Aperçu historique et activités de la Champagne et du champagne Apea Cosse en Champagne

Revenons plusieurs siècles en arrière. Nous sommes au temps des Gaulois. Ces amoureux de vin ont pour habitude d'en acheter beaucoup, notamment aux Romains. Un commerce lucratif pour ces derniers qui, après l'invasion de l'ensemble du territoire interdiront aux Gaulois les plantations viticoles, pour se prémunir de toute concurrence. La renommée de Reims nait avec le baptême de Clovis à la cathédrale Notre-Dame de Reims en 496. Le choix du roi des Francs devient un symbole et fait que presque toute la lignée des Rois de France viendra ensuite se faire sacrer en ce lieu. Ces événements rassemblant tous les grands du Royaume donneront lieu à de grands banquets où le vin coule à flots. Dès cette époque, le vin de la région, d'abord tranquille puis mousseux, devient donc le vin du sacre, le "vin des Rois".

Dans le Testament de saint Remi, évêque de Reims ayant baptisé Clovis, rédigé au VIème siècle, il est fait mention de plusieurs vignes, dont une dans le faubourg de Reims. L'Église va jouer un rôle moteur dans le développement du vignoble de Champagne. En effet, comme saint Remi, l'archevêque de Reims ainsi que plusieurs abbayes de la région sont des propriétaires viticoles importants. Dès le Ier siècle, on trouve des traces de vignes domestiques dans la région champenoise. Rapidement, le vignoble va se développer et s’étendre. Il bénéficie d’une situation stratégique sur les grandes routes commerciales. D'abord à travers le développement des foires de Champagne, qui constituent au Moyen Âge le cœur économique de l’Europe. Au-delà de la Champagne, la culture de la vigne devient impossible. La Champagne devient la région d'approvisionnement de tout le nord de l'Europe.

Les pionniers et l’évolution des techniques

Certaines figures monastiques, comme Dom Pierre Pérignon, moine bénédictin de l'Abbaye d'Hautvillers, ou Frère Oudart, de l'abbaye Saint-Pierre-aux-Monts à Pierry, jouent un rôle déterminant dans l'avènement du Champagne tel qu'on le connaît aujourd'hui. À leurs époques, les assemblages de vins se faisaient de manière plus ou moins aléatoire. Dom Pierre Pérignon, en précurseur, voit la complémentarité qui peut exister entre différents vins, différents crus. Il commence alors à pratiquer des assemblages mûrement réfléchis. En résultent des vins plus équilibrés, plus aboutis et de plus grande qualité.

Les années 1670-1720 marquent un tournant dans l'histoire des vins de Champagne : à partir de cette époque, on choisit volontairement de produire des vins mousseux en Champagne, là où l'effervescence était plutôt spontanée jusqu'alors. Mais ces années marquent aussi une rupture dans l'histoire des vins pétillants au global, pour deux raisons. En 1685 apparait pour la première fois le bouchon de liège en Champagne. Au XVIIème, l'industrie du verre va petit à petit se transformer et connaître d'importants progrès. Grâce à cela, en 1770, apparaît une nouvelle bouteille de Champagne, en verre beaucoup plus épais et donc beaucoup plus résistante. L'effervescence, qui avait auparavant lieu dans les tonneaux et avait tendance à vite s'échapper, se retrouve ainsi emprisonnée dans le flacon. Ce côté légèrement pétillant plait beaucoup à une certaine aristocratie, qui cherche à se distinguer.

Les premiers marchands de Champagne sont établis à Reims, Épernay et Aÿ. Les plus connus se nomment Bertin du Rocheret, Chertemps, Drouin de la Vieville, Geoffroy, Gosset ou encore de Partelaine. Dès le XVIIIème siècle, des Maisons de Champagne voient le jour, spécialisées dans l'élaboration du précieux vin effervescent, qui requiert un réel savoir-faire et des moyens notables. Des noms devenus iconiques depuis apparaissent. Ruinart, Chanoine, Fourneaux, Moët, Vander-Veken, Delamotte, Dubois, Veuve Clicquot, Heidsieck, Jacquesson, … la liste est longue.

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Nombre d'innovations ont permis d'améliorer petit à petit la maîtrise de l'effervescence. Pendant longtemps, elle dépendait en grande partie de la date du tirage. Le résultat était donc quelque peu aléatoire. Bien souvent, les bouteilles explosaient, occasionnant d'importantes pertes. Ou, à l'inverse, l'effervescence ne prenait pas et le vin restait tranquille...

Vers la maîtrise et la normalisation

À la fin du XVIIIème siècle, les Champenois commencent à ajouter du sucre au tirage, pour compenser un éventuel déficit. Ou au contraire, à utiliser de vieux vins à la quantité de sucre négligeable pour les mélanger à des vins dans lesquels la quantité de sucre serait excessive. Ensuite, au début du XIXème siècle, des "tables de remuage", appelées aujourd'hui pupitres, sont inventées pour amener le dépôt de lies dans le goulot de la bouteille. C’est seulement en 1860 que Pasteur met en évidence les levures qui transforment le sucre en alcool et en gaz carbonique. Enfin, en 1884, Armand Walfard, gérant d’une maison de Champagne, invente le dégorgement à la glace. Pour ce faire, le col de la bouteille est plongé dans une solution à environ -27° C, formant ainsi un glaçon dans le goulot qui emprisonne les sédiments qui s’y trouvent. À l’ouverture, la pression interne permet d’éjecter le glaçon en perdant un minimum de vin et de pression.

