Quelles sont les deux espèces d'apes

La question « quelles sont les deux espèces d'apes » renvoie à la notion d'espèce et à la façon dont les biologistes distinguent des groupes d'êtres vivants. La spéciation est le processus qui, à partir d’une espèce animale ou végétale, engendre une ou plusieurs nouvelles espèces génétiquement différentes et distinctes. On parle de spéciation lorsque que les espèces (l’ancienne et les nouvelles) ne peuvent plus se croiser et engendrer des descendants viables et fertiles.

Définition d’une espèce et isolement reproductif

Selon le biologiste Ernest Mayr « Pour qu’une nouvelle espèce se forme, il faut donc qu’il se mette en place une barrière qui empêche la reproduction avec les autres espèces. Ce barrage est appelé isolement reproductif ». La spéciation se produit lorsque des populations appartenant à la même espèce divergent et s’isolent les unes des autres d’un point de vue reproductif. Cet isolement peut survenir en raison de divers facteurs tels que des événements géographiques, des changements de comportement (sexuels, alimentaires…) ou des mutations génétiques favorables. Au fil des générations ces populations isolées accumulent des différences génétiques conduisant au développement d’espèces distinctes.

Modes de spéciation pertinents pour comprendre deux espèces d'apes

Le phénomène de spéciation ne se fait pas d’une génération à l’autre, c’est un processus plus ou moins long selon le taux de reproduction des espèces et la fréquence des générations. Pour les hominidés comme beaucoup d’autres espèces on compte en centaines de milliers d’années.

La spéciation allopatrique (également appelée spéciation vicariante) apparaît lorsqu’une population est divisée en raison d’un événement géographique. Pour Jean-Baptiste de Panafieu « Imaginons qu’une espèce animale se trouve divisée en deux populations par une barrière infranchissables : un bras de mer, un désert, une chaine de montagnes… Supposons que les conditions de vie ne soient pas les mêmes de part et d’autre de cette barrière. Les deux populations vont être affectées par des mutations de nature aléatoires. Comme elles ne subissent pas les mêmes contraintes, elles vont évoluer dans des directions différentes. Si la séparation dure suffisamment longtemps, cette évolution va aboutir à deux espèces distinctes impuissantes à se reproduire entre elles ».

Plus complexe, la spéciation sympatrique poursuit le même processus que l’allopatrique mais sans isolement physique. Les deux populations occupent la même zone géographique mais l’une des deux (au moins) acquiert des caractères tellement différents qu’il lui devient impossible de se croiser avec l’espèce mère. Les deux espèces sont donc sur deux niches écologiques différentes : par exemple une population peut évoluer vers un nouveau comportement alimentaire. Des poissons dans un lac peuvent se spécialiser pour les uns dans les algues de bord de l’eau et pour l’autre dans des algues au centre du lac. Les deux populations ne vont plus se « fréquenter » et finir par se différencier génétiquement (phénomène de l’isolement reproductif).

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La spéciation parapatrique met en relation deux espèces déjà existantes et séparées. Les deux espèces A et B sont sur des zones écologiques différentes toutefois il peut exister une zone « hybride » où les deux espèces peuvent se rencontrer… Dans cette zone de chevauchement les espèces A et B se croisent et peuvent engendrer une espèce C. C’est une possibilité et pas une assurance.

La spéciation péripatrique se produit lorsqu’un petit groupe d’individus (B) quitte la population A. Ce petit groupe B s’installe dans un lieu où la population A n’était pas présente auparavant. Il y a de fortes chances que le groupe périphérique ne détienne qu’une partie des variants génétiques de la population A. Ce départ et cet isolement va générer une nouvelle espèce avec des variants génétiques spécifiques. La principale différence entre la spéciation allopatrique et la spéciation péripatrique est que, dans la spéciation péripatrique, la population périphérique tend à être beaucoup plus petite que la population principale.

Application aux « apes » (hominidés) : exemples historiques d'espéciation

Dans l’évolution humaine, par exemple, lors des dernières glaciations, plusieurs hominidés se sont trouvés confinés à se développer chacune sur leur « territoire ». Homo neanderthalensis en Europe, Homo erectus en Asie, et Homo sapiens en Afrique forment donc des espèces génétiquement différentes avec des ancêtres communs. Ainsi, le préhistorien François Bon estime qu’« en Afrique et au Proche-Orient donc, entre 300 000 et 150 000 ans, on assiste à une évolution évidente d’individus qu’on appelle Erectus vers ceux que l’on appelle Sapiens. De la même façon, l’Erectus européen devient Néandertal à peu près au même moment ».

Pour le systématicien et professeur (MNHN) Guillaume Lecointre « Une espèce, c’est un nom qu’on va poser sur un segment de généalogie unifié. Unifié, c’est-à-dire qu’il n’est pas divisé, et qu’il est isolé reproductivement des autres flux. Si ce segment de généalogie venait à se diviser, à la longue les deux branches filles finiraient par ne plus pouvoir se reproduire entre elles. »

A noter, pour les scientifiques il est relativement simple de différencier des espèces vivantes mais cela se complique lorsqu’ils travaillent sur des espèces fossiles. Comment savoir si deux espèces fossiles avaient la possibilité de se reproduire ? Ce phénomène d’émergence d’une espèce, se nomme la spéciation, soit l’éloignement de populations de la même espèce n’ayant plus de contact entre elles sur des dizaines de générations.

