APS — Phobie scolaire : définition et fonctionnement
La phobie scolaire, souvent appelée refus scolaire anxieux, est une réalité complexe qui se manifeste par une variété de situations et de manifestations souvent mal perçues et comprises. Les études sont rares et proviennent souvent d’Outre-Atlantique. Le débat sur la terminologie peut sembler anodin : que recouvrons-nous aujourd’hui par l’expression « refus scolaire anxieux » (ou phobie scolaire) ?
Qu’est-ce que la phobie scolaire ?
La phobie scolaire interroge notre rapport à l’école. C’est un symptôme d’un problème plus large, qui touche l’école dans son ensemble. Elle n’est pas forcément exprimée comme une phobie scolaire. Chez certains enfants, elle se traduit par des plaintes somatiques : comme des maux de ventre, la boule au ventre qui revient souvent, des migraines ne se déclenchant qu’en milieu scolaire, ou des larmes qui pointent à l’entrée de la cour.
Ces manifestations peuvent être l’expression d’une souffrance qui dépasse ses ressources. Il faut être attentif à la notion de souffrance : s’il y a une souffrance, ce n’est pas un caprice. La phobie scolaire peut se présenter différemment d’un enfant à l’autre ; chaque enfant est différent. Certains sont incapables d’exprimer leur vécu et leurs sensations, d’autres verront leur anxiété se réduire moins pendant un temps, ou augmenter pendant les grandes vacances.
Causes et facteurs impliqués
La phobie scolaire est liée à des causes multiples : la personnalité, des facteurs scolaires, familiaux, ou médicaux, ainsi que des éléments du contexte institutionnel. La souffrance et les besoins ont été identifiés tôt dans certains parcours, mais quand la reconnaissance tarde, les parcours scolaires seront longs à soigner. Un point fondamental concerne l’importance de la rencontre entre la famille, l’école et le thérapeute. De cette triangulation naissent des solutions pour le jeune, des ajustements qui changent la donne.
Diagnostic et repérage
L’auto-questionnaire de diagnostic et de repérage du refus scolaire anxieux pour adolescent de 10 à 16 ans (Gallé-Tessonneau, M., & Gana, K.) est un outil parmi d’autres pour repérer les jeunes concernés. Un observatoire de la santé mentale des jeunes effectue une étude statistique annuelle depuis 2021. Le dernier rapport indique notamment que plus d’un adolescent sur 4 déclare que l’école est une source d’angoisse fréquente. Ce chiffre rejoint des estimations faites par Christopher Kearney, un des chercheurs américains experts de la phobie scolaire.
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Conséquences scolaires et sociales
En effet, malgré les nombreux dispositifs destinés à aider les enfants malades ou handicapés, ceux qui souffrent de phobie scolaire sont la plupart du temps considérés comme décrocheurs par les équipes enseignantes et peu à peu écartés du système scolaire. La phobie scolaire peut être perçue comme un symptôme d’un problème global : l’enfant peut être affecté bien socialement que scolairement parlant. Lorsqu’elle n’est pas rapidement prise en charge, la scolarité et l’orientation peuvent être lourdement impactées.
Approche thérapeutique et accompagnement
La compréhension et la bienveillance, dénuées de tout jugement, tant au niveau de la famille, des établissements scolaires et des thérapeutes, sont au cœur du processus de guérison. Le fil rouge à suivre est donc clair : offrir à l’enfant les moyens, le temps et la souplesse nécessaires à sa reconstruction et à son apaisement, s’adapter à son rythme sans vouloir lui imposer le nôtre ou celui des établissements, faire de l’enfant une priorité avant l’élève. La rencontre entre l’école, la famille et le thérapeute est primordiale : les univers apparemment disjoints du thérapeute, de l’équipe enseignante et de la famille devront donc se rencontrer pour engager un dialogue, pour composer une nouvelle image, un espace d’épanouissement dont le jeune va pouvoir s’emparer.
Dans la pratique, l’apaisement de l’enfant passe par de petits défis réalisables et par une prise en charge adaptée. L’important est d’identifier tôt la souffrance et les besoins ; lorsque cela est fait, ils participent au processus de guérison et de reconstruction de l’enfant. La thérapie multifamiliale est un exemple d’approche présentée par des spécialistes, et des ressources variées (podcasts, livres, vidéos) existent pour guider les familles et les professionnels.
Dépistage précoce du refus scolaire anxieux
Rôle de l’école et dispositifs institutionnels
Dans quelle mesure l’institution scolaire (enseignants, équipe éducative, chef d’établissement) peut-elle anticiper et prendre en charge un refus scolaire anxieux ? Le ‘trio gagnant’ École/Famille/Soin évoqué souvent est-il réalisable en pratique ? Quels modèles de coopération ont été vus fonctionner et quels sont les principaux obstacles ? Parmi les mesures concrètes : demander une réunion d’équipe éducative, où la présence du médecin scolaire et de l’infirmière est nécessaire ; sans attendre la réunion, prendre contact avec le médecin scolaire ou l’infirmière scolaire sans tarder ; et couvrir les absences de l’enfant par un certificat médical pour se concentrer d’abord sur la santé.
