Artisanat La Ruche à Sherbrooke : histoire, services et projets communautaires

Cher M. Merci aussi à Jean P. À Sherbrooke, peu de secteurs ont une histoire aussi riche que celui de l’industrie… Et peu d’industries sont aussi connues que la Paton! Tout le monde en a un peu entendu parler, surtout que l’ancien complexe occupe un coin particulièrement achalandé de notre centre-ville. Mais sait-on précisément ce qui se passait dans ses murs?

Histoire de la Paton Manufacturing Company

La Paton Manufacturing Company ouvre ses portes le même jour que la naissance officielle de la Confédération canadienne, soit le 1er juillet 1867. Son fondateur, Andrew Paton, s’est établi à Sherbrooke l’année précédente, à l’instigation de la British American Land company. L’homme d’affaires Andrew Paton arrive à Sherbrooke en 1866 et fonde l’année suivant l’entreprise qui sera le plus grand employeur de la ville pendant plus de 50 ans. Dès son ouverture, cette manufacture est l’un des principaux employeurs de la ville : 150 travailleurs s’y activent en 1867, et ce nombre monte à près de 750 en 1891.

Au tournant du siècle (du 19e au 20e), la Paton transforme 45 millions de kilos de laine par année. Transposé en moutons et en alpagas, il faut énormément des troupeaux de partout dans le monde simplement pour fournir l’entreprise de Sherbrooke! Ainsi, de nombreux produits sortent de cette usine : du tweed, du tissu pour manteaux, du jersey, des doublures de chaussures, de la flanelle, du filé ou encore du tricot. La production est variée et abondante, et la qualité des produits est reconnue partout au Canada. La Paton est même l’un des plus anciens et plus importants producteurs du tissu sergé écarlate des célèbres tuniques de la Gendarmerie royale!

Directement liée aux carnets de commandes plus que remplis, la demande énergétique de la Paton ne cesse d’augmenter. Vers 1926, après plusieurs négociations et demandes, le barrage situé à proximité du complexe, à l’entrée de la gorge, sera refait pour satisfaire les besoins de la compagnie. À partir de 1940, la Paton obtient trois contrats pour la confection de vêtements destinés aux troupes canadiennes. Les machines tournent à plein régime grâce aux employés qui gagnent en moyenne un bon 0,55 $ de l’heure.

Après la Seconde Guerre mondiale, la Paton modernise ses équipements épuisés par plusieurs années de production intensive. Elle se procure de nouveaux appareils de cardage, permettant de mieux séparer et individualiser chaque fibre de laine (2). De nouveaux dispositifs de filage modernes ont également été acquis afin de remplacer les anciennes mule-jennys mécaniques (1).

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Les activités de la manufacture se poursuivront pendant plusieurs décennies, jusqu’à ce que le complexe de la rue Belvédère ferme ses portes en 1978, que la compagnie occupe de nouveaux locaux, plus modestes, sur la rue Woodward, et qu’elle quitte définitivement Sherbrooke en 1983. Dans les années 1980, le complexe industriel de la Paton est l’un des premiers au Québec à être reconverti en bureaux et condos. Au fil de plusieurs projets de sauvegarde et de reconversion, un certain nombre de bâtiments du site sont aménagés pour accueillir des bureaux, des petits commerces et des logements.

La Ruche d’Art Mobile : concept et objectifs

Le projet est de créer une Ruche d’Art Mobile au centre-ville. D’abord, nous voulons fabriquer un chariot sur mesure afin d’offrir des ateliers d‘art gratuits à la population. Ensuite, le chariot pourra visiter différents parcs et endroits du centre-ville accessibles à toute la population. Les ateliers seront animés par des artistes afin de préparer au total une dizaine d’ateliers ponctuels cet automne. Nous voulons engager des artistes de Sherbrooke.

La gratuité, l’accueil sans condition et la présence du chariot dans les espaces communs permettent autant la démocratisation de l’art que la possibilité de rencontrer sa communauté dans un contexte libre et inclusif. D’ailleurs, l’idée initiale de ce projet est d’offrir une opportunité unique et ludique pour favoriser le mieux-être de la collectivité sans discrimination. Dans un secteur où la défavorisation sociale est très forte, la Ruche d’Art Mobile sera un moteur pour renforcer les liens communautaires et stimuler l’inclusion sociale en favorisant les rencontres multigénérationnelles et interculturelles.

La création artistique est un bon moyen d’entamer les discussions, les échanges et les réflexions sur le contexte et les enjeux sociaux, politiques et culturels actuels. L’approche de la Ruche d’Art mise sur les forces de chacun, sur le partage et le dialogue.