Jusqu’à la fin du XIXème siècle, le vignoble champenois était très vaste, couvrant plus de 60 000 hectares. Mais en 1863, le phylloxéra arrive en Europe. Ce puceron attaque les racines de la vigne et en sécure la sève, desséchant ainsi le plant qui mourra. La quasi-totalité du vignoble va ainsi se retrouver détruite. En 1898, les Vignerons et Maisons principales fondent l’AVC, l'Association Viticole Champenoise, et elle se met à greffer la vigne champenoise sur des porte-greffes américains résistants à l'insecte. Conscients de la valeur que représente le Champagne, les Champenois cherchent dès la fin du XIXième siècle à mettre en place des règles prévenant l'usurpation de leur patrimoine. Ils obtiennent en 1887 un arrêt de la Cour d’appel d’Angers reconnaissant la propriété du mot Champagne exclusivement aux vins issus de la Champagne. Ils demandent en 1905 au ministère de l'Agriculture la délimitation de la "Champagne viticole" et l'exclusivité du nom Champagne aux vins "récoltés et manutentionnés complètement dans la Champagne viticole".

Reconnaissance internationale et développement durable

Les années 1920, aussi appelées "années folles", sont une période de faste. Au sortir de la Première Guerre mondiale, l'humeur est à la fête et à l'insouciance. En 1935, est créée la Commission de Châlons qui regroupe à la fois les représentants des Maisons et des Vignerons, pour définir collégialement les règles d'élaboration des vins de Champagne. En 1941, est créé le Comité Interprofessionnel du Vin de Champagne, dans le prolongement de la Commission de Châlons. Le nom "Champagne" suscite les convoitises et, en 1960, un vin mousseux distribué en Grande-Bretagne adopte le nom de "Spanish Champagne" et est condamné par la Haute Cour d'Angleterre, protégeant l'appellation.

A partir de 1982, la Champagne commence à instaurer des principes de développement durable à l'échelle du vignoble. Dès le début des années 1980 et la prise de conscience de l'importance de préserver son terroir, le vignoble champenois entame des démarches visant à améliorer ses pratiques pour les rendre plus respectueuses de l'environnement: diminution de l'impact sur les sols, réutilisation des déchets, protection du vignoble. En 2003, la Champagne devient la première région viticole du monde à réaliser son bilan carbone. Suite à cela, un plan d'actions est lancé, composé de cinq axes majeurs: viticulture et œnologie, transports, bâtiments, achats responsables et actions transversales. En 2015, les 21 représentants des États-parties à la Convention du patrimoine mondial de l’UNESCO votent l’inscription des Coteaux, Maisons et Caves de Champagne sur la Liste du patrimoine mondial, dans la catégorie des Paysages culturels évolutifs vivants. Les démarches en matière de développement durable se poursuivent à tous les niveaux dans le vignoble champenois. À horizon 2050, l'objectif est de parvenir à réduire de 75% à 80% l'empreinte carbone de la Champagne. Parallèlement, de nombreux programmes visent à améliorer les pratiques dans le vignoble, au niveau écologique, mais aussi économique et social.

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Parallèles contemporains et culture locale

La région et ses acteurs locaux demeurent vivants: Cossé-le-Vivien, petite commune située dans le département de la Mayenne, organise un forum des associations en ligne pour faciliter la vie locale. Bien que les deux textes mêlent Histoire et actualités récentes, on peut percevoir des dynamiques de valorisation du patrimoine et de participation citoyenne qui accompagnent le vignoble de Champagne et les territoires voisins.

L'élaboration du Champagne

  • Assemblages maîtrisés par Dom Pierre Pérignon et ses contemporains
  • Inventions clés: bouchon de liège, pupitres de remuage, dégorgement à la glace
  • Protection juridique du nom Champagne et inscription UNESCO
  • Engagements contemporains en développement durable et bilans carbone
innovation ou fait marquant impact
XVIIIe siècle Ajout de sucre au tirage et premiers procédés de remuage Meilleure régularité et qualité des vins
XIXe siècle Découvertes de Pasteur sur les levures; dégorgement à la glace Maîtrise de l’effervescence et clarté des bouteilles
XXe siècle Protection du nom Champagne; développement durable Reconnaissance internationale et durabilité du vignoble

Les contenus évoquent aussi des initiatives locales et des témoignages sur la vie rurale autour de Cossé-en-Champagne et Viré-en-Champagne, démontrant comment les communautés s’approprient leur patrimoine et leur environnement, tout en restant connectées à l’histoire viticole de la Champagne.

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