Plan d’action recommandé
- Couvrez les absences de votre enfant par un certificat médical et concentrez-vous dans un premier temps sur les questions de santé et non sur les questions de scolarisation.
- Demandez une réunion d’équipe éducative incluant le médecin scolaire et l’infirmière pour mettre en place un plan d’accompagnement adapté.
- Élaborez un plan d’actions pour vous guider et garder un fil conducteur dans vos démarches. N’hésitez pas à le partager avec votre médecin généraliste s’il ne connaît pas les troubles anxieux scolaires.
- Privilégiez la communication entre la famille, l’école et les professionnels de soin lors de la reprise en milieu scolaire.
Ressources associatives et soutien parental
L'Association Phobie Scolaire (APS) est née de la volonté de parents et de jeunes atteints de phobie scolaire pour faire reconnaître cette maladie et obtenir des solutions de scolarisation. L’objet de l’Association est de fournir des informations pratiques aux familles, de les sortir de l’isolement et de réfléchir à des solutions de rescolarisation. Les personnes qui composent l’association sont tout d’abord des parents concernés. Nous sommes tous des parents bénévoles qui sont ou ont été concernés par la phobie scolaire de leur(s) enfant(s).
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L’association organise dans les différentes régions et grandes villes de France des groupes de partage animés par des correspondants régionaux, parents d’enfants souffrant ou ayant souffert de phobie scolaire. Tous nos correspondants sont bénévoles et parents concernés par la phobie scolaire de leur(s) enfant(s). Si un groupe d’échange local existe, votre correspondant vous proposera alors de le rejoindre. Nos correspondants peuvent partager notre expérience avec vous.
Services proposés
- Groupes réservés aux parents : soutien, entraide et partage.
- Rendez-vous téléphonique ou visio d’accueil avec un correspondant régional bénévole.
- Podcasts et ressources : par exemple les podcasts réalisés par Dorothée Dhenain, pédopsychiatre, et des ressources vidéos, livres et une bibliographie pour aller plus loin.
- Possibilité d’adhérer : adhérer, c’est témoigner de son soutien aux actions d’APS et aider à améliorer la prise en charge et la connaissance de cette problématique.
Éducation, communication et prévention
Après plusieurs échanges, des interventions peuvent être organisées auprès des personnels et représentants des parents élus, afin de déployer des ressources inédites pour mieux comprendre nos enfants fragilisés, en ne jugeant pas le besoin de pause scolaire, quand il s’avère nécessaire, pour laisser la place au repos et au soin. Nous voyons très souvent des situations de blocage ; il est crucial de créer des synergies entre associations, établissements scolaires et acteurs de santé pour favoriser des réponses adaptées.
Témoignages et engagement
Des témoignages de jeunes concernés sont partagés pour sensibiliser : « Je m’appelle Enzo et j’ai 13 ans. En ce moment, je suis déscolarisé de mon collège. J’ai décidé de rédiger ce texte pour faire part de ce que je ressens. Je suis en classe de 4ème et c’est une période très compliquée pour moi car les crises de stress m’ont submergées (…). Non ce n’est pas ‘cool’ ». Un grand merci pour cette action initiée par l’Association Phobie Scolaire pour les jeunes en refus scolaire anxieux.
Adhérer à l’association permet de soutenir les projets engagés, de nous aider à améliorer la prise en charge, de faire progresser la connaissance de cette problématique. La nouvelle de la rentrée 2025 : l’association phobie scolaire a obtenu le rescrit fiscal, c’est-à-dire que tout don ouvre droit à réduction fiscal.
Professionnels et expertise
Des experts contribuent aux réflexions et aux outils : Dr Laelia Benoit - MD, Ph.D., child and adolescent psychiatrist - Associate Researcher at Inserm ; Marie-Gallé Tessonneau - Dr en psychologie - créatrice du réseau RSAIR ; et d’autres spécialistes tels que le Dr Marie-France Le Heuzey, le Dr Nicole Catheline et le Pr Sylvie Tordjman. Des conférences et tables rondes réunissent familles, équipes éducatives et soignants pour partager points de vue, pistes et modèles de coopération.
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| Rôle | Actions clés |
|---|---|
| Famille | Identifier la souffrance, chercher aide médicale, soutenir sans jugement |
| École | Organiser réunion éducative, adapter la reprise, travailler en lien avec santé |
| Soin | Évaluer, proposer thérapies adaptées, coordonner avec école et famille |
Comment commencer : actions concrètes pour les parents
- Consultez les prochaines dates proposées par les associations et inscrivez-vous aux rencontres en visio.
- Après avoir pris connaissance des informations, contactez un correspondant régional pour faire un point sur votre situation.
- Partagez le plan d’actions avec votre médecin généraliste si nécessaire.
- Rejoignez un groupe d’échange local pour soutien et entraide.
La compréhension et la bienveillance, le dialogue et la coopération entre la famille, l’école et le soin sont les seuls garants d’un retour progressif à une scolarité normale. Si vous souhaitez organiser une action de sensibilisation sur le Refus Scolaire Anxieux, l’APS peut accompagner et proposer des interventions adaptées.
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