Association de Financement Valérie Pécresse : Fonctionnement et Controverses
Depuis 2020, la région Île-de-France, sous la présidence de Valérie Pécresse, a mis en place plusieurs dispositifs de financement, suscitant des débats et controverses. Ce dispositif s’inscrit dans une volonté de l’exécutif régional et de sa présidente de droite, Valérie Pécresse, d’investir sur ces sujets, au moins depuis novembre 2020, avec des premiers fonds débloqués quelques semaines après l’assassinat de Samuel Paty.
Lutte contre la radicalisation : un appel à projets controversé
Un appel à projets lancé en 2022 dans le cadre de la « lutte contre la radicalisation » pose question. À l’image des dotations entreprises par Marlène Schiappa qui font l’objet d’une information judiciaire ouverte en mai, un autre appel à projets, toujours dans le cadre de la « lutte contre la radicalisation », mais cette fois à l’échelle régionale, pose question. Environ 150 000 euros de subventions ont été attribués en novembre 2022, dont une majorité revenant à une structure controversée.
Les orientations politiques présidant ce choix ont donné lieu, dans l’hémicycle régional, à de vives controverses. Comme le 16 février 2022, trois jours après le désastreux discours du Zénith de Paris lors duquel Valérie Pécresse, candidate à l’élection présidentielle, a repris à son compte le concept raciste et complotiste de « grand remplacement ».
L’exécutif régional présente alors un rapport du préfet Gilles Clavreul, cofondateur du Printemps républicain, mouvement familier des procès en « islamo-gauchisme ». La séance est houleuse, l’opposition étrille le contenu du rapport. Elle devra insister pour connaître la rémunération de son auteur : 6 000 euros, pour encourager une « nouvelle étape en faveur de la laïcité en Île-de-France ». « Pour rédiger 13 pages en cinq mois », grince l’insoumis Paul Vannier.
La présidente du groupe de la Gauche communiste, écologiste et citoyenne, Céline Malaisé, fustige de son côté un document « qui établit un lien direct entre immigration et islamisme ». Les préconisations du rapport sont tout de même adoptées, dont la création d’un dispositif régional baptisé « Affirmer le principe de laïcité, les valeurs de la République et prévenir la radicalisation », doté d’une enveloppe budgétaire de 148 000 euros. Un appel à projets est lancé.
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Le 10 novembre 2022, le Centre d’analyse du terrorisme (CAT) en devient le principal bénéficiaire, captant 80 000 euros, soit 54 % de cette enveloppe de fonds publics. Depuis 2020, au titre de la lutte « contre la radicalisation », la région Île-de-France a distribué deux subventions de 40 000 et 80 000 euros au Centre d’analyse du terrorisme, principal bénéficiaire d’un appel à projets lancé en 2022.
Les paradoxes de Valérie Pécresse
Invitée sur France Info ce jeudi et questionnée sur la polémique du stade munichois aux couleurs LGBT, Valérie Pécresse s’en est pris à la politique de Viktor Orban : « Aujourd’hui, ce que fait monsieur Orban vis-à-vis des Hongrois homosexuels est inacceptable ».
Députée UMP, elle flirtait avec le droite conservatrice pour profiter de la vague Manif pour tous : elle votait contre la loi Taubira et proposait même de « démarier » les couples homosexuels. En novembre 2014, elle change d’avis sur le mariage pour tous après « avoir réfléchi ». Mais un an plus tard, elle se rend tout de même à la Manif pour tous, avec d’autres cadres du parti tels Xavier Bertrand ou Laurent Wauquiez, qui eux réclament l’abrogation de la loi.
En 2015, elle réunit la frange conservatrice de la droite proche de Sens Commun, et six personnalités opposées à la loi Taubira figurent sur les listes de la candidate aux régionales. Elle nomme Caroline Carmantrand, une anti-mariage gay, à la présidence de la commission famille et action sociale du conseil régional.
Pourtant, depuis qu’elle a quitté le parti LR pour fonder Soyons Libres, Valérie Pécresse a mis en place une politique bien éloignée de ce qu’elle avait annoncé.
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Financements et promotion de la santé : le cas du Crips
Connaissez-vous le Crips ? « Acteur reconnu de la prévention et de la promotion de la santé sur le territoire francilien », il est financé par la région. Budget du Crips en 2019 : 4,4 millions d’euros dont les deux-tiers sont financés par le Conseil régional (3 millions d’euros de subvention). Cette association aurait 100 000 bénéficiaires directs en Île-de-France dont plus de 70 000 lycéens, apprentis et collégiens dans plus de 200 établissements scolaires publics et privés.
L’association fait la promotion sur son site d’activités pédagogiques visant à « discuter avec les jeunes de 13 à 25 ans de leurs pratiques et de leurs plaisirs sexuels ». Lorsqu’elle intervient dans les établissements scolaires, les enfants doivent, à travers des jeux, « développer un esprit critique sur les normes sociales sur le genre et les sexualités et comprendre la notion de stéréotype en lien avec le genre et l’orientation sexuelle ».
Mais cela va plus loin encore puisque l’association propose des activités aux enfants afin de les familiariser à toutes les pratiques sexuelles, notamment avec le jeu Milkshake de plaisir (anciennement Cocktail, mais sûrement ont-ils jugé que ce nom faisait la promotion de l’alcool - car l’on peut promouvoir l’idéologie LGBT, mais pas l’alcool) qui propose aux enfants de reconstituer dans l’ordre chronologique les différentes étapes d’un rapport sexuel. Disponibles en libre téléchargement, les cartes décrivent sans pudibonderie les divers stimuli sexuels. Objectif : « Ce jeu propose aux participant·e·s de réfléchir aux normes liées au rapport sexuel et d’aborder la question de la négociation du préservatif et du consentement ».
