L'Artisanat de Luxe Français : Définition et Excellence
La France est mondialement reconnue pour ses métiers d’art d’excellence, un pilier de son identité nationale forgée autour de l’artisanat du luxe et du patrimoine. L’État a officialisé cette reconnaissance en dressant une liste officielle de ces métiers il y a vingt ans, les définissant par la loi.
Les 281 métiers d'art sont définis par la loi et listés officiellement dans un arrêté. Leur finalité est la création ou la restauration du patrimoine. Métiers de la main, ils nécessitent des années de pratique avant d’atteindre une maîtrise parfaite des gestes.
Un Écosystème Dédié à la Création et au Patrimoine
Les métiers d’art ne constituent pas un secteur unique mais se retrouvent dans plusieurs secteurs économiques :
- le luxe et la mode
- l'architecture et la décoration d'intérieur
- le patrimoine
- le spectacle vivant
Les professionnels des métiers d’art travaillent des matières premières nobles et durables ou ennoblies tels la terre, la pierre, le métal, le bois et les matières textiles animales et végétales ou des matières issues de l’innovation technologique récente. Ils dépendent par conséquent de plusieurs filières.
Les métiers d'art, fortement imprégnés d’histoire, sont très implantés dans les territoires locaux :
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- Aubusson autour de la tapisserie
- Vallauris ou Limoges autour de la céramique
- Thiers autour de la coutellerie
- les cristalleries et verreries de Lorraine
L'inventaire des savoir-faire artisanaux au titre du patrimoine culturel immatériel français a permis un important travail de localisation.
Les journées européennes des métiers d’art (JEMA, 2 millions de visites par an) célèbrent chaque printemps avec un partenaire européen les professionnels des métiers d’art et du patrimoine vivant. A l’occasion des journées européennes du patrimoine (JEP, 8 millions de visiteurs par an) les métiers d’art sont également mis à l’honneur dans les monuments historiques et les musées.
Dynamisme et Innovation dans le Secteur
Le secteur de la mode est aujourd’hui porté par le luxe et le haut de gamme. Il doit satisfaire une demande en hausse pour les parfums et accessoires "griffés" (sacs, ceintures, montres). Avec leurs manufactures, Hermès et LVMH sont toujours créateurs d'emplois. La bijouterie bénéficie également de ce dynamisme, en création comme en fabrication, ainsi que la broderie.
En production et en fabrication (coupeur, patronnier, mécanicien modèle), l’industrie textile et l'habillement recrutent des professionnels qualifiés, dans toute la France. Même s'il connait périodiquement des difficultés, le secteur a besoin de responsables de production capables de guider la réalisation des patrons et des prototypes, de superviser la fabrication des modèles (en France ou à l’étranger) et d’améliorer les process afin de réduire les coûts. Le "Made in France" reste très apprécié.
Le design textile gagne du terrain, ainsi que la fonction recherche-développement qui permet à des ingénieurs textiles d’inventer des tissus innovants (anti-transpirants, filtres UV, textiles connectés, médicaux, écologiques...) et de nouveaux procédés de fabrication (production numérique, tissus 3 D, matériaux recyclés).
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Par ailleurs, le secteur emploie des commerciaux, de l’acheteur au chef de produit, en passant par le directeur commercial, le manager d'équipe de vente et le responsable de magasin. Les fonctions vente et marketing, stratégiques, occupent une place de choix dans les entreprises, avec l'émergence de nouvelles fonctions comme le merchandiser de collection. Ce dernier définit, aux côtés des développeurs et du studio, un assortiment de collections. Le web marketing et le développement des plate-forme digitales offrent des opportunités dans ce secteur.
Enfin, des postes se créent dans le domaine des réseaux sociaux et de l'image de marque, enjeux essentiels dans un contexte de forte concurrence.
Le Luxe : Un Secteur Porteur
Confronté à la concurrence de pays à bas coûts de production, le prêt à porter a connu des délocalisations massives des usines et des suppressions de postes. Aujourd'hui on assiste à une légère réindustrialisation dans ce secteur car les entreprises souhaitent mener une politique d'approvisionnement plus raisonnée et orienter la production vers la qualité et le haut de gamme.
