Rupture Conventionnelle et Auto-Entrepreneuriat : Un Guide Complet

De nombreux entrepreneurs se lancent dans la création de leur activité après avoir quitté un emploi salarié, que ce soit par un départ volontaire ou suite à un licenciement économique. Si vous êtes en CDI et que vous souhaitez démissionner pour lancer une activité indépendante, vous pouvez envisager une rupture conventionnelle.

La rupture conventionnelle | Web série droit du travail

En effet, ce dispositif, créé en 2008, permet au salarié et à l’employeur de mettre fin au contrat d’un commun accord, sans passer par la case démission ou licenciement. La rupture conventionnelle peut être alors perçue comme un parachute pour ceux qui souhaitent quitter un CDI pour créer une activité indépendante.

Qu'est-ce que la Rupture Conventionnelle ?

La rupture conventionnelle est une solution de plus en plus utilisée par les salariés souhaitant quitter leur CDI. Le principe est simple ! En effet, elle vous permet de mettre fin à votre contrat de travail d’un commun accord avec votre employeur. Elle permet de mettre fin au contrat de travail d'un commun accord avec l'employeur, ouvrant droit aux allocations chômage (ARE). De quoi s’agit-il concrètement ? Quels sont les avantages de la rupture conventionnelle pour lancer sa micro-entreprise ? Comment s’y prendre ?

Il faut savoir que la rupture conventionnelle est un dispositif strictement encadré par le Code du travail. Réservée aux CDI, elle repose sur un accord mutuel où l’employeur et le salarié doivent être tous les deux volontaires, et ne doit pas être un licenciement déguisé.

La démission est une autre option pour quitter votre CDI, mais elle nécessite une réflexion approfondie, car elle n'ouvre pas automatiquement droit aux allocations chômage. Toutefois, si vous démissionnez pour créer votre entreprise, vous pouvez être éligible aux allocations chômage, sous certaines conditions. Le congé pour création d'entreprise est une alternative intéressante pour ceux qui souhaitent tester leur projet tout en conservant une sécurité d'emploi. En choisissant la solution la plus adaptée à votre situation personnelle et professionnelle, vous pouvez quitter votre CDI dans les meilleures conditions pour devenir auto-entrepreneur.

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En signant une rupture conventionnelle, un salarié s'ouvre des droits aux allocations chômages, ce qui a beaucoup d'avantages pour qui souhaite se lancer dans l'entrepreneuriat.

Rupture Conventionnelle et Auto-Entrepreneuriat

Les Étapes de la Procédure de Rupture Conventionnelle

La procédure est relativement simple, mais elle est encadrée par plusieurs étapes clés :

  1. Demande de rupture conventionnelle : C’est la première étape du processus. Cette demande est généralement formulée par le salarié qui souhaite quitter le salariat pour lancer son activité. Mais elle peut être également formulée par l’employeur. À ce niveau, il est important de garder en tête que vous n’êtes pas dans l’obligation de motiver votre demande auprès de votre employeur. Vous pouvez choisir de le faire à l'oral ou à l'écrit, en vous adressant soit à votre manager, soit au service des ressources humaines de votre entreprise.
  2. Entretien(s) : Après réception de votre demande, votre employeur doit vous convoquer pour un entretien. Cette étape du processus peut se faire en un seul rendez-vous, parfois en plusieurs.
  3. Rédaction et signature de la convention : Une fois tous les points négociés, la convention est rédigée (papier ou TéléRC). Les deux parties signent, et c’est le point de départ du délai de rétractation de 15 jours calendaires.
  4. Délai de rétractation : Pendant ces 15 jours, chacune des parties peut revenir sur sa décision, sans justification. Attention : “calendaires” signifie que les week-ends et jours fériés comptent.
  5. Homologation : À la fin du délai de rétractation, la demande part à la Dreets via TéléRC. L’administration dispose de 15 jours ouvrables pour accepter ou refuser. Si vous n’avez pas de réponse dans les délais, la rupture est validée.

Ensuite, la date de fin de contrat doit tenir compte des délais légaux (rétractation + homologation) et de votre calendrier personnel pour créer votre micro-entreprise.

La demande de rupture conventionnelle reste la meilleure option pour se lancer en freelance avec le filet de sécurité des allocations chômage. S’il est désormais possible de démissionner pour reconversion professionnelle et de toucher des allocations chômage, la rupture conventionnelle pour création d’entreprise reste le meilleur recours pour les futurs freelances qui veulent se lancer avec un filet de sécurité.

Étapes de la Rupture Conventionnelle

Avantages de la Rupture Conventionnelle pour Créer une Micro-Entreprise

Du point de vue du futur ex-salarié, les avantages d’une rupture conventionnelle pour création d’entreprise sont évidents :

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  • Indemnité spécifique de rupture conventionnelle : Le montant de l’indemnité spécifique de rupture conventionnelle doit être au moins égal à l’indemnité légale de licenciement. Celle-ci prend en compte le salaire par année d’ancienneté.
  • Allocations chômage (ARE) : Vous pourrez bénéficier, sous conditions, de certaines aides, dont les allocations chômage ou ARE (Allocation de retour à l’emploi). En cas de rupture conventionnelle ou de démission légitime, vous pouvez bénéficier des allocations chômage (ARE) de France Travail. Ces allocations vous assurent un revenu pendant le démarrage de votre entreprise.
  • Aide à la création ou à la reprise d’entreprise (ACRE) : Il y a aussi l’Aide à la création ou à la reprise d’entreprise (ACRE) pour créer une micro-entreprise. L'ACRE est une aide destinée aux nouveaux entrepreneurs, incluant les auto-entrepreneurs. Elle permet de bénéficier d'une exonération partielle des charges sociales pendant les premières années d'activité. Pour en bénéficier, il est nécessaire de remplir un dossier et de respecter certaines conditions, telles que ne pas avoir bénéficié de l'ACRE au cours des trois dernières années.