Le consentement serait donc possible pour un enfant de 13 ans ? La région Île-de-France répond oui, alors que l’affaire Duhamel a récemment mis au grand jour les problèmes liés à la pédophilie et nécessité une nouvelle législation.
Le jeu « Qui est-ce ? » fait la promotion de l’idéologie LGBT en déconstruisant les genres pour promouvoir l’indifférenciation. « Je vais vous lire un profil et vous devrez éliminer les personnages qui ne correspondent pas aux éléments descriptifs que je vous donne. A vous de trouver le personnage correspondant ». Seulement voilà : le jeu est construit de sorte qu’il est impossible déterminer si le personnage recherché est un homme ou une femme. S’il ne vous en reste qu’un à la fin, c’est que vous êtes fautif.
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Toutes les propagandes à destination de la jeunesse sont systématiquement justifiées par la question du sida. Au titre de la prévention, cette association est devenue le « bras armé de la région » d’après les mots de Valérie Pécresse. En réalité, la principale préoccupation de ces animateurs militants est bien éloignée de la santé des enfants : ils s’attachent à promouvoir les idéologies les plus libertaires qui soient.
Sur la chaîne YouTube de l’association (dont les vidéos dépassent rarement les 100 vues, fort heureusement), on s’interroge sur les pratiques sexuelles comme sur la légalisation du cannabis. Dans une vidéo sur l’orgasme, l’idéologie LGBT est prégnante : ils parlent de « personnes à vulve » pour ne pas dire femme et de « personnes à pénis » pour ne pas dire homme. Une autre sur la contraception banalise l’avortement (« l’IVG ne rend pas du tout stérile, il n’y a aucun risque, on peut pratiquer un ou plusieurs IVG il n’y a vraiment aucun soucis »). Une autre encore sur l’intersexualité, propose de « déconstruire l’hétérosexualité » pour promouvoir encore l’idéologie LGBT.
Aussi, le Crips renvoie vers des comptes Instagram sordides (tels Jouissance Club) et vers des brochures faisant ouvertement la promotion du lesbianisme et du libertarisme sexuel : « Le sexe entre femmes peut être sauvage, doux, cérébral, hard, impulsif, tendre…ou tout ça à la fois. Une femme peut faire l’amour avec sa/ses chéri.e.s ; peut baiser un.e inconnu.e… La sexualité peut se jouer solo, à deux, à trois…ou plus encore… ».
Il faut tout de même noter qu’à l’approche des régionales, la région a supprimé certains contenus troublants.
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Solidays : un festival engagé ?
Aussi, la région mise sur le festival Solidays, qui accueille près de 300 000 personnes chaque année, pour promouvoir ces idéologies. « Le public vient au départ pour la musique. Et puis au fur et à mesure, grâce à l’ambiance qu’on contribue à mettre, à la convivialité, parce qu’on parle, qu’on envoie des messages, […] on les capte. La musique est alors un prétexte » confiait en 2015 Stéphane Lopez, vice-président de l’association Solidarité-Sida qui organise l’événement.
« Solidays est un cas à part parce qu’on est un des seuls festivals engagés. En effet, au-delà de la musique, le festival est ouvert à l’ADMD (Association pour le droit de mourir dans la dignité), qui fait la promotion de l’euthanasie. Il accueille par ailleurs l’exposition Sex in the City qui banalise la pornographie et le sadomasochisme, certes déconseillée aux moins de 16 ans non-accompagnés mais donc librement accessible aux mineurs.
Les panneaux se passent de commentaires ( « On se détend, un doigt dans l’anus ne va pas vous tuer, mais pourrait bien vous faire jouir… », « Le corps aussi mérite d’avoir son sextoy… », « La masturbation peut aussi se pratiquer à plusieurs »). « Innover pour prévenir », voilà le prétexte ; « Faites de votre corps une machine de plaisir ! », voilà la réalité.
Enfin, le festival accueille une association ou plutôt une secte, Les Sœurs de la perpétuelle indulgence, que l’on ne peut intégrer qu’au terme d’un parcours initiatique, et qui, lors de Solidays, produisent une grande « messe ».
Certains élus ont alerté sur le danger que représentent ces idéologies auprès des jeunes. En mai 2018, un amendement est ajouté à « la convention d’objectifs et de moyens avec l’Association Solidarité Sida », qui déclare maintenant « lutter contre les représentations pornographiques et/ou dégradantes pour l’image des femmes auxquelles peuvent être exposés les publics jeunes ». Mais rien, depuis, n’a été mis en œuvre pour l’appliquer.
Après des mois de lutte, des élus ont obtenu de la part de la région un financement de 40 000 € pour une étude sur les dangers de la pornographie pour les jeunes. L’étude est présentée au conseil régional en 2020 mais ne sera jamais publiée.
Évolution politique et alliances
Cette campagne électorale a été l’occasion pour Valérie Pécresse d’évincer les derniers élus conservateurs, tels Caroline Carmantrand (Sens commun) ou Nicolas Tardy Joubert (membre de VIA La voie du peuple et président de la Marche pour la vie).
Inversement, Valérie Pécresse s’est rapprochée du Modem et pris dans ses rangs la présidente de Gaylib, Catherine Michaud.
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