Le rôle des assureurs dans le financement des PME

Les compagnies d’assurance jouent un rôle majeur dans le financement de l’économie française et, en particulier, des petites et moyennes entreprises (PME). Essentielles à l’activité économique, protégeant exploitations, biens et personnes, les compagnies d’assurances sont également devenues incontournables sur les marchés de capitaux. Les fonds, notamment collectés via l’assurance‑vie, financent en bonne partie les entreprises et la dette de l’État.

Un poids financier considérable

Les assureurs français sont des investisseurs clés du pays avec 2 774 milliards d’euros à fin 2025, soit 93 % du PIB. Ils financent les entreprises à hauteur de 64 % : ces investissements bénéficient avant tout aux entreprises françaises. 846 milliards d’euros sont placés dans les entreprises françaises. Les assureurs investissent également près de 650 milliards d’euros en titres d’administrations publiques. Les assureurs investissent également 618 milliards d’euros en titres d’administrations publiques. Ils financent à hauteur de 11 % la dette des administrations publiques françaises.

Le rôle pivot de l’assurance‑vie

La moitié des encours d’assurance‑vie dépasse parfois les dépôts bancaires : la France est, avec le Royaume‑Uni, le seul pays d’Europe où les encours d’assurance‑vie dépassent les dépôts bancaires. L’assurance‑vie est une solution d’épargne et de transmission, au service de vos projets. Elle constitue aussi un pilier du financement de l’économie. L’assurance‑vie a battu des records de collecte en 2025 : elle a dépassé les 2 000 milliards d’euros d’encours fin janvier 2025 et près de 42 % des foyers détiennent au moins un contrat. Grâce à l’épargne investie en assurance‑vie, les assureurs financent l’économie productive et l’action publique.

L’intervention des assureurs dans le financement de l’économie tient en grande partie au développement très important dans les années 1990 et 2000 de l’assurance‑vie dans l’épargne des ménages français. Sur les 1 400 milliards d’euros de l’assurance‑vie, plus de 500 milliards sont investis dans des entreprises tricolores, à travers des obligations et des actions, et environ 200 milliards dans la dette française.

Canaux et instruments de financement des PME

Les fonds d’assurance‑vie sont investis dans les entreprises selon plusieurs modalités, qui permettent de répondre à des besoins de financement variés. L’achat d’obligations émises par les entreprises constitue l’un des principaux canaux d’investissement des fonds d’assurance‑vie. Ces titres de créance permettent aux sociétés de lever des capitaux pour financer leurs projets, tout en offrant aux assureurs des rendements attractifs et une bonne visibilité. On estime qu’environ 35% des encours d’assurance‑vie sont aujourd’hui placés en obligations corporate.

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Les assureurs‑vie participent également au financement en fonds propres des entreprises via l’achat d’actions, que ce soit lors d’introductions en bourse ou sur le marché secondaire. Cette poche actions représente en moyenne 20 à 25% des encours d’assurance‑vie. L’investissement en actions joue un rôle crucial dans le soutien aux entreprises innovantes et en forte croissance.

Le private debt ou dette privée est un mode de financement en plein essor, particulièrement adapté aux PME et ETI. Il s’agit de prêts directs accordés aux entreprises, en dehors des circuits bancaires traditionnels. La dette privée représente aujourd’hui environ 5% des encours d’assurance‑vie, une proportion appelée à croître dans les années à venir. Les assureurs‑vie investissent également dans l’économie réelle via des fonds de capital‑investissement (private equity). Bien que encore limitée (environ 2‑3% des encours), l’allocation vers le capital‑investissement tend à s’accroître.

Initiatives et partenariats en faveur des PME

Le partenariat France Investissement Assureurs (FIA), entre Bpifrance et huit assureurs, Abeille Assurances, Assurances du Crédit Mutuel, Allianz France, AXA France, BNP Paribas Cardif, CNP.Assurances, Crédit Agricole Assurances et Société Générale Assurances a permis d’engager 2,3 milliards d’euros entre 2019 et 2022 dans des fonds d’investissement soutenant la croissance et l’internationalisation des PME. Depuis sa création en 2012, ce sont 60 milliards d’euros qui ont été mobilisés, par effet de levier, pour les PME françaises non cotées.

