Artisanat de tranchée et objets réalisés à partir de douilles pendant la Première Guerre mondiale et au-delà
Dans les tranchées et les ateliers improvisés, artisans et ouvriers ont transformé les matériaux de guerre en objets décoratifs et utilitaires, témoignages poignants des sacrifices humains et de la vie quotidienne des soldats. La forme des lames de certains coupe-papiers s’inspire d’une esthétique nord-africaine, tandis que d’autres pièces évoquent l’artillerie, les casques Adrian et les uniformes des régiments.
Origines et contexte des objets d’artisanat de tranchée
La récupération des douilles d’obus et de bidons en aluminium ou en laiton était au cœur de ce travail. Les étuis de laiton étaient découpés puis déployés pour obtenir une tôle plane, servant de base à la réalisation d’objets variés: coupe-papiers, boucles de ceinturon, étuis de protection de boîtes d’allumettes, encriers, bougeoirs, souvenirs en forme de char britannique. La première de ces lames évoque un kriss, et l’insigne gravé sur certains éléments rappelle leur provenance et leur appartenance à des régiments, notamment anglais (Northumberland Fusiliers) ou l’artillerie française.
Processus et métiers impliqués
- Découpeur
- Ébaucheur
- Finisseur
- Ciseleur
- Graveur
Les pièces se travaillent au départ de ceintures d’obus, la réalisation et le polissage progressent jusqu’au travail final, parfois jusqu’à la toile émeri pour obtenir un fini poli et durable. La précision requise permet de préserver l’individualité de chaque pièce et d’en laisser une trace unique, témoignant d’un « passe-temps » devenu art dans des conditions extrêmes.
Exemples notables et variantes
Plusieurs exemplaires témoignent de la diversité du réemploi: des encriers réalisés par des artilleurs français, dont la partie frontale affiche un insigne de casque Adrian, des porte-plumes et porte-crayons avec des éléments soudés tels que des douilles et des plumes gravées « Souvenir 1914-15-16-17 ». Des briquets en forme de livre, des pots à tabac et des vases dérivés de douilles trouvent leur place dans les expositions et les collections privées. Certaines pièces évoquent Liège et portent le prénom Willy gravé sur leur flanc, rappelant les tranchées et les familles des soldats.
Parmi les objets les plus curieux figurent un biplan dont le fuselage est constitué d’une grosse cartouche .303 et, plus largement, des réalisations inspirées d’éléments militaires comme le fourreau de baïonnette du Lebel. Le travail peut compter sur des motifs nord-africains pour la lame d’un coupe-papier et sur des insignes de régiments soudés à la base pour évoquer l’artillerie ou l’infanterie.
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Extraits de fouille et découvertes modernes
Une découverte majeure a été faite lors de la fouille de la ZAC Actiparc d’Arras: un atelier d’artisanat de tranchée dégagé à partir de la Tilloy Trench, avec d’inhabituels et nombreux résidus de découpes de douilles d’obus en laiton et de bidons en aluminium. La récupération des matériaux témoigne de l’ingéniosité des soldats pour meubler leur quotidien et laisser une trace durable malgré les conditions de front. Les étuis de laiton retrouvés ont été découpés puis déployés pour fabriquer les objets variés mentionnés ci-dessus, et certains éléments ont été réinvestis sous forme de plaques d’identification ovales non réglementaires.
À propos des collections et du musée contemporain
Maison des Braves est une référence pour les passionnés d’histoire et les collectionneurs d’armes anciennes, spécialisée dans les armes françaises et proposant également une sélection d’armes européennes et américaines, principalement liées aux périodes de la Première et de la Seconde Guerre mondiale. Chaque pièce est soigneusement sélectionnée pour sa qualité et son authenticité, afin de raconter une histoire unique à chaque objet.
Les pièces illustrent des objets peu utilitaires en dehors des contextes de mess ou de modestes usages, mais elles témoignent surtout d’un esprit de récupération et de préservation de l’individualité des soldats à travers le travail manuel et l’artisanat de tranchée.
Éléments décoratifs et objets courants de l’époque
Parmi les objets les plus emblématiques, on compte un porte-plume orné, un encrier réalisé par des artilleurs, et des accessoires comme le porte-crayon et le porte-plume. Certains pièces comportent des éléments décoratifs et des inscriptions souvenir, gravées ou soudées, renforçant le caractère mémoriel de ces objets.
Des objets plus utilitaires apparaissent aussi: jardinières en matériaux récupérés sur le champ de bataille, poêles et tables de nuit, briquets gravés et ciselés représentant des motifs animaux ou des symboles personnels. Ces objets permettent de comprendre comment les soldats occupaient leurs mains et préservaient leur dignité dans des circonstances extrêmes.
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Importance historique et valeur culturelle
Cet artisanat illustre une part peu connue de la vie en temps de guerre: la transformation créative des débris de guerre en objets porteurs de mémoire et de récit familial. Il témoigne de la possibilité de préserver l’individualité et de laisser une trace personnelle malgré les contraintes, les peines et les sacrifices propres à ces périodes. L’artisanat de tranchée devient ainsi un pont entre l’histoire du front et la culture matérielle contemporaine, nourrissant les expositions et les collections privées comme des témoins tangibles de l’épopée des Braves.
Film d'archives - L’artisanat au front
Tableaux et données complémentaires
| Objet | Matériau principal | Usage original | Usage actuel |
|---|---|---|---|
| Encrier | Laiton | Artillerie | Objet décoratif et mémoriel |
| Porte-plume | Douille soudée | Accessoire personnel | Souvenir historique |
| Coupe-papier | Laiton, kriss-inspired | Outil de bureau | Pièce d’exposition |
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