Les Ruches d’art au musée et au Tremplin : activités régulières

La Ruche d’art est de retour au musée pour une huitième année! L’activité se tient le 1er dimanche de chaque mois de 10h00 à 16h00. La Ruche est un espace de bien-être, de rencontre, et d’inclusion ancré dans une philosophie de démocratisation des arts. Un accompagnement personnalisé est assuré par une art-thérapeute et une médiatrice du musée. Une grande quantité et variété de matériel créatif est disponible pour les personnes participantes. Il n’y a pas d’instruction, les expériences autonomes de créativité, d’apprentissage et de partage de savoir-faire sont encouragées. En collaborant ensemble, les participants et les participantes tissent des liens et réalisent des œuvres collectives. Chaque individu qui se sent interpellé est le bienvenu. Des breuvages et des petites collations sont servis aux participants lors de chaque séance.

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Depuis mai 2022, les Ruches d’art du Tremplin offrent chaque mercredi soir un espace de rencontre et de création dans une ambiance bienveillante et inclusive. Selon le Réseau des Ruches d’Art, la ruche d’art est une forme d’atelier d’art communautaire où chacun est accueilli en tant qu’artiste pour dialoguer, créer et construire une communauté sur les bases de l’inclusion, du respect et de l’apprentissage. Ce concept innovant favorise le dialogue, le partage de savoir-faire et l’expérimentation artistique entre des gens de multiples horizons socio-économiques, âges, cultures et capacités.

Depuis le début, les Ruches d’art du Tremplin sont très vivantes et fourmillent d’activités. La liberté de créer simplement pour le plaisir, pour vivre une expérience collective ou pour se faire du bien y contribue certainement. Souvent, une espèce de magie y opère! « Les Ruches du Tremplin c’est unique! Une ambiance géniale, cozy, des personnes jasantes, gentilles, bienveillantes. Chaque semaine, on y accueille un bouquet d’humains différents : des jeunes du Tremplin et d’ailleurs, mais également des gens de diverses origines, de toute expression de genre et de milieux variés, des personnes plus âgées, des étudiants et étudiantes, des habitants et habitantes du centre-ville, des personnes marginalisées, etc.

De plus, une fois par mois, un ou une artiste vient prendre part à la ruche et partager ses connaissances aux personnes intéressées. Toutefois, l’activité reste grande ouverte à toute personne qui veut poursuivre ses propres projets ou seulement venir profiter de l’espace accueillant.

Ruches d’art sur la trotte et partenariats locaux

Pour favoriser le développement de ruches d’art dans la région, le Tremplin a lancé des Ruches d’art sur la trotte. Une fois par mois, un organisme communautaire ou un milieu jeunesse accueille une de ces ruches qui sont guidées par notre chargée de projet en art social, Milène Richer, en partenariat avec Marie-Ève Morin, intervenante au Carrefour jeunesse-emploi de Sherbrooke. Les ruches se sont notamment déposées au centre jeunesse Val-du-Lac, au Centre Saint-Michel, au Centre de jour Ma Cabane, au Service d’aide aux Néo-Canadiens, au CALACS Agression Estrie, à l’Auberge du cœur La Source-Soleil ainsi qu’à la fête du quartier HLM Genest-Delorme en collaboration avec la Coalition sherbrookoise pour le travail de rue.

Les Ruches d’art du Tremplin ont lieu tous les mercredis, de 18h30 à 20h30, sauf durant l’été et la période des Fêtes. Rendez-vous dans la salle multifonctionnelle du Tremplin, située au 97, rue Wellington Sud à Sherbrooke.

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RUCHE D'ART DU MUSÉE DES BEAUX-ARTS UNE PRÉSENTÉE PAR DESJARDINS (2023-2024)

Art-thérapie et accompagnement - profil des intervenants

Après plus de 15 ans à travailler dans le domaine de la relation d’aide, notamment en tant que psychoéducatrice, Sara Giard Pagé a orienté sa pratique professionnelle vers l’art-thérapie (diplômée de l’UQAT en 2021). Elle a co-fondé et co-dirigé durant quelques années le Centre d’Art-Thérapie de Sherbrooke (C.A.T.S.), tout en y dispensant ses services d’art-thérapeute et en pratiquant parallèlement ce métier en milieu hospitalier. Elle poursuit d’ailleurs ce dernier engagement auprès de personnes vivant des enjeux au plan de la santé mentale et offre également ses services à son bureau privé, à titre de travailleur autonome.

