Définition et rôle de la production marchande, production non marchande et de la valeur ajoutée (Économie 1re STMG)

La production est la fabrication d’un bien ou la mise à disposition à autrui d’un service qui satisfont de manière directe ou indirecte les besoins individuels ou collectifs de la population. Produire, c’est transformer des ressources disponibles en quelque chose d’utile pour la société.

1. Distinction entre production marchande et production non marchande

La production est marchande si elle est vendue sur un marché à un prix économiquement significatif. La production est non marchande si elle est offerte gratuitement ou quasi gratuitement. L’INSEE pose une limite conventionnelle : si le prix est supérieur à la moitié du coût de production, il est considéré comme significatif économiquement.

La production marchande représente l’ensemble des biens et services créés dans le but d’être vendus sur un marché. La production non marchande désigne l’ensemble des biens et services produits sans recherche de profit et mis à disposition gratuitement ou à un prix très inférieur (au moins 50 %) au coût réel de production.

La production non marchande n’a pas pour objectif de réaliser des bénéfices. Il s’agit principalement de la production de services publics. La production ne se limite pas aux entreprises : l’État, les collectivités locales, les associations participent également à cette activité économique essentielle.

Cette distinction régit le choix des principes d'évaluation à appliquer : la production marchande des producteurs non marchands est évaluée aux prix de base, tandis que la production totale des producteurs non marchands est mesurée par sommation des coûts de production. La production totale d’un producteur non marchand, englobant ses productions marchande, non marchande et pour usage final propre, est estimée par la somme des coûts de production.

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Complémentarité et enjeux

Dans la réalité, ces deux catégories de production sont souvent complémentaires. Un hôpital public peut faire appel à des entreprises privées pour sa maintenance, sa restauration ou l’achat d’équipements médicaux. La production marchande est régulée par le jeu du marché, le principe régulateur de la production non marchande est plutôt d’ordre politique.

Le premier enjeu concerne la nature de ce qui est marchand et de ce qui est non marchand. La théorie néoclassique se base sur deux critères (rivalité et excluabilité) pour réserver la production non marchande à certains biens collectifs purs (non rival et non excluable) comme la Justice ou la Défense. Toutefois, dans le domaine de la santé, de l’éducation, de la sécurité, il n’existe pas dans la réalité des productions strictement d’un type : il existe des productions à la fois marchandes et non marchandes.

2. Valeur ajoutée : définition et calcul

La valeur ajoutée correspond à la richesse produite par une entreprise. La valeur ajoutée mesure ce que l’entreprise a ajouté aux biens et services qu’elle a achetés à d’autres entreprises pour produire. On parle de valeur « ajoutée » car les entreprises ajoutent de la valeur aux consommations intermédiaires.

Retrouvez la formule du calcul de la valeur ajoutée. La valeur ajoutée se calcule : VA = CA - CI. Valeur ajouté = valeur de la production - valeur des consommations intermédiaires. Les consommations intermédiaires correspondent à l’ensemble des biens et services achetés à d’autres entreprises pour produire. Les consommations intermédiaires seront utilisées, transformées, ou détruites au cours du processus de production.

Exemple concret : Calculez la valeur ajoutée de Marion avec la préparation de son menu Burger. VA = 13 - 6 ; VA = 7 €. Avec la préparation de son menu Burger, Marion crée 7 € de valeur ajoutée. Marion aura besoin de matières premières (tomates, pain, fromage, pommes de terre, de la salade, de l’huile……) Liste non exhaustive.

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VA marchande et VA non marchande

VA marchande : pour un agent économique producteur (sociétés non financières, sociétés financières) : avec marge commerciale = ventes de marchandises - coûts d’achat des marchandises. VA non marchande : pour un agent économique non producteur : institutions sans but lucratif au service des ménages (ISBLSM), administrations publiques. VA = somme des coûts de production pour la production non marchande.

Il est difficile d’évaluer la valeur ajoutée de la production non marchande dans la mesure où les biens et services non marchands ne sont pas vendus sur le marché. La valeur de la production non marchande est déterminée par son coût de production, c’est-à-dire le coût des facteurs nécessaires pour l’obtenir (salaires, dépenses en capital). L’interprétation de la valeur de la production non marchande est délicate car elle est soumise à des effets de structures : par exemple si l’âge moyen des fonctionnaires augmente, leur rémunération augmente, ce qui augmente la valeur ajoutée de la production non marchande.

Répartition de la valeur ajoutée

La valeur ajoutée créée par l'entreprise va être répartie par différents acteurs : l'État sous forme d'impôts et de taxes (impôt sur la société), les ménages par l'intermédiaire des salariés, les apporteurs de capitaux par l'intermédiaire de dividendes, et l'entreprise par le biais de l'auto-financement.