Les huit assureurs partenaires s’étaient engagés à souscrire 2 milliards d’euros sur la période dans des fonds éligibles aux thèses couvertes par le Partenariat FIA (capital risque, capital croissance et capital développement transmission). Avec Bpifrance, qui a investi sur les mêmes thèses d’investissement pour un montant de 4,2 milliards d’euros, ce sont au total 6,5 milliards d’euros qui ont ainsi été mobilisés par les partenaires pour les PME de croissance, et 33 milliards d’euros au total avec l’effet de levier. Entre 2019 et 2022, 1 420 entreprises ont bénéficié des fonds FIA, majoritairement dans le secteur des technologies de l’information et de la communication (43%), suivi par les services (26%), l’industrie (14%), les sciences de la vie (13%) ou encore la clean tech (5%).

Les huit assureurs partenaires poursuivent leur mobilisation et s’engagent à souscrire 3 milliards d’euros entre 2023 et 2027. « La mobilisation des assureurs partenaires a une nouvelle fois été déterminante pour l’industrie française du capital investissement. Grâce à un fort effet de levier, ce sont ainsi plus de 60 milliards d’euros qui ont été mobilisés en 10 ans pour le financement de la croissance des PME françaises non cotées » indique Nicolas Dufourcq, Directeur général de Bpifrance.

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Assurance‑crédit et protection contre l’impayé

Chaque jour, dans le cadre de votre activité commerciale, vous accordez un délai de paiement à un partenaire commercial (client, fournisseur) : c’est ce qu’on appelle le crédit‑interentreprises. Votre entreprise bénéficie ainsi d’un financement à court terme, sans passer par un établissement bancaire ou financier. Contrairement aux idées reçues, ce n’est ni le crédit bancaire, ni le crédit financier mais le crédit interentreprises qui est la première source de financement de l’économie ! S’il favorise les échanges commerciaux, le crédit interentreprise expose inévitablement votre entreprise au risque d’impayé : précisément celui que Coface protège !

Aujourd’hui, on estime en effet que 80% des entreprises subissent des retards de paiement, et que 25% des défaillances d’entreprises sont liées à un impayé. Impayé, défaillance, trésorerie : pourquoi s’assurer‑crédit vous évite de mettre votre PME en difficulté ? Information, prévention, indemnisation : quels sont les avantages des solutions de Coface dédiées aux PME ? S’assurer‑crédit avec Coface, c’est permettre à son entreprise de se développer, d’être plus compétitive sur ses marchés et de se concentrer sur une croissance pérenne et rentable.

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Investisseur responsable et transition écologique

En 2024, France Assureurs a publié les chiffres clés du secteur de l’assurance en matière de finance durable pour l’année 2023 et montre que les assureurs sont en première ligne pour répondre aux enjeux du changement climatique et de la transition écologique et qu’ils déploient des politiques d’investissement responsable afin de contribuer à une économie plus durable et inclusive. La majorité des assureurs, représentant 92 % des actifs gérés, ont fixé un objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre de leurs portefeuilles d’investissement aligné sur l’Accord de Paris.

En témoignent également la hausse de l’investissement dans les placements verts de 13 % par rapport à 2022 avec 171 milliards d’euros, le recul des investissements dans les énergies fossiles atteignant 1,1 % des actifs gérés dont 0,2 % liée au charbon thermique et 0,9 % liée au pétrole et au gaz. Leur exposition aux énergies fossiles recule encore : elle ne représente plus que 1,0 % des actifs gérés, dont 0,2 % liée au charbon et 0,8 % liée au pétrole et au gaz. Les assureurs accélèrent, par ailleurs, leurs efforts en matière de financement d’une économie bas carbone et inclusive avec 171 milliards d’euros de placements verts à fin 2023 (+13 % par rapport à fin 2022).

L’épargne investie sur le fonds en euros de votre assurance‑vie présentée par Société Générale est placée afin de répondre aux engagements pris par l’entreprise pour une finance plus durable, lutter contre le réchauffement climatique et accompagner la transition énergétique. Elle est progressivement investie dans des actifs tenant compte de critères de développement durable, également appelés ESG (Environnementaux, Sociétaux et de Gouvernance).

