avis d’imposition établi à son nom avec l’adresse du meublé de tourisme. C'est ce qu'indique la loi du 19 novembre 2024 visant à renforcer les outils de régulation des meublés de tourisme à l'échelle locale.
Nouveaux taux de l’abattement fiscal
Ce sont les suivants :
- 50 % pour les biens classés et les chambres d'hôtes (avec un plafond de 77 700 € de revenus locatifs annuels) ;
- 30 % pour les biens non classés (avec un plafond de 15 000 € de revenus locatifs annuels).
Ces nouveaux taux s'appliqueront aux revenus locatifs perçus à partir du 1er janvier 2025.
Diagnostic de performance énergétique (DPE)
Il sera obligatoire pour tous les logements proposés nouvellement à la location en meublé de tourisme et soumis à autorisation de changement d'usage. En France métropolitaine, ces logements devront attester d’un DPE classé :
- entre les classes A et E du 21 novembre 2024 au 31 décembre 2033 ;
- entre les classes A et D à compter du 1er janvier 2034 (la même règle s’appliquera à cette date aux logements loués à titre de résidence principale).
À partir du 1er janvier 2034, le maire pourra demander au propriétaire de fournir le DPE valide de son meublé de tourisme. L'absence de transmission du DPE est passible d'une astreinte administrative de 100 € par jour. Le propriétaire qui louerait son meublé de tourisme en violation des règles relatives au DPE encourra est une amende administrative de 5 000 € maximum.
Des pouvoirs élargis pour les maires
Les communes pourront définir des quotas d’autorisations de meublés de tourisme et ainsi réserver des secteurs dans leur plan local d’urbanisme (PLU) pour les constructions de résidences principales afin de mieux réguler les locations touristiques.
À partir de 2025, les communes pourront limiter à 90 jours par an la durée maximum pendant laquelle les résidences principales peuvent être louées à des touristes (au lieu de 120 jours aujourd'hui). Une amende civile de 15 000 € pourra être appliquée en cas de dépassement du nombre de jours de location autorisé sur la commune.
D’autre part, les maires pourront prononcer 2 nouvelles amendes administratives de :
- 10 000 € maximum en cas de défaut d'enregistrement d'un meublé de tourisme ;
- 20 000 € maximum en cas de fausse déclaration ou d’utilisation d’un faux numéro d’enregistrement.
De plus, les communes dotées d'un règlement de changement d’usage pourront étendre ce règlement à tous les locaux qui ne sont pas à usage d’habitation.
Modification du règlement de copropriété
À partir de 2025, tout copropriétaire se déclarant en mairie comme loueur de meublés de tourisme devra en informer le syndic. Les nouveaux règlements de copropriété pourront interdire ou non les meublés de tourisme. Dans les copropriétés disposant déjà d'un règlement de copropriété, un vote à la majorité (deux tiers des voix) pourra modifier le règlement de copropriété pour interdire la location des logements en meublés de tourisme, alors qu'aujourd'hui l'unanimité est requise.
Mettre en Location sa Résidence Principales en Bref et Conseils d'Experts
Mettre en location sa résidence principale offre un complément de revenus immédiat mais implique une gestion rigoureuse des obligations légales. L'équilibre entre rentabilité et contraintes dépend de la maîtrise des aspects fiscaux et de la sélection rigoureuse des locataires.
Checklist incontournable : déclaration en mairie avant mise en location, adaptation du contrat d'assurance PNO, vérification du DPE, choix du régime fiscal adapté au chiffre d'affaires, et archivage des justificatifs pendant cinq ans.
Le marché locatif actuel favorise les propriétaires disposant de biens énergétiquement performants. L'évolution réglementaire vers plus de transparence incite à privilégier les locations de moyenne durée avec des contrats standardisés, plus stables que le tourisme saisonnier.
Maîtriser les obligations légales, optimiser sa fiscalité via le régime LMNP et adopter une gestion rigoureuse transforme la location de sa résidence principale en levier patrimonial efficace. Déclarez vos revenus locatifs avant le 30 avril, choisissez votre régime d'imposition et sécurisez vos contrats.
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