Elle a développé une expertise en matière d’anxiété, de dépression/épuisement professionnel et d’état de stress post traumatique, quoique de façon plus générale, ses compétences touchent aussi l’expression et la gestion des émotions, les difficultés relationnelles et les patrons de comportement, ou encore, la découverte, l’estime et l’affirmation de soi.

Programmation thématique des Ruches au musée (exemples)

DatesThèmesŒuvres de la collection du MBAS Préambule à l’activité de création libreDimanche 7 juin 2026Le hasard est le plus sûr des poètes. Marcel Gingras, Élucubration, 1982, pastel sur panneau de bois, 35 x 51,6 cm, Collection Musée des beaux-arts de Sherbrooke. Pour la Ruche de juin, nous vous proposons donc de jouer avec le hasard.

Dimanche 5 juillet 2026Prendre un bain de soleil. Jean Arp, Palette, XXe siècle, encre sur papier, 25,5 x 22 cm, don de la Succession Sylvio Lacharité - Collection Musée des beaux-arts de Sherbrooke. Pour cette Ruche, vous êtes donc invités à illustrer ce qui pour vous signifie prendre un bain de soleil.

Dimanche 2 août 2026Tombée du rideauCecil Walter Hardy Beaton, Aldous Huxley, 1966, épreuve argentique, 39 x 34 cm, Collection Luc LaRochelle. En ce mois d’août, nous vous invitons à explorer ce qui se cache derrière le rideau.

Dimanche 6 sept. 2026 Avoir le feu au ventre.René Derouin, Automne XXe siècle, gravure sur bois, 40 x 54,5 cm - Collection Musée des beaux-arts de Sherbrooke. Pour cette Ruche, nous vous invitons à explorer ce que signifie pour vous avoir le feu au ventre.

Dimanche 4 octobre 2026Quand la lune est pleine, le loup hurle sans haine.Artiste inconnu, Non titré, XIXe siècle, argile cuit et peint, 15,3 x 15,3 cm, Collection Gorayeb-Dubé . En cette Ruche de octobre, où vous êtes invités à vous raconter des histoires au clair de lune.

Dimanche 1er novembre 2026Brouillard en novembre, l’hiver sera tendre.André Philibert, Oror, XXe siècle, acrylique sur panneau de bois, 46,5 x 46,5 cm - Collection Musée des beaux-arts de Sherbrooke. En cette Ruche de novembre, on vous invite à réfléchir à la quiétude que peut apporter cette période où les journées raccourcissent.

Dimanche 6 décembre 2026Quand le chat n’est pas là, les souris dansent.X. Xmiraux, The Enemy Asleep, nd., pastel, fusain et crayon plomb sur papier, 33,2 x 41 cm, don de monsieur Pierre Riverin - Collection Musée des beaux-arts de Sherbrooke. Pour la dernière Ruche de l’année, nous vous invitons à vous inspirer de la phrase « Quand le chat n’est pas là, les souris dansent ».

Origine et diffusion du concept « Ruche d’art »

L’idée de créer des ruches d’art au Tremplin provient des expérimentations de notre projet d’art social précédent, les LABO du Centro. En 2021, l’équipe des LABO a fait des recherches afin d’identifier et mettre en pratique des moyens éprouvés pour créer des liens avec la communauté du centre-ville de Sherbrooke, en contexte de restrictions sanitaires. Ainsi est né le projet d’habiter les parcs du quartier avec un chariot d’art mobile inspiré du mouvement des ruches d’art.

Depuis le début, les Ruches d’art du Tremplin sont très vivantes et fourmillent d’activités. La liberté de créer simplement pour le plaisir, pour vivre une expérience collective ou pour se faire du bien y contribue certainement. Souvent, une espèce de magie y opère!

Comment participer ou soutenir

  • Participer aux Ruches du musée le 1er dimanche du mois de 10h00 à 16h00.
  • Joindre les Ruches du Tremplin les mercredis de 18h30 à 20h30 (sauf en été et pendant les Fêtes) au 97, rue Wellington Sud, Sherbrooke.
  • Encourager le projet de Ruche d’Art Mobile en proposant des lieux de stationnement pour le chariot et en recommandant des artistes locaux.
  • Offrir du matériel créatif ou des collations pour soutenir les séances ouvertes et gratuites.
Élément Description
Origine Paton Manufacturing Company et projets d’art social locaux
Services Ateliers gratuits, art-thérapie, Ruches mobiles et statiques, accueil inclusif
Public cible Tout citoyen : jeunes, aînés, personnes marginalisées, familles, artistes
Partenaires Musée des beaux-arts de Sherbrooke, Tremplin, centres communautaires locaux

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