La Valeur Ajoutée est répartie entre les acteurs suivants qui ont participé à la production de cette richesse : l’État (impôts et taxes et impôts sur les bénéfices), les salariés (rémunération), les investissements (autofinancement), les prêteurs de capitaux (banques et établissements financiers : intérêts), les actionnaires et/ou associés (dividendes). La rémunération des salariés représente 64 % de la VA des SNF et 6 % pour l’État.

Acteur Éléments
Personnel Charges de personnel + Personnel extérieur + Participation des salariés
État Impôts et taxes + Impôts sur les sociétés
Prêteurs Intérêts
Associés/Actionnaires Dividendes
Entreprise Par différence (autofinancement)

3. Valeur ajoutée, PIB et mesure de la richesse

La somme de toutes les valeurs ajoutées permet de calculer le PIB. Le Produit intérieur brut (PIB) représente la richesse créée par un pays au cours d’une année. Formule du PIB = somme des VA + impôts - subventions sur les produits.

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Exemple : détail du calcul du PIB français en 2018. 1 988,7 + 230,9 - 16,1 = 2 203,5 milliards d’euros. 1 948,8 milliards correspondent à la production mesurée par la valeur ajoutée de l’ensemble des secteurs institutionnels en France pour l’année 2015.

PIB : usages et limites

Le PIB permet de mesurer la création de richesse d’un pays sur une année donnée. Lorsque le PIB augmente d’une période à une autre, on parle de croissance économique. Le taux de croissance se calcule : ((PIB2 - PIB1) / PIB1) * 100.

Cependant, le PIB présente plusieurs limites. Il ne prend pas en compte les activités domestiques et le bénévolat alors que ces activités sont créatrices de richesse. Le travail bénévole n'est pas pris en compte non plus. La production est évaluée à deux niveaux : au niveau du marché = production marchande (entreprises privées) ; au niveau du coût de revient = production non marchande (entreprises publiques).

Le PIB est indifférent à la nature de l’activité génératrice de revenus : par exemple une catastrophe naturelle peut faire augmenter le PIB car la reconstruction génère de l’activité. Le PIB prend en compte des productions qui non seulement n'apportent aucune satisfaction mais qui en plus créent des désagréments (ex. consommation d'essence). Certaines activités génèrent des externalités négatives (pollution, épuisement des ressources) qui ne sont pas déduites du PIB.

Indicateurs alternatifs et complémentaires

Devant l'impossibilité des critères du PIB de mesurer l'exacte richesse et surtout la richesse qualitative d'un pays, on a inventé un nouvel indicateur : l'IDH. Contrairement au PIB et PNB, il inclut un aspect qualitatif. Il est basé sur 3 critères : l'espérance de vie, le taux d'instruction (taux d'alphabétisation des adultes, et le taux de scolarisation des enfants) et le PIB.

Plusieurs autres indicateurs ont été proposés pour faire face aux limites du PIB : l’ISS (indice de santé sociale), l’empreinte écologique, l’IBEE (indice de bien-être économique). Ces indicateurs prennent en compte des éléments non pris en considération par le PIB comme la pauvreté, la dégradation de l’environnement, le bien-être individuel et collectif.

Différence entre IDH et PIB

4. Applications pédagogiques et erreurs fréquentes

La valeur ajoutée est la richesse créée par une entreprise. Elle se calcule à partir du chiffre d’affaires et des consommations intermédiaires (VA = CA - CI). Le chiffre d'affaires représente le total des ventes réalisées par une entreprise et se calcule : prix x quantité.

Question d'application : La préparation des burgers de Marion pour sa famille sera-t-elle comptabilisée dans le PIB ? Non, car c’est une activité réalisée bénévolement pour sa famille. Ce travail bénévole ne sera pas comptabilisé dans le PIB. La valeur ajoutée mesure la richesse créée ; elle ne représente pas nécessairement le bénéfice net.

Erreurs fréquentes : ne pas connaître la différence entre marchand et non marchand ; croire que le non marchand ne recouvre que ce qui est strictement gratuit ; confondre production non marchande et production par l’État : des associations peuvent réaliser une production non marchande.

À noter : il faut distinguer le PIB nominal (à prix courants) et le PIB réel (à prix constants corrigé de l’inflation). Pour comparer la création de richesse d’un pays sur plusieurs années ou entre pays, il faut convertir les PIB dans une monnaie unique, le dollar PPA (parité du pouvoir d’achat).

Pour aller plus loin

Le PNB mesure la valeur ajoutée créée par les entreprises nationales en quelque endroit qu'elles se trouvent. En règle générale, les statisticiens préfèrent utiliser le PIB car il est plus difficile d'évaluer la valeur des entreprises nationales situées à l'étranger. L’indice Big Mac permet de comparer le niveau de vie des pays en utilisant une unité commune : le prix d’un Big Mac.

Entre 1950 et 2018, on observe une baisse du taux de croissance du PIB. En 1950, le taux de croissance était supérieur à 8 % alors qu’en 2018 il se situe autour de 2 %. On constate une période de récession entre 2007 et 2009 où le taux de croissance du PIB était négatif en raison de la crise financière.

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