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Étapes et indices utilisés pour distinguer deux espèces d'apes

  • Observation morphologique : la classification a longtemps reposé sur la morphologie. Avant la nomenclature scientifique, l'humain regroupait les espèces selon l'apparence, l'usage ou le milieu écologique.
  • Fossiles et stratigraphie : « Les fossiles sont les restes ou les empreintes, dans une roche, d’êtres vivants du passé. Ils se forment au fond des lacs ou de la mer… À l’abri de l’air, ils se transforment alors doucement en pierre. Les géologues creusent le sol pour chercher des fossiles. Le sol est constitué de différentes couches. Quand on étudie les couches en remontant vers la surface (vers aujourd’hui) et qu’un fossile n’existe plus dans une couche, on peut affirmer qu’il n’existait plus au moment où la couche de roches s’est formée au fond de la mer ou du lac. On dit alors que l’espèce a disparu. »
  • Données génétiques : depuis la proposition de Linus Pauling et Emile Zuckerkandl en 1962, « les mutations génétiques au sein des espèces s’accumulent à un rythme constant au cours du temps », permettant de calculer le moment où deux espèces ont divergé et d'affiner la classification par similitude génétique.
  • Comparaison des niches écologiques et comportements : l'isolement reproductif peut provenir de différences de comportement, d'alimentation ou d'habitat.

Exemples comparatifs d'autres groupes illustrant la formation de nombreuses espèces

Les pinsons des Galapagos (utilisés comme exemple par Charles Darwin) sont un type de spéciation allopatrique remarquable. En effet, les pinsons ont colonisé différentes îles de l’archipel des Galapagos (Equateur). Sur l’archipel des Galapagos les iguanes terrestres du genre Ctenosaura sont à l’origine de la colonisation des îles. C’est à partir de cette population d’origine que de nouvelles espèces se sont développées par la suite : Conolophus et Amblyrhynchus. La première exclusivement sur la terre et la deuxième avec des possibilités de se nourrir dans la mer.

Un autre exemple spectaculaire de spéciation sympatrique est celui des cichlidés des grands lacs africains : « Dans le lac Victoria par exemple, on ne dénombre pas moins de 500 espèces de cichlidés. Taille, couleur, régime alimentaire, comportement, tous ces poissons se sont différenciés et ont investi des niches écologiques différentes. »

Comment répondre à la question initiale : « quelles sont les deux espèces d'apes » ?

La formulation « deux espèces d'apes » est ambigüe sans contexte. Si l'on entend par « apes » les grands singes (apes en anglais), on peut distinguer deux catégories souvent opposées dans le langage courant : d'une part les hominidés humains (Homo sapiens) et, d'autre part, d'autres apes non humains (chimpanzés, gorilles, orangs-outans). Mais biologiquement, la famille des hominidés comprend plusieurs espèces et genres, et la question « quelles sont les deux espèces » n'a de sens précis que si l'on précise lesquelles on oppose.

Si la question vise à savoir comment deux espèces d'apes (ou de hominidés) se différencient, la réponse repose sur les principes exposés ci-dessus : isolement reproductif, divergence génétique, preuves fossiles et comparaisons morphologiques et comportementales. Le processus de spéciation, qu'il soit allopatrique, sympatrique, parapatrique ou péripatrique, explique comment, à partir d'une population unique, peuvent émerger deux espèces distinctes incapables de produire une descendance fertile commune.

Tableau synthétique : modes de spéciation et implications pour les « apes »

Mode de spéciation Mécanisme Exemple pertinent
Allopatrique Séparation géographique, divergence par mutations et sélection Homo neanderthalensis vs Homo sapiens (divergences géographiques)
Sympatrique Divergence sans isolement physique (niche, comportement) Cichlidés des lacs africains (modèle écologique)
Parapatrique Zones contiguës avec zone hybride possible Rencontres entre populations voisines conduisant à espèces hybrides possibles
Péripatrique Fondation par un petit groupe périphérique (effet fondateur) Colonisation des îles (Galapagos : iguanes, pinsons)

Une espèce à part (intégrale) | ARTE

Points clés à retenir

  • La spéciation est le processus par lequel une espèce se divise en deux ou plusieurs espèces incapables de se reproduire entre elles.
  • Plusieurs modes de spéciation existent (allopatrique, sympatrique, parapatrique, péripatrique) et tous peuvent, selon le contexte, s'appliquer aux « apes » ou hominidés.
  • Pour distinguer deux espèces d'apes on s'appuie sur des preuves morphologiques, fossiles, comportementales et génétiques.
  • Les cas historiques des hominidés (Homo erectus, Néandertal, Homo sapiens) illustrent comment la séparation géographique et temporelle conduit à des espèces distinctes.

La compréhension de ce qu'est une « espèce » et des mécanismes de spéciation est essentielle pour répondre précisément à la question « quelles sont les deux espèces d'apes » : il faut d'abord définir quelles deux populations ou fossiles on compare, puis examiner l'isolement reproductif, les différences génétiques, morphologiques et écologiques qui justifient leur statut distinct.

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