Délais et modalités de versement des indemnités chômage après cessation d’activité pour un entrepreneur indépendant
En cas de cessation d'activité (liquidation judiciaire, redressement judiciaire ou cessation d'activité volontaire), un entrepreneur individuel bénéficie de différents droits sociaux : maintien de la couverture santé, versement d'une allocation de travailleur indépendant (ATI) si l'entrepreneur remplit différentes conditions, et éventuellement droit à la retraite. Dans cet article, nous rassemblons et réorganisons les informations essentielles pour comprendre les délais et les conditions d'obtention des indemnités chômage après la cessation d’activité.
Radiation et démarches initiales après la cessation
À la prise en compte de la cessation d’activité, l'Urssaf envoie à l'entrepreneur individuel la notification de radiation et le formulaire de déclaration de revenus à transmettre depuis la messagerie de l'Urssaf. L'entrepreneur dispose ensuite de 90 jours pour déclarer ses revenus professionnels définitifs, afin de régulariser le compte, y compris en cas de cessation pour départ à la retraite.
Pour déclarer l’arrêt de l’activité auprès des autorités compétentes, l’entrepreneur doit compléter un formulaire de cessation d’activité totale sur le Guichet unique des formalités des entreprises. En cas de liquidation judiciaire, le liquidateur ou le mandataire transmet au préalable le jugement à l’Urssaf, qui peut émettre une radiatation dans les 30 jours suivant ce jugement.
Maintien de la couverture santé et prise en charge
Lorsqu’il cesse son activité, l’entrepreneur individuel conserve une couverture santé prise en charge par la Cpam du lieu de résidence. Pour obtenir des informations sur l’accès aux droits et aux soins, l’aide coordonnée de la sécurité sociale (Help !) peut être consultée. La page Urssaf et les fiches associées détaillent les droits liés à la protection sociale après cessation.
Les indemnités chômage applicables
Deux grandes voies existent pour les entrepreneurs qui cessent leur activité: l’allocation des travailleurs indépendants (ATI) et, dans certains cas, l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE). L’ATI est versée par France Travail (anciennement Pôle emploi). L’ARE peut être attribuée lorsque les conditions d’éligibilité à l’ATI ne sont pas réunies ou lorsque l’ARE est plus favorable.
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Important: l’entrepreneur individuel bénéficiera de l’ATI s’il remplit toutes les conditions suivantes: avoir exercé une activité non salariée pendant au moins 2 ans sans interruption, être inscrit comme demandeur d’emploi et justifier de revenus antérieurs d’activité d’au moins 10 000 € sur l’une des deux années civiles précédentes, et disposer de ressources personnelles inférieures à un plafond (651,69 € mensuels). L’ATI est versée pendant 182 jours (environ 6 mois). Le montant journalier varie généralement entre 19,73 € et 26,30 € selon les revenus précédents.
Le versement de l’ARE peut être envisagé si le dirigeant remplissait les conditions nécessaires et si l’ARE est plus favorable. L’ARE dépend du salaire journalier de référence et peut être cumulée partiellement avec des revenus tirés de l’activité non salariée pendant une certaine période, sous certaines conditions. Le cumul est soumis à des règles précises et à des plafonds.
Cas du dirigeant et des situations spécifiques
- Dirigeant majoritaire ou égalitaire d’une société: le cumul avec un contrat de travail n’est pas possible; l’accès au chômage repose sur les règles relatives aux travailleurs indépendants et au droit à l’ATI lorsque les conditions sont réunies.
- Dirigeant minoritaire ou associé non social: le dirigeant peut parfois être soumis à un contrat de travail distinct de ses fonctions de mandataire social, sous conditions de subordination et de nature technique des tâches.
- Auto-entrepreneur (micro-entreprise): en principe, il ne cotise pas à l’assurance chômage. Après cessation, il peut toutefois prétendre à l’ATI dans certaines conditions et doit effectuer les démarches sur le guichet France Travail ou sur l’espace personnel Pôle emploi datant de l’époque, avec des possibilités de reliquat selon les droits acquis.
- Liquidation judiciaire d’une société: le travailleur indépendant peut percevoir une allocation sous condition d’avoir exercé une activité non salariée pendant au moins 2 ans dans la même entreprise, être inscrit à France Travail et justifier de revenus supérieurs à 10 000 € sur deux années. L’enregistrement doit être effectué dans les 12 mois suivant la liquidation.
- Redressement judiciaire: l’accès à l’allocation chômage peut être possible si le dirigeant est démis de son poste et s’il remplit les autres conditions d’éligibilité, notamment l’inscription à France Travail et la recherche active d’emploi.
Procédures et délais pratiques
Délais clés à connaître après cessation d’activité:
- Inscription à France Travail dans les 12 mois suivant la cessation pour ouvrir des droits et accéder à l’ATI ou ARE.
- Déclaration des revenus professionnels définitifs dans les 90 jours après la cessation pour régulariser le compte Urssaf.
- Examen des droits à l’ATI si les conditions de revenus et de ressources sont remplies; l’allocation est ensuite versée sur une période de 182 jours.
- Dans le cas où l’ARE est plus avantageuse ou lorsque l’ATI n’est pas accessible, l’ARE peut être versée, selon les règles générales d’indemnisation chômage.
- En cas de liquidation judiciaire, le jugement et la radiation éventuelle de l’Urssaf peuvent influencer les droits et le calendrier des versements.
Exemples de calcul et barèmes
| Cas | Durée de l’allocation | Montant typique |
|---|---|---|
| ATI pour travailleur indépendant | 182 jours | 19,73 € à 26,30 € par jour |
| ARE standard | Variable selon PRC et durée précédente | Montant calculé à partir du salaire journalier de référence |
Comment faire la demande et quels documents joindre
Lors de la demande d’allocation chômage, il faut joindre une copie de la déclaration de cessation d’activité et l’attestation confirmant que l’activité est économiquement non viable. La demande se fait auprès de France Travail (anciennement Pôle emploi) via l’espace personnel.
Documents fréquemment demandés: extrait Kbis, PV désignant le dirigeant, statuts, attestation d’affiliation à la sécurité sociale, justificatifs d’inscription au répertoire des métiers pour les entrepreneurs individuels, et tout document attestant des droits à l’allocation des travailleurs indépendants.
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Éléments à surveiller et conseils pratiques
- La distinction entre ARE et ATI peut influencer le montant et la durée des prestations; il faut vérifier quelle option est la plus favorable selon la situation personnelle et le montage de l’entreprise.
- Pour les auto-entrepreneurs et micro-entrepreneurs, la cessation d’activité doit être déclarée dans les 90 jours et peut ouvrir droit à l’ATI si les conditions sont réunies.
- Le rattachement à France Travail après la cessation peut être utile pour obtenir un droit au chômage et accéder à diverses aides, même si le droit à l’ARE n’est pas automatiquement accordé.
- En cas de liquidation judiciaire ou redressement, un tiers de confiance doit attester de la viabilité économique de l’activité pour ouvrir des droits à l’ATI.
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