Artisanat asiatique : techniques et fabrication des paniers traditionnels

Peu d’artisanats peuvent se vanter d’une existence dans la longue durée de l’histoire de l’artisanat traditionnel vietnamien. La vannerie en fait précisément partie. Depuis des temps immémoriaux la vannerie est omniprésente dans la vie quotidienne des Vietnamiens stimulant très tôt leur imagination pour la confection de tout ce qui pouvait leur être nécessaire à moindre coût pour les aider dans leurs tâches du quotidien.

Définition et portée historique

Qu’entend-on par « vannerie » ? C’est l’art de tresser des fibres végétales pour en faire divers objets. Vu son état « près de la nature », c’est une des formes d’activité les plus anciennes du monde; elle remonte à plus de 10 000 ans. L’origine du mot vient du verbe « van » des agriculteurs, ancien panier plat, utilisé pour nettoyer les récoltes.

Matériaux et diversité végétale

La grande diversité des plantes au Vietnam a donné à cet artisanat toute son originalité à une grande variété d’ouvrages qualifiés de « solides souples » et dont la propriété essentielle est la flexibilité permanente. Les matériaux utilisés pour vanner varient d’un climat à l’autre. Si le bambou est assoupli grâce à l’usage d’une presse à rouleau, le rotin est quant à lui passé dans un four à vapeur afin de ramollir ses fibres. Le végétal sélectionné est ensuite teint avec une couleur naturelle puis séché.

Si l’on classe les objets de vannerie selon la matière de fabrication, on trouvera herbes, feuilles de maïs, jonc, canne, bois, paille de seigle, ronce, rotin, écorce, aiguilles de pin, yucca, palmier, crin, etc. Les habitants récoltent sur leur terres les matériaux dont ils ont besoin pour la confection des divers objets.

Techniques de tressage : spiralée, tissée, clayonnée

Selon la technique de travail, on trouve la vannerie spiralée, la vannerie tissée (nattes), tressée (paniers), en éclisses (instruments de musique). La vannerie « spiralée », technique la plus ancestrale utilisée depuis plus de 10000 ans, consiste à assembler des brins que l’on enroule en spirale. La vannerie « clayonnée », technique plus récente, consiste à entrecroiser plusieurs brins flexibles entre eux. C’est un exercice de tressage à partir d’une base existante par dessus laquelle on tresse les fibres les unes aux autres.

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La pose des montants, ils constituent la charpente sur la quelle sera érigée le corps du panier. Avant d’être piqués le long de chaque bâton de croisée du fond, ils sont taillés en pointe. La clôture, est constituée par le remplissage des espaces libres entres les montants. La bordure, on termine le corps du panier par une bordure. Le pied, est la partie sur laquelle repose le panier. L’anse, on met dans un premier temps en place un brin de gros calibre nommé sous-anse. Celui-ci est profondément piqué le long des deux montants. La seconde opération consiste à garnir la sous anse à l’aide de quatre grands brins cordés.

Fonctions et usages locaux

Chez les paysans du delta du fleuve Rouge par exemple, on trouve les paniers en rotin où l’on stocke les récoltes ou les nasses en bambou qui permettent de capturer les poissons. Dans les montagnes reculées du nord du Vietnam vous pouvez observer les hottes portées par les tribus montagnardes qui leur permettent de transporter les provisions achetées sur les marchés ethniques ou de récolter herbes, plantes ou denrées agricoles. Légers, les paniers ont toujours été fort utiles aux paysans, pour la cueillette et le séchage du thé, par exemple.

On mange aussi sur une natte en y disposant les divers plats que l’on y fait la sieste après un bon repas. Les nattes omniprésentes dans la vie quotidienne des Vietnamiens illustrent bien la fonction utilitaire et sociale de la vannerie.

Artisanats régionaux et exemples en Asie

Dans les alentours de Hanoi, réputés pour abriter un grand nombre de villages d’artisans, vous pouvez vous rendre au village de Phu Vinh où 6000 habitants se consacrent avec minutie à la fabrication d’objets en bambou ou en rotin. A Kim Son, pas très loin de Tam Coc et de la baie d’Halong terrestre, vous pouvez apprécier la beauté et la finesse d’objets en vannerie à base de souchet.

La vannerie a une longue histoire au Japon, remontant à plusieurs siècles. Elle était autrefois essentielle pour la fabrication d’objets utilitaires tels que les paniers de pêche, les contenants pour la cuisine ou encore les ustensiles agricoles. L’un des matériaux emblématiques de la vannerie japonaise est le bambou, apprécié pour sa souplesse et sa résistance. Aujourd'hui, la vannerie connaît un renouveau grâce à l'engouement pour l'artisanat et le design minimaliste.

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Cet artisanat de vannerie trouve son origine dans des plantes comme le hiroro, la vigne sauvage et le matatabi, cueillies dans les régions montagneuses d'Oku-Aizu. Traditionnellement, il s'agissait d'une activité artisanale pratiquée dans ces régions montagneuses durant la saison des neiges, pour la confection de paniers et de tamis destinés à un usage quotidien. Aujourd'hui, la ville de Mishima, dans le district d'Onuma (préfecture de Fukushima), est le principal centre de production.

La vanerie artisanale en Chine est une activité ancienne qui remonte à l'époque Ming et qui a été pratiquée depuis des milliers d'années. Les artisans chinois utilisent une variété de matériaux tels que le bambou, le bois et le métal pour créer des objets décoratifs, des paniers et des ustensiles. Les techniques et styles changent selon les régions. Par exemple, dans le sud-ouest de la Chine, les artisans créent des objets à partir de bois de bambou tressé et de métal.

Cas d’étude : les paniers laqués de Yongchun (Fujian, Chine)

L'artisanat de fabrication des paniers laqués de Yongchun est un artisanat traditionnel du Yongchun County, Quanzhou City, Province du Fujian, et fait partie du patrimoine culturel immatériel provincial du Fujian. Développé à partir de la vannerie en bambou traditionnelle, il est étroitement lié aux coutumes folkloriques de Quanzhou et de Yongchun, avec une histoire de plus de 500 ans.

La fabrication entièrement manuelle du panier laqué de Yongchun comprend 5 métiers et 33 étapes de travail. Cela inclut le tressage du panier avec des fils de bambou fins, appelé « vannerie de bambou » ou également « fabrication du panier brut ». Ensuite, un mortier à l'huile de tung spécialement traité est appliqué sur les parties clés du panier, et recouvert d'une toile de ramie préformée. Cette opération est répétée plusieurs fois, rendant le panier solide et étanche. L’étape suivante consiste à laquer le panier avec de la laque crue, puis à y peindre des motifs et à appliquer des dorures. Enfin, une surface laquée et des fils laqués sont sculptés sur le panier déjà peint, une technique appelée « Sculpture en relief avec des fils laqués ».

Après plus de 30 étapes, le panier laqué est terminé. Il ne se déforme pas, ne se décolore pas, résiste aux acides et aux alcalis, supporte l'eau bouillante, est extrêmement durable, et allie simplicité rustique et grande valeur. L'artisanat des paniers laqués de Yongchun intègre harmonieusement les techniques de vannerie en bambou et celles de la laque peinte avec sculpture en relief.

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Transmission et porteurs de savoir

La fabrication et la maîtrise des techniques présentent un caractère scientifique, conférant à cet artisanat une valeur historique, culturelle et scientifique significative. Des artisans comme Guo Jinbiao, Guo Zhihuang et Guo Qingbai ont joué un rôle crucial dans la transmission de ces savoir-faire, fondant écoles, usines et formant des apprentis afin d’assurer la pérennité de l’art.

Esthétique, usages contemporains et durabilité

Les paniers chinois en vannerie sont généralement décorés avec des motifs traditionnels et des couleurs vives, et ils peuvent être trouvés dans une variété de tailles et de formes. Certains sont réalisés de manière à présenter des scènes traditionnelles de paysages, de personnages ou d'animaux. Cet objet authentique et d'une très grande qualité, panier en bois issu de l'artisanat chinois, date du milieu du XXe siècle et n'est pas une réplique. Tous nos paniers asiatiques sont entièrement restaurés et sont en excellent état.

S’inspirant de la confection des nids par les oiseaux et puisant ses matériaux naturels renouvelables dans la nature, sans la détruire, la vannerie répond aux exigences de notre époque qui se veut plus respectueuse de l’environnement. Acheter de la vannerie à des artisans c’est encourager un tourisme durable et responsable tout en dynamisant l’économie locale.

How to make a basket (Comment fabriquer un panier)

Conservation et défis actuels

La vannerie fut d'une importance économique très grande. Pourtant aujourd’hui elle se raréfie surtout en raison de la lenteur et du manque de mécanisation de sa fabrication. Malgré l’arrivée en force de produits manufacturés en plastique ou en aluminium, la vannerie traditionnelle perdure au Vietnam. On compte à travers le pays plus de 700 villages spécialisés dans cet artisanat millénaire.

Lors de l’exposition nationale d’artisanat de 2009, les divers groupes ethniques du pays présentaient leurs œuvres. Aujourd'hui, la vannerie connaît un renouveau dans certaines régions grâce à l’intérêt pour l’artisanat, la conservation du patrimoine et la recherche de produits écologiques et durables. De nombreux artisans adaptent les formes et les usages, créent des objets décoratifs ou fonctionnels pour des marchés contemporains et participent à des expositions internationales.

Ressources et visite d’ateliers

Vous souhaitez vous initier à la vannerie japonaise ? Il existe de nombreux ateliers et formations dédiés à la vannerie japonaise, aussi bien au Japon qu’à l’international. Dans les villages spécialisés, les centres culturels et les ateliers d’artisans locaux, on peut observer toutes les étapes : préparation des matières, tressage, finitions et décorations.

Région / pays Matériaux principaux Technique typique
Vietnam (delta du Fleuve Rouge) Rotin, bambou Paniers, nasses, hottes
Chine (Fujian) Bambou + laque Paniers laqués (33 étapes)
Japon (Oku-Aizu) Hiroro, vigne sauvage, matatabi Sacs, paniers, tamis
Ethnies diverses (Yunnan, Guangxi, Hainan) Châtaigner, canne, feuilles locales Paniers de collecte, chapeaux, nattes

Quelques anecdotes et regards de voyage

Au Guangxi, je voyais des paniers partout. En 2008, le jour du Duanwu (où l’on consomme des zongzi), j’étais invité dans une famille miao de Rongshui. Un joli panier tressé, en châtaigner, je crois, me plaisait beaucoup. La maitresse de maison a dû s’apercevoir que je le regardais avec intérêt, car elle l’a décroché pour me le donner à voir de près.

Bien avant, en 1995, j’avais passé le Chunjie (Nouvel An lunaire chinois) dans une famille naxi du Yunnan. Là aussi, les paniers abondaient. Homme ou femme ne quittait jamais la maison sans prendre son panier, car on peut toujours trouver quelque chose à récolter en chemin, m’avait expliqué un jeune Naxi, qui étudiait à Beijing.

Rien ne pouvait me plaire davantage que de se voir offrir un panier en souvenir d’une belle soirée. Voyant mon intérêt pour les paniers nombreux et variés chez eux, le jeune homme m’en offrit un second. Remarquez qu’on n’utilise ni colle, ni clous, ni fil métallique. Les diverses pièces ne sont qu’entrelacées, et elles tiennent très solidement.

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