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Contraintes réglementaires et défis

La directive européenne Solvabilité II, entrée en vigueur en 2016, a profondément modifié les règles prudentielles applicables aux assureurs. Elle impose notamment des exigences de fonds propres plus élevées pour les actifs risqués comme les actions. En préconisant le renforcement des fonds propres, Solvabilité II présente en effet selon la corporation assurantielle un risque majeur : le désinvestissement massif des compagnies de l’économie productive au profit des fonds souverains. Solvabilité II inciterait les assureurs à réduire leurs investissements en actions, devenues trop pénalisantes en termes de coût en capital induit.

Pour contrecarrer toute critique, les assureurs martèlent un argument pivot : la stabilité de leurs investissements. Recherche de rentabilité oblige, les compagnies d’assurances ont foncièrement intérêt à miser sur des placements durables. En outre, contrairement aux banques, elles ne sont pas tenues de rembourser leurs clients à tout moment. Ce qui en fait des acteurs légitimes pour investir sur des projets de long terme dans l’économie réelle. Les assureurs travaillent sur des horizons d’investissement très longs. Ils sont peu sujets aux comportements cycliques et ont la capacité d’absorber des volatilités de court terme.

La réforme prudentielle suscite des débats : faut‑il mettre la responsabilité d’un moindre investissement en actions uniquement sur Solvabilité II ? Les assureurs alertent à l’unisson sur le fait que Solvabilité II va les empêcher de placer sous forme d’actions. Or, les compagnies d’assurances ont toujours été encouragées à investir dans les actions et notamment les actions non cotées. Et elles ne l’ont jamais vraiment fait, nuance Jean‑Paul Pollin.

Perspectives et adaptation

Face à la faiblesse persistante des taux obligataires, les assureurs‑vie augmentent progressivement leur exposition aux actifs non cotés : private equity, dette privée, infrastructures, immobilier. Cette diversification vise à capter des primes de rendement tout en soutenant le financement de l’économie réelle. La part du non coté dans les portefeuilles d’assurance‑vie pourrait atteindre 10% des encours d’ici 5 ans, contre environ 5% aujourd’hui.

L’émergence de nouveaux acteurs issus de la fintech vient bousculer le paysage du financement des entreprises. Des plateformes de crowdfunding ou de prêts participatifs concurrencent directement les circuits traditionnels de l’assurance‑vie. Face à cette concurrence, les assureurs‑vie doivent innover pour rester attractifs. Certains nouent des partenariats avec des fintechs pour enrichir leur offre et moderniser leurs processus. D’autres développent leurs propres solutions digitales pour faciliter l’accès des épargnants au financement des entreprises.

La loi PACTE de 2019 a introduit plusieurs mesures visant à renforcer le rôle de l’assurance‑vie dans le financement de l’économie réelle. Elle a notamment facilité l’accès des épargnants aux unités de compte investies dans le non coté (private equity, dette privée) et aux fonds labellisés ISR ou solidaires. Ces évolutions réglementaires visent à orienter une part croissante de l’épargne vers des actifs productifs, tout en offrant aux assurés de nouvelles opportunités de diversification.

Tableau synthétique : principales voies de financement via les assureurs

Instrument Rôle Part approximative des encours
Obligations d’entreprises Financement direct, revenus réguliers ~35%
Actions (marché secondaire / IPO) Renforcement des fonds propres 20-25%
Dette privée (private debt) Prêts directs aux PME/ETI ~5%
Private equity Financement non coté (start‑up, capital‑développement) 2-3%
Placements verts / ISR Financement transition écologique 171 Md€ (placements verts fin 2023)

En définitive, l’assurance‑vie demeure un pilier essentiel du financement des entreprises françaises. Son rôle est appelé à se renforcer face aux défis économiques actuels, à condition de s’adapter aux mutations de l’environnement financier et aux nouvelles attentes des épargnants. Depuis 2012, le monde de l’assurance s’est fortement mobilisé avec la création des fonds Nova et fonds Novo. 2014 est particulièrement riche d’innovations pour les entrepreneurs et les assureurs, avec notamment le lancement des nouveaux contrats d’assurance‑vie, notamment l’Eurocroissance et le déploiement des fonds de prêts à l’économie.

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