Les Aides de France Travail (Ex-Pôle Emploi)

France Travail propose deux aides aux demandeurs d'emploi qui souhaitent créer ou reprendre une entreprise. Si vous remplissez les conditions qui vous permettent d'accéder à ces aides, vous devez choisir celle dont vous souhaitez bénéficier.

1. Allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE)

Si vous êtes inscrit à France Travail et que vous percevez une allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE), vous pouvez choisir de cumuler cette allocation avec les revenus de votre micro-entreprise. Les règles concernant le cumul de ces montants varient en fonction de votre date d'inscription à France Travail :

  • Inscription à France Travail avant la création de votre micro-entreprise : Vous pouvez cumuler le montant de l'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE) et vos revenus professionnels. Le montant ne peut pas excéder celui de votre dernier salaire (brut).
  • Inscription à France Travail après la création de votre micro-entreprise : Vous pouvez cumuler intégralement l'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE) avec les revenus issus de l'activité de la micro-entreprise.

2. Aide à la reprise et à la création d'entreprise (Arce)

Si vous êtes inscrit à France Travail en tant que demandeur d'emploi puis que vous décidez de créer votre micro-entreprise, vous avez la possibilité de demander l'aide à la reprise et à la création d'entreprise (Arce). Pour cela, vous devez remplir les conditions suivantes :

  • Vous devez créer votre micro-entreprise après la fin de votre contrat de travail si vous étiez salarié.
  • Vous devez percevoir des allocations d'aide au retour à l'emploi (ARE).
  • Vous devez bénéficier de l'aide aux créateurs et repreneurs d'entreprise (Acre) qui vous exonère totalement ou partiellement des charges sociales pendant 1 an.

L'aide à la reprise et à la création d'entreprise est une aide financière dont le montant est égal à 45 % ou 60 % du capital de vos droits d'allocations d'aide au retour à l'emploi restants. Ce pourcentage varie en en fonction de la date à laquelle votre dernier contrat s'est arrêté. L'Arce est versée en 2 fois à 6 mois d'intervalle.

Conseils et Astuces pour Réussir Votre Transition

  • Négocier la rupture conventionnelle : Lors des entretiens, il est important de négocier les termes de la rupture, notamment le montant de l'indemnité et la date de départ effective.
  • Préparer votre projet : Avant de quitter votre emploi, assurez-vous d'avoir un business plan solide et une vision claire de votre future activité.
  • Se faire accompagner : N'hésitez pas à solliciter l'aide de France Travail et d'autres organismes pour bénéficier de conseils et de formations.

Cumul Auto-Entrepreneur et Chômage

Il est en effet possible de cumuler le statut d’auto-entrepreneur avec celui de demandeur d’emploi bénéficiant des ARE. Il faut pour cela avoir cotisé suffisamment à l’assurance chômage lors d’un précèdent emploi salarié. Dans ce cas, vous pourrez bénéficier des ARE en tant qu’aide à la création de votre micro-entreprise.

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Si vous êtes au chômage et envisagez de devenir auto-entrepreneur, sachez que cela n’entraînera pas la perte de vos droits au chômage. Concernant le montant des allocations, si votre chiffre d’affaires est nul, vous continuerez à percevoir l’intégralité de vos droits à l’ARE.

Le cumul partiel, option la plus fréquente, implique que l’allocation est réduite en proportion des revenus d’activité non-salariée que vous déclarerez à Pôle Emploi lors de votre actualisation mensuelle. Ce cumul est plafonné à 100% de votre salaire de référence. Le cumul total permet de toucher l’intégralité du chômage en plus du revenu d’activité, et il n’est pas plafonné. Cette option est bien sûr soumise à conditions.

Cumul Chômage Auto-Entrepreneur

Alternatives à la Rupture Conventionnelle

Si la rupture conventionnelle n'est pas envisageable, il existe d'autres options pour quitter votre CDI et devenir auto-entrepreneur :

  • Portage salarial : Lancez-vous en tant que travailleur indépendant en portage salarial avec Weepo. Ce mode de travail hybride offre la possibilité de devenir freelance tout en conservant les avantages sociaux des salariés, comme l'assurance maladie, la retraite et les congés payés.
  • Démission pour création d'entreprise : Comme mentionné précédemment, vous pouvez être éligible aux allocations chômage sous certaines conditions.
  • Congé pour création d'entreprise : Cette option vous permet de tester votre projet tout en conservant une sécurité d'emploi.

Tableau Récapitulatif des Aides

Aide Description Conditions
ARE Allocation d'aide au retour à l'emploi Être inscrit à France Travail, avoir travaillé au moins 6 mois sur les 24 derniers mois
ARCE Aide à la reprise et à la création d'entreprise Percevoir l'ARE, bénéficier de l'ACRE, créer une entreprise après la fin du contrat de travail
ACRE Aide aux créateurs et repreneurs d'entreprise Exonération partielle des charges sociales pendant 1 an

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