Les métiers de l’artisanat du luxe demandent rigueur, persévérance et dépassement de soi. Dotés d’un savoir-faire d’exception à la française, les artisans du luxe sont en effet les petites mains qui œuvrent à la création de pièces prestigieuses.
Camille Gras, Alexandra Sojfer, FaKaRa… Ces noms ne vous sont pas inconnus ? C’est normal ! Grâce à leurs doigts de fée, ils se sont inscrits dans l’histoire du luxe et de l’artisanat en perpétuant le savoir-faire à la française.
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L’univers de l’artisanat de luxe permet d’imaginer, créer, façonner des matières précieuses et d’exception. Éminemment manuels et précis, les métiers de l’artisanat dans le luxe font partie intégrante de l'histoire et du patrimoine français.
Formations et Perspectives d'Avenir
Luxe : quelles études pour le métier artisanat ? À noter que certaines formations sont très rares et peuvent être proposées par un seul établissement en France. Par exemple, le groupe LVMH a lancé son Institut des Métiers d’Excellence et propose des formations dans les métiers de la création, de l’artisanat et de l’expérience client.
Voici quelques exemples de métiers et de savoir-faire :
- L’orfèvre travaille des métaux précieux comme l’or, l’argent ou encore le platine afin de fabriquer un objet.
- Travaillant le cuir comme personne, le maroquinier est le spécialiste des sacs, valises, portefeuilles et autres gants.
- Réparer et fabriquer des montres, pendules et réveils, c’est le quotidien de l’horloger. Il travaille souvent aux côtés d'ébénistes ou de bijoutiers-joailliers.
Si l’artisanat indépendant est le premier à souffrir du contexte actuel qui complique les collaborations, les usines et ateliers d’entreprises ont, eux, du mal à recruter. "Le made in France a un peu plus la cote qu’il y a 6 ou 7 ans, sans savoir si ça a décoincé de l’achat. Mais la mise en avant de l’artisanat reste, à mon avis, trop niche. Après l'épidémie de Covid-19, il y a eu comme une légère ouverture, mais dans le fond, rien n’a vraiment changé.
Frédérique Gerardin, déléguée générale du Comité stratégique de filière mode et luxe, affirme la détermination de l’industrie : "Nous travaillons vraiment à l’accompagnement des 80 métiers techniques sur nos huit filières (couture, maroquinerie, tannerie, bijouterie, art de la table…). Cette diversité représente une opportunité pour l’emploi français. Mais le luxe peine à recruter dans ses métiers techniques. De nombreux jeunes sont donc peu intéressé-e-s, souvent orienté-e-s par défaut et ne tiennent pas le temps des longues formations. "Par exemple, on ne trouve pas de repasseur-euse, car on ne donne pas envie aux gens de se former, alors que c’est un métier essentiel pour la haute couture.
Pour dynamiser le secteur, la mode expérimente plusieurs solutions. Côté artisanat, la mode éthique s’engage malgré les obstacles. Bien sûr, la France n’a pas le monopole de l’artisanat, qui traverse chaque culture et chaque pays. "La vision d’un-e designer n’existe que par les personnes qui arrivent à la produire, à la rendre réelle et exceptionnelle. Tout ce qui ne se voit pas demande des savoir-faire. Et si on ne les avait plus, je peux vous dire que ça se verrait !
Fortes d’un marché mondial dont la croissance se poursuit et de la notoriété de Paris, les grandes marques de luxe françaises confirment leur hégémonie. La filière Mode et Luxe est confrontée à de nouvelles problématiques : transformation des comportements des consommateurs, importance de l’expérience client, émergence de façons inédites de produire et de vendre.
Pour répondre aux besoins de recrutement de la filière, le CSF Mode et Luxe avait lancé en 2019 « Savoir pour faire », une grande campagne nationale pour mettre en lumière les métiers à haute valeur ajoutée de la filière. Depuis, la campagne a été renouvelée et le 3e volet de « Savoir pour Faire » a été lancé en janvier 2022, dans un contexte de tensions sur